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Couverture du roman La femme qu'il a répudiée, reconstruite

La femme qu'il a répudiée, reconstruite

Rescapée d'un enfer de quatre ans, je retrouve mon mari Adrien. Mais il me rejette, croyant aux calomnies de ma demi-sœur Chloé, et me livre à mes anciens bourreaux. Alors que mon fils appelle ma rivale « maman », je suis secourue par l'agence qui me transforme en cyborg via le Projet Rossignol. Devenue le Dr Hélèna Rostand, mes souvenirs sont effacés. Quand Adrien revient implorer ma grâce deux ans plus tard, je reste de glace et accepte d'en épouser un autre.
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Chapitre 1

Après quatre ans de torture dans un site noir de la DGSE, je me suis enfin échappée. Je suis rentrée chez moi en rampant, animée par la seule pensée de mon mari, Adrien, et de notre fils, Émile.

Mais lorsque j'ai atteint le portail de notre domaine, il n'a pas reconnu ma silhouette décharnée. Il m'a traitée de mendiante et a ordonné aux gardes de me jeter dehors.

Il était avec ma demi-sœur, Chloé. Et mon propre fils a couru dans ses bras en criant : « Maman ! »

Adrien a cru aux mensonges de Chloé, qui lui a fait croire que je les avais abandonnés pour un autre homme. Il m'a fait interner dans un « centre de désintoxication », qui n'était autre que le même enfer d'où je venais de m'échapper. Il m'a remise à mon bourreau.

J'ai hurlé son nom alors que les drogues se répandaient dans mes veines, mais il m'a simplement tourné le dos et s'est éloigné, me laissant pour morte.

L'agence m'a retrouvée, à peine vivante. Ils m'ont reconstruite grâce au Projet Rossignol : un corps entièrement cybernétique, mes émotions et mes souvenirs effacés.

Deux ans plus tard, je suis le Dr Hélèna Rostand. Quand Adrien m'a retrouvée, à genoux, suppliant mon pardon, je n'ai rien ressenti. Je me suis simplement tournée vers mon collègue et j'ai dit : « Clément, j'accepte votre demande en mariage. »

Chapitre 1

Point de vue d'Alix :

Le monde était flou sur les bords, un collage étourdissant de poussière et d'asphalte. Mon corps n'était qu'une douleur à vif, chaque pas un rappel brutal des quatre années passées en enfer. Mais j'ai continué, poussée par une seule image : Adrien, mon mari, souriant. Notre fils, Émile, riant. La maison. J'étais enfin à la maison.

Le portail se dressait devant moi, une ferronnerie complexe que j'avais dessinée moi-même, symbole de la vie que je m'étais si durement battue pour retrouver. J'ai trébuché, mes vêtements déchirés collant à ma silhouette décharnée, mes cheveux emmêlés par la crasse.

Deux silhouettes massives sont sorties du poste de garde. Ils m'ont barré la route, leurs visages impassibles.

« Reculez », a grogné l'un d'eux, la main déjà sur son arme de service.

Ma gorge était sèche, ma voix un râle. « C'est moi », ai-je tenté de dire, mais seule une toux sèche s'est échappée. « Alix. »

Ils ont échangé un regard, puis ont ricané. « Encore une qui essaie de nous la faire à l'envers. Dégagez, madame. »

L'humiliation brûlait plus fort que ma douleur physique. J'ai pointé du doigt la maison derrière le portail, sa silhouette familière une provocation cruelle. « Ma maison. Ma famille. » Ma main tremblait, une supplique silencieuse.

Le second garde a ri, un son dur et méprisant. « Votre famille ? La famille d'Adrien Morel est à l'intérieur. Vous ne ressemblez en rien à Mme Morel. » Il m'a repoussée brutalement, m'envoyant m'étaler dans la poussière. Mes genoux ont hurlé.

À ce moment-là, une berline noire rutilante s'est approchée du portail de l'intérieur. Mon souffle s'est coupé.

C'était Adrien.

Mon cœur battait la chamade, un tambour frénétique contre mes côtes. Il était encore plus beau que dans mes souvenirs, sa mâchoire acérée, ses cheveux sombres captant le soleil de l'après-midi. Il allait me reconnaître. Il le devait. Même quatre ans de torture et de famine ne pouvaient effacer la femme qu'il aimait.

Il était mon ancre pendant ces journées interminables. Mon tout.

Je me souvenais du jour où il m'avait demandé en mariage, non pas avec une bague, mais avec une promesse gravée dans un arbre de notre jardin : « Alix + Adrien = Pour Toujours. » Il disait toujours que j'étais son étoile polaire, la seule constante dans son monde chaotique de la tech.

Quand nous nous sommes mariés, il a juré qu'il ne laisserait jamais rien m'arriver. Il restait éveillé tard, à me regarder dormir, juste pour s'assurer que j'étais en sécurité. Une fois, une entreprise rivale a essayé de me débaucher, offrant des millions. Adrien a racheté l'entreprise, juste pour me garder. Il était obsessionnel, oui, mais c'était mon obsession. Il m'a pleurée publiquement, un veuf au cœur brisé, pendant des années. Chaque publication sur les réseaux sociaux, chaque interview, était un témoignage de son amour éternel.

Émile, notre fils, n'avait que cinq ans quand je suis partie. Il s'accrochait à moi comme une ombre. Adrien disait qu'Émile avait refusé que quiconque d'autre lui lise des histoires pendant des mois après ma disparition. Il avait même gardé mon côté du lit intact. J'avais survécu grâce à l'image de leurs visages, de leur amour. C'était mon bouclier contre les ténèbres.

Maintenant, des années plus tard, après la trahison qui a mené à ma capture, les interrogatoires sans fin, les simulations de noyade, le froid, la faim... j'étais de retour. De retour pour eux.

Adrien est sorti de la voiture, son regard balayant mon corps avec une indifférence désinvolte. Il semblait agacé par l'agitation. Mon cœur s'est gonflé, un espoir désespéré fleurissant dans ma poitrine. Il venait pour moi. Il venait me prendre dans ses bras, me dire que tout était fini.

Mais une femme est sortie du côté passager, sa main se glissant dans celle d'Adrien. Elle était magnifique, impeccablement vêtue, ses cheveux roux contrastant vivement avec ma misère.

Chloé.

Ma demi-sœur. Celle qui avait toujours jalousé ma place dans cette famille, toujours essayé de m'éclipser. Elle riait, la tête renversée en arrière, un son qui me tordait les entrailles. Ma rivale. Celle que j'avais toujours considérée comme inoffensive.

Mon monde a basculé. L'air a quitté mes poumons dans un sifflement. Ce n'était pas possible.

Puis Émile, mon Émile, est sorti de la maison en courant. Il était plus grand, son visage plus rond, mais ses yeux espiègles étaient toujours les mêmes. Il a couru vers Chloé, un large sourire sur son visage.

« Maman ! », a-t-il crié, se jetant dans ses bras.

Le mot m'a transpercée, déchirant les derniers fils effilochés de ma santé mentale. Maman. Pas mère. Maman. Le mot intime, chéri. De mon fils. Pour elle.

Je me souvenais d'Émile, à peine bambin, trébuchant sur ses propres pieds, courant vers moi, ses petits bras tendus, m'appelant « Maman ! ». Il détestait la famille de Chloé, détestait leur présence. Il se cachait derrière mes jupes quand ils venaient nous voir. Comment était-ce possible ?

Adrien a passé un bras autour de Chloé et d'Émile, formant un tableau parfait et heureux. Une unité familiale. Et moi, j'étais à l'extérieur du portail, une étrangère en haillons. Ma vision s'est brouillée.

« Hé ! », ai-je hurlé, un son rauque et guttural qui m'a arraché les cordes vocales. J'ai secoué le portail en fer, le métal froid mordant mes paumes à vif. « Adrien ! Émile ! C'est moi ! »

La tête d'Adrien s'est relevée d'un coup, son sourire s'évanouissant. Il a froncé les sourcils, ses yeux se plissant sur ma silhouette pathétique. « Qu'est-ce qui se passe ici ? », a-t-il demandé aux gardes, sa voix chargée d'agacement. « Foutez-moi cette mendiante loin de ma maison ! »

Un des gardes, enhardi par la présence d'Adrien, m'a de nouveau bousculée. Plus fort cette fois. J'ai trébuché, m'écorchant la joue sur le gravier. Le sang a perlé.

Mais je m'en fichais. J'ai regardé Adrien, mes yeux suppliants, le priant de voir au-delà de la crasse, au-delà des cicatrices, de me voir. La femme qu'il avait juré d'aimer pour toujours.

Il a fait un pas de plus, son visage gravé de dégoût. Mon cœur a bondi. Il vient. Il me voit enfin.

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