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Couverture du roman La femme des églises

La femme des églises

Lucie rêve d'art depuis son enfance. Malgré les moyens limités de sa famille, elle s'exerce chaque soir dans l'atelier paternel avec sa fratrie. Sa détermination sans faille pour réussir la pousse à surmonter tous les obstacles. En chemin, elle rencontre l'homme qui partagera son existence et soutiendra son ambition. Sa passion créative finit par s'exprimer à travers un médium unique, ouvrant la voie au succès. Ce récit retrace le parcours authentique de l'auteure Lucie Blanchette.
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Chapitre 1

Quand un rêve devient réalité !

Parfois, on fait des projets sans y donner suite, on y pense et on y repense sans cesse jusqu’à ce qu’on décide de les réaliser.

C’est ce qui se produisit avec mon intention d’écrire un livre sur ma vie et ma carrière artistique.

Je pourrais commencer en disant :

— J’avais cinq ans et je désirais être une artiste.

Je crois que nous naissons avec cette passion de créer, cette soif d’explorer

Chapitre 1

Le métier que mon père exerçait contribua à assouvir ma passion. Notre famille comptait six enfants et deux autres de son premier mariage ; nous les côtoyions de temps en temps. Nous ne roulions pas sur l’or mais étions guidés par de très bons parents.

Tous les jours, au retour des classes, nous nous retrouvions dans la boutique de notre paternel et commencions nos chefs-d’œuvre. Nous utilisions les retailles du précieux bois ainsi que les marteaux et clous. Mais attention, pas n’importe quel clou car les petits coûtaient très chers. Comme des abeilles, assidus et habiles, travaillant sur nos projets, nous maraudions autour de lui. En revanche, pour notre sécurité, nous devions éviter les endroits interdits dans la boutique.

Je me souviens encore d’avoir construit une cabane d’oiseau ; je n’en ai pas de photo mais je pourrais la dessiner facilement compte tenu du travail exigé. D’une hauteur de trois pieds, ayant une forme circulaire et un toit en cône, elle prit plus d’un mois à bâtir. Avec enthousiasme, chaque jour, je retournais à l’atelier afin de terminer ce contrat.

Mon frère Réal, le cadet de la famille, se spécialisait dans la construction d’avions et d’hélicoptères. Tous les soirs après le repas, plusieurs gamins venaient voir les nombreuses tentatives afin de faire décoller ses inventions. Déterminé, il y parvint sous les applaudissements des spectateurs.

Mon autre frère, Edmond, plus âgé que nous, s’amusait à transformer les bicyclettes. Il récupérait différents morceaux ou pièces auprès de ses amis. Travaillant tous les jours sur son projet, il finit par réussir à mettre en marche un tandem. Tous les jeunes désiraient faire une promenade avec lui sur ce truc bizarre. Moi la première, même si je le craignais. Je ne montai qu’une fois car en tournant, ma jambe frotta sur le gravier et je me retrouvai avec une vilaine éraflure.

Quant à ma sœur Rose, étant très ingénieuse, elle performait dans la transformation du mobilier et des murs. Cela améliorait grandement notre modeste chez-nous. Rien ne lui résistait et elle parvenait à tout modifier sous le regard étonné de nos parents.

La tête pleine de nouveaux projets, chaque soir, nous nous retrouvions. Notre chef acceptait patiemment de partager un coin de son atelier, car tout cela demeurait les seules choses que nous pouvions faire. Mais lorsque notre chef rangeait ses outils, nettoyait l’établi et enlevait son tablier, nous savions que la journée se terminait. Il mettait le cadenas sur la porte et tous ensemble nous le suivions pour le repas.

Ma sœur Jeanne, l’aînée, partageait avec notre mère les responsabilités familiales. Elles ne manquaient pas de travail ; la préparation de la nourriture et les tâches quotidiennes demandaient beaucoup de leur temps. Elles l’accomplissaient dans la bonne humeur malgré le peu d’installations dans notre foyer.

Rachel, la plus jeune des filles, suivait et taquinait les autres jusqu’au jour où elle découvrit sa passion. Elle aimait bien, lorsqu’on travaillait, partir avec un de nos morceaux ou avec le marteau. Elle se sauvait en courant très vite autour de la maison. Aussitôt que nous la repérions, nous partions derrière cette petite blondinette. Cela nous permettait de faire de l’exercice car après deux ou trois tours, on réussissait à la rattraper essoufflés et riants.

Pendant la saison estivale, nos loisirs différaient. Les filles jouaient ensemble et les garçons les espionnaient. Je me souviens que nous aimions nous cacher et découper de gracieux personnages dans les catalogues. Comme notre mère nous interdisait l’usage des ciseaux, et cela pour notre bien, nous grimpions au grenier de la boutique. Notre père y remisait une traîne qui servait pendant la saison hivernale.

Avec l’aide de nos sœurs aînées, Rachel et moi nous retrouvions bien assises pour notre bricolage préféré. Nous collions ces magnifiques personnages sur du carton rigide que nous découpions avec précautions. Nous nous amusions à les faire parler et danser.

Lors des journées ensoleillées, nous devenions des dames. La construction d’une maison devint notre priorité. Sur un gros cran derrière chez nous, le contrat débuta. Nous récupérions et transportions des planches et tout ce qui pouvait nous servir de la boutique jusqu’à notre refuge.

Comme mobilier, nous disposions d’une immense roche servant de table ainsi que de bûches de bois qui nous servaient de sièges. En après-midi, comme dans la haute société, nous nous rendions visite pour prendre le thé. Mais ledit thé, j’en ai oublié la recette et je crois que c’est mieux ainsi. Rose devenait ma soi-disant mère pour le jeu et Jeanne celle de Rachel. Notre père nous avait installé des balançoires dans les grands arbres sur notre terrain. Chacun à son tour, nous nous poussions les uns les autres, plus haut, toujours plus haut jusqu’à nous étourdir. Je tremblais de frayeur. La marelle et la corde à danser faisant partie de notre répertoire, nous y passions la majorité de notre temps.

Pendant les amusements, quelques petites querelles venaient rompre notre bonne humeur ; normal puisque nous sommes une famille et le bonheur parfait n’existe pas.

Les garçons, eux, grimpaient dans les feuillus et s’amusaient avec des tire-roches malgré l’interdiction de nos parents. Aussitôt que nous les avions vus, nous allions bavasser aux chefs qui les punissaient en leur enlevant ces jouets dangereux. Les après-classes se passaient ainsi majoritairement dans la gaieté.

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