
Je te veux Athéna pour la vie
Chapitre 3
Quoi ? Ai-je bien entendu ? J'ai de sérieux problèmes d'audition avec lui, ou ?
Je me retournai, avant d'apercevoir ce sourire moqueur aux lèvres.
- Était-ce une blague ? osai-je demander, mon cœur commençant à battre de plus en plus vite dans ma cage thoracique.
Monsieur haussa nonchalamment les épaules, sans se départir de son stupide sourire aux lèvres.
- Je ne vous permets pas d'énoncer ce genre de fait ! C'est extrêmement déplacé ! m'exclamai-je, avant de l'apercevoir se lever de sa chaise d'un mouvement.
Il se rapprocha ensuite de moi. D'un pas rapide, d'ailleurs. Arrivé à ma hauteur, il fourra ses mains dans ses poches. Je levai quant à moi ma tête, de sorte à pouvoir le regarder droit dans les yeux, maudissant par la même occasion ma petite taille.
- Je dis ce que je veux. Où je veux. Quand je le souhaite. Personne ne me dit quoi dire, déclara-t-il sèchement, aucune émotion ne traversant ses pupilles noires.
- Non. On ne dit pas ce genre de phrase à une femme ; c'est déplacé, répliquai-je directement, oubliant déjà le fait que je m'adressais au prince de Grèce.
Alexeï commençait à me fixer avec une nouvelle intensité beaucoup plus troublante.
- Bon. Outre votre fessier et votre déhanché assez maladroit, vous avez... Tiens, vous avez de magnifiques yeux. Cela vous va ? dit-il soudainement.
Non mais je rêve...
- Votre hétérochromie sur votre iris droite est vraiment très intéressante. Savez-vous que nous appelons plus communément cela l'œil du dragon ? continua-t-il, visiblement subjugué par mes yeux.
L'iris de mon œil droit est, en effet, différente de celle de gauche. En effet, à la place d'être entièrement marron, comme mon œil gauche, celui-ci avait hérité d'une petite tache bleue qui se mêlait ainsi à ma couleur d'origine.
- Oui je le sais, répondis-je bien plus tard, en le fixant encore.
Alexeï continuait de sourire, puis se pencha soudainement près de mon visage. Désormais séparés de quelques centimètres, plutôt ridicules avouons-nous le, je sentis quelques effluves de son parfum venir titiller mon nez. Ça me chatouillait trop et...
- Magnifique... murmura-t-il, avant que je ne lui éternue complètement dessus.
Nous nous reculions en même temps, moi cherchant prestement un truc pour m'essuyer le nez et lui en jurant et en attrapant un mouchoir en tissu, qui se trouvait dans sa poche. Pas pour me le donner comme un véritable gentleman, rassurez-vous. Mais pour s'essuyer le visage. Après tout, monsieur n'aurait pas eu la décence de le faire.
- Tu as osé faire cela ! s'exclama-t-il, en me tutoyant étrangement.
J'attrapai une serviette en papier qui passait par là, ne me gênant pas pour me moucher dedans.
- Mais je t'en prie ! m'exclamai-je de nouveau, avant qu'il ne me rejoigne en deux mouvements.
- C'est le pollen. Je hais cela, me justifiai-je.
- Une blague... Une bonne blague... marmonna-t-il, en desserrant sa cravate et la jetant à mes pieds.
- Ce n'est pas la saison du pollen, reprit-il d'une voix tranchante et sèche.
Bingo l'intello.
- En effet...
- Vous me ferez le plaisir de nettoyer ma cravate. Et vite. Celle-ci est ma préférée. Vous pouvez également ramener le plateau. Je ne veux plus manger et oubliez donc le café.
- Oui votre altesse.
- Bien. Ce soir, n'oubliez pas de faire vos bagages, reprit-il, avant de se tourner et de partir d'un pas pressé.
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