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Couverture du roman Je ne sais pas si je pourrais tuer pour toi

Je ne sais pas si je pourrais tuer pour toi

Quelle est la véritable valeur d'un lien fraternel ? Jusqu'où iriez-vous par loyauté envers vos proches ? Rachid et son groupe d'amis forment un bloc inébranlable. Soudés par d'innombrables épreuves, ces quatre compagnons de toujours n'ont jamais vu leur solidarité chanceler face aux aléas de l'existence. Pourtant, un nouveau défi s'apprête à tester la solidité de leur alliance. Plongez dans le quotidien de cette bande unie que rien ne semblait pouvoir diviser.
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Chapitre 3

La tension était à son comble. Sofia voulait disparaitre sous terre pour avoir été aussi imprudente et les autres ne savaient pas où se mettre. Aucun d'eux ne savait quoi dire ou faire. La maman de Rachid reprit alors la parole :

- C'est bien les enfants, je suis content que vous puissiez rester ensemble. Tiens Rachid je venais t'apporter les bougies.

Elle lui tendit 18 bougies d'anniversaire et une qui représentait le chiffre 18.

- Attends Oumy (maman)... finit par dire Rachid

- Ça va fiston ne t'en fais pas, souffle tes bougies dit-elle à son fils avec un sourire sincère.

Rachid s'en voulut encore plus. Il savait que sa mère respecterait toujours sa décision mais le fait qu'elle l'ait apprise autrement que par sa propre bouche le mettait vraiment mal à l'aise. Elle l'a toujours soutenu dans tout ce qu'il a pu entreprendre. Mais il savait aussi que sa mère ne le lui montrerait jamais si elle était contrariée. Il avait beau avoir un don pour déchiffrer le langage corporel, il n'a jamais pu percer à jour sa maman ; et aujourd'hui ça le rend fou. Il aimerait tant que sa mère s'énerve sur lui pour qu'il ait l'occasion de lui demander pardon, se mettre à genou, l'implorer. Mais elle s'était contentée de lui faire son plus beau sourire. Ce sourire qu'il connaissait tant et qui le rassurait même quand tout allait de travers. Sa mère était déjà retournée à l'étage mais lui restait absorbé dans ses pensées, complètement anéanti par la déception qu'il pensait avoir causé à sa mère.

- Ça va ? une main venait de lui prendre la sienne ce qui le sortit de son état léthargique. Je suis vraiment désolée Rachid ! je voulais pas...

- T'inquiète Sofia ça va aller. Tu connais ma mère, y a aucun souci.

Rachid ne croyait pas du tout à ce qu'il disait. Il savait que ça allait bien se passer mais il voulait vraiment que cela se soit passé autrement.

Le reste de la soirée fut un peu bizarre. On aurait dit que chacun voulait juste que le temps passe le plus vite possible pour que chacun rentre chez lui. L'atmosphère était vraiment pesante et nos amis qui d'habitude étaient pleins de vie avec des blagues qui fusaient à tout bout de champ étaient comme anesthésiés.

Après la dégustation du gâteau qui n'a pas été apprécié à sa juste valeur, les amis décidèrent de rentrer et laisser Rachid seul. Abdou proposa à Rachid de l'aider à ranger un peu la maison avant de partir mais ce dernier refusa.

- Ça va aller t'inquiètes, je m'en occuperai demain matin.

Personne n'insista. Rachid les raccompagna.

En revenant il monta voir sa mère pour lui expliquer mais il trouva sa porte déjà fermée. Elle dormait déjà semble-t-il. Rachid redescendit au salon. Il mit la télé pour s'aérer l'esprit mais rien ne l'intéressait de ce qu'il y avait. Il décida alors de faire le ménage sans attendre le lendemain. Il rangea le reste de nourriture dans le frigo (il en restait vraiment beaucoup vu tout ce qu'il y avait), mit à la poubelle ce qu'il fallait et balaya un peu.

Il monta dans sa chambre et commença à réfléchir sur sa future vie étudiante. Avant de se perdre dans ses réflexions la sonnerie de son téléphone lui signala l'arrivée d'un SMS : « Bon anniversaire le petit génie, bonne chance en prépa ». Le message venait d'un de ses anciens camarades du lycée. Il fut amusé de voir que personne ne savait qu'il allait rester. Non personne ne le savait en dehors de ses vrais amis et de... sa mère. Il ressentit un pincement au cœur en pensant à sa mère. Il prit sa décision de lui parler le lendemain à la première heure, éteignit son téléphone et s'endormit presque instantanément.

Au réveil le lendemain matin il put voir en prenant son téléphone qu'il avait dormi comme rarement. Il était midi passé et son téléphone était déjà assailli par les sms et autres message WhatsApp. Un sms en particulier retint son attention : « bon réveil champion et bonne journée. A ce soir, je suis fière de toi. ». Sa mère avait l'habitude de lui envoyer un petit message en partant au travail quand ils ne se croisaient pas pour le petit déjeuner. Rachid fut soulagé de voir que malgré tout sa mère était sincère en lui disant que tout était OK la veille.

Son soulagement laissa vite la place à la culpabilité. Il s'en voulut encore plus. Il aurait presque préféré que sa mère s'emporte, qu'elle lui demande des explications pour qu'il puisse lui expliquer, lui demander pardon. Mais comment demander pardon à quelqu'un qui trouve qu'on n'a commis aucune faute ?

Le soir et les jours suivants la maman de Rachid rassurait son fils et ce dernier ne trouvait pas vraiment l'occasion de lui expliquer son choix.

L'été tirait vers la fin et la rentrée des classes approchait à grand pas. Rachid, tout comme ses amis commençaient à faire leurs bagages en préparation de la fameuse rentrée. Bien qu'étant dans une école de leur région ils avaient tous réussi à avoir une chambre pour ne pas à avoir à faire le trajet vers la maison tous les jours.

- Tu n'emportes que ça ?

Rachid sursauta. C'est sa mère qui l'observait du couloir.

Rachid n'avait en effet que deux valises : une grande et une petite. Pas de quoi contenir tous ses affaires.

- Oui oumy ; c'est pas loin et je veux revenir tous les weekends comme ça j'aurai l'occasion de prendre tout ce qu'il me manque.

Sa mère sourit alors avec un air de tristesse bien visible.

- Tu vas me manquer mon grand, tu le sais ça ?

- Toi aussi maman, mais je viendrai aussi souvent que je pourrai. Mais je voudrais aussi qu'on parle de mon choix d'aller à cette école s'il te plait.

La maman de Rachid au lieu de lui dire que tout allait bien se contenta cette fois de garder le silence pendant de longues secondes avant de déclarer :

- Tu sais quand j'étais petite je n'ai jamais eu droit au chapitre choix. Je me contentais seulement d'exécuter les volontés de mes parents. J'ai arrêté l'école au collège alors tu vois je suis très mal placé pour te guider dans tes choix d'école. J'ai œuvré toute ma vie pour te donner la meilleure éducation possible et surtout te monter la voie du discernement et de la responsabilité. Et je pense avoir réussi, alors quand tu fais un choix je sais que tu le fais toujours pour les bonnes raisons et je te soutiens dessus.

Rachid ne s'attendait pas vraiment à cette réponse de sa mère. Il était content mais en même temps déstabilisé. Il posa sa tête contre l'épaule de sa mère qui venait de s'assoir sur son lit. Après quelques secondes il dit

- J'ai choisi de rester pour plusieurs raisons mais la principale c'est que je veux une porte de sortie même si tout le monde va juste croire que je veux être avec mes amis.

Sa mère le regarda et on put lire la confusion sur son visage. Et Rachid reprit la parole.

- Tu sais mah, en faisant la prépa je n'aurai mon premier diplôme que dans 5ans. Avec le DUT j'aurai un diplôme au bout de 2 ans avant de continuer pour obtenir mon diplôme d'ingénieur dans 5 ans. Si jamais la vie nous réserve de mauvaises surprises, des difficultés financières par exemple je pourrais toujours trouver un très bon travail avec un DUT pour faire face. Alors qu'avec la prépa je n'aurai que le BAC et c'est plus compliqué pour trouver un bon job. Et je te promets que je réussirai mon DUT haut la main pour être sélectionné à l'école de mon choix.

Sa mère avait les yeux embués de larmes de voir autant de maturité chez son fils. Elle sut qu'elle avait eu raison de lui faire confiance.

- Rachid ! je suis vraiment fière de toi.

- Je sais répondit-il avec un sourire taquin avant de redevenir grave. Mais je m'excuse de la manière dont tu l'a appris l'autre soir, je voulais pas que ça se passe ainsi.

- Ne t'en fais pas fiston, mais à l'avenir quand tu prends une décision informes-en de suite les concernés, n'attends jamais pour éviter ce genre de situation.

Elle lui caressa longuement les cheveux avant de lui déposer un baiser sur le front et de prendre congé.

Rachid s'allongea sur le dos sur son lit en étant d'une part soulagé d'avoir pu expliquer à sa mère ses vraies raison mais aussi content et confiant d'avoir la bénédiction de sa maman.

Il était fin prêt pour affronter l'inconnu qu'est la vie universitaire !

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