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Couverture du roman J'ai dû cohabiter avec Alouqua et Alastor

J'ai dû cohabiter avec Alouqua et Alastor

Plongez au cœur d'une famille recomposée en pleine transition, où la cohabitation avec Alouqua et Alastor devient un défi quotidien. Ce récit explore les méandres des relations humaines, oscillant entre une affection profonde et une hostilité latente. À travers les non-dits et les actes manqués, les personnages affrontent la jalousie, la peur et la souffrance. Une œuvre poignante sur la résilience qui dévoile les multiples visages de l'amour et de la haine.
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Chapitre 1

À mes trois enfants, ma plus belle réussite

C’était l’automne, je le rencontrais pour la première fois. Je savais peu de lui. Lors de nos premiers échanges, nous parlions de la durée de notre célibat, notre métier, le nombre d’enfants que nous avions, ce sur quoi je m’étais fait un critère de sélection incontournable. J’étais divorcée, mes enfants étaient grands, indépendants pour les deux garçons, et ma fille était la plus jeune mais tout autant mature, responsable, honnête et respectueuse que l’étaient ses frères. Ils étaient ma fierté ! Être parents est une des missions les plus compliquées et la mission la plus difficile d’accomplissement. Je savais que mes transmissions, mes valeurs, ainsi que celles de leur père, avaient fait leurs œuvres. Je n’avais aucune envie d’entrer dans la vie d’un homme qui n’avait pas fini l’éducation de ses enfants et encore moins d’être au centre des transmissions d’une ex-concubine.

Convaincue que l’on ne réussit que difficilement une nouvelle construction sur des fondations anciennes qui interfèrent sur des nouvelles. Le premier échange ayant été cordial et naturel, il me fallut donner une chance à cette rencontre. Passée l’annonce qu’il me fit, qu’il avait deux enfants, tout se joua alors sur l’âge. Là, je me faisais un point de tout arrêter si les enfants avaient moins de dix ans, limite que je m’étais fixée, me trouvant ainsi des excuses pour ne pas être entourée de trop jeunes enfants. Oui, je l’avoue, dans ce nouveau départ, je bannis tout ce qui pouvait me compliquer la vie, j’aspirais maintenant à la sérénité. Il s’avère qu’ils avaient plus de dix ans ! Et pourtant, c’est pas pour autant que les choses furent moins compliquées ! Loin de là et loin de savoir ce qui allait m’attendre. Je me devais alors de donner une chance à notre rencontre de peur de regretter ma décision par la suite.

Il avait ses enfants une semaine sur deux, et donc un week-end de libre sur deux, ce qui m’encourageait et me faisait dire que nous aurions du temps à nous.

La première rencontre avec ses enfants eut lieu un dimanche ; ils étaient accompagnés de leurs grands-parents maternels. Je voulus en profiter pour partir mais il me proposa de les rencontrer, selon lui cela devrait se faire un jour donc ce serait ce soir. Certains enfants peuvent être réservés, calmes, ce fut tout le contraire, du moins pour la fille, présage pour la suite. Sa fille avait tendance à envahir l’espace, en coupant la parole aux adultes (cela commençait fort), se donnant en spectacle ; son fils, lui, avait l’air réservé. Leur grand-père maternel était souriant mais sa familiarité envers moi me gêna très vite, pour ne pas dire me braqua. Le « tu » d’office comme si nous nous connaissions depuis toujours ne faisait pas partie de mes habitudes. Je ne trouvais pas cela respectueux. La grand-mère maternelle à elle seule fit baisser la température de dix degrés. Un visage aussi glacial qu’un hiver en Russie émanait d’elle, pas un mot ne sortit de sa bouche pincée qui me fit penser à l’anus d’un babouin. Mon esprit a souvent tendance à s’échapper et mettre en scène des situations comiques, c’est une manière de me protéger lorsque je ne me sens pas à l’aise, ce qui fut très vite le cas. Après m’avoir dit bonjour, les enfants investirent les lieux sans même prêter intérêt à ma présence.

À leur façon, ils me montraient qu’ils étaient indifférents à ma présence, tout en m’ignorant. Ce qui pouvait sembler pas plus mal, je ne me sentais pas, à ce moment-là, scrutée dans tous les sens. Le garçon, lui, semblait réservé du haut de ses douze ans, il n’était pas très grand et se portait bien. La fille, qui elle devait avoir tout juste quatorze ans, comme après une journée de carnaval, se présenta le visage comme agressé par une palette de maquillage. Elle n’était pas non plus très grande et se portait tout aussi bien que son frère et n’avait de la fille que les cheveux longs.

La démarche et l’attitude me faisaient penser à celle d’un jeune primate plus qu’à celle d’une jeune fille. Je venais sans le savoir de faire ma première rencontre avec Alastor, mon esprit avait avec le temps fait le lien avec ce démon sévère et exécuteur des hautes œuvres du monarque infernal. Au fil de mon récit, vous comprendrez pourquoi une telle comparaison. C’était sans compter sur la présence non physique mais très envahissante de leur mère, je comprendrai avec le temps que chaque instant était rapporté à la mère, par l’intermédiaire de sa fille, qui a pu bénéficier d’un compte rendu de cette première rencontre. Ce n’était que le début de longues transmissions quotidiennes et malsaines. Et ce n’était que les prémisses d’un long complot mis en place contre le commencement de notre histoire. Le début d’une longue cohabitation avec Alastor et Alouqua, sa mère. Le choix de ces deux noms n’est pas anodin, Alastor est le nom d’un démon : le bourreau infernal. Oui, pour une jeune fille de quatorze ans, cela peut paraître excessif, je dirais qu’il existe vraiment puisque je l’ai rencontré et qu’il faut être bien armé pour supporter et résister avec le temps. Oubliez l’eau bénite, la bible et les séances d’exorcisme ; l’humour, la ténacité et surtout beaucoup de patience feront l’affaire, car tout démon qu’il est, je ne suis pas certaine qu’il soit doué, perspicace, et l’intelligence se trouvant au cœur d’un cerveau… J’ai pu avec le temps constater qu’ils en sont dépourvus ou alors celui-ci est plus à l’image d’un gros flan. Les premiers échanges entre nous tous furent ordinaires, du moins si l’on peut parler d’échanges en ce qui me concerne. Les enfants s’adressaient plus à leur père, pour ne pas dire qu’ils ne s’adressaient qu’à lui, mes faits et actes n’en étaient pas pour autant rapportés. Il est vrai que leur curiosité ne s’étendait pas aux interrogations de la vie

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