
Incroyable destin
Chapitre 2
J'ai regardé l'heure, il est exactement 6h45. Il faut que je me réveille. C'est pourtant difficile de se relever du lit, surtout quand on est toute seule à la maison, et hop on est le week-end en plus. Papa devrait être en train de chasser des délinquants à cette heure-ci, se disait Daisy en enfournant sa tête dans la couette.
Après y avoir pensé, elle a décidé de se lever. Elle faisait ses étirements, puis elle s'est rendue dans la salle de bain. Ensuite, elle a enfilé rapidement sa tenue préférée : blue jeans et teeshirt oversize avant de s'emparer de son petit déjeuner, préparé, visiblement avec délicatesse, par son papa adoré. Des pancakes empilés, enrobés de miel. Miam, exactement comme Daisy les aimait.
En mâchant tranquillement une bouchée, son téléphone a résonné dans sa chambre. Merde, ça doit être Kim. Elle s'est précipitée dans sa chambre pour décrocher son portable.
-Allô !
- Daisy, comment ça se fait que tas oublié ?
- Oublier quoi ? Je te rappelle qu'on est le…
Avant même qu'elle ait pu terminer sa phrase, on a frappé à la porte principale.
-J'arrive !
Kim se tenait devant la porte d'entrée avec un panier à la main. C'était leur rituel durant des années : s'embarquer chez Daisy tous les samedis pour passer du temps ensemble entre meilleures amies. Elles passaient des heures à se raconter des potins et s'amuser comme des petites folles durant toute la journée. Le père de Daisy participait le plus souvent à leur jeu de société, il leur préparait des bons plats, pendant que celles-ci papotent devant un film ou sur la terrasse.
Certes, ils menaient une vie simple sans chichis, mais ils étaient heureux.
Un peu stupéfaite, Daisy la fit entrer sans hésitation. Elle a complètement oublié leur rituel du samedi même si cela a déjà duré des années.
-Dis donc, tu es encore en train de mâchouiller ton petit déjeuner, à cette heure ? Mais que c'est-il passé ? Ou est donc tonton ?, a demandé Kim en prenant par sa petite main crasseuse une part de pancake avant de la mettre dans sa bouche.
Tonton, c'est le nom que Kim donnait au père de Daisy. Comme il était un brave homme du genre serviable en se montrant très paternel à l'égard des amies de sa fille, ces dernières l'adoraient et l'appelaient toutes comme cela, Kim n'en faisait pas une exception.
-Il était parti tôt, c'est le boulot.
-Ah je vois je vois. Alors, qu'est-ce qu'on va faire aujourdhui ? , a demandé Kim à Daisy en déchargeant son panier après avoir pris place devant la petite table à manger. Elle en extirpait des canettes de soda, quelques paquets de chips et deux cassettes un peu vieilles. A la vue de ces cassettes, Daisy a plissé les yeux avant de tendre sa main vers l'une pour lire l'étiquette scotchée dessus.
Il y était inscrit « Nos meilleurs souvenirs K . D »,
-Mouais, ce sont nos initiales. Ma mère et ton père nous ont filmé depuis qu'on portait des couches jusqu'au collège. J’ai fouillé partout et je suis tombée dessus. Puis, je me suis dit pourquoi ne pas les mater chez toi, a dit Kim après avoir vu Daisy prendre la cassette avec étonnement.
Kim était une fille assez bavarde. Elle est petite et grassouillette. Nous sommes toutes les deux différentes. Elle parlait beaucoup, moi je parlais très peu. Elle était un peu grosse. Moi, non. J’étais mince. En tout compte fait, on n'est jamais pareille mais on disait toujours que ce qui se différencie s'attire. Mais on s'aimait et elle était une sœur pour moi. On ne se trahissait jamais depuis la maternelle.
-Oh, je ne savais pas qu'on a été enregistré dans des cassettes , toi et moi ! En tout cas, c'est une bonne idée. Mais il faut d’abord qu'on range un tout petit peu, c'est vraiment le bazar. Mon père va nous tuer.
-Bon, bouge tes fesses et mettons au travail.
Georges a roulé de 60 kilomètres par heure dans sa vieille bagnole d'occasion qui lui a bien servi depuis toujours. Lorsqu'il a pris un virage à droite, il a été frappé d'étonnement devant ces voitures qui précédaient la sienne. Il a grommelé des jurons en serrant ses dents. Il ne doit surtout pas arriver en retard pour une affaire aussi « urgente ». Soudain, son téléphone a sonné. Il a fouillé sa veste avant de se souvenir que son portable était juste à côté de lui, sur le siège. Il a décroché sans perdre une seconde de plus.
-Ah, agent Georges! Ou êtes-vous bon sang ? On vous a attendu des heures et vous ne vous pointez toujours pas ! ?
-Je m'excuse, je suis coincé dans les bouchons, j'arrive dans 15 minutes.
-C'est une affaire très importante ! On y a travaillé depuis des mois et maintenant qu'on est sur le point de les traquer, vous jouez le paresseux ! Grouillez-vous sinon, on va tout foirer !
Après cet appel, il a regardé l'heure, il était 7h. Il devrait donc arriver là-bas dans 15 minutes. Il fallait accélérer. Il n'avait pas eu le choix que de monter en 80km/heure. Il était question de vie ou de mort et il aimait son travail par dessus tout. Il passait ses heures à s'occuper de sa fille unique en travaillant d'arrache-pied au poste de police de la ville. Il était un bon père de famille malgré sa douleur depuis que sa femme a été disparue. Cette disparition a complètement bouleversé sa vie. Il a passé des années à chercher sa bien aimée. Mais ce fut en vain. Son cœur a été brisé en milles morceaux et son travail lui a permis d'oublier sa souffrance, de vivre avec et d'avoir plus de détermination à assurer l'avenir de sa fille unique : le symbole de leur amour ou du moins, tout ce qui en reste.
Il était presque arrivé. Il reste 7 minutes pour s'y rendre à l'heure.
Feu rouge. Il a vu de loin des lumières qui se rapprochaient à droite de sa voiture. Une fois qu'il était sur le point de faire marche-arrière, un bruit de verre qui fracassait a surgi. Son oreille s'est assourdi. Il voulait se redresser mais tout à coup, il a perdu connaissance. Son pouls s'affaiblit. Il venait d'être percuté par un camion. La montre sur le tableau de bord indiquait 7h25 : son cœur cessait de battre. Il a quitté le monde.
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