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Couverture du roman Inconditionnellement: Tome I

Inconditionnellement: Tome I

Après avoir survécu au divorce de ses parents et à sa séparation brutale avec Travis, Stella aspire à un nouveau départ. Son admission à l'université de Berkeley représente l'échappatoire idéale loin de San Diego. Alors qu'elle se sent enfin prête à laisser ses doutes derrière elle, les ombres de son passé ressurgissent inopinément. Prise entre son désir de reconstruction et la douleur d'un cœur brisé, elle devra affronter ses anciens démons pour avancer.
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Chapitre 2

Il y avait des dizaines de groupes de jeunes qui marchaient vers la plage. Tout le monde semblait heureux, joyeux que l’année soit terminée. Certains portaient même des tee-shirts à l’effigie de l’université qu’ils allaient intégrer à la rentrée prochaine. On arrivait sur place, un grand feu brûlait au milieu du sable. La chaleur des flammes nous réchauffait, même à plusieurs mètres. Il y avait un deejay qui s’occupait de la musique, un stand de boisson, un côté avec des jeux et de l’alcool… Je regardais autour de moi, tout le monde semblait avoir quelque chose à mettre dans le feu, j’étais soulagée de ne pas être la seule à avoir pris au pied de la lettre l’invitation.

— Et toi ? Qu’est-ce que tu as pris pour jeter dans le feu ? demandais-je à Monica, curieuse.

— Moi ? Ma montre ! répondait-elle fièrement.

— Ta montre ? Pourquoi ?

— Parce que durant un an je n’ai fait que regarder l’heure pour tout et n’importe quoi. J’étais tout le temps en train de mesurer les minutes que j’avais de libre, sans devoir étudier ou travailler à ce job qui craint ! Fini tout ça, je n’ai plus besoin de travailler, j’ai obtenu un prêt étudiant et une bourse !

Monica n’avait pas encore d’université attitrée. Elle était sur liste d’attente pour Columbia à New York et pour Berkeley, à San Francisco, qui était l’université où j’avais été acceptée. J’espérais qu’elle serait avec moi, je ne voulais pas qu’on soit séparée.

— Non, c’est vrai ? Je suis super contente, tu ne m’as rien dit, cachottière !

— Je comptais le faire ce soir, on va fêter ça comme il se doit, ma chère amie !

Un ami à nous venait à ce moment même nous apporter un verre à boire, comme s’il avait lu dans nos pensées.

— Scott ! Tu arrives à point nommé, disait Monica en lui arrachant presque le verre de ses mains.

— De rien ! s’écriait Scott en souriant, me tendant l’autre verre.

— Merci, lui disais-je. Où est le reste du groupe ?

— Un peu plus loin, à côté du bar !

— OK, on y va ? proposais-je.

— Euh… Travis est là, aussi.

Mon cœur se mettait à accélérer et mes mains à transpirer. Je ne pouvais pas aller avec son sweat dans les mains, ce serait un peu trop… bizarre. Je décidais de rester ici en buvant mon verre avec Monica. Après ça, j’irais jeter ça au feu, afin d’être tranquille une bonne fois pour toutes.

— Il est avec sa pouf ? lâchait Monica d’un air sérieux.

Je lui faisais de grands yeux pour l’engueuler et qu’elle comprenne, mais elle avait l’air d’en avoir rien à faire. Intérieurement, je rigolais, elle était toujours spontanée et moi, un peu trop réfléchie. Je crois qu’elle détestait Lisa encore plus que moi. Dans le fond, je ne la détestais pas vraiment, c’était juste Travis qui avait complètement foiré.

— Non, Lisa n’est pas avec lui, répondait Scott, sur un air tranquille, comme s’il était d’accord avec ce que Monica disait.

— On viendra après notre verre.

— Sérieusement ? On va y aller ? demandait Monica surprise.

— Pourquoi pas ? répondais-je en buvant une gorgée.

Scott s’en allait rejoindre la bande en nous donnant rendez-vous plus tard. Ça ne me dérangeait pas de croiser Travis, j’allais quand même devoir le faire et de toute façon, une fois de plus ou de moins… J’aurais peut-être dû aller le temps que Lisa n’était pas là, ça aurait été moins gênant mais dans le fond, c’est eux que ça devrait gêner et pas moi. Il m’avait largué du jour au lendemain pour cette fille, qu’il voyait déjà dans mon dos visiblement. Le seul regret que j’avais est que je n’avais jamais eu de réponses à mes questions. Je ne savais pas depuis quand son petit jeu durait, s’il avait fait ça depuis le début de notre relation ou s’il m’avait vraiment aimé un jour. À présent, je m’étais fait une raison et je ne cherchais plus à savoir le pourquoi du comment. Je préférais ne plus me torturer avec ça.

Après plusieurs verres et plusieurs heures passées à la soirée, il était l’heure de jeter ce stupide sweat dans le feu, je l’avais gardé bien trop longtemps, j’aurais dû m’en débarrasser dès mon arrivée.

— Je reviens tout de suite, Mo !

— Où tu vas ? elle me regardait avec interrogation mais comprenait en me voyant déplier le sweat. OK, très bien…

J’étais devant cet énorme feu qui me brûlait les joues, ce qui me donnait encore plus chaud que les quelques verres que je venais de boire. Il y avait déjà des choses en train de brûler. Je prenais le sweat en main, le regardais une dernière fois et m’apprêtais à le jeter dans le feu quand j’étais interrompue. Je sentais une présence derrière moi me souffler à l’oreille :

— Tu me détestes à ce point ?

Je me retournais, surprise par la voix bien trop familière de Travis. Un frisson parcourait mon corps de la tête aux pieds, je restais sans mots face à lui dans un premier temps. Je le fixais droit dans les yeux. Il avait son grand sourire charmeur sur son visage, un magnifique sourire, on ne va pas se le cacher. Je ne lui avais plus parlé depuis notre rupture, plus jamais, et je ne comptais pas le refaire un jour. Encore moins le dernier jour de l’année scolaire, quand j’étais enfin débarrassée de lui. Il avait toujours la même allure, fier de lui, sûr de lui. Il était plus grand que moi, une tête en plus. Ses cheveux noirs retombaient sur son front, il faisait un geste pour les mettre derrière son oreille. Ses yeux noirs me fixaient d’un air moqueur, je ne devais pas me laisser intimider par lui, c’était terminé cette époque. Il n’avait plus cette emprise sur moi.

— Qu… Qu’est-ce que tu fais là ? répondais-je en essayant de me reprendre.

— Je t’ai vu sans ton chien de garde – dixit Monica –, j’ai eu envie de venir te féliciter pour avoir réussi ton année et être acceptée à Berkeley.

— Ah bon ? OK, merci, répondais-je froidement, essayant de camoufler mon étonnement.

Qu’est-ce qu’il me voulait ? Sa pouf, comme l’appelait Monica, n’était pas encore là alors il venait m’embêter ? Je n’avais aucune envie de lui parler mais dans un sens, je devais lui montrer que moi aussi j’avais tourné la page, et que sa présence ne m’importunait plus. Je me mentais un peu à moi-même, ce mec me faisait toujours autant d’effets. Je ne savais moi-même pas pourquoi mais c’était le cas. Le pouls de mon cœur battait de plus en plus fort, j’avais l’impression qu’il allait me sortir de la poitrine.

— Tu es venue ici pour jeter mon sweat ? Tu l’aimais bien pourtant, disait-il, avec son assurance légendaire, le sourire en coin.

— C’était avant ça, assurais-je. Je me balançais d’un pied à l’autre, ne sachant pas trop comment je devais réagir. J’avais envie de m’enfuir et en même temps de continuer à discuter avec lui. Je détestais cette sensation et l’emprise qu’il avait toujours sur moi.

— Ce que tu jettes dans le feu, tu ne le récupères plus…

— C’est un peu le but quand on fait brûler quelque chose. Tu le jettes dans le feu et tu ne le vois plus, plus jamais. Étant donné que je ne peux pas te jeter toi, je jette ton sweat… C’est symbolique, tu vois ? Disais-je avec le plus grand des sérieux, tout en restant ironique sur le ton de mes phrases. Je n’aurais jamais dit tout ça si je n’avais pas ces quelques verres dans le nez. Mais au moins, il savait ce que je pensais maintenant.

— Oh. Tu ne veux plus jamais me voir, alors ? demandait Travis, l’air surpris, comme si ce n’était pas normal.

— Pas vraiment non et on ne se verra plus maintenant.

— Seules les montagnes ne se croisent jamais.

— Qu’est-ce que tu cherches ? je commençais à être agacée de cette conversation.

— Rien, Stella. J’avais envie de discuter un peu avec toi, c’est interdit ?

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