
IMPOSTURE
Chapitre 2
_ Tu as jusqu'à demain matin pour libérer ma maison. Je ne peux pas accepter ce déshonneur que tu m'apportes. Le sang qui coule dans mes veines ne peut pas être le même que le tient . Quel exemple pour ces petits qui te regardent ? Que mes yeux ne te voient pas à mon réveil .
Tels ont été les propos de mon père il y a trois ans . C'était la dernière fois que je le voyais et que j'entendais résonner le son de sa voix grave contre ma personne . J'en avais souvent l'habitude, mais là s'en était trop. Si j'étais arrivée à ce niveau, c'était également à cause de lui . Les responsabilités sont donc à partager, mais grande gueule qu'il est, jamais il ne le reconnaîtra . Mainte fois, avec tout ce qu'il me créait comme situations désagréables, il est arrivé que je remette en cause sa paternité à mon égard, seulement la cruelle vérité était là. Malgré la physionomie de maman j'avais de gros traits de ressemblance avec ce con . Lorsqu'il mangeait ou recevait ces repas à prix exorbitant qu'il n'aurait jamais pu s'offrir, celà l'arrangeait bien . Lorsqu'on lui offrait ces vêtements coûteux, il était pourtant très heureux !!! Que croyait-il en fait ? Mais, suis choquée !!! Ce torchon, qu'il qualifie de maison lui appartenait- il ?
Je n'ai pas voulu être réfractaire pour ne pas briser le cœur de sa douce épouse.
Maman avait essayé de le convaincre pour qu'il change d'avis, mais ce n'était qu'une perte de temps assurée . La réponse méprisante qu'il lui a envoyé était pire que tout . Il est reparti s'asseoir dans ce bar piteux au coin de notre immeuble de bidonville pour se saouler la gueule comme à ses habitudes . il y a quelques années , Celui-ci avait parié notre maison familiale lors d'un de ces jeux à risque et l'avait perdue . Nous n'avons pu tenir que grace aux petites économies de maman comme à chaque fois; et celà ne semblait lui poser aucun problème .
Ce flemmard en plus de créer autour de lui un éternel recommencement, exigeait de sa femme un repas digne chaque jour; et lorsque ce n'était pas le cas, il la battait sans arrêt .
J'ai pris quelques vêtements dans ma chambre et je suis partie en laissant maman et les autres en larmes . Les voir dans cet état m'a fendillé le cœur, mais je n'avais pas d'autre choix . Ma place n'était plus là-bas, il était primordial que je m'éloigne de ce coin pourri afin d'avoir de meilleures opportunités de vie . Je reviendrai peut-être un de ces jours pour eux . Pour l'instant,je dois me trouver un refuge de qualité.
Je me prénomme Mirande, j'ai dix- huit ans et je vis dans l'un des quartiers les plus difficiles de Lagos, au Nigeria. Pour ceux qui n'en ont aucune idée, c'est un des pays d'Afrique de l'ouest en voie de développement . J'ai récemment largué mon ex petit-ami avec qui j'ai eu deux ans de relation car je le soupçonnais de tromperie et il a balancé toutes les photos et vidéos nues de moi que je lui envoyais pour, comme il disait, " renforcer notre amour " sur le net . Je me suis effleurée très tôt, je n'ai pas vraiment eu de choix.
Je suis de ces filles claire de peau aux courbes africaines qui se développent un peu trop vite . J'ai un immense derrière, un ventre très plat et je fais taille quarante du tour de poitrine depuis l'âge de treize ans. Je suis une rousse aux yeux verts comme ma mère . Selon les dires de mon " Père ", sa maman était pareille, tout ce qui nous diffère c'est la carnation . Les mecs adorent me mater et j'aime bien .
Nous étions ensemble depuis la classe de seconde, Jason et moi : Le couple glod du lycée . Après l'obtention de nos diplômes, il a dû continuer ses études au Canada sous la recommandation de ses parents . Il était très à l'aise financièrement contrairement à moi . Cela me créait parfois quelques frustrations dû au regard que ses parents me lançaient lorsqu'ils venaient le déposer chaque matin à l'entrée du lycée , mais il me rassurait qu'il n'en était rien . Notre amour était plus fort .
Avant son départ, j'ai voulu qu'on arrête tout . Je n'avais jusqu'ici entendu que de mauvaises histoires sur les relations à distance . Il était entré dans une colère noire et ne m'a plus adressé la parole jusqu'à son départ . Nous ne sommes revenu qu'en ligne un mois après parce qu'il voulait qu'on fasse la paix . La relation a repris sans soucis, juste que, trois mois plus tard, il avait commencé à me proposer de faire des choses très obscènes . Je refusais, et à chaque fois il se braquait . Ce que je ne vous ai pas encore dit est que je vivais à ses dépends . Chaque fin du mois, il m'envoyait de quoi subvenir à mes besoins précaires car je n'avais pas de boulot . Il voulait une sorte de contrepartie et j'ai cédé . Seulement, moins d'un ans plus tard, j'ai reçu des photos en anonyme via mon compte Facebook de lui en compagnie d'une autre fille dans son appartement, couchés dans son lit. J'ai voulu avoir des explications et il m'a bloqué sur tous nos canaux de discussion . Lorsqu'il est revenu, j'ai rompu à mon tour et coupé tout contact avec lui . Je refusais d'être prise pour une moins que rien à cause de mon statut . La suite vous savez déjà.
Pourquoi il a choisi d'agir ainsi ? Je l'ignore et je ne veux plus jamais me poser cette question . Cette rupture m'a mise dans la merde, mais je m'en sortirai . Je m'en sors toujours car j'ai le mental d'acier qu'il faut .
Il était vingt-deux heures, les ruelles ténébreuses de ce quartier pour qui je n'avais toujours eu que du dégoût me donnaient froid dans le dos . Sauter les flaques de boue pour éviter d'être sale en atteignant ce coin d'arret-taxis ; je ne le supportais pas . L' on devrait pouvoir choisir où naître . Je ne pouvais pas finir ma vie dans cette poubelle . J'ai contacté Jane ,mon accolite de toujours, une amie de longue date, la seule que j'ai . Elle avait l'art de remettre mon morale au plus haut à chaque fois que l'occasion se présentait.
_Mon père m'a mise à la porte .
_ Retrouve moi à la maison .
Lorsque je suis arrivée à son appartement, elle s'apprêtait pour honorer à un de ces rendez-vous avec de hommes riches qu'elle côtoyait . Mon amie n'a pas voulu savoir comment mes photos s'étaient retrouvées sur la toile . Tout au contraire, elle a ouvert sa garde-robe et m'a dit que ce soir je devais l'accompagner . Je me suis exécutée et nous sommes allés dans cet hôtel cinq étoiles au bord d'un fleuve de la ville . Nous sommes entrées dans son restaurant et nous avons commandé un jus de fruit pour moi et du Cognac pour Jane . Pendant que nous consommons, deux hommes entrent . Jane se dirige vers eux et prend place à leur table moins de cinq minutes plus tard . Elle est dotée d'un courage qui ne cessera jamais de m'étonner à chaque fois . Ces messieurs, je suis certaine qu'elle ne les a jamais vu de sa vie . L' un d'eux me fait un clin d'œil et je comprends qu'il m'invite à les rejoindre .
Nous passons une belle soirée, Jane me fait un signe discret et je la suis aux toilettes . De là, elle me file quelques billets et je retourne à la maison la peur dans le ventre . Il se fait vraiment tard et je ne suis pas habituée à ce type de travail . Je crains presque pour sa vie. Le monsieur qui me raccompagne me demande depuis combien de temps je fais celà car je ne semble pas être une habituée . Je lève les yeux et le regarde avec mépris avant de quitter son véhicule . Lorsque j'arrive à l'appartement, ces paroles résonnent dans mon esprit . Jane vole ses clients pour pouvoir se payer tout ceci, et est sur le point de m'entraîner dans là dedans . Je n'avais pas un rond à cette sortie et je retourne à la maison avec deux mille Dollars comptant . De tous les hommes que j'avais connus dans ma petite vie, aucun ne m'en avait donné autant . La limite était de trois mille Naira . Même cet idiot de Jason, ne m'en offrait pas autant . J'espère qu'il crève d'où il est . Il a préféré me laisser après avoir usé mon corps pour une petite fille gâtée de riche comme lui . Il espère me détruire, mais je ne sombrerai pas, il n'en vaut pas la peine . Il n'en a jamais valu d'ailleurs . Je n'étais avec lui pour sa situation . Par tous les moyens je réussirai . Des jeunes hommes beaux et riches il y en a partout . Il suffit de savoir les dénicher avec le bon appât pour un bon atout au bon moment .
Cette nuit, je ne ferme pas l'œil une seule seconde . Je me balade dans les différentes pièces de la maison . Elle est spacieuse et solidement bâtie . La semaine dernière j'étais déjà là, mais la déco était différente . Une seconde couche de peinture est passée par là, ça sent encore du neuf, et les meubles ont l'air différents . Elle a aussi refait sa garde-robe, tous ces vêtements sont de qualité, que dire de ces talons ? je vais les essayer . Elles me vont à merveille, encore mieux qu'à elle . Je mérite aussi toutes ces choses . La robe que j'ai sur moi me donne des allures de grande dame de fer au corps envoûtant . J'en ferai tomber plus d'un s'ils me voient dans cet accoutrement . C'est mon père qui regrettera de m'avoir foutu à la porte ce crétin à l'avenir dépassé . En ce moment, il doit encore être en train de battre sur ma pauvre mère devant Ana et Jeff . Ils devront encore supporter cette bassesse juste pour quelque temps . J'attraperai un gros poisson d'ici peu, et toutes ces mauvaises expériences ne resteront plus que de mauvais cauchemars lointains . Leur histoire devra être différente de la mienne, ils devront aller en fac .
Je remets avec délicatesse ces choses à leur place en attendant le retour de Jane . Moins d'une heure plus tard, elle arrive très épuisée et s'endort sans me dire un mot . Je meurs d'envie de la réveiller, mais il vaudrait mieux que j'attende . La journée, je me fais belle, et avance à pied sur quelques mètres pour mieux me familiariser avec le quartier . Que de grosses maisons et de grosses voitures que je vois au passage . Le quartier est tout tracé . C'est loin des habitations de fortunes d'où je sors. Certains hommes véhiculés proposent de me déposer, le peu de femmes que je rencontre ne m'apprécient guerre, mon physique les rend invisibles comme à chaque fois . J'en ai l'habitude, alors leurs petites réactions ne me disent rien . Je suis là pour pour un but précis, mais le moment de pêcher n'est pas encore arrivé . Je prends mon temps pour trouver le bon . Je n'ai jamais été amoureuse de qui que ce soit, ce sera donc une tâche très facile.
Les hommes ? Pour eux je n'éprouve que du dégoût . Je suis leur vide couilles et eux sont ma carte de crédit . L' on se rend de beaux petits services et tout le monde est satisfait . Ça a toujours été ainsi ni vu ni connu. J'ai toujours vécu au dépend de mon corps ou plutôt grâce à lui . Il a nourri ma famille jusqu'à cet âge et personne ne s'était jamais plaint jusqu'ici . C'était notre petit secret . Mon premier rapport je l'ai eu avec un ami de papa qui nous rendait constamment visite . Il connaissait notre situation et de temps à autre, il nous apportait de quoi manger lorsque son compagnon de tous les jours était absent . Ma mère ne l'a jamais apprécié . Une fois, il m'a trouvée seule à la maison et m'a proposé un repas pour la famille . En échange, je devais le laisser admirer mon beau corps un peu trop développé pour mes quatorze ans . C'était un vendredi, ce jour était le plus malheureux de la semaine car jamais une flamme ne montait et nous n'avions droit à un dîner que le jour suivant aux environs de dix-huit heures . Se serrer le ventre dans l'attente d'une soupe fade après plus de vingt quatre heures, je n'en voulais plus . Mes cadets, trop jeunes, pleuraient sans cesse . Conne j'ai été . J'ai pris la décision de me déshabiller vite fait en espérant manger pour deux jours . La gourmandise a toujours été de mon fort . Le sexe vient après . Ce salaud n'a pas tenu une seule seconde . Sa braguette a grossi sous mes yeux et il a bondi sur moi en me promettant que je n'aurai pas mal . Tout s'est très vite passé . Il m'a laissé de quoi manger, une ration pour trois mois et je ne l'ai plus jamais revu . Il a de cette façon semer en moi l'amour de la facilité . Pourquoi me donner autant de mal alors qu'une douleur passagère pourrait me procurer tout ce dont j'ai besoin sur un long terme ou une période précise ? Contrairement à ce qu'auraient pu ressentir la plupart des jeunes filles de mon âge, cette étape est passée comme s'il n'en était rien . J'avais nettoyé la maison comme à l'accoutumée et le soir j'ai remis le paquet de mon premier homme à ma mère avec une partie de l'argent . Comme je m'en étais bien douté, elle était rentrée ce même soir bredouille. De ce fait, je n'ai ressenti aucune culpabilité . Après cela j'ai eu quelques parties de sexe avec d'autres amis de papa pour les mêmes raisons avant de cesser des années plus tard lorsque j'ai rencontré Jason . J'ai cru un moment que je l'épouserai . Cela devait solutionner bien des choses dans ma vie. Hélas, il a été plus malin que moi .
Je suis donc retournée à la maison et Jane était au top .
_ Tu te plais bien ici on dirait, j'ai cru un moment que tu ne rentrerais plus .
J'ai juste souri Je me suis dirigée vers mon sac à main pour lui rendre les sous de la veille . Mais elle n'a pas voulu les prendre .
_Mon sac est gonflé de frique ma belle. Ceci est pour toi. Au passage, j'ai vu tes photos sur le net . Tu es magnifique ma douce . On s'en fout de ce que peuvent penser les autres . Ton nullard de petit-ami ne pas sait ce qu'il perd. Je vais te faire entrer dans mon petit monde et tu me remerciera plus tard chouchou. Pour l'instant allons manger.
Nous nous sommes habillées très chic pour un restaurant chic . Que de voiture de corps diplomatique dans le parking . Cet endroit me plaisait déjà bien . Jane était mon guide .
_ Tu vois ce vieux assis au fond ? C'est un colonel de l'armée américaine . Il n'est là que pour deux semaines . L'autre, celui assis au coin en compagnie de cette aguicheuse, est un gros homme d'affaires réputé dans le pays . Il dîne ici tous les jeudis soir en compagnie de son épouse et de ses deux enfants . Celui de gauche, à la peau blanche, je ne sais pas vraiment quel est son boulot, mais il a toujours de grosses liasses de billets et apprécie bien la compagnie de filles en chair comme toi .Vous pourriez bien vous entendre …
Elle m'a sorti une biographie de tous les hommes qui se trouvaient dans cette salle . Elle en connaissait intimement plus de la moitié et souhaitais me jeter aux bras de l'un de ceux qui lui étaient encore inconnus mais je n'étais pas encore prête. Il me fallait encore un peu de temps . Je m'étais sûrement un peu trop habitué aux jeunes célibataires de mon entourage . Les vieux j'avais un peu de retenue . Surtout que tous étaient mariés . Je pensais à ma mère et je changeais d'avis à chaque fois . La done devait changer à présent et j'étais un peu réticente . Jane m'a donné un mois pour commencer à payer des factures avec elle sans broncher au risque de la voir me foutre à la porte .
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