
Il s'appelle Bruce
Chapitre 3
****Il s'appelle Bruce.****
Chapitre 3 : La sincérité.
****Dans la tête de Bruce.****
Je ne comprendrais jamais l'acte de ma sœur. Pourquoi cet agissement digne des personnes qui n'ont pas reçu d'éducation ? Une amie de longue date qui ne lui a jamais été infidèle, elle la jette sans raison valable. Je suis plus que confus. Le coeur a ses raisons que la raison elle-même l'ignore, qui ne connaît pas cette phrase ?
Deux semaines se sont écoulés depuis ce malentendu mais elle ne daigne pas encore agir avant qu'il ne soit trop tard. Les amis sont sacrés, surtout lorsque l'amitié n'est basée sur aucun intérêt. Me dire que Nessa m'aime pour mon argent, c'est comme me mentir sans raison. Depuis que je la connais, elle n'a jamais mangé ici, jamais dormie, jamais bue même un verre d'eau ou même emprunter de l'argent. Vanessa n'est pas une femme matérialiste, même la femme la plus orgueilleuse du monde saurait confirmer mes paroles.
J'avoue que je suis tout de même troublé de savoir désormais, enfin de confirmer surtout, que j'étais la cause de son agissement un peu inquiétant. Je présageais déjà qu'un jour je serais confronté à cette réalité que je fuis depuis que je l'ai vu mais je ne croyais pas l'être aussi tôt.
Chaque soir j'essaie d'écrire une lettre pour la lui envoyer mais rien de mes sentiments ne se note. Je n'arrive pas à exprimer ce que je ressens et mon état d'âme face à cette découverte peu étonnante mais assez troublante, ne m'aide pas non plus.
« TOC TOC. »
-Entrez. Dis-je en m'asseyant sur mon lit.
-Noella réclame son père. Me dit Léna en rentrant dans ma chambre avec ma fille dans les bras.
-Donne-la-moi. Dis-je en tendant les bras. Léna se rapproche et me dépose ma fille dans les bras.
Je souhaite qu'elle parte pour que je puisse me reposer et surtout réfléchir tranquillement sans avoir des ondes négatives autour de moi.
-Bruce, tu m'en veux n'est-ce pas?
-Tu te reproches quelque chose?
-Je sais que tu m'en veux.
-Bien.
-Tu ne me parles plus et tu m'évites depuis notre petite dispute.
-…
-Peut-on en parler comme des adultes ?
-Je t'écoute. Dis-je en levant le regard vers elle.
-Vanessa m'a blessée. Je croyais qu'elle restait avec moi non pas par intérêt. Enfin c'est ce que je crois.
- Si tu n'es pas sûr de ce que tu avances, ça ne sert absolument à rien de venir m'en parler et tu le sais.
-Bruce ne m'en veux pas s'il te plaît. J'ai, en fait, j'ai…
-Tu as quoi? Dis-je d'un ton sévère.
-J'ai peur que tu me l'aies volé.
-Pardon ?
-J'ai peur que tu gâches notre amitié. Je tiens à elle comme je tiens à la prunelle de mes yeux. Je n'ai pas eu de sœur juste toi, un frère, elle me complète en tant qu'amie et je ne m'imagine pas sans elle.
Je suis bien étonné d'entendre ma sœur se confier de la sorte sur ses sentiments et ses craintes à la fois. Les yeux larmoyants, elle m'explique en toute franchise qu'elle craignait que si un jour Nessa et moi décidons de nous mettre ensemble, qu'elle soit laissé de côté.
-J'habite avec toi depuis que j'ai quinze ans et je ne veux pas que l'ambiance de la maison change.
-Mais qui te dit que je l'aime ?
-Tu es mon frère, je sais lire en toi comme dans un livre.
-Et pourtant tu ne savais pas dans quel ordre je classe mes livres.
-Ce n'est qu'un détail tout ça. (rire)
-Viens dans mes bras, petit sotte.
**** Dans la tête de Vanessa****
Je pars au cabinet juridique non loin de chez moi maintenant. L'ambiance et l'entente entre collègues sont vraiment agréables dans ce lieu. Je ne saurais jamais comment remercier ma sœur pour m'avoir déguaûter ce stage. Bien que depuis que Léna m'a brisé en mille morceaux je ne retrouve plus ma gaieté et mon sourire quotidien, j'arrive à m'y faire de son absence et celui de Bruce.
Je ne sais pas si je dois lui en vouloir de m'avoir aussi rabaissé ou si je dois juste oublier et continuer ma vie comme ma mère me le répète. C'est dur d'oublier des personnes que l'on a aimées en un rien de temps. Je suis tellement naïve et trop insouciante que j'oublie parfois que je dois aussi parfois augmenter la voix pour me faire respecter.
-Nessa !
Qui m'appelle de si bonne heure ? Je me retourne mais je ne vois personne à pied. Je vais marcher plus vite car on ne sait jamais les risques qu'on encourt de sortir seul à sept heures du matin, lorsque le soleil n'est pas encore levé.
-Nessa !
Mais bon sang, qui crie mon surnom comme ça ? Je me retourne pour la dernière fois et là mon visage se décompose lorsque je vois sortir Bruce de sa voiture. Je n'avais vraiment pas remarqué la présence de celui-ci.
Cette fois si, je veux être plus forte que mes sentiments, je veux vaincre cette attraction qui règne entre nous deux. Je ne sais pas par quel miracle mais je me suis mise à courir comme une folle. Je cours, cours, cours pour le fuir, pour ne pas lui adresser une seule parole, pour ne pas à avoir à subir encore une déception sentimentale, je cours !
J'arrive presque au cabinet, encore un petit effort et je vais être en sécurité. Non le ciel en a décidé autrement, mes talons m'ont encore, une fois de plus, fait chuté.
-ça va . Rien de casser ? Me dit-il en essayant de me relever.
-Non. Dis-je timidement.
- Pourquoi tu me fuis ?
-Je suis en retard au boulot.
-Réponds-moi d'abord. Me dit-il en attrapant ma main droite. Je te lâcherais à condition que tu me répondes.
-…
-Nessa.
-Je t'aime, voilà le problème, je t'aime mais en rien je ne veux ton argent, en rien ! Je sais me débrouiller et trouver mon propre argent.
-Ness…
-Non je ne veux plus, j'ai attendu ce moment depuis si longtemps mais maintenant je suis fatigué, laisse-moi en paix s'il te plaît.
Mon corps vient de balancer vers lui, je me sens légère, je vole sûrement, ses lèvres viennent de toucher les miennes. J'ai des papillons dans le ventre. Je n'arrive pas à comprendre de surplus d'émotion qui me passe dans la tête. Je ne vais plus parler, je ne vais pas essayer de me débattre, c'est peut-être la seule fois que je pourrais goûter à ses lèvres. Il m'a embrassé, pour que je me taise peut-être mais un baiser reste un baiser.
Il détache lentement ses lèvres des miennes. Je sens qu'il ne compte pas me lâcher, me laisser partir.
-Nessa. Ce que j'essayais de te dire c'est moi t'aime aussi.
Non je dois vraiment rêver. Il vient de me dire quoi? Je n'ai pas assez savonné mes oreilles ce matin. Quoi, quoi ? Je n'ai pas le temps de lui demander de répéter car ses lèvres dévorent une fois de plus les miennes. Je sens que je vais m'évanouir là. Non pas tout de suite, je vais attendre d'abord qu'il finisse de me manger la bouche puis je m'évanouirai.
-Je suis en retard moi aussi tu sais. Me dit-il en me libérant de l'emprise de ses bras.
-Que dois-je comprendre de cette…
-Que je ne suis jamais resté indifférent à toi.
****Dans la tête d'Hélèna. ****
Je me suis vite laissé emporter par cette histoire avec mon frère et Nessa. Je n'aurais peut-être pas dû agir comme je l'ai fait. Mais bon ce qui est fait est fait. Je ne saurais jamais aller lui présenter des excuses, j'ai bien trop de fierté pour ça. D'un côté, je ne suis pas totalement fautive car elle n'a pas été sincère avec moi. Elle pouvait me dire depuis le début qu'elle ressentait une attirance pour mon frère, j'aurais peut-être réagi autrement. Mais d'un autre côté, je comprends qu'elle ait eu peur parce que je n'ai pas ma langue dans la poche.
-Tchin Tchin.
-À ta santé.
-Je vais bientôt reprendre la route. Me dit Coffi en déposant son verre de vin.
Après deux petites semaines passées ensemble, Coffi doit déjà partir. C'est triste, je n'ai pas encore eu le temps de lui avouer mes sincères sentiments pour lui. Il s'amuse avec moi comme Bruce le ferait, en tant que grand frère. Il ne se doute sûrement pas que je puisse ressentir quelque chose pour lui.
-Coffi je dois t'avouer que je ressens quelque chose pour toi.
-Je le sais déjà.
-Pardon ?
-Bruce m'en a informé. Comme je lui ai expliqué, si tu veux qu'un jour on vive ensemble, qu'on partage nos quotidiens, il faudra que tu te concentres d'abord sur tes études. On peut flirter, ça ne dérange pas ton frère mais on sent bien que c'est à chaude tension que tu mets notre amitié puisque le jour où ça n'ira plus entre nous, ça n'ira peut-être plus entre lui et moi. Je dois quand même t'avouer que je te trouve très mignonne et très intelligente alors épate-moi.
-Je n'y manquerai pas.
Il dépose tendrement un doux baiser sur mon front puis s'en va à toute allure. Je suis déçue par son raisonnement. Oui les études sont importantes mais rien ne m'empêchera d'étudier et d'être son femme en même temps non? Attendre encore des années s'est risqué qu'il trouve une autre femme entre-temps alors je dois agir au plus vite. J'ai entendu dire que rien de mieux que la grossesse pour mettre l'épée au cou d'un homme.
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