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Couverture du roman Fil rouge

Fil rouge

À 22 ans, Ahmed mène une existence dorée au cœur de Dakar. Fils de famille aisée, ce séducteur invétéré enchaîne les soirées luxueuses et les excès dans les endroits les plus huppés de la capitale. Cependant, cette vie de fêtes bascule brutalement après une nuit de débauche. Une erreur monumentale vient alors bouleverser son destin. Ce tournant décisif transformera-t-il son futur en rêve ou en cauchemar ? Seul le temps révélera les conséquences de ses actes.
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Chapitre 2

Fil Rouge - 2

Ahmed retrouva ses amis dans la suite réservée pour l'occasion , garçons et filles continuaient de se trémousser sur la musique R&B . Sur la table basse trônait des bouteilles d'alcool , de la marijuana et même un peu de cocaïne que Jules avait acheté pour l'occasion . Ahmed ne touchait pas encore à la coke , mais ses amis ne se gênaient pas , lui fumait de l'herbe. Il adorait cette sensation ‘high’ que cette drogue lui procurait .

Quelques bimbos de la Jet six voire cinq dakaroise, les avaient suivi à l’hôtel. Ces pseudos stars : mannequins, danseuses , qui remplissaient les boîtes de nuit et les hôtels aux bras de gosses de riches ou de leur pères , et qui, après, clamaient haut et fort avoir construit une maison pour leurs parents, les emmener à la Mecque grâce à la sueur de leur front .

Elles étaient hyper sexy , mais Ahmed ne les touchait pas, il disait elles avaient, la plupart, le SIDA et leur type de virus pouvait passer à travers le préservatif tellement il était robuste. Mais ses amis n'étaient pas aussi réfléchi quand il s’agissait de filles, ils étaient plus du genre à sauter sur tout ce qui bougeait .

Ahmed se posa dans un coin pour fumer , il venait de recevoir une photo de Nafi qui lui souhaitait bonne nuit . Ce n'était pas une photo de nue mais beaucoup de ses parties étaient visibles et celles cachées se devinaient facilement car recouvertes d’un tissu léger . Ahmed émit un petit cri de joie :

" Julo , boubs, venez checker ça , dit-il à ses potes qui étaient à côté de lui

- quoi , waouhhh!!! C'est celle-là que tu mettais en A, hier , dit Jules en regardant la photo où Nafi était presque nue

- tes radars font défaut maintenant ? rajouta boubs, une A est trop classe pour envoyer des photos de ce type, elle est super belle en tout cas, tu te l’ai pas encpore faite ?

- Hahahah , non mais ça ne saurait tarder, deukk bi mo tass ( le pays va mal ) , même mes radars se trompent maintenant , ce n'est plus une simple dépravation des mœurs, c’est une perte totale de mœurs . Louma diakhal moyye kane layye takk manne ( ce qui m’étonne c’est qui je vais épouser ? )

- ah yangui khalatt takk ( donc tu penses à te marier, toi ) C'est déjà bien , je n'y pense même pas, gni takk lenne reproduire lenne sakh erreur la ( ces filles, les épouser, les reproduire serait une erreur )

- je te promets , mais comment elle peut m'envoyer une photo comme ça après quelques jours ? je n'ai même pas demandé et en plus elle ne me connait pas . Tu penses que ces filles sont au courant que demain elles seront des mères ?

- Non defeina détail bobou daflene échapper ( je pense que ce détail leur a échappé ) , bon assez philosopher quand tu commences avec tes réflexions ça ne s'arrête pas , je fête mes 23 ans boulma yakkal ( ne gâche pas ma fête ) ,

- tu as raison , profites, profitons , c'est ton jour . Haaapppppyyyy birthday man!!! Cria t-il

Tous les autres se mirent à crier et à mettre la suite sens dessus dessous .

Vers 7h du matin, Ahmed se trouva un petit coin de libre sur un canapé , tous les endroits où on pouvait dormir étaient occupés par des couples . Il aurait été le 1er dans la chambre mais aucune des filles de ce soir ne l' attiraient , il choisit de dormir .

Le lendemain , il se réveilla vers 14h , Ahmed prit sa douche puis sirotait un café assis sur une des chaises du salon , certains de ses amis dormaient encore dans la chambre, d'autres dans la pièce principale . Une fille qui dormait sur un canapé , se réveilla et en voyant l'heure, elle se mit à secouer la jeune fille à côté d’elle :

" anta anta , Teyye ma dei ( je vais mourir ) , mes parents vont me tuer . Je leur avais promis de rentrer à 12h »

Ahmed faillit avaler de travers son café, donc ces filles avaient des parents vivants avec qui elles habitaient? Et elles s'absentaient la veille en disant qu'elles rentraient le lendemain à 12h .

Assis sur sa chaise en face d’elles, il les regardait entre la pitié et le dégoût , il n'arrivait pas à se décider . L'une d'elle est passé sous au moins trois de ses potes , ils avaient l'habitude de faire ce genre de choses . Il n'était pas de la partie cette fois mais très souvent , il draguait une fille , la ramenait quelque part puis lui demandait si son ami pouvait venir goûter et 1 cas sur 4 elles acceptaient . En fait , elles n'arrivent à rien refuser à un beau gosse , plein aux as au volant d'un bolide et qui avaient des relations avec elles dans des endroits luxueux.

Une fille lui avait dit un jour :

" ssa matelas bi noye na, dina fiyye gneuw fanane plus souvent " ( ton matelas est confortable, je viendrai dormir ici plus souvent ) . Il s'était marré à l’époque mais si on arrivait à conclure en échange d'un repas dans un fast food , pas restaurant 3 étoiles mais fast food, juste un burger de 2 000fcfa faisait l’affaire parfois , plus rien ne devrait l’etonner .

Il alluma une cigarette , fixant toujours ces filles qui se réveillaient , une par une, en petite lingerie :

" dis leur que tu restes chez moi pour toute la journée , lui dit sa copine Anta »

Et voilà, il se disait bien, il existait toujours dans le groupe, une qui avait un appartement et vivait seul pour des raisons diverses et c’était facile de dire à ses parents ‘je dors chez une copine’, mais les parents devraient connaître les copines et ses parents avant de laisser leur fille dormir chez elle.

Elles étaient pourtant belles , pas intelligentes, bêtes même mais belles. Il observait le ventre de l’une d'elle , en se disant que ce ventre enfantera un jour , cet enfant grandira puis on lui enverra à la face une photo de sa Mère presque nue , ou on lui racontera les frasques de sa mère, ou d’autres parents raconteront à leurs enfants qui seraient ses amis les erreurs de jeunesse de sa mère

" lomeyye kholei ? Dangua beugue ma defal la affaire ? ( pourquoi me regardes tu ? tu veux que je te fasse une gâterie ? ) J'ai encore le temps hein , en plus hier tu ne t’es pas joint à nous . Yaw raggal ngua ( tu es un poltron ) , on dirait

- Tchey God vient en aide à ce pays , dit-il .

Il se leva sans un mot pour la jeune fille et se dirigea vers la piscine , continuant ses réflexions psychologiques : mais n'était ils pas responsable eux les hommes ? Ne jouaient ils pas avec les filles et leurs sentiments? lui disait très souvent sa meilleure amie Zeyna , il lui répondait tout comme vous jouez avec nous.

C'est la vie si tu te considères comme un jouet, on joue avec toi , c'est valable pour les garçons et pour les filles . La seule différence c'est que la société nous permet de faire ce que l'on veut, ‘ayye goor lagnou’ ( nous sommes des hommes ) . Vous n'avez pas ce privilège certes mais vous en avez un autre plus important que tout qui est celui de porter la vie humaine pendant 9 mois.

Il sourit en pensant à Zeyna, elle, c’était une hors catégorie, une fille en or mais elle était folle amoureuse d’un autre et Ahmed n’avait donc jamais rien tenté avec elle, il la respectait trop de toute façon.

Arrivé à la piscine, il y trouva du monde c'était dimanche et beaucoup de familles venaient passer la journée dans l'hôtel . Ahmed observa les femmes avec leurs enfants et se mit à jouer au ballon avec certains d’entre eux. Les enfants étaient l’une de ses passions, il les adorait, quand ses sœurs venaient en vacances avec les leurs ; il les emmenait partout avec lui .

Après quelques longueurs dans la piscine, il remonta dans la chambre pour prendre ses affaires et rentrer quand Nafi l'appela :

" bonjour bébé

- hey Princess ? ça va ?

- oui et toi ?

- Ca va , je récupère de ma soirée d'hier. Toujours au king fahd avec les amis

- ah yeine euppeul nguene deh ( vous exagérez ) , anniversaire tout un week end

- hahah, moi mon annif on le fête pendant une semaine entière, un week end c’est rien. Jules est sage deh , mais là suis tellement fatigué . Je pense, je vais rentrer dormir j'ai mal partout

- tu veux un massage ? proposa Nafi

- je ne dirai pas Non mais qui serait assez gentille pour m’en faire , dit Ahmed qui savait déjà la raison de cette question

- je peux venir te masser

-maintenant ?

- dess nassi yaw deh, ( cela ne dépend que de toi )

- au king fahd ?

- oui ça fera l'occasion pour moi de visiter, je n'y ai jamais été

- bah viens, je t'attend

- Ma deff arrivé payé ( je prends un taxi tu payes à l’arrivée ? )

- bien sûr , appelle moi dès que le taxi rentre dans l’hôtel, je descendrai pour payer »

Il raccrocha puis dit en s’adressant à Jules qui était le seul qui restait dans la chambre , les autres avaient déjà plié bagages :

- j'en ai marreeeeee

- de?

- mais gni dagno yombe torop Wayye ( mais elles sont trop faciles ) C’est énervant à la fin, fit il en jetant son téléphone sur le lit

- Hahahah , boulma reyye ( tu abuses ) c’était qui ?

- Nafi? Je l'ai connu il y a une semaine précisément, elle me propose un massage dans un Hôtel mais gni weurr nagnou ( sont-elles normales ) ?

- pourquoi ça ne t'étonne que maintenant ?

-kham ( je ne sais pas ) ? Avant ça m’amusait mais je ne sais pas pourquoi ça commence à me lasser

- Ah, nos femmes maintenant , elles se prennent pour des toubab

- Non man , les toubabs au moins le font par amour, par attirance sexuelle parfois mais elles , c'est uniquement par cupidité . Foumouné king fahd bima toudde motakh amoul diamm , nena ( elle ne trouve pas la paix depuis que je lui ai dit que nous sommes au King Fahd ) c'est l'occasion de venir pour la 1ère fois au king fahd ? C'est l'occasion pour moi de conclure ouais !!

- donc finalement, tu conclus avec celle pour qui tu as chassé Marie

- Non man c'est elle qui conclut , ki dé moma narra sakh lale nakk dara douma ko deff ( c’est elle qui essayera de coucher avec moi , je ne ferai rien ) Aujourd’hui, je suis partisan du moindre effort, je suis certain qu’elle me sautera dessus ,

- ok conclut bokk (alors), je vous laisse . Teyye dagnouye rakhass ( on continue la fête ce soir ?)

- bien sûr, on va au pencc mi ? je pense waly amna ( waly seck sera en concert )

- yeah mais il faut que j'aille à la maison, tu restes ici ou tu rentres chez toi ?

- non, les parents rentrent ce soir, je vais attendre Nafi masseuse puis je vais rentrer manger avec eux sinon mère va faire sa crise

- Ok, on se fait signe puis tu passes me prendre ?

-yes ; a plus

Nafi arriva moins d’une heure plus tard, Ahmed descendit pour payer le taxi avant de la faire monter :

" Ca va ?

- oui et toi ? Bien reposé ?

- oui, tu veux manger quelque chose ?

- oui je veux bien, merci

" jamais conjuguer en plus, yakk derr leurs parents rekk melni dougnou lekk sene keurr.( elles donnent une mauvaise image d eleurs parents, comme s’ils les nourrissaient pas assez ) "

Ahmed lui remit le menu du room service , Nafi commanda le plat le plus cher, évidemment .

Ahmed fumait pendant tout ce temps , quand un jeune employé de l’hotel toqua à la chambre et déposa le plateau, il sortit de son portefeuille une liasse de billets et lui remit 20 000fcfa . Ce derniere semblait le connaître et le remercia pour son geste généreux. Il était très généreux avec l'argent sale de son père surtout avec les gens qui travaillaient honnêtement .

Un jour , il était avec Jules quand ils s’arrêtèrent devant une dame qui vendait des arachides grillées au bord de la route . Elle était assise avec ses enfants, des jumeaux à bas âge

" Mère pour acheter tout le thiaf c'est combien ? avait demandé Ahmed

- 5 000cfa rekk mon fils , fit la dame "

Il lui avait remis 250 mille volés de la chambre de son père , la dame pleura à chaudes larmes ce jour-là et fit des prières pour Ahmed . Jules l’avait traité de fou à lier. Il était capable de faire beaucoup de bêtises mais il avait un cœur extraordinaire .

Ses amis distribuaient l'argent du contribuable dans les soirées aux chanteurs qui les tarissaient d'éloges ce n'était pas son délire, son délire c'était les filles et distribuer parfois de gros pourboires aux différents employés des lieux qu’ils fréquentaient.

Avec Nafi ce fut très facile, ils commencèrent à s'embrasser puis elle commença à le déshabiller . Ils allèrent dans la chambre et Nafi confirma sa première impression, elle était plus que bonne au lit. ‘ Succulente’ était l’adjectif qu’il utilisa pour décrire ses ébats à Jules par SMS pendant que Nafi se rhabillait .

Il eut droit à un super massage , et ce n'est qu’à 20h que Nafi demanda à entrer , il avait la paresse de la déposer et lui remit de l'argent pour son taxi. Ahmed rendit les clés de la chambre et rentra chez lui sa mère l'appelait déjà pour savoir où est ce qu’il était

" tu es où?

- maman ; chez Jules, tu es rentré ?

- oui namoma Khana ( je ne te manque pas ) ?

- si, j'arrive dans 5 minutes

Sa mère était sa lumière, sa meilleur amie, son âme sœur , elle le chérissait énormément et c’était réciproque . Ahmed rentra et dîna avec ses parents, il devait reconnaître que son père était un bon mari et un bon père ; eux deux ne s'entendaient pas toujours bien mais il aimait ses enfants plus que tout au monde . Ahmed, en 23 ans n'avait jamais vu sa Mère pleurer à cause de lui . Il voulait, un jour, traiter pareillement sa femme mais pour l’heure, il profitait de sa jeunesse jusqu’au jour où il rencontrera une fille qui a le même caractère que sa mère.

Il se prépara vers 1h du matin comme la veille pour une soirée 100% mbalakh ( musique sénégalaise) cette fois ci avec la star Waly Seck.

Ils retrouvèrent, une partie de leurs amis . Comme la veille , ils avaient réservé et comptaient bien la remplir de bouteilles d'alcool qui devraient être vides avant la fin de la soirée . Ahmed prit quelques numéros de filles, elles étaient plus classes que celles de la veille, il devait reconnaitre une chose à ce chanteur, les ‘goneiwallyé’ ( fans club du chanteur ) étaient très belles et souvent civilisées et pas trop folles. Il s’amusèrent comme des fous et il rentra avec Jules vers 6h du matin

Ahmed avait un peu forcé sur la boisson , mais , avec le temps, il avait appris à résister à la boisson et pouvait conduire malgré quelques grammes d’alcool dans le sang . Les rues étaient presque vides à cette heure, de toute façon . En arrivant au rondpoint des mamelles , tout alla très vite.

Ahmed entendit un choc terrible sa voiture avait percuté quelque chose , quelqu'un ? Quoi ?

Il s'arrêta brusquement, jules et lui sortirent précipitamment de la voiture et découvrirent une jeune fille couchée au bord de la route :

-oh shitttttt , hurla Ahmed , non, non, non qu’est-ce que j’ai fait ?

Il souleva la tête de la jeune fille, un filet de sang coulait déjà de sa tête

- viens viens , lui dit jules en tirant sur sa chemise, on se barre vite

-Quoi, tu es malade ?

-AHMED , elle est déjà morte, tu as de l’alcool dans le sang, on y va man, avant que des gens n’arrivent . On ne peut plus rien faire, c’est trop tard

Il ne réfléchit pas et courut dans la voiture, les mains taché de sang, Jules prit le volant et ils fuirent laissant une jeune fille au bord de la route.

Etait-elle morte ? Des gens arriveraient ils à la sauver si tel n’était pas le cas ? Si elle était morte, méritait elle d’être abandonnée au bord d’une route déserte à 6 h du matin ...

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