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Couverture du roman Et si, je...

Et si, je...

Cette œuvre offre une plongée intime dans le quotidien d'une jeune femme en pleine transformation. Sur une période de sept ans, le récit explore ses tourments intérieurs, ses angoisses profondes et ses éclats de joie. À travers des questionnements existentiels, elle livre sa vision unique du monde et de l'existence. Soleil De Lune signe ici un texte empreint d'une vive émotion, fidèle à sa passion de toujours pour la littérature et le partage de ressentis sincères.
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Chapitre 1

Une pensée particulièrement forte aux êtres

qui m’ont encouragé à finaliser ce projet d’écriture.

Préface

Pour quelles raisons, penser à soi serait égoïste ?! Rien, je pense, tant que cela est modéré et justifié. Pendant très longtemps, j’ai pensé que la meilleure des choses était d’être altruiste à s’en oublier (presque entièrement). Au fil des années, cette idée s’est modifiée, je crois.

Quelque part, est-ce que l’altruisme est une forme d’égoïsme caché ? L’on agit pour l’autre avant soi, pour « avoir bonne conscience » ? Ou est-ce que l’on fait passer les désirs ou besoins de l’autre pour attendre, inconsciemment, un retour ? Ou encore, l’on met l’autre devant soi parce que c’est réellement ce que l’on veut. Que son prochain soit satisfait, pour soi-même être content d’avoir servi à quelque chose. Que son prochain soit content, pour penser à soi paisiblement ?

À mon (humble) avis, vouloir que tout son entourage ne manque de rien est une forme d’altruisme, qui est modéré lorsque l’on s’inclut dedans. C’est-à-dire, que l’on s’inclut dans ce souci de bien faire pour un bien-être commun.

Ici, il ne s’agit pas de paroles philosophiques, mais d’idées inachevées puis nourries et développées selon ma compréhension. J’écris car peut-être que d’autres que moi, réfléchissent de la même manière. Je vagabonde d’un état à un autre.

Et puis nous ne sommes que des mortels, constamment, presque contents, voire satisfaits, de notre insatisfaction. Trop compliqué ? Et pourtant.

Chapitre 1

Du soleil et des lunettes

Octobre 2013

Nous sommes un jour d’automne où le soleil se couche de bonne heure. Après mûre réflexion, je décide d’entamer l’écriture de quelques mots dans un format tout autre que ma tête. Me voilà devant ma feuille à me demander ce que je pourrais bien écrire. Non, par où vais-je commencer ? Je pourrais faire un monologue jusqu’à la fin de ces quelques pages à décrire quelque chose de vague, juste pour remplir le blanc du papier. Mais je vais m’arrêter là et commencer par il était une fois, moi. Une personne différente des autres ou plutôt comme tout le monde, un peu quelconque et bizarre. Après tout, qui ne se qualifie pas de bizarre, voire authentique. Nous sommes tous les mêmes à quelques variantes près. Nous tous mortels, de passage, pour tenter de mener à bien son petit bout de vie avec ce qui nous entoure.

Il y en a qui ont ce genre de discours : « je me suis construit.e tout.e seul.e, si j’en suis arrivé.e jusqu’ici, c’est uniquement grâce à moi-même. Je n’ai pas besoin des autres dans ma vie ! ». Que l’on se dise les choses clairement, si ces personnes en sont arrivées à ce stade dans leurs vies, c’est sûrement dû aux rencontres plus ou moins furtives qu’elles ont faites. J’entends bien que tout le monde s’est déjà retrouvé seul face aux autres, sans aucune aide. Mais justement, c’est grâce à cela que l’on en ressort que plus requinqué qu’auparavant. Imaginons que le schéma inverse se serait effectué, un chemin sans embûches, ni rien, qu’en serait-il du résultat actuel ? Nous ne sommes pas en mesure de répondre à cela, car chaque parcours de vie est propre à chacun et que même les dessins animés ont leur lot d’inconvénients. Mais voilà, le fait est que c’est justement grâce aux autres que l’on est ce que l’on est. Pour ma part, je suis reconnaissante de chaque personne que j’ai pu rencontrer jusqu’alors. À force, cela m’a construite et a fait la personne que je suis actuellement.

Quelques années avant 2000

Depuis toute petite, j’ai pris l’habitude de m’accrocher à ces êtres que j’aime profondément mes parents et mes frères. Mon père a mis un point d’honneur à toujours être aimant et présent pour nous. Ma mère une femme de qualité aussi qui favorise la communication et l’amour inconditionnel. Mes frères, au nombre de trois, assez peu démonstratifs, parfois des prises de tête (comme dans plusieurs fratries), soutenants et motivants à souhait.

Ma mère, comme beaucoup me direz-vous, est une femme forte, compréhensive et généreuse à la fois. Je l’admire mais je ne le lui dis pas souvent. Pourquoi avons-nous beaucoup de réserve avec les êtres qui nous sont si chers ? Je me souviens d’un jour de festivité, j’étais en grande section de maternelle. Cette fête que chaque enfant attend pour s’amuser, courir partout, manger et gagner plein de cadeaux : la kermesse ! C’était une belle journée de juin, une matinée de samedi, quelques années avant le nouveau millénaire. Il faisait beau, le soleil me faisait des chatouilles sur mes bras et mes petites jambes. J’avais un short qui descendait légèrement plus bas que les genoux et un haut à manches courtes. Je me sentais bien. J’avais fière allure. En me préparant, j’étais heureuse jusqu’à ce que ma mère m’ôtât les lunettes et plaçât ce fichu pansement sur mon œil droit, comme tous les matins depuis un certain temps maintenant. « Il faut que ton œil gauche travaille, ma chérie », me disait-elle de sa voix si mélodieuse. Je n’aimais pas ce pansement. Il me grattait. Et en plus de ce pansement, je devais porter mes grosses lunettes beaucoup trop grandes et déformantes pour mon visage d’enfant. J’étais persuadée que l’ophtalmologue avait fait un complot pour je sois la plus ridicule et la plus moche de tous les enfants. Soit dit en passant, j’étais diagnostiquée myope quelques années après ma naissance. Mes yeux initialement de force égale, ont commencé à se déséquilibrer du jour au lendemain. De telle sorte que l’œil droit se trouvait presque seul à fonctionner, bien que faible.

En route pour cette matinée ! Je tenais fermement la main de ma maman. Sur le chemin, nous rencontrions des parents avec leurs enfants, tous avec de grands sourires. Je me demandais ce qui les rendait si heureux.ses. Le fait de ne pas avoir école, courir et manger s’en dilater le ventre n’avait rien de si excitant. J’avais peur, peur de la foule, du fait que ce ne serait pas un jour comme les autres. Je tenais toujours fermement la main de mère. Elle baissa la tête de temps en temps comme pour se rassurer que j’étais toujours présente. J’étais silencieuse. J’étais heureuse de sortir avec ma maman mais je ne voulais pas aller à cette fête avec tous ces gens insignifiants pour moi. J’avais quatre ans et demi… je paniquais comme une grande.

Aujourd’hui, je n’ai pas vraiment changé, je n’ai plus peur des autres, mais je suis toujours aussi méfiante. Les autres sont, pour moi, une énigme sans réponses. Est-ce que c’est normal de penser comme cela ? Peut-être bien que c’est moi qui suis une énigme pour les autres.

Vouloir comprendre les autres et les aider sans pour autant se comprendre soi-même, c’est étrange n’est-ce pas ?! Eh bien c’est comme cela que j’ai fonctionné pendant de longues années, c’est-à-dire jusqu’à l’écriture de ces quelques mots. D’aussi loin que je me souvienne, j’accorde du temps pour écouter les autres. Lorsque j’étais au lycée, une fille me dit : « Et toi qu’est-ce qui ne va pas ? » Je lui ai répondu : « actuellement, je pense que les gens ont davantage besoin d’être écoutés pleinement que d’entendre les problèmes des autres. » Et elle clôtura froidement la conversation en me rétorquant : « c’est un choix. » Peut-être qu’elle était vexée que je ne lui expose pas ma vie. Mais c’était ma vie, elle avait plein de soucis et je pensais que lui déballer les miens ne l’arrangerait pas davantage. Je pensais qu’elle n’était pas en mesure de m’entendre et me conseiller. J’ai conclu hâtivement car je ne voulais pas déranger, je voulais tout simplement garder tout pour moi. Et sincèrement, je suis toujours convaincue que les personnes ont besoin d’une oreille attentive et une épaule solide sur laquelle s’appuyer. Je voulais être cela. Aujourd’hui, en suivant les conseils que j’ai pu avoir c’est ce qui me pousse sans doute à écrire, je pense que cela me dérange d’avoir ce processus d’autocloison. À mon sens, c’est un problème. Le corps humain dans son ensemble est comparable à une éponge qui absorbe ce que son environnement lui offre. Au bout d’un certain moment, il est indispensable d’essorer, pour évacuer toute l’eau retenue. Selon moi, le corps humain agit de la même manière. Pendant très longtemps, j’ai gardé l’habitude de toujours faire passer les besoins d’autrui avant les miens. Pensant qu’il était rare de trouver une personne qui sort de son égocentrisme inné, pour être présente auprès de son prochain. Je voulais être cette personne, qui soit un soutien.

Novembre 2013

Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être dans un entre-deux de ma vie, ce passage où l’on passe un certain cap. Que définissons-nous comme « entre-deux » ? Ne sommes-nous pas souvent dans cette phase-là ? Dans une période où l’on passe d’un extrême à un autre. J’ai l’impression que nous passons plus de la moitié de notre vie sur les bancs de l’école, à passer dans un entre-deux, parmi les différents stades scolaires. Nous commençons par la crèche (établissement qui accueille enfants de deux mois à trois ans), puis la maternelle (jusqu’à cinq ans), le primaire (jusqu’à dix ans), le collège (jusqu’à quatorze ans), le lycée (jusqu’à la majorité à peu près en fonction de l’évolution de chacun), les études supérieures au niveau du baccalauréat.

Je suis en début de deuxième année d’études supérieures dans le social. J’ose espérer qu’à la fin de ces trois ans, je puis continuer à apprendre tout en étant en parallèle à mon métier en devenir, pour en savoir plus, toujours plus. J’ai eu différents parcours scolaires. Légèrement habile de la main droite, j’ai voulu emprunter le chemin d’artiste peintre ou de photographe pour attraper la nature et voyager à travers le monde. Dessiner ou photographier ce que je pouvais voir selon ma vision. Capturer un instant. Profiter du temps où je vois. Je n’y pense pas tous les jours mais je me dis qu’il est possible que mon œil droit autant que le gauche et qu’il se fatigue donc je profite pour observer encore et encore. Mais bon et si j’arrêtais de penser « au pire » pour une fois.

Pour en revenir à mes premiers amours artistiques, en art plastique, j’étais dans les premiers, je l’ai pris en option lors de ma seconde terminale. Mon esprit vagabonde au regard de verdures. Au-delà du fait que le vert est ma couleur favorite, un paysage aussi banal soit-il peut me dépayser en un rien de temps. Chaque fois que je regarde à la fenêtre, je mets à dessiner, je m’imagine partir à l’aventure munie d’un sac à dos et d’un appareil photo à me remplir la tête d’images toutes aussi splendides les unes que les autres. J’avais postulé dans une école pour peaufiner cet apprentissage, j’ai été admise mais comme l’école se trouvait loin, mes parents m’ont conseillé de me rabattre sur mon ancienne passion pour la langue espagnole. Toujours première dans cette matière, j’excellais vraiment comme personne. Deux années à la faculté pour me réorienter dans ce que j’aimais le plus : venir en aide aux plus vulnérables de la société. Suis-je altruiste ?

L’avenir appartient à ceux qui rêvent trop

Grand Corps Malade

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