
Epouser le fils du milliardaire à tout prix
Chapitre 2
Les jours qui suivirent l'exposition se déroulèrent dans une étrange brume, un flou constant pour Julie. Elle tentait de reprendre le cours normal de sa routine, retournant à ses projets de photographies de rue, mais il y avait une ombre dans son esprit, une silhouette qui revenait sans cesse. Cet homme mystérieux, cet inconnu qui semblait appartenir à un autre monde... Ses traits envahissaient ses pensées à des moments inattendus, s'invitant même dans ses rêves.
Elle essayait de se convaincre que ce n'était rien, qu'il n'était qu'un visage parmi tant d'autres, un autre sujet d'une photo, rien de plus. Mais, quelque part, elle savait que ce n'était pas vrai. Il y avait chez lui une profondeur, un mystère, qui la laissait perplexe, et sans qu'elle comprenne pourquoi, cela lui donnait envie d'en savoir davantage.
Ce mardi-là, elle retrouva Clara et Thomas dans leur café habituel, un endroit niché dans une rue pavée, à l'abri de l'agitation de la ville. L'endroit dégageait une atmosphère intime, comme si le temps y passait différemment, avec des banquettes de velours et des murs tapissés de photos vintage.
Clara était déjà là, assise à leur table préférée près de la fenêtre, en train de consulter la carte des desserts avec une concentration presque comique. Thomas, lui, avait choisi une table légèrement en retrait, occupé à consulter des dossiers de travail, comme toujours.
- « Alors, ma chère artiste, tu sembles préoccupée, » lança Clara dès que Julie s'installa en face d'elle. « C'est cette exposition, n'est-ce pas ? Elle t'a chamboulée. »
Julie esquissa un sourire timide, jouant distraitement avec une mèche de cheveux. Elle hésita un instant avant de se lancer.
- « En réalité... c'est plus qu'une simple expo. Il y avait... quelqu'un, là-bas. Un homme que je n'arrive pas à sortir de ma tête. »
Thomas leva les yeux de ses documents, un sourcil levé, visiblement amusé.
- « Ah, ça devient intéressant. Alors, qui est ce mystérieux gentleman ? » demanda-t-il avec un soupçon d'ironie.
Julie haussa les épaules, incertaine.
- « Je ne sais pas vraiment. Il semblait... différent. On a échangé quelques mots, mais je ne connais même pas son nom. Il avait quelque chose de captivant, comme si il cachait un secret. »
Clara, qui écoutait avec une attention ravie, la coupa avec enthousiasme.
- « Il faut absolument que tu le retrouves, Julie ! Ces choses-là n'arrivent pas par hasard. Quand on rencontre quelqu'un qui nous fait ressentir autant, c'est qu'il y a une raison. »
Thomas, lui, secoua la tête, adoptant ce ton cynique qui lui était si familier.
- « Franchement, Julie, méfie-toi. Ces types séduisants avec des regards énigmatiques... Ils sont souvent là pour jouer avec ton cœur, pas pour te montrer leurs secrets. Crois-moi, je sais de quoi je parle. »
Julie sourit malgré elle. Les conseils de Thomas étaient presque attendus ; il avait toujours été cynique en matière de relations. Mais Clara semblait elle aussi inspirée par l'histoire.
- « Ignore-le, » murmura Clara en lançant un regard taquin vers Thomas. « Il est juste amer. Toi, tu dois suivre ton instinct, Julie. Tu ne le retrouveras pas en te cachant dans ton appartement ! »
Les mots de Clara résonnaient en elle, d'autant plus que la perspective de revoir cet inconnu éveillait en elle un mélange d'excitation et de nervosité. Ce visage qu'elle avait vu dans la foule, cette allure détachée et à la fois profondément absorbée... Peut-être avait-elle imaginé tout cela. Peut-être que ce n'était que le fruit de sa propre fascination, un simple fantasme qu'elle n'aurait jamais l'occasion de vérifier.
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Après leur déjeuner, Julie décida de passer à la galerie où elle exposait certaines de ses œuvres. C'était une petite galerie de quartier, loin de la grandeur de la Whitford, mais elle s'y sentait chez elle, entourée des murs remplis de photographies et d'œuvres d'art.
Elle aimait cet espace tranquille, où le silence semblait encourager la contemplation. Alors qu'elle traversait le couloir principal, son regard s'arrêta sur une silhouette près de l'entrée. Un homme, vêtu d'un manteau noir et d'une écharpe grise, observait attentivement l'une de ses photographies, la tête légèrement inclinée.
Son cœur rata un battement. C'était lui.
L'inconnu de l'exposition.
Sans trop réfléchir, elle s'approcha, ses pas résonnant doucement sur le sol en bois. Arrivée à sa hauteur, elle hésita un instant avant de briser le silence.
- « Vous aimez ? »
Il se retourna lentement, un sourire énigmatique aux lèvres, reconnaissant immédiatement celle qu'il avait vue lors de l'exposition.
- « Julie, c'est ça ? » demanda-t-il, comme s'il était sûr de lui mais voulait confirmer tout de même.
Elle acquiesça, surprise qu'il se souvienne de son nom alors qu'elle-même ne connaissait pas encore le sien.
- « Et vous, je crois que je ne connais toujours pas votre nom, » dit-elle, avec une lueur de malice.
Il lui tendit la main, et elle la serra, un peu hésitante.
- « Leo, » répondit-il simplement, son regard plongé dans le sien avec une intensité presque déstabilisante. « Leo Van Alen. »
Julie fit de son mieux pour dissimuler la surprise qui la traversait. Ce nom, Van Alen, évoquait quelque chose, un écho lointain, presque familier. Elle ne savait pas exactement pourquoi, mais elle sentait que ce nom portait une histoire en lui, quelque chose qu'elle ne saisissait pas encore.
Leo rompit le silence en désignant la photo qu'il observait quelques instants plus tôt. C'était une prise en noir et blanc, représentant une femme assise seule sur un banc, les épaules voûtées, les mains serrées autour d'un sac à main usé.
- « Cette image est... poignante. On dirait qu'elle porte un poids immense sur ses épaules. »
Julie hocha la tête, un sourire mélancolique aux lèvres.
- « C'est exactement ça. J'ai capturé ce moment dans un parc. Cette femme était là, assise, et il y avait dans son regard quelque chose qui racontait des années de vie, de souvenirs. Je crois que c'est ce que j'aime dans la photographie... pouvoir capturer ces histoires invisibles. »
Leo resta silencieux un moment, comme s'il absorbait ses mots. Puis il tourna son regard vers elle, son visage à la fois grave et captivé.
- « Vous avez raison. Les vérités les plus profondes sont souvent cachées dans les détails. Les gens pensent que l'art est une manière de s'exprimer, mais je crois que c'est aussi un moyen de se cacher. »
Julie sentit une étrange émotion se former en elle. Leo parlait avec une sincérité presque douloureuse, comme s'il comprenait parfaitement ce qu'elle tentait de transmettre à travers son art.
- « Vous êtes artiste, alors ? » demanda-t-elle doucement.
Il esquissa un sourire mystérieux.
- « On pourrait dire ça. Mais je préfère rester dans l'ombre, pour l'instant. »
Un silence s'installa entre eux, mais il n'était pas inconfortable. Au contraire, il semblait chargé de sens, comme si chacun essayait de percer à jour les mystères de l'autre.
Après un moment, Leo lui lança un regard amusé.
- « Et si nous parlions de ces passions communes autour d'un café ? »
Julie hésita, surprise par sa proposition soudaine. Mais elle ne pouvait nier l'excitation qui montait en elle, une curiosité qui la poussait à accepter.
Lorsque Leo l'invita à poursuivre leur discussion dans un café, Julie sentit une légère appréhension se mêler à son excitation. Quelque chose en lui semblait à la fois familier et insaisissable, comme un éclat de lumière que l'on aperçoit du coin de l'œil sans pouvoir tout à fait le saisir. Elle accepta malgré tout, convaincue par cette connexion naissante et mystérieuse qu'ils partageaient, cette impression fugace d'avoir trouvé quelqu'un qui comprenait ce qu'elle essayait de saisir à travers son objectif.
Ils se rendirent dans un petit café à quelques rues de la galerie, un lieu qu'elle affectionnait particulièrement pour son atmosphère tranquille et son décor intemporel. La lumière tamisée filtrée par les rideaux en lin créait une ambiance feutrée qui invitait aux confidences. Une fois installés à une table près de la fenêtre, Julie observa discrètement Leo. Il semblait tout aussi absorbé qu'elle, ses doigts jouant nerveusement avec le rebord de sa tasse.
- « Alors, tu pratiques la photographie aussi ? » demanda-t-elle pour briser la glace, légèrement amusée à l'idée qu'il ait la même passion qu'elle.
Leo hocha la tête, esquissant un sourire qui éclaira brièvement son visage.
- « Oui, enfin... disons que je m'y essaie. Pour moi, la photographie, c'est... c'est un moyen de capturer ce qui est à peine visible, ces choses qu'on aperçoit sans vraiment les voir. »
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