
Épouse de Son Père
Chapitre 2
*******TRENTE CINQ ANS PLUS TÔT *******
Je sais pourquoi elle est réticente, je ne peux pas oublier que cet homme a qui je vais dire oui est plus âgé qu'elle de quinze ans. Oui mon futur mari a soixante-cinq ans. Je sens déjà les ragots venir, mais je suis prêt à l'assumer. Je serai forte et montrerai à tous que l'amour n'a pas d'âge.
Oui parce que même s'il est vieux, cet homme m'aime. Oh que oui il m'aime éperdument et en plus il me respecte. Et pour moi cela suffit à faire fonctionner un ménage.
L'amour et le respect constituent pour moi la base d'un bon foyer. Qu'est-ce que je devrais espérer de plus ?
Un sentiment qui n'a même pas une définition assez rationnelle ? Si pour les autres c'est essentiel, tel n'est pas mon cas. Je me résous à combler ma vie à être avec une personne qui je sais m'aimera jusqu'à la fin.
Et ça Baye Ibou le fera, oui il m'aimera et pour toujours.
*********
Baye Ibou : je suis épuisé, chérie.
Je souris en lui massant le dos alors que je sens parfois ces os craquer sous mes doigts. Il est si fragile que j'ai peur de lui faire parfois mal. Oh il n'est pas repoussant juste un peu maigrichon et vieux et ça on ne peut pas le lui reprocher.
Moi : tu dois arrêter d'aller visiter les chantiers, tu devrais t'alléger en déléguant quelqu'un d'autre à ta place.
Il grognait toujours à chaque fois que je lui disais cela mais pas cette fois-ci.
Baye Ibou : ne t'inquiète pas, ton vœu va bientôt se réaliser.
Moi: ça veut dire?
Baye Ibou: mon fils aîné a décidé de rentrer au pays.
Moi : ah bon?
Je ne connais pas ces enfants, bien entendu j'en ai déjà rencontré certains mais je ne les fréquente pas. Après tout être la quatrième femme d'un homme qui a déjà une vingtaine d'enfants n'est pas une chose aisée. Surtout lorsque nous ne vivons pas dans la même ville. Je suis la seule de ses épouses à vivre en centre ville logé dans une de ces grandes maisons. Les autres aussi vivent dans leur maison mais dans sa région natale. Il fait la navette toutes les semaines afin d’aller les voir. Je sais déjà qu'elles doivent être en train de me maudire de les priver autant de leur époux la plupart du temps même si ceci n'est pas ma faute.
Je l'avais prévenu avant le mariage que je n'allais pas quitter ma ville pour rejoindre la sienne et il l’a très tôt accepté donc je ne me sens pas responsable. Surtout que son business marche plus ici qu'ailleurs.
Baye Ibou : oui…… reviens la semaine prochaine.
Moi : mais n'était il pas marié ?
Il soupire
Baye Ibou : divorcé
Moi: ah !
Baye Ibou: en plus ils n'ont pas eu d'enfants.
Moi : je vois.
On parle rarement de ses enfants même si je sais la fierté qu'il voue à ce fils aîné dont il parle quasiment avec honneur.
Baye Ibou: je pensais qu'il n'allait plus rentrer au pays tellement il y avait réussi sa vie.
Moi : mais peut-être qu'il a compris que tu as assez travaillé.
Baye Ibou: oui et j'espère bien qu'il acceptera de reprendre le flambeau.
Moi : pourquoi refuserait-il de le faire ?
Baye Ibou: Almamy est un homme assez fier, il n'a jamais voulu compter sur moi pour réussir sa vie. Il s'est assez battu pour s'en sortir à l’aide de ses propres moyens.
Moi: humm alors c'est un homme comme ça qu'il te faut pour te remplacer.
Baye Ibou (avec fierté): oh que oui, j'ai hâte de te le présenter.
********
Ma mère : voilà, tu devras boire celui-ci et l'autre te laver avec durant cinq jours.
J'ouvre le flacon et je le sens avant de le regretter, son odeur est déplaisante.
Moi : Hun
Ma mère : ne fais pas cette tête, tu dois te résoudre à prendre cette potion.
Moi : mais…
Ma mère : pas besoin Yacine, tu dois le faire et puis c'est tout. Je te rappelle que tu entames ta troisième année de mariage sans un petit bout de Dieu.
Je soupire en entendant encore cela sortir de sa bouche, si je comptais le nombre de fois qu'elle m'a répété cela alors nous en serions encore là demain.
Moi : je ne suis pas encore enceinte parce que Dieu ne l'a pas encore décidé.
Ma mère : tu es trop limité toi, dois-je te rappeler que tu te retrouves dans un mariage polygamie. Tu crois que tes coépouses vont rester assises et te regarder t'accaparer de leur époux sans rien faire ?
Moi : mais je ne me le suis pas accaparé.
Ma mère : ça, c'est ce que tu veux te faire croire, mais on n'a pas tous la même impression.
Moi (soupirant) : si tu le dis.
Ma mère : alors explique-moi pourquoi après tous les examens qui montrent que vous pouvez avoir d'enfants, tu n'es toujours pas tombé enceinte ?
Moi : bref…
Je n'ai marre que l'on ramène constamment ce sujet sur la table, d'accord, je ne suis pas encore tombé enceinte, mais ce n'est pas la fin du monde.
Ma mère : ou bien tu me dis si chez ton mari les choses ne fonctionnent pas très bien.
Je la regarde les yeux bien écarquillés.
Moi : tout va très bien chez mon mari.
Ma mère : on ne dirait pas.
Moi : pense, ce que tu veux et tu sais quoi, je dois rentrer chez moi. J'ai un dîner à préparer pour mon époux.
Ma mère : bien, mais n'oublie pas de respecter les consignes pour ces médicaments.
Moi (me levant) : d'accord et salue papa pour ma part.
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