
Entre la vie et l’amour
Chapitre 2
Après avoir compris toute la situation, ma belle-mère s'est empressée de parler :
« Benoît, ne t'énerve pas, c'est nous qui t'avons fait du tort. Je vais appeler Félix pour qu'il vienne. Ne fais pas de mal à Léa, elle a porté cet enfant pendant neuf mois et elle va bientôt accoucher. »
Benoît s'est figé un instant, comme s'il avait cru ses paroles.
Ma belle-mère a sorti son téléphone d'une main tremblante.
Il y a eu du bruit à l'autre bout du fil, et on a entendu vaguement une femme pleurer.
« Qu'est-ce qui se passe ? Léa s'est fait poignarder une dizaine de fois, elle est mourante, pourquoi tu n'es pas encore venu ? »
Ma belle-mère a pensé que Félix allait au moins écouter ses paroles.
À sa surprise, Félix a poussé un petit rire moqueur et a dit froidement :
« Maman, pourquoi tu joues aussi dans sa comédie ? Je viens de vérifier, Benoît est toujours dans son pays natale. »
« Dis-lui d'arrêter son numéro. Si elle est vraiment mal, qu'elle aille voir un médecin. D'ailleurs, j'ai déjà organisé l'enterrement, on peut l'inhumer à tout moment. »
Les paroles de Félix étaient remplies de mépris et de dégoût.
Une voix féminine faible est sortie du combiné :
« C'est Léa qui fait encore une scène ? Félix, ne te fâche pas, c'est normal qu'elle soit jalouse et qu'elle joue un peu. »
« Tu ferais mieux d'aller la voir… mais moi, j'ai vraiment envie de mourir. J'ai lu sur internet que mourir brûlée est la pire des souffrances… »
J'ai reconnu la voix : c'était celle d'Isabelle.
Le visage de ma belle-mère est devenu sombre, « Si tu ne me crois pas, je vais t'envoyer une photo. »
Félix s'est tu pendant deux secondes, sûrement pour regarder la photo.
Mais il n'a montré aucune inquiétude, il a seulement soupiré.
« Alors, maman, Léa a vraiment tout donné dans cette performance. »
« Où est-ce qu'elle a trouvé ce figurant qui ressemble tellement à Benoît ? Et ce sang, on dirait du vrai. »
« Oh là là, ce regard malheureux, c'est parfait ! Maman, tu devrais la pousser à faire carrière dans le théâtre, elle a trop de talent. »
Ma belle-mère a été tellement choquée qu'elle n'a pas pu dire un mot malgré plusieurs tentatives.
J'ai ressenti une immense tristesse : comment n'avais-je jamais vu à quel point Félix était cruel ?
Les gens sur le toit, choqués, ont commencé à parler les uns après les autres pour me défendre.
Mais Félix n'a toujours pas cru un mot.
« Bravo ! Tu as engagé des figurants ou bien ce sont les passants que ton jeu a convaincus ? »
« Léa, tu dois être fatiguée. Continue ton spectacle, moi je vais consoler Isabelle. »
À ces mots, le toit est resté silencieux quelques secondes.
Je ne savais pas quelle phrase a déclenché Benoît, mais il m'a soudainement poussée à terre, puis il a commencé à me poignarder le ventre comme un fou !
Coup après coup !
La lame a tranché ma peau, une douleur terrifiante s'est propagée dans tout mon corps depuis mon ventre.
Je voulais me débattre, mais je n'avais même pas la force de lever le bras.
Alors que je perdais connaissance, deux policiers ont surgi.
C'était un voisin bienveillant qui avait appelé la police.
Ils ont eu beaucoup de mal à arracher le couteau des mains de Benoît et lui ont mis les menottes.
Mais j'ai continué à perdre beaucoup de sang, et mes paupières sont devenues de plus en plus lourdes.
Juste avant de fermer les yeux, j'ai entendu la voix douce de Félix depuis le téléphone de ma belle-mère : il avait oublié de raccrocher.
« Isabelle, je veux toujours divorcer d'elle, mais elle s'occupe bien de mes parents. »
« À mes yeux, c'est toi ma vraie femme. Elle n'est qu'un outil utile pour faire des enfants. »
« Ne sois pas triste. Tu penses vraiment que je pourrais aimer une menteuse pareille ? Je n'aime que toi, si douce et honnête. »
Chaque mot de Félix a transpercé mon cœur comme une lame.
Cette fois, ce n'était plus de la tristesse qui m'a envahie, mais de la haine !
Quand j'ai rouvert les yeux, une forte odeur de désinfectant m'a envahie.
Ma belle-mère, en me voyant réveillée, s'est précipitée à mon chevet et m'a pris la main.
« Léa, c'est nous qui t'avons fait du mal… le bébé… on n'a pas pu le sauver. »
J'ai regardé mon ventre aplati et j'ai retiré ma main.
« Maman, je veux rester seule un moment. »
Ma belle-mère, voyant mon attitude distante, a poussé un soupir et a quitté la chambre.
J'ai sorti mon téléphone pour me changer les idées, et je suis tombée par hasard sur un extrait de live où Félix parlait à Isabelle.
Le salon avait été aspergé d'essence par Isabelle, mais Félix ne semblait pas le moins du monde gêné.
Il s'est agenouillé sur un genou, a sorti une bague de sa poche et a regardé Isabelle avec tendresse.
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