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Couverture du roman Enfants du soleil et la lune : Les Cosmoshéros Ultimes

Enfants du soleil et la lune : Les Cosmoshéros Ultimes

En 2222, la cité fortifiée d'Ouroboros est un enfer dictatorial où règne le crime. Phoebus et une jeune femme, issus de quartiers défavorisés, voient leur vie basculer lors d'une éclipse millénaire nommée Lueur Divine. Frappés par ses rayons, ils acquièrent des pouvoirs mystérieux qui bouleversent leur identité. Désormais liés par le destin, ces enfants du soleil et de la lune devront unir leurs forces pour éradiquer le chaos et sauver la France du mal absolu.
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Chapitre 2

Je vois le soleil se rapprocher de plus en plus de la lune et se fondre profondément en elle. Le spectacle est vraiment magnifique, il faut le voir au moins une fois dans une vie pour pouvoir le comprendre ! Même si je sens mes yeux se carboniser à petits feux, je ne peux pas détourner le regard. Cette fusion, cette lueur divine est à couper le souffle ! Des rayons d'une multitude de couleurs lumineuses englobent tout mon environnement. Entremêlé à cela un nombre infini de paillettes scintillantes qui tombent au sol comme des flocons de neige. Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau de toute ma vie. Bizarrement, et je ne sais pour quelle raison je me sens un peu mieux et mes globes oculaires ne me brûlent plus. Les rayons envahissent tout le ciel et la terre tels des feux d'artifices cent fois plus puissants. Soudainement, un de ces halos de lueur m'enveloppe tout entier dans son étreinte il est chaud et doucereux à la fois. Puis, il me frappe tel un éclair foudroyant ! Il me transperce et envahit tout mon être de part en part. Une profonde chaleur parcoure tout mon corps à ce moment-là. Celui-ci dégage une lumière aveuglante plus blanche que blanche. Même moi, je dois fermer les yeux tellement c'est éblouissant. Cela ne dure qu'un instant, mais j'ai l'impression du contraire que ça fait une éternité. Cependant, ça a dû se passer pendant quatre ou cinq minutes pas plus.... Pendant ce laps de temps, mon être est soulevé hors du sol telle une lévitation de magicien. Mais ce n'est pas une illusion ou un tour de passe-passe cette fois-ci, c'est bel et bien réel ! Je peux sentir que je suis léger comme une plume. Je suis à deux mètres du sol, comme s'il n'y a pas de gravité dans ce halo lumineux qui m'entoure. L'émotion de cet événement suivit de mon agression, est trop vive et je tombe dans les vapes... Je ne me souviens de rien après cela. Ma mémoire est brouillée et mes souvenirs envolés...

Ce soir-là, la jeune fille n'a pas pu se résoudre à s'enfuir chez elle à l'abri et en sécurité. Tout en laissant derrière elle le vaillant jeune homme qui est venu à sa rescousse quinze minutes plus tôt. Il est en piteux état et mal en point à présent. Elle revient sur ses pas, culpabilité oblige et pour lui porter secours car elle est cachée derrière un arbre. Puis, à quatre ou cinq mètres face à elle, la jeune femme voit un étrange phénomène se produire. La lune et le soleil, ces astres magnifiques commencent à entamer une danse endiablée, celle de leur union symbolique. Il est vingt-deux heures dix, et elle a complètement oubliée l'éclipse ! Ça lui est complètement sortit de l'esprit, à cause des événements qui se sont déroulés auparavant. Elle est complètement paniquée, et ne veut pas finir aveugle ou brûlée vive ! Mais elle ne peut décemment pas se résoudre à le laisser tomber encore une fois, pour sauver sa peau. Même s'il lui a ordonné de le faire.

Les rayons commencent à entourer tout le bois et à se projeter telle de la foudre au sol. Un spectacle magnifique mais tout aussi dangereux, elle voit l'homme paralysé qui l'a sauvée commencé à flotter dans les airs, enveloppé d'une aura multicolore et lumineuse. Elle ne sait pas ce qui se passe mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est ni anodin ni normal comme situation. Elle observe qu'il est conscient, mais ne peut pas bouger. Jusqu'à ce qu'une lumière blanche jaillissante émane de tout son corps ça la rend aveugle deux ou trois minutes sur le moment. Elle est tellement puissante qu'elle illumine toute la forêt comme un sapin de noël enchanté. C'est comme si le soleil lui-même s'invite au rendez-vous et est ici par surprise sur terre.

Elle n'en croit pas ses yeux mais elle sent à son tour un faisceau étincelant qui l'assiège totalement. Il s'abat sur elle à une vitesse folle et avec une force vertigineuse. Dans le champ de portée de celui-ci, pareillement il n'y a plus de gravité à l'intérieur. Ensuite, un arc-en-ciel chatoyant de couleurs et d'éclats luminescents se dessine autour d'elle. La jeune fille commence alors à être soulevée dans les airs à son tour. Elle est consternée par ce qu'elle vit, et essaye de se débattre de cette emprise irréelle sans y parvenir. L'incompréhension la gagne aussitôt. Faute de raison apparente, la demoiselle ne se consume pas sur place comme prévu la veille aux informations. Elle voit parfaitement bien et ni ses yeux ni sa peau ne brûlent. Aucune douleur non plus d'annoncée au programme. Elle n'en croit pas ses mirettes et est un peu terrifiée. Mais la lueur la pénètre de part et d'autre profondément à l'intérieur d'elle. La femme déborde alors de clarté pure comme de l'eau de roche et un froid intense parcoure tout son corps. Une effervescence éclatante d'un bleu violine pailletée émane d'elle. Elle ne comprend rien à ce qu'il se passe mais cette sensation imperceptible au fond d'elle-même est des plus agréables. Froide et douce à la fois comparable à un igloo frais, ou une brise glaciale et agréable un soir d'été. Cette sensation lui rappelle également la fraîcheur d'un bonbon à la menthe sucré. La lueur de sa peau est trop puissante pour pouvoir garder les yeux ouverts et de même la froideur aussi. Pour autant, elle ne ressent aucun froid ce qui est très inhabituel car elle touche quelques-uns de ses membres qui eux sont gelés.

Soudainement elle s'évanouit et le lendemain matin ne se rappelle rien de cette soirée hors-du-commun des mortels. Sa mémoire est altérée, et ses souvenirs assez brouillés également...

Mademoiselle s'éveille donc à treize heures passées, sans se douter un seul instant de ce qui vient de se passer la veille. La matinée a filé à une vitesse folle sans qu'elle ne s'en rende compte. C'est la sensibilité de sa peau au froid d'hiver de décembre qui la saisit d'un coup sur tout son corps qui la sort de son sommeil. Elle frissonne. Même si elle se souvient de certains détails, le pourquoi de sa venue ici demeure trouble. Cependant, la jeune femme sait que c'est pour une raison importante qu'elle est là, dans ce bois isolé au milieu de rien sans pouvoir en connaître les raisons précises. Elle se rappelle néanmoins l'éclipse et son entourage lumineux, ainsi que sa montée hors du sol jusqu'à cette sensation indicible qu'elle ressent encore à l'intérieur d'elle. Mais cette fille ne se sent pas bien du tout elle a des vertiges, des nausées et une boule qui fait pression sur l'estomac. Elle a en plus la sensation qu'une énorme barre pesante s'est logée sur son crâne au milieu du front. En comparaison à une forte migraine. Elle se relève trop rapidement et a la tête qui tourne follement. Elle s'appuie alors rapidement contre l'arbre derrière lequel elle s'est cachée avant puis, vomit de tout son soûl. Elle transpire abondamment à grosses gouttes et a des sueurs froides qui la parcoure. Celle-ci est vraiment malade comme un chien, sans en connaître les raisons exactes et décide de rentrer aussitôt même si elle titube en marchant. Son cœur bat à tout rompre, la fille est complètement essoufflée comme si elle a couru un marathon de plusieurs trentaines de kilomètres. Puis, avec un trajet qui semble durer trop longtemps après vingt bonnes minutes, elle atteint enfin son domicile sans soucis. Enfin, elle s'écroule sur son lit exténuée après qu'elle se soit déshabillée et prend une aspirine contre ses symptômes. Elle s'endort juste après...

Je me réveille le lendemain après-midi je ne sais pas quelle heure il est exactement, mais le soleil est déjà bien haut dans le ciel. Et je me sens patraque, avec une sorte de nausée et de boule au ventre en me relevant doucement. Mais je constate avec le plus grand des effarements, que je n'ai plus mal nulle part. Mon bras et ma jambe, ainsi que mes os brisés ont complètement guéri... C'est à n'y rien comprendre, je n'ai plus aucuns bleus, de plaies ensanglantées ni de boursouflures sur moi. J'écarquille alors de grands yeux de surprise en vérifiant absolument partout ! Il n'y a littéralement plus rien ! Pouf ! Envolées les blessures ! Et je ne ressens plus la moindre douleur, ou ayant mal où que ce soit. Comme si, je me suis auto-régénéré dans la nuit... Je suis pourtant sûr de ne pas avoir pu me relever la veille ni de pouvoir bouger le petit doigt, car j'étais paralysé. Alors que maintenant je me suis levé sans problème, aussitôt après m'être réveillé. Cette situation est des plus cocasses et incompréhensibles, que j'ai pu voir et vivre jusqu'à présent. Sous mon regard ahuri, je ne comprends rien à tout ce qui se passe là... Je suis étranger à tout cela et complètement confus. Cependant, je suis clairement sain et sauf et cela ne fait aucun doute. Je reprends donc le chemin vers chez moi, après avoir tergiversé un long moment et retrouvé mes esprits. Ce qui était, je veux bien l'admettre assez long...

Je regagne alors mon foyer, quand j'aperçois du coin de l'œil l'heure sur ma pendule il est quinze heures passées ! Comment je peux dormir aussi longtemps sans m'en rendre compte ?! C'est inconcevable pour moi d'être aussi négligent ! Moi, qui est pragmatique et méticuleux jamais une situation pareille ne peut se produire ! Même si je bois trop car d'habitude je supporte très bien l'alcool après une soirée arrosée ! Puis le fait d'être guéri miraculeusement, après un passage à tabac assez violent et intense je l'avoue, me laisse très perplexe. Comment je peux me remettre aussi vite ? Car je ne me souviens de rien après la « Lueur Divine ». Il est vrai que le fait d'avoir été transporté dans les airs et d'être enveloppé par ces magnifiques rayons solunaires (contraction de lunaire et solaire) multicolores et scintillants, me fait me sentir très bien dans tout mon corps. Alors que ces faisceaux de lumières doivent me brûler de part en part. Les autorités ont-elles mentis à ce sujet, comme le reste ? Quel intérêt ont-elles à faire cela ? Je n'en sais pas plus que ma mystérieuse guérison, et ce sentiment au fond de moi me titille assez fort. Parce que je ressens qu'un changement opère au fond de moi depuis cette nuit particulière. Mais sans pouvoir l'expliquer pour autant...

Puis, je repense à cette jeune femme que j'ai réussis à libérer du joug de ses agresseurs. Où est-elle ? Que fait-elle ? Est-elle en sécurité ? A-t-elle réussi à rentrer chez elle, sans encombre et saine et sauve avant que l'éclipse ne frappe ? J'espère qu'elle a couru sans éprouver de culpabilité, à m'abandonner là dans cet état miteux tout seul. Qu'elle ne ressente pas de pitié et surtout, qu'elle n'est pas revenue sur ses pas pour savoir comment j'allais. Cette seule pensée suffit à m'inquiéter pour elle, sans savoir pourquoi d'ailleurs... Je ne me suis jamais inquiété pour personne jusqu'à présent à part moi-même. Cependant, c'est sûrement dû à la satisfaction grandissante d'avoir sauvé quelqu'un pour la première fois de ma vie. C'est un acte héroïque que je ne vais jamais oublier. Mon alter égo en ressort remplit de joie. Cela me réchauffe le cœur rien qu'à l'idée que cette personne puisse être en vie et en bonne santé quelque part grâce à mon intervention. Ça ne peut pas être le cas autrement car elle n'était pas en mesure de se débrouiller seule face à ces trois voyous.

Après avoir cogité à ça et d'être de bonne humeur, je vais prendre une bonne douche et manger un petit-en-cas. Puisqu'il faut bien l'admettre le lendemain d'une cuite, on a souvent très faim. Et moi en plus, je n'ai pas mangé du tout depuis hier midi. J'en profite également pour prendre mon remède anti-gueule de bois, car je ne me sens pas très bien. Des vertiges, des nausées et des sueurs froides m'assaillent de toute part. Je vais me reposer un peu après, et flâner avant de reprendre le boulot le lendemain matin... Je suis un peu fatigué encore. Je m'affaire donc à mes affaires, puis une heure et demie plus tard je vais me reposer dans mon lit et faire une petite sieste. Le temps passe très vite, et je me réveille en sursaut parce que d'horribles cauchemars s'invitent dans mon inconscient. Je suis en sueur et à bout de souffle ! Complètement paniqué et assoiffé, je vais donc boire un peu d'eau. Je reprends tranquillement mes esprits et je me rhabille complètement. Je décide d'aller faire un tour dehors afin de prendre un peu l'air et de me changer les idées.

Je sors donc de chez moi je vois le ciel bien dégagé, et le soleil à son zénith, sans nuages à l'horizon. Je marche tranquillement le long d'une ruelle, menant à un parc plus loin. Et là, je vois deux jeunes délinquants pickpockets s'en prendre à un adolescent grassouillet, boutonneux et avec des lunettes en cul de bouteille. Ses yeux ressortent dix fois plus gros à cause de ces loupes monstrueuses. Pas étonnant que ces connards s'en prennent alors à lui. Celui-ci a l'air faible et se laisse clairement marcher sur les pieds. Il file tout son argent à ces ordures qui le dépouille sans vergogne par le biais d'intimidation forcée. Je déteste au plus haut point ces manières de malfrat, il faut leur donner une bonne leçon à ces petits cons. Des petits cons certes, qui se font passer pour des grosses brutes mais ça va cesser tout de suite, croyez-moi. Pour que ça ne dégénère pas avec le gamin en face de moi. Et je ne vais avoir aucun mal à les maîtriser, car ce sont tous des adolescents pas très malins à posteriori. Je viens dans leur direction pour les interpeller puis je leurs crie d'arrêter tout de suite où sinon, que je vais tout de suite m'occuper de leurs cas.

Ouroboros est vraiment un nid à emmerdes, toujours des agressions à chaque coin de rue... Les plus forts s'en prennent aux plus faibles la loi de la jungle règne en maître ici, et ça me déplais au plus haut point. De jour comme de nuit, on voit ça tout le temps ce genre de criminel n'a peur de rien et surtout pas d'être inquiété, vu que les autorités s'en foutent éperdument... C'est devenu une habitude pour ses habitants, la plupart du temps il font comme de rien en voyant ce genre de chose, pour ne pas subir de représailles et sauver leur peau mais pas moi ! Puisque cela ne peut plus continuer ainsi, j'en ai marre de tout ce bordel voire les gens terrorisés et se faire agresser comme ça sans rien dire ou faire n'est pas dans ma nature. Et je décide donc d'intervenir, à chaque fois que l'occasion se présente. Parce que je ne peux plus rester les bras croisés et faire semblant d'ignorer leur souffrance plus longtemps à tous ces gens, que la société a laissé tomber. Vivre dans le mensonge comme les autres moutons, et suivre le même dictat que la société vous enseigne depuis tout petit. Enfin, disons le franchement être hypocrite comme tous les autres juste pour pouvoir sauver sa vie, est indigne de moi. Puis cela ne fait clairement pas parti de mon code d'honneur. Il en est absolument hors de question.

Une fois arrivé devant eux, je sens une énorme chaleur se propager à travers tout mon corps. Je brûle littéralement de l'intérieur, sans me consumer ou ressentir de la douleur. Bien au contraire, je suis en super forme comme je ne l'ai jamais été auparavant. Je sens une force invisible, incommensurable me gagner et monter en moi comme une sorte d'adrénaline. Cependant, à la différence qu'elle est mille fois plus forte. Inopinément, je monte les yeux au ciel sans raison apparente et regarde le soleil sans l'expliquer, pendant que ces têtes de cons me parlent dans le vide. Je suis irrémédiablement attiré par lui, impossible de détacher le regard tellement l'attraction pour cet astre est puissante... Ils voient bien que je ne leurs réponds pas et ça les agacent grandement. Après tout, je ne les prends pas au sérieux. Ils s'apprêtent à se jeter tous les deux sur moi pour en découdre. Quand, brusquement, la chaleur que j'éprouve se renforce et augmente à toute vitesse j'ai très très chaud et je ne sais pas pourquoi. Un rayon de soleil immense et enflammé, apparait soudainement de nulle part dans le ciel et s'abat sur moi avec fracas d'un coup d'un seul. Tout mon corps dégage une lumière extrêmement forte et aveuglante, et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire je règle leurs comptes à ces vauriens. Ils sont grandement éblouis et j'en profite pour leur filer deux ou trois coups bien placés. Je bouge tout seul à une vitesse inouïe toujours, avec cette lueur plus blanche que blanche qui parcoure mon être. Même moi, je n'y vois absolument rien, mais j'arrive à discerner leurs présences autour de moi sans pouvoir mettre des mots sur ce qui m'arrive maintenant... J'illumine entièrement la ruelle et les alentours et mes membres bougent d'eux-mêmes tous seuls hâtivement, pendant que je leurs assène le coup de grâce. Sans les tuer, bien entendu. Je ne suis pas un meurtrier et je vaux bien mieux qu'eux. C'est comme si j'étais aussi rapide que la vitesse de la lumière. Je me mouve comme dans un dessin-animé mes gestes sont fluides, impétueux et vifs comme le vent. Je sais à l'instant même où ses bâtards me frappent, sans explications aucune. Je réussis à anticiper chacun de leurs mouvements, et à frapper cinq minutes avant qu'eux ne le fassent. La victime ne peut pas me regarder, elle est accroupie au sol les bras devant les yeux, car l'éclat que je diffuse est beaucoup trop intense vu que j'éclaire tout le quartier. Il ne voit pas mon visage. En moins de temps que je ne le pense, ces abrutis sont au sol inconscients, inertes et dans les vapes.

Je les ai bien battus ces cons là ! Et je récupère l'argent dans leur poche qu'ils viennent de voler. Je le rends à la personne concernée, même si elle garde les yeux fermés. Il n'en croit pas ses yeux quand il voit ses deux ennemis jurés au sol, inconscients. Il me remercie très chaleureusement plusieurs fois en pleurnichant comme un bébé. Il se demande pourquoi je suis aussi illuminé de part et d'autre de mon être. C'est très étrange et il n'a jamais vu cela se produire de sa vie entière ! Je n'ai aucune explication à lui fournir. Puisque moi-même, je n'en connais pas les raisons exactes ni le pourquoi du comment. Je lui fais jurer de se taire sur son sauvetage, pour pouvoir protéger mon identité qui doit restée secrète même s'il ne peut pas me voir. Il ne me regarde pas dans les yeux en discutant. Seuls les contours de mes yeux, de ma bouche, mon nez et mes oreilles sont visibles. Rien d'autre.

Il accepte ma requête sans broncher et ne demande rien en échange de son silence. Car je viens de lui sauver la vie. Rien ne compte plus pour lui que cela. Il est admiratif et complètement soulagé. Je lui fais signe que je dois partir, pour qu'on ne puisse pas me repérer à cause de ma luminescence trop visible. Je lui dis de faire attention par là où il passe, et le met en garde contre les gens qui ont l'air louches et de fuir systématiquement. Puisqu'ici, tout le monde est sans pitié avec lui. Il prend en compte mes conseils, me salut et repart dès que je quitte la ruelle. Il prend le temps d'appeler la police juste avant, qui est déjà arrivée sur les lieux pour les mettre sous les verrous. Mais ils passent par la case petit séjour à l'hôpital avant, pour guérir de leurs blessures. Vu qu'ils sont salement amochés et en piteux état à cause de moi il faut bien l'avouer. Ça me fais bien rire rien que d'y penser, ils n'ont rien vu venir ces gros cons !

Je fuis les lieux aussi vite que possible pour ne pas me faire voir par qui que ce soit où que ce soit ! Heureusement, avant de sortir de chez moi je prends toujours mon grand manteau qui est assez long et bien couvrant, puisqu'il fait froid vu qu'on est en hiver. Il arrive à dissimuler mon illumination, juste le temps que je puisse rentrer chez moi. Cependant ma veste ne couvre pas du tout mon visage, on ne voit que cela mon étincellement ! Et même à travers ce vêtement, mon rayonnement transparait au loin je dois faire vite. Je presse le pas pour ne pas me faire remarquer. Je n'ai pas besoin qu'on me dévisage en plus de me trouver bizarre avec une tenue pareille... Je coure en toute hâte et m'enferme à clé le temps que ce phénomène passe... J'enlève ma veste et me déshabille complètement, puis, je me regarde dans le miroir.

Je suis jaune et orange vif comme le soleil et j'illumine tout mon appartement comme un éclairage de quartier. Mais je peine à voir cet éclat sans me brûler les yeux. C'est incroyable et je suis rentré en moins de deux minutes à peine, alors que le temps de trajet de là où je me trouve est de dix minutes à pieds minimum. Je brille de mille feux tel un lever de soleil flamboyant ! Je n'arrive pas à contrôler cette luminosité, de plus, je bouillonne à l'intérieur comme à l'extérieur. Pour preuve, mon manteau vient littéralement de fondre sous cette chaleur extrême, à peine j'ai le temps de l'enlever. Je ne comprends pas ce qu'il se passe, mais c'est incroyable ! J'ai une telle forme mais cette luminescence et cette chaleur en moi, d'où viennent-elles ?! Je suis si excité que je ne tiens plus du tout en place ! Je pète le feu !!

Il faut que je me calme car je reprends le boulot le lendemain matin ! Comment je fais dans cet état-là ?! C'est impossible pour moi d'y aller comme ça, impossible ! Je vais me faire repérer de très loin, c'est sûr. De plus, je ne veux certainement pas être un cobaye ou le rat de laboratoire pour le gouvernement, non. Ça, il en est hors de question ! Je dois trouver une solution au problème rapidement, sinon je risque de me faire virer et le peu d'argent que je gagne je le perds c'est sûr et je ne peux plus garder mon appartement. Il est déjà vingt heures trente, je réfléchis depuis longtemps pour trouver une solution mais rien ne vient... Puis, à vingt et une heure précise, le soleil se couche et laisse place à la nuit noire. Aussitôt que celui-ci disparait, mon rayonnement se tue avec lui ! Vraiment étrange, de plus mes forces me quittent également. Comparable à une vieille pile usée, comme si j'épuise toute mon énergie d'un coup d'un seul. Je me mets au lit rapidement, harassé par cette journée et ce week-end trop intenses pour moi. C'est trop d'émotions et je ne comprends rien à ce qu'il se passe. Comme on dit, la nuit porte conseil et je vais y voir plus clair demain matin et trouver une solution avant d'aller au travail, pour sûr.

La jeune femme se réveille alors d'un long sommeil qui a duré toute l'après-midi, jusqu'à vingt et une heure. La même nuit, elle se lève et se sent beaucoup mieux qu'auparavant. Elle regarde sa pendule, et n'en revient pas d'avoir dormi aussi longtemps ! C'est incroyable sachant qu'elle n'est pas une grande dormeuse, même en étant malade comme un chien. Heureusement, la demoiselle ne travaille pas le lendemain matin. Puisque désormais, elle n'a plus sommeil elle se déshabille après avoir dîné et va se doucher. Quinze minutes plus tard, elle sort de la cabine de douche. La femme se montre devant le miroir, pour pouvoir brosser ses longs et magnifiques cheveux châtains. Subitement, elle sursaute en découvrant son reflet dans la glace, elle n'en croit pas ses yeux ! A travers la fenêtre derrière elle, un rayon de clair de lune l'enveloppe de part en part, la jeune femme éclaire toute la pièce ! Sa peau brille et scintille comme dans un conte des mille et une nuits. Sa chair est d'une couleur violine opaline et bleutée magnifique entremêlée d'un éblouissement pailleté. Elle ressemble à la voie lactée, avec ce tapis étoilé qui la recouvre de toute part. Ces petites parcelles d'or forment des constellations sur son derme. De plus, son anatomie dégage une lueur des plus pures et des plus éclatantes qu'elle n'a jamais vu de toute sa vie jusqu'à présent. On dirait qu'elle descend tout droit de la lune ! Elle illumine tout son appartement et elle n'arrive pas à éteindre sa peau, elle est hors de contrôle. Même si elle fait tout pour, elle se touche et se caresse les membres pour tenter de l'éteindre, sans succès. La fille enlève alors la serviette de douche qui l'entoure entièrement. Toute son anatomie est parsemée de clair de lune étoilée et luit d'un rayonnement extraordinaire. Elle ne peut s'empêcher de s'admirer de la tête aux pieds. Elle est disons-le franchement, magnifique ! Une vraie beauté solunaire !

Elle n'en revient pas et trouve cette situation des plus incroyables ! Comment son physique peut-il dégager tant de grâce et de lueur divine ! Cependant, un flash-back lui vient à l'esprit tout à coup elle fait tout de suite le lien avec ce qu'il s'est passé la veille. Lors de l'éclipse du soleil et de la lune, elle se rappelle un peu ces événements étranges, même si ses souvenirs sont encore désordonnés et fragmentés. Le fait de baigner dans ce faisceau bizarre et d'être soulevée dans les airs. Persuadée que ce qui est en train de lui arriver maintenant est intimement lié à cet événement insolite et marquant. Cependant, elle doit faire avec même si elle a subi des mutations génétiques c'est devenu évident. Comment la jeune fille va-t-elle faire elle aussi pour pouvoir travailler sans problèmes avec une couleur et un scintillement pareil ?! Elle doit trouver une solution rapidement, même si elle ne va pas bosser le lendemain matin. Elle ne contrôle pas du tout ce nouveau don des dieux qui lui tombe dessus comme un cheveu sur la soupe et sans raisons particulières. Mais elle doit faire quelque chose pour que personne ne le découvre, jamais... Cela doit devenir un secret perpétuel, car elle craint pour sa vie et sa sécurité avec ce nouveau pouvoir.

Surtout à Ouroboros : « le serpent qui se mord la queue », ici, tout peut arriver et bien évidemment le pire surtout... Sans le laisser paraître sauf devant son reflet, elle est encore traumatisée par son agression qui s'est déroulée un jour auparavant. Elle en tremble encore de peur, rien qu'à imaginer leurs sales pattes dégueulasses sur elle ! Néanmoins, peut-être qu'avec cette nouvelle transformation ça va devenir différent ? Pense-t-elle. Elle n'y prête pas plus d'attention sur le moment et décide donc de se mettre en pyjama rapidement, tout en restant devant sa glace. Même son visage est luminescent, on ne distingue plus ses traits et on ne voit que de la lumière. On aperçoit seulement le contour de ses yeux, de son nez, de ses oreilles et de sa bouche !

Rien d'autre ne se manifeste alors sur sa figure, même ses longs cheveux sont devenus méconnaissables... Leur teinte est colorée de blanc et mêlée de violine. Sa chevelure laisse entrevoir parmi chaque fibre capillaire les mêmes parcelles d'or qui parcourent son corps. Elle ne ressemble plus qu'à une boule à facette version humaine, s'est-elle dit à cet instant précis. Sur le ton de la rigolade, elle pouffe un petit rire de stupidité. Même si elle badine sur le moment, cette apparence lui fait quand même froid dans le dos elle est terrifiée et elle sait que dorénavant rien ne va plus jamais être comme avant. Elle n'est plus la fille normale d'il y a deux jours. Oui, elle en est intimement bien consciente malgré tout. Cependant, la femme décide tout de même d'arrêté de se tracasser à ce propos plus longtemps. Puisque cela ne sert clairement a rien à part lui causer davantage de soucis et de stress. Puis ça, elle n'en a vraiment pas besoin celle-ci a déjà son agression sur la conscience, sans en rajouter encore une couche par-dessus. Ensuite, la fille regarde la télévision une heure ou deux avant de retourner se coucher. La nuit lui porte conseil et une nouvelle journée s'annonce demain, elle va avoir les idées plus claires à ce moment-là.

Six heures tapantes sonnent au réveil, je me mets debout après être resté cinq minutes dans le lit. Tranquillement, je me dirige vers le miroir, ma peau est revenue à sa couleur originelle semble-t-il. Je ne sais pas pourquoi mais tout parait de nouveau normal. Sauf ma coiffure délirante un vrai punk ! Je décide tout de même de me préparer au cas où ça ne recommence pas. Je prends mon petit-déjeuner lentement et me lave juste après. Je m'habille et m'apprête à partir au travail, il est six heures quarante-cinq du matin. J'ouvre ma porte d'entrée d'emblée, quand je vois l'aurore qui pointe à l'horizon. Le ciel se pare de ses plus belles couleurs matinales jaune, rouge et orangé. Je m'arrête donc un instant pour admirer ce splendide spectacle que la nature m'offre à perte de vue. Au fur et à mesure que le soleil se lève, ses rayons brûlants surgissent sur mon corps tout entier. Ils m'assaillent de part en part et une chaleur extrêmement puissante se fait alors ressentir. Elle s'écoule absolument partout à l'intérieur de moi. Je sens mes vêtements au contact de ma peau fondre comme neige au soleil ! Et une énergie si vigoureuse et intense que je me sens littéralement pousser des ailes. Cette force, je l'ai déjà éprouvée auparavant quand je me suis battu contre ces deux petits voyous hier. C'est épouvantable ça recommence de plus belle ! Ma chair commence alors à luire et à scintiller de plus en plus fort ! Comme une lampe halogène, dont on peut augmenter l'intensité lumineuse. Quand le soleil est haut dans le ciel après qu'il se lève, ma surbrillance est devenue un véritable éclairage de quartier ! J'en suis un à moi tout seul !

Je décide donc de rentrer immédiatement et de fermer toutes mes fenêtres et ma porte à double tour. Y compris les stores aussi. Je me barricade complètement pour être bien certain que personne au dehors ne peut m'apercevoir. Ou bien juste m'entrevoir ne serait-ce qu'un tout petit instant. C'est beaucoup trop risqué pour moi de mettre le nez à l'extérieur pour le moment... Je n'en reviens pas, de nouveau placé devant la glace je suis un véritable néon humain !! Comment je peux faire pour aller au boulot sans qu'on puisse avoir des soupçons sur ce qui se trame sous mes vêtements ?! Et puis surtout, sans être nu comme un ver ?! A cause de la chaleur surpuissante qui émane de moi ?! C'est vraiment chose impossible !! J'appelle tout de suite mon patron pour lui dire que je suis malade comme un chien. Ainsi, je me fais porter pâle un certain temps pour que je puisse trouver une solution à ce gros problème.

Mais comment puis-je appeler sachant que je fais fondre tout ce que je touche ?! Je vois un assez gros morceau de brique au sol, sûrement un débris tombé de mon plafond en ruine. Je le prends rapidement et compose difficilement mais sûrement le numéro de mon supérieur avec un des coins de celui-ci. Je lui explique alors la situation, que j'ai attrapé une gastro-entérite aiguë ce week-end et que je dois absolument me reposer. Parce que je ne me sens pas bien du tout. Je n'arrête pas de vomir et d'aller à la selle toutes les cinq minutes et en même temps. Il me prie sur le champ de bien vouloir lui épargner absolument tous les détails et le pourquoi du comment. Puis, il accepte mon arrêt maladie temporaire car je travaille quand même assez dur dernièrement. Alors que je suis toujours là pour lui dès qu'il a besoin de moi, ainsi que mes heures supplémentaires qui tombent souvent tard le soir ou très tôt le matin... Il m'accorde alors sept jours de répit à la suite vu que la gastro-entérite dure entre deux et quatre jours. Cela me laisse le temps de voir venir par rapport à mon état physique. Ça va être juste le temps que je trouve le moyen de régler la question qui se pose alors.

Je pousse un soupir de soulagement, cela m'enlève une grosse épine du pied. Je n'en peux plus du tout de ce stress et de ces pressions liées à ma condition. C'est consternant ce qui se passe maintenant, et je ne comprends pas du tout pourquoi cela m'arrive à moi. Je ne fais jamais rien de mal et ne cause de tort à personne. Je sens que ma nouvelle transformation va entièrement chambouler ma vie entière. Néanmoins, je ne sais pas encore jusqu'à quel point à ce moment-là. Cependant une chose est certaine, rien ne va être plus jamais comme avant. Puisque je suis en mesure de le savoir au fond de moi sans pouvoir l'expliquer à voix haute... Ça m'angoisse terriblement car je ne peux pas du tout contrôler ce nouveau pouvoir, voilà d'où vient ma peur indicible. Je suis un trouillard invétéré, déjà face à l'adversité dans laquelle j'ai grandis et j'ai vécu mais également maintenant. Avec cette situation des plus rocambolesque et la métamorphose incongrue de mon corps. Il faut que je m'habitue rapidement, vu que je vais devoir faire avec malencontreusement... Je me déshabille alors et jette mes fringues à la poubelle vu qu'elles sont toutes fondues... Je ne peux vraiment pas me permettre de perdre encore une tenue comme ça, à l'avenir... C'est encore une grosse énigme à résoudre, car je ne peux pas non plus aller travailler à poils...

Je me renseigne donc sur internet pour découvrir ce qui peut me permettre de sortir à la fois à l'extérieur sans être totalement nu, et recouvrir entièrement mon corps sans qu'aucune lumière ne puisse traverser... Cela va être difficile à trouver, mais je suis prêt à tout tenter pour que personne ne puisse découvrir ce qui se cache là-dessous. Je n'ai vraiment pas d'autres choix à ce moment-là. Ça doit être fait et trouvé rapidement, j'ai un délai de sept jours pour régler ça et pas un de plus. Le temps est imparti et le décompte déjà en marche. Il faut que cela fonctionne car ma vie et mon avenir au sein d'Ouroboros sont en jeu. Je ne dois faillir à aucun moment. C'est ma devise, mais aussi la ligne de conduite que je m'efforce de suivre. Il ne peut en être autrement... Je m'installe donc à mon bureau, à l'intérieur du cagibi dans lequel je vis et me mets au travail illico-presto ! Car je ne baisse jamais les bras !! Je prends le petit débris de plafond dont je me suis servi toute à l'heure pour ne pas liquéfier mon ordinateur. Je m'assois à mon siège et commence à pianoter sur les touches de mon clavier...

Au même moment vers six heures trente chez la jolie jeune femme, l'alarme sonne. Elle s'éveille tranquillement au son des oiseaux qui gazouillent après avoir éteint son réveil. Eh oui, c'est une lève-tôt. Elle déteste par-dessus tous les grâces matinées, elle aime pouvoir profiter tranquillement et pleinement de sa journée. Elle va faire des choses diverses et variées. Puis, la jeune femme adore voir le soleil se lever vu qu'elle est debout aux aurores. C'est ce qu'elle fait tout en mangeant son petit-déjeuner devant sa baie vitrée. Elle habite un grand appartement au sud de la ville, un des quartiers les moins pauvres et les moins dangereux d'Ouroboros. Le nombre d'agressions et de meurtres là-bas se limite à une vingtaine par jour. Alors que dans les autres quartiers et aux alentours partout ailleurs, il est question d'une soixantaine par jour. Le calcul et le choix d'y vivre sont vite fais. Ses parents lui ont cédé le logement à leurs morts, douze ans plus tôt. Elle n'est alors âgée que de huit ans au moment des faits. Ils sont décédés devant ses yeux lors d'un braquage à main armée d'une supérette qui a mal tourné, au moment où ils font leurs courses. Elle est devenue orpheline en une fraction de seconde et traumatisée par cet acte qui la marque à jamais au fer rouge. Ensuite elle est élevée par une famille d'accueil et à sa majorité hérite du logement. Ils ont travaillé très durs toute leur vie pour construire ce bel appartement, lumineux et spacieux. Cependant, si à la fin du mois ses parents biologiques n'avaient pas grand-chose à manger dans leurs assiettes, ils se privaient eux-mêmes de nourriture pour pouvoir nourrir leur fille à la place. Pour eux, c'était le plus important à ce moment-là, elle passait et va passerait toujours en priorité même s'ils souffraient de la faim. Enfin, c'est le seul héritage qu'elle possède d'eux et le dernier cadeau qu'ils lui ont offert....

Elle va s'admirer dans le miroir, sa couleur de peau scintillante et bleutée n'a pas disparue depuis la veille au soir. Elle s'illumine et brille toujours mais moins puissamment qu'auparavant. La demoiselle remarque alors qu'elle a la peau très froide, voire gelée... Alors qu'elle ne ressent aucune fraîcheur au contraire elle a chaud. Puis dès que quelque chose ou quelqu'un touche sa peau, pouf !! Celui-ci est totalement congelé sur place de la tête aux pieds, tel un glaçon. Comme un vrai bloc de glace sur la banquise au Pôle-Nord... Elle vient d'en faire l'expérience à l'instant quand elle a voulu prendre sa brosse à cheveux. A peine l'a-t-elle effleurée que celle-ci s'enveloppe instantanément d'une couche de gel incommensurable... Hier, c'est ce qu'il s'est passé aussi, quand elle a voulu prendre une casserole pour se préparer à manger. Mais cette fois-ci, la force d'expansion et l'épaisseur de sa glace sont en totale recrudescences sans raison apparente... Elle gèle tout ce qu'elle touche sans vouloir ni pouvoir le contrôler ! Elle n'en croit pas ses yeux ! Comment est-elle en arrivé là ?! Elle ne trouve clairement pas de réponses à cette question... Mais elle doit chercher une solution et vite avant qu'elle ne transforme entièrement son habitation en banquise géante ! La jeune fille ne comprend pas du tout ce qui lui arrive et cela l'effraie tellement qu'elle en pleure aussitôt après... Elle angoisse beaucoup, à tel point que son niveau de stress amplifie son mal-être et par la même occasion son pouvoir… Elle est en train de geler tout son appartement ! Son souffle glacial commence à gagner du terrain, ppppppssssssscccccchhhhhhhhhh !!! Elle doit se reprendre et faire quelque chose sur le champ ! C'est d'elle et de ses émotions que dépend l'expansion de sa force destructrice elle vient de le comprendre à l'instant même. Elle décide de se reprendre et de se détendre un bon coup pour évacuer toute cette pression.

Elle prend son courage à deux mains et inspire, expire, inspire, expire, inspire et expire encore et toujours tout en fermant les yeux, et elle se concentre par la même occasion. La nana insiste sur chaque souffle qui la submerge alors tout en relâchant la pression au même moment. Quinze minutes plus tard, le froid sur elle et dans son environnement proche a totalement disparu. Envolée la glace. Elle s'est rendu compte de ça dès qu'elle ouvre ses paupières. La jeune femme réussit à maîtriser son don sans le vouloir et à faire dissiper toute cette glace d'un coup d'un seul. La fille n'en a pas l'air comme cela mais elle dispose à sa guise d'un pouvoir incontrôlable et très puissant. Il est également très dangereux, elle doit faire attention de ne pas l'utiliser à mauvais escient surtout sans le vouloir. Le soulagement et la détente font maintenant place au reste dorénavant, elle peut souffler un peu... Sept heures passées, le soleil commence à être haut dans le ciel.

Néanmoins, à partir du moment où il apparait à l'aube, la peau de la demoiselle se stoppe aussi net de briller et sa lumière se tue... Elle n'a alors plus la possibilité de faire manifester sa glace dans les parages à nouveau. Ceci la rassure profondément... Mais pour combien de temps encore ?! Car un problème plus grand se pose là aussi, comment dissimuler son gel ainsi que sa peau de voie lactée au monde extérieur ? Et plus particulièrement à son travail ?! Puisqu'elle doit reprendre le lendemain matin, comment ses collègues peuvent réagir en la voyant si lumineuse et froide à la fois quand elle va arriver ?! Impossible !! Jamais cela ne doit se produire même si pour le moment ça s'est arrêté. Cependant, jusqu'à quand ?! Elle s'en inquiète davantage bien plus que de perdre son emploi si jamais elle n'y va pas plusieurs jours d'affilés... La femme doit résoudre cette difficulté et plus rapidement que prévu, sa vie et son avenir en dépendent ! Rien n'est plus important au monde pour elle que de mener une vie normale ! Et ça, même si son état physique en est fortement affligé, la jeune fille ne veut pas que sa vie soit compromise pour une chose pareille. Rien ne doit être affecté, sinon elle va être considérée comme un monstre ou un rat de laboratoire. Elle le sent au fond d'elle-même, tout change et elle ne peut nullement y faire quoi que ce soit... C'est inévitable... Cependant, elle a la capacité de contrôler ce qu'elle est en mesure de pouvoir le faire. C'est à dire, son environnement et sa manière de l'aborder. Ça, elle peut le changer à sa manière. Elle cogite alors pendant plus d'une heure et demie sur sa situation sans trouver de réponse concrète. La jeune femme décide donc de sortir se baladé pour se changer les idées en attendant d'en avoir une bonne qui lui vienne à l'esprit. Et puis, elle doit prendre l'air un peu car elle a la sensation d'étouffer sous une pression insupportable. Comme si une épée de Damoclès se tient fermement au-dessus d'elle sans faillir. Il faut qu'elle prenne un peu de bon temps et oublié tout cela jusqu'à son propre mal-être. Mademoiselle prend son petit-déjeuner, se lave puis s'habille au bout de quarante minutes. Après tout, c'est peut-être juste temporaire, ça ne va sûrement pas durer, non ? pense-t-elle. Vu que sa lueur est éteinte tous les espoirs sont permis, pas vrai ? Elle se rassure autant que faire se peut puis par la suite, enfile son manteau et s'évade dehors. Elle doit partir où sa tête va littéralement exploser. Son cerveau est énormément pris par toutes ces pensées négatives et obsédantes. Elle coure donc en direction du porche tout en claquant la porte.

Déjà six jours qui se sont écoulés sans trouver de réelles réponses à mes questions... Mes recherches sur le net sont infructueuses et décevantes... Malgré avoir cherché jour et nuit... Normal, qui voudrait cacher sa peau de la lumière du jour parce que cette même peau-là lui fait défaut ?! Personne n'a dans sa manche un corps brillant scintillant et brûlant comme le mien ! II faut bien se l'avouer ! Puis, avec une anatomie qui fait fondre tout ce qui croise son chemin !! Qui ou quoi peut cacher un truc pareil tout en menant une vie normale ?! Rien, ni absolument personne, bien-sûr ! Quelle ironie... Aucun d'entre eux ne va gober une histoire pareille !! Et même les gens que je connais et qui m'apprécient ne vont pas me reconnaître du tout ! Ils vont me voir comme un monstre et être tétanisés par la peur ! Ils vont tous prendre leurs jambes à leur cou et s'enfuir en toute hâte ! Je suis la risée de cette ville, et le pire déchet qui la compose c'est moi ! Rejeté et mal aimé de tous, une horreur de la nature, un pestiféré... Personne ne va comprendre et aucun d'entre eux ne peut le faire... Je vais être un extra-terrestre ! Pour moi, c'est impossible c'est encore pire que de perdre mon emploi... Je ne désire pas qu'on me voit sous cette forme affreuse et monstrueuse. Alors qu'à l'origine je suis un homme quelconque, lâche, trouillard et ennuyeux à souhait... L'image de l'être que je veux transmettre n'est pas celle du pire déchet humain qu'Ouroboros puisse accueillir ! Encore faut-il que je sois encore « humain » également je n'en suis plus si sûr à présent... Je ne vais pas m'en relever si cela se réalise pour sûr !

Putain de bordel de merde !! Ressaisis-toi !! M'écriais-je à voix haute. Tout en médisant et en jurant, je me mets une grande claque dans la gueule pour me réveiller et arrêter de me faire des films. Il faut que je me reprenne je ne peux pas continué à paniquer et à divaguer. La déprime n'est pas de mise et je ne peux pas me permettre de me laisser aller ! On ne doit pas découvrir mon secret peu importe comme il m'en coûte, j'ai le devoir de me préserver vaille que vaille ! La clé, la clé du mystère, voilà ce que je dois trouver... La solution à ma difficulté de pouvoir m'exposer à l'extérieur, que faire...

Je lis sur la toile que certains métaux très lourds peuvent résister à la chaleur au-dessus d'une certaine limite. Néanmoins sur ma peau, la chaleur est beaucoup trop puissante ça va fondre aussitôt sur moi. Je n'ai plus qu'un jour pour découvrir ce qui peut dissimuler mon pouvoir sans crainte aux yeux du monde et sauver ma peau même si elle me cause que des problèmes, putain... Je dois faire vite je n'ai pas le choix. Que faire, que faire ? Tout en réfléchissant à la question, je me sers un petit plat de pâtes accompagné d'un cordon bleu bas de gamme. Le met du pauvre comme on dit ici je mets mon assiette à réchauffer au micro-onde avec du papier aluminium le recouvrant. Deux minutes top chrono avant que je mange. Je regarde la magnifique vue d'Ouroboros par la fenêtre pendant que ça chauffe, tout en réfléchissant à mon dilemme... La sonnerie de fin de chauffage sonne donc pendant que je continu d'admirer cette ville en perdition à perte de vue.

J'entends d'ici les cris de désolation des victimes d'agressions diverses au loin. C'est cela au quotidien ici, les cris et les pleurs on en est bercé chaque jour. Cependant, ça n'a rien avoir avec l'écoute d'une chanson mélodieuse à mes oreilles... Entendre ces gens se tordre de douleur chaque jour me fends le cœur je n'en peux plus ! Il faut faire quelque chose ça ne doit plus se reproduire ! Je sors mon assiette du micro-onde à l'aide de grosses pierres récupérées à l'extérieur la veille tout en enlevant le papier sulfurisé. Je m'en suis servi pour réchauffer mon plat deux minutes auparavant. Il est d'ailleurs bien chaud et sent divinement bon, je l'attaque d'une traite tellement j'ai l'estomac vide. A la place de mes couverts normaux, j'ai taillé deux longs cailloux que j'ai aiguisé avec une pierre plus grosse. Je n'ai pas le choix car sinon tout le reste se dessoude à mon toucher, quelle tuile je vous jure...

Puis, inopinément j'observe plus attentivement l'aluminium posé en face de moi sur la table. Perdu dans mes pensées, je zieute le moindre aspect de son enveloppe et la touche scrupuleusement pour en déterminer sa composition physique. Il ne se liquéfie pas au contact de la paume de ma main alors que celle-ci est bouillonnante. Je la triture dans tous les sens et constate avec stupeur que la feuille ne faiblie pas ni ne se déstructure à mon contact ! BINGO !! Ça y est, je viens de trouver et de résoudre mon énigme ! Mon salut est juste là sous mon nez depuis tout ce temps et je ne l'ai pas vu venir ! Putain, quel con !! C'est la matière qui me manque et dont j'ai le plus besoin là, maintenant ! Encore faut-il déterminer comment je travaille ce matériau un peu spécifique... Je dois y réfléchir attentivement avant de reprendre le travail lundi prochain. Il faut que je réussisse à créer une combinaison ininflammable et assez couvrante. Ainsi, je peux me balader tranquillement dehors sans avoir à me tracasser de qui que ce soit. C'est une idée à creuser plus en profondeur, et je n'ai plus qu'une journée à tout cassé pour réaliser ce projet. Je dois me dépêcher car je n'ai plus assez de temps... Putain, quel merdier me tombe sur la gueule, putain, c'est vraiment pas ma veine d'Ouroborien c'est sûr, ah ah ah !

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