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Couverture du roman Enfants du soleil et la lune : Les Cosmoshéros Ultimes

Enfants du soleil et la lune : Les Cosmoshéros Ultimes

En 2222, la cité fortifiée d'Ouroboros est un enfer dictatorial où règne le crime. Phoebus et une jeune femme, issus de quartiers défavorisés, voient leur vie basculer lors d'une éclipse millénaire nommée Lueur Divine. Frappés par ses rayons, ils acquièrent des pouvoirs mystérieux qui bouleversent leur identité. Désormais liés par le destin, ces enfants du soleil et de la lune devront unir leurs forces pour éradiquer le chaos et sauver la France du mal absolu.
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Chapitre 3

La nana reprend le travail, elle est vendeuse dans une toute petite parfumerie à la conception artisanale. Parfums et produits de beauté en tout genre se succèdent alors sur les étagères de la boutique. Des senteurs sucrées et florales embaument toute la pièce. C'est le début de matinée en ce commencement du mois de janvier. Noël et les fêtes de fin d'années sont passées et avec elles les événements de cette nuit fatidique. La femme se rappelle alors plus distinctement comment cette soirée s'est déroulée. Les souvenirs s'invitent à elle depuis une semaine, chaque nuit les rêves de cet événement la submergent pleinement... Elle se rappelle tout en ce lundi matin à huit heures tapantes. Le visage de ce jeune homme fait alors à nouveau son apparition dans son esprit. Tout est clair comme de l'eau de roche maintenant elle esquisse une moue de consternation sur son visage !

Elle reste dans la lune pendant bien dix bonnes minutes pendant qu'une cliente est devant elle pour acheter un parfum. Elle l'appelle encore et encore jusqu'à ce qu'elle sorte complètement de sa léthargie. La vendeuse s'excuse donc et l'encaisse tout de suite. La cliente règle sa commande et part juste après.

Assise sur sa chaise, la demoiselle se souvient donc de cet homme frêle et sans allure. Il l'a sauvée un soir de décembre contre trois voyous deux semaines auparavant. Alors même qu'il était complètement soul et sans envergure, il a tout de même osé s'opposé à ces trois hommes à ce moment-là ! Une témérité à toute épreuves, il n'a rien à envier à personne et elle n'a même pas pu le remercier ce soir-là ! Elle sait que quelqu'un est venu à son secours lors de cette soirée mais elle a oublié son visage. Comment peut-elle omettre un détail si important ?!

Son cœur se serre d'inquiétude à cette idée car elle ne sait pas du tout ce qu'il devient. Après tout, elle est partie le lendemain matin de l'agression en ayant complètement mit de côté sa présence. Elle s'est levée sans se retourner et n'a pas regardé par-dessus son épaule, la culpabilité l'envahit alors sur l'instant jusqu'à en perdre haleine. Elle commence à se lamenter sur place et à larmoyer. Elle s'en veut terriblement d'avoir laissé cet inconnu blessé et qui avait besoin d'aide derrière elle, seul et sans défense à terre.

Par fierté, elle ravale de suite au fond d'elle-même ses pensées dramatiques, son inquiétude ainsi que ses larmes. Car elle est au travail et ne peut pas se permettre d'être triste et que les gens découvrent son mal-être. Les problèmes doivent rester au placard à partir du moment où on franchit la porte de la boutique même si c'est très dur pour elle là maintenant. Elle est comme ça cette jeune demoiselle de vingt ans. Forte, fière, courageuse et une vrai battante depuis que ses parents l'ont quittée douze ans auparavant.

Elle ne montre jamais ses émotions pour que personne ne ressente de pitié envers elle, même si elle avait besoin d'aide à cette époque plus que quiconque au monde. Sa détresse et sa tristesse elle les a compartimentées et rangées dans un tiroir à l'abri des regards indiscrets, loin, enfouies au fond de sa mémoire depuis ce jour funeste.

Lors de leurs enterrements, elle n'a pas versé une seule larme et n'a rien dit. Elle s'est enfermée dans un mutisme profond pendant plusieurs années jusqu'à qu'elle retrouve la parole à l'adolescence. Ça l'a tellement traumatisée que la femme pensait que si elle ouvrait de nouveau la bouche à l'époque d'autres malheurs surviendraient dans sa vie, même bien plus tard.

Sa vie est semée d'embûches et d'épreuves douloureuses à surmonter depuis petite... Néanmoins, elle s'en remet avec brio et se tient debout fièrement pour affronter la vie. Ainsi, elle peut tourner la page et mettre de côté ces drames. Puisqu'elle ne se laisse pas abattre pour si peu cette jeune femme-là. Elle est bien plus forte que quiconque puisse l'imaginer.

Sa peau ne scintille plus depuis le lever du soleil ce même matin. Ses parcelles d'or meurent avec la venue de l'aurore. Et pareillement, son pouvoir glacial ne fait plus effet aussitôt après. Elle a compris pendant le week-end d'avant que dès que le soleil est haut dans le ciel, son anormalité cesse immédiatement d'exister. Cependant elle réapparait toujours au crépuscule, son corps luit de nouveau après vingt et une heure passée.

Et les rayons de clair de lune à travers les nuages pointent toujours sur elle, laissant transparaître cette voie lactée splendide et éclatante chaque nuit à la fin de chaque jour. Ensuite à son tour vient la glace, voilant son environnement proche via son souffle glacial impénétrable… Et ça dès qu'elle touche ou effleure un objet avec ses petits doigts fins. Tout à coup, l'air devient alors brumeux, humide et froid. Les flocons de neige apparaissent ensuite toujours autour d'elle, dès que sa chair reluit sous les halos lumineux lunaires.

Elle se demande si quelque chose du même genre est déjà arrivé au garçon ce soir-là. Elle ne peut donc pas s'empêché de penser à lui et par la même occasion de s'inquiéter. Parce qu'elle l'a vu être soulevé dans les airs lui aussi. Alors que la « Lueur Divine » de l'éclipse l'atteint pourtant sans lui faire le moindre mal cependant. Juste avant de s'évanouir, elle se souvient qu'il n'a pas brûlé du tout similairement à elle. Tout en y réfléchissant et en ayant la tête dans les nuages, elle poursuit son travail de caissière et de mise en rayon au besoin.

Elle enchaîne les clients et les articles du même temps que la journée qui passe à une vitesse folle. Elle finit à dix-huit heures et elle commence donc à préparer ses affaires pour rentrer chez elle. Ça a été rude et intense mais c'est fini maintenant... Journée harassante avec beaucoup de clients. Enfin, pour se détendre et décompresser un peu ses collègues de travail ainsi que sa chef d'équipe décident alors d'aller boire un verre après le travail.

Elle se donnent toutes rendez-vous devant le bar « le Mortifère » à vingt heures trente tapantes, elles invitent donc comme à l'accoutumée la jeune femme à y participer aussi, sans succès. Parce que celle-ci décline à chaque fois qu'elles le lui proposent, prétextant une excuse de courses urgentes à faire. Cependant, cette raison semble toujours bien bidon aux yeux de tout le monde. Évidemment, elles le savent toutes mais agissent sans mot dire comme toujours... Ses consœurs baissent alors le regard et acquiescent face à elle en faisant mine de comprendre, comme à leurs habitudes.

La jeune femme leur fait de la peine puis, elles finissent par partir sans elle et sans se retourner en même temps que leurs chemins qui se séparent à l'arrière de la boutique.

Pendant ce temps, la vendeuse chemine tranquillement seule jusqu'à son appartement. Ce n'est pas pourtant pas la première fois qu'elle refuse ce genre de sortie nocturne avec les autres. Mais ça lui provoque quand même un petit pincement au cœur, car elle aimerait beaucoup aller s'amuser avec elle mais c'est chose impossible ! Car elle n'a d'autres choix que de s'exécuter amèrement. Depuis deux semaines, elle est comme une luciole dans la profonde noirceur de la nuit. Elle s'apparente à un phare guidant les navires au loin qui rentrent au port grâce à elle. A la différence qu'elle n'aide personne et qu'elle est seule et aussi esseulée que cela puisse paraître.

La jeune femme ne peut vraiment pas en parler à quiconque malheureusement. Elle sent alors le poids énorme de ce secret, ce fardeau sur ses épaules ainsi que sur son moral. C'est très dur pour elle qui a tout fait pour vivre une vie normale depuis le décès de ses parents. Pour que personne ne puisse la regarder avec ces yeux-là, ceux qu'on lui a jeté froidement à leurs morts. Ce regard emplit de pitié, d'amertume et compatissant qu'elle déteste par-dessus tout... Oh que oui ! Elle le connait par cœur ce regard-là avec les condoléances faussement jouées et ces sentiments des plus hypocrites que les autres ont soi-disant pour vous. Enfin, cette phrase chimérique vide de sens et amère qui revient sans cesse entre leurs lèvres de je m'en foutiste : « Je sais très bien ce que tu ressens ».

Pure foutaise, pure calomnie et pure connerie putain !!! Personne ne sait ce qu'elle éprouve au fond d'elle-même et va éprouver tout au long de sa vie qui est déjà pleine de souffrance ! Puisqu'ils ne l'ont jamais vécu et ne vont sûrement jamais le vivre, que des hypocrites à perte de vue qui se permettent de se mettre une seconde à sa place. Cependant, ils ne ressentent pas un dixième de sa peine ni à quel point cette douleur déchirante fait mal. Une perte colossale pour un début de vie d'insouciance et d'innocence gâché pour toujours et à jamais...

Une absence qui ne va pas être comblée par qui que ce soit dans ce monde, et une plaie éternellement béante et profonde. Cet événement et cette tristesse sont gravés dans la pierre à tout jamais elle ne l'oublie pas. Aucune chose dans ce monde ne savait la rendre plus heureuse que ses parents. Mademoiselle sanglote discrètement sur le chemin du retour jusqu'à chez elle, elle se rappelle tout le bonheur qui l'a envahi quand elle était plus petite aux côtés de ses parents. Oh oui, elle s'en souvient très distinctement de cette vie d'avant ce drame qui l'a changée pour toujours.

Elle était heureuse à l'époque, mais la fille ne va plus jamais connaître un tel épanouissement et une telle joie dans sa vie, elle en est persuadée. Elle ne connait plus que la souffrance, la tristesse et la colère qui l'ont submergées plus jeune. Elle n'est plus guillerette ni souriante, sauf au travail. Sourire forcé devant le client oblige pour vendre c'est indispensable. Et l'agression l'a achevée niveau moral. Il est dans ses chaussettes et elle fait tout pour ne le laisser paraître aux yeux de personne. C'est très difficile mais elle y parvient souvent. Puisqu'elle est comme cela : introvertie, douce, et également forte et puissante émotionnellement, elle ne laisse absolument rien entrevoir de ses émotions, c'est un vrai cœur de pierre aux yeux du reste du monde ! Un stoïcisme à toutes épreuves, même si elle ne sourit pas elle n'en donne pas un air triste pour autant. Elle est énergique et vive d'esprit. Néanmoins au fond d'elle-même, elle sait qui elle est vraiment et c'est ça le plus important pour qu'elle ne se perde pas de vue.

Trois heures passent et comme à l'accoutumée, les ténèbres font place à la clarté du jour. Et avec eux, leurs somptueux rayons de clair de lune purs comme de l'eau de roche. Son corps commence alors à resplendir de mille feux d'un éclat magique et féérique. Puis, s'en suit le froid glacial habituel d'un matin de décembre sous la neige. Il envahit alors son être de toute part cependant, elle-même ne ressent que chaleur douce et envoûtante au fond de son être. Elle décide tout de même de sortir mais à l'abri des regards indiscrets. La jeune fille regagne le lieu qui a changé sa vie et son destin, mais elle ne le sait pas encore.

Elle marche alors une bonne demi-heure avant d'atteindre ce sous-bois isolé que seuls les habitants du coin peuvent connaître. Elle décide donc de s'essayée et de s'exercer à son nouveau don de la nature qui l'effraie plus que tout. Néanmoins, il l'attire tout autant que l'attraction cosmique et glaciale de la lune envers la terre. Un désir irrépressible et inextinguible l'assaille alors chaque soir venu. Une force et une énergie démesurées presque irréelles s'emparent d'elle de part en part à ce moment-là. Une aura miraculeuse l'enveloppe alors et sa lumière divine s'en retrouve presque mystique, à tel point qu'elle est incroyable ! C'est quelque chose d'inexplicable qu'aucun scientifique ni même une personne sensée et saine d'esprit ne peut comprendre. C'est unique et ça vous prend aux tripes tout de suite, une sensation qui s'en va à chaque aurore matinale et revient à chaque crépuscule. La demoiselle devient alors une divinité solennelle et est plus vive, plus forte, plus impétueuse et plus rapide que le vent lui-même.

La femme commence à relâcher toute cette froideur et à la propulser hors de son corps à travers ses mains délicates, les bras tendus loin devant elle. La glace s'est instantanément formée et expulsée hors de ses doigts de pianiste à une vitesse effrénée ! Des paillettes de flocons de neige, sont laissées sur son passage. La température alentour chute brusquement et l'air est instantanément glacial et embrumé. La puissance de son souffle est telle qu'elle pétrifie tout sur son passage ! Le gel se propage alors à vingt kilomètres en face et autour d'elle à une vitesse de cent kilomètres à l'heure. On se croit littéralement dans une véritable patinoire mais à la différence qu'il y a des pics de glace absolument partout, pas du tout comme sur la banquise.

Les arbres et l'herbe environnantes sont alors prisonniers de ce froid intense. Tout est absolument congelé sur place et figé dans le temps et l'espace. Heureusement, aucun civil ou inconnu à l'horizon ne se prend dans cette toile raide et gelée, elle est vraiment impénétrable et inviolable. Quiconque peut être prit dans ses filets ne peut s'en dégager aussi facilement. La jeune femme s'amuse follement et décide de totalement se lâcher ! Elle s'éclate de trop et en rigole à pleins poumons ! C'est tout bonnement incroyable ! Une sensation indescriptible ! Une liberté et un bien-être absolus voilà ce qu'elle ressent là tout de suite ! Tout cela mêlé à l'adrénaline, son cœur bat à tout rompre et elle n'entend que ça car elle est trop excitée ! Toute sa frustration, sa colère et sa tristesse refoulées depuis toutes ces années se déversent à travers son froid au fur et à mesure qu'elle l'utilise.

Elle en met vraiment partout, mais décide d'un coup de changer de stratégie. Elle place alors ses bras et ses mains devant et en dessous d'elle. Elle s'éjecte tout à coup hors du sol à une vitesse extrême et à une hauteur vertigineuse, c'est comme avoir des chaussures à propulsions ! Elle est tout en haut dans les airs touchant presque les nuages, et sent la brise fraîche du soir lui fouetter le visage. Les cheveux aux vents et des papillons dans le ventre, sa béatitude est à son apogée.

Elle est alors au septième ciel, loin de la cime des arbres c’est le paradis sur terre… Elle continue à utiliser sa glace pour voir jusqu'où elle peut aller. Personne ne la voit de là où elle est, heureusement vu c'est trop éloigné de la terre ferme. Et les Ouroboriens ne regardent jamais vers le ciel mais plutôt vers le sol, toujours pour éviter les ennuis, quelle tristesse… Elle se projette un temps, et décide d'utiliser son gel autrement. Elle se créer alors un pont de glace face à elle pour pouvoir se déplacer avec aisance et sans encombre dessus. Elle gigote ses bras dans tous les sens, c'est absolument divin et c'est à sa portée. Elle se déplace et glisse le long du ruban de glace qui s'offre loin sous ses pieds. Cependant elle demeure dans les airs hors de celui-ci de temps à autre.

Elle n'en croit pas ses yeux et se demande si tout cela est bien réel. Si la fille n'est pas en train de rêver rien de tout cela est normal après tout, pense-t-elle. Elle vole pour de vrai et au sens littéral du terme ! Mais pour rien au monde, elle ne peut vivre cette expérience folle et hors-du-commun si elle a été comme avant ce soir fatidique qui l'a littéralement transformée. Et pour rien ne monde, elle ne souhaite redescendre de là où elle est c'est hors-de-question, mais force est de constater qu'il faut qu'elle le fasse tôt ou tard ! Elle pense quand même que c'est un fardeau lourd à porter, et une tension nerveuse qui est palpable dans tout son corps. Néanmoins un petit prix à payer pour pouvoir vivre cette expérience hallucinante !

Elle n'en peut plus et n'en croit toujours pas ses yeux ! Elle glisse le long de son souffle glacial. Et pour elle c'est comme si elle vole, c'est du pareil au même !!! Elle aperçoit l'horizon sous ce ciel étoilé s'étendre à perte de vue. Aucun nuage à l'horizon et la brise est rafraichissante. Un spectacle naturel absolument magnifique s'offre alors loin devant elle. Les maisons, les immeubles, les quartiers glauques et craignos ainsi que la ville d'Ouroboros en elle-même, sont minuscules vus d'ici. Cette cité semble inoffensive et paisible à cette hauteur. Les lumières sont comme des guirlandes de noël formant des bandes colorées et lumineuses interminables au loin.

La lune et les étoiles scintillent dans la pénombre sous un ciel dégagé. Puis, la peau violine de voie lactée de la jeune fille miroite de mille feux dorés. De même que les parcelles d'or étoilées parsemées sur tout son corps, elles brillent sous le clair de lune qui l'inonde alors de ses rayons. Sa longue chevelure sauvage et indomptable flotte dans les airs, luisante de paillettes. La fille est absolument splendide, magnifique. Elle représente toute la beauté cosmique et mystique de la lune ; entrecroisée de celle de la galaxie. Jamais personne partout dans Ouroboros, ne peut voir pareille magnificence, une telle perfection emplie d'élégance et de charme ! Elle est unique en son genre dans le monde entier et en va en faire craquer plus d'un, c'est certain...

Elle doit toutefois se montrer vigilante autant que faire se peut le soir, pour que personne ne remarque son anormalité. Parce qu’avec cette beauté divine, elle va se faire remarquer sans même le vouloir. C'est dangereux pour elle. Néanmoins, à cet instant précis, elle se sent enfin revivre depuis bien longtemps. Tous ses problèmes et ses tracas quotidiens envolés, disparus au loin dans la stratosphère de cette nuit idyllique… Avant que tous ces événements tragiques n'aient lieux dans sa vie. Elle est libre, se sent pousser des ailes sous ce ciel nocturne glacial et infini. Cependant, c’est surtout elle qui est plus heureuse que jamais elle ne l'a été auparavant. Cette sensation d'apaisement, elle ne va jamais l'oublier, jamais.

Et tout en se baladant dans les airs, elle se dit qu'elle est capable du pire comme du meilleur avec ce pouvoir étrange. Ça va être dur à dissimuler mais surtout à assumer. Puisque la demoiselle doit toujours se contrôler pour ne pas laissé échapper le moindre souffle glacial en dehors d'elle. Et la fille s'en sent pleinement capable et avec le temps va parvenir très certainement à le maîtriser. Elle n'a pas vraiment le choix non plus, elle le doit. Sinon sa vie quotidienne tranquille va être fichue à tout jamais, elle ne peut clairement pas se le permettre.

Étant trop la tête dans les nuages, elle s'arrête aussitôt de glacer l'air et soudain son corps se déséquilibre ! La jeune femme a perdu l'équilibre l'espace d'un court instant et chute tout droit vers le plancher des vaches plus vite qu'elle le croit ! Elle se ressaisit tout de suite et à moins de cinq mètres du sol, se rattrape sur une couche de glace à la fois épaisse et moelleuse. Parce qu'elle peut aussi moduler sa dureté en fonction de ses envies. Elle a eu chaud putain !!! Elle doit faire très attention à l'avenir. Elle se fait très peur mais expire tout de même un souffle de soulagement une fois l'effroi de la situation passé ! C'est moins une à deux minutes près.

Une fois l'émotion passée, Elle reste là, passive, à cogiter un moment allongé avant de décider de regagner son foyer deux heures plus tard. Elle profite bien et va renouveler l'expérience de nouveau à l'avenir, pour sûr, elle ne peut tout simplement pas s'arrêter là juste comme ça. Puisque ce pouvoir la dépasse totalement de très loin et bien plus encore, c'est impossible de faire autrement.

Pendant ce temps-là, lors de la même soirée je viens de reprendre le travail. Retourner à ma vie morne et pathétique est d'actualité, mais ces termes péjoratifs j'en suis désormais débarrassé. Pendant les deux nuits et la seule journée précédant ma reprise, je réussi à me confectionner tant bien que mal une tenue entièrement recouvrante et isolante. Je suis plutôt doué de mes mains car quand on est orphelin, faut savoir se débrouiller tout seul très tôt. Et on ne peut compter que sur soi-même et pas du tout sur les autres, surtout à Ouroboros ou la philosophie de vie dominante est « Chacun pour sa gueule » ! Après celle de la loi du plus fort. Dans un trou à rats pareil, on se forge vite un caractère ! Donc tout ça pour dire je sais coudre mes propres vêtements et bricoler également.

Mon costume se constitue de fibres de carbone pour la légèreté de la matière ainsi que sa flexibilité face à de très fortes vitesses de sprint. Mais surtout, composé d'aluminium très épais, puisque je dois protéger mes vêtements et les autres de ma chaleur extrême, au vu du fait que tout fond à mon contact. Mon habit est donc fabriqué à partir : de couvertures de survie qui gardent la chaleur à l'intérieur et de beaucoup, beaucoup de papier en alu. Ils sont superposés entre toutes les couches de tissu carbone. Ce vêtement recouvre entièrement mon corps, et ne laisse entrevoir aucune lumière. Elle ne peut pas s'en échapper. Celle-ci est prisonnière tout comme ma chaleur. Je porte aussi un bonnet de la même matière, et un masque ne laissant dévoiler que mes yeux et ma bouche. Aucun fragment de ma peau n'est exposé au monde extérieur, c'est comme la panoplie complète d'un ninja. Pour ma sécurité et pour ne pas éveiller les soupçons sur mon apparence étrange, je mens à mon patron sur les causes exactes de mon accoutrement. Je lui dis que j'ai été victime un accident de voiture pendant ma semaine d'arrêt, et que je suis brûlé au troisième degré sur les trois quarts de mon visage. Je lui explique aussi que je suis défiguré, et que pour ne pas faire fuir les clients que je suis obligé de camoufler entièrement ma tête de cette façon. Pour ne pas les effrayer.

J'ai du mal à le convaincre, mais avec patience et détermination, il finit par me croire au bout d'une vingtaine de minutes d'explications.... Force est de constater que j'ai l'air dans mon état normal, donc il passe l'éponge. Je reprends donc le boulot l'air de rien, et reste dissimulé derrière ce vêtement hors-norme. Il me permet malgré tout d'être moi-même et de pouvoir vivre une vie normale. La tâche est quand même des plus ardues, mais je me convaincs de réussir tout de même à vivre avec envers et contre tous. Il n'y a pas d'autres choix possible de toute manière.

Ma journée passe tranquillement, malgré le regard inquiet et moralisateur des clients, terrifié pour certains mais mon excuse tient bien la route. Il faut dire aussi que je suis bon acteur. Je n'ai aucun mal à leur faire gober mon histoire à la noix. Cependant, je dois faire très attention au fait de garder à tout prix cet affublement sur moi, toujours. Peu importe la raison, il fallait vraiment que je ne l'enlève sous aucun prétexte. C'est très important pour que personne ne puisse voir mon anormalité et par la même occasion le dire à tout le monde... Mon identité doit demeurer secrète, il en va de ma vie et de mon avenir. Les clients défilent toute la matinée et quelque part ailleurs aussi, les problèmes.

J'observe les informations avec attention. Il est bientôt midi et demi, l'heure de ma pause déjeuner. Les images vidéo du flash spécial à la télévision montrent qu'un braquage à mains armées a lieu dans une petite supérette bon marché, non loin d'ici. Ça doit être à dix ou quinze minutes de ma station essence, ni plus ni moins. Les flics et le commando armé du GIGN sont sur place. Et ils sont aussi sur le pied de guerre. Le RAID est sur le point d'intervenir mais le nombre d'individus et leurs motivations restent inconnus au bataillon. Enfin, c'est ce qu'eux croient cependant, moi je ne vois pas du tout les choses de la même façon.

Mon esprit analyse soudain frénétiquement les images visuelles saccadées qui se présentent sous mes yeux. Je peux discerner dix étrangers masqués et cagoulés pour certains, par quelques grandes fenêtres dégagées. Ma vision est sans failles, et je peux percevoir chaque détail de leur apparence et chaque mouvement qu'ils font. Une vraie vue d'aigle. Trois d'entre eux possèdent deux kalachnikovs à chaque bout de bras, et de grands couteaux de cuisine à l'intérieur de leurs vestes. Cinq autres ont des grenades dans leurs poches de pantalon, ainsi que des flingues dans chaque main, accompagnés de poings américains. Les deux autres se portent comme kamikaze autoproclamés. Des bombes à retardement avec de la dynamite jonchent leurs poitrines. Je peux discerner des fils de différentes couleurs, ainsi qu'un minuteur électronique pour le compte à rebours et une télécommande pour déclencher le tout dans une main, et de l'autre un fusil à pompe. Des couteaux de chasse appelés des « dagues », accrochées à leur ceinture. Ils ont l'air redoutables, et il est certain qu'ils se sont bien préparés avant. Ils ont bien prévu leurs coups ces salopards...

Quant aux otages je distingue quinze personnes, toutes réunies autour des caisses, hommes femmes et enfants, personne n'est épargné par ces vils criminels. Ces bâtards vont faire d'eux de la chair à canon putain ! Ils sont tous terrorisés avec une expression faciale de souffrance et de désespoir sur leurs visages graves, ils sont certains d'y passer. Leurs cris et leur désarroi m'envahissent de part en part, je ressens leur douleur d'ici dans tout mon corps mais également dans mon esprit. J'entends leur appel, ils prient et supplient que quelqu'un leur vienne en aide.

Le RAID et les forces armées sont là mais ils ne lèvent même pas le petit doigt par peur de représailles, comme c'est pathétique... En plus, ils n'ont aucune information probante pour les aider dans leurs tâches concernant les braqueurs ou la prise d'otage. C'est pitoyable, j'enrage de haine envers eux tellement ils sont inutiles ! Ils n'en ont clairement rien à foutre des Ouroboriens (habitants d'Ouroboros). Je ne sais pas expliquer comment je peux savoir tout cela ni comment je fais pour entendre leurs voix. Peut-être un instinct de survie sur développé qui m'envahit ou un sixième sens, qui sait.

Mais je dois faire quelque chose envers et contre tous, on ne peut clairement pas compter sur le gouvernement pour agir. La situation est bien trop critique et il va y avoir des morts. C'est sûr et certain, j'en suis intimement persuadé au fond de moi... Dix minutes passent jusqu'à ma pause déjeuner et avec elle ma réflexion sur les événements en train de se dérouler juste sous mes yeux. Il faut s'exécuter rapidement putain, leurs vies sont en danger là, ça craint un max ! Je ne peux pas laisser faire ça et que des innocents meurent sous le joug de la cruauté et de la malfaisance de ces scélérats, c'est inenvisageable point barre ! Hors de question que ça arrive de nouveau sans rien faire juste sous mes yeux !

Mon cœur est déterminé et ma soif de justice refait surface à l'instant où j'aperçois le mal dans un face à face diabolique ! Depuis tout petit j'ai appris une bonne leçon, la vie n'est pas facile et il faut se surpasser pour réaliser ses rêves les plus chers et parvenir à s'en sortir envers et contre tous. Mais la lumière est au bout du chemin comme on dit. Si le monde entier te laisse crever tout seul sans t'aider alors c'est toi qui dois te sauver tout seul contre la planète toute entière s'il le faut ! Et te battre de toutes tes forces, voilà ce que j'apprends depuis que je suis né. Je ne laisserais jamais tomber rien ni personne, jamais !!

Je ne réfléchis pas plus longtemps et ni une ni deux je fonce hors de la station à toute vitesse après avoir pris mes affaires dans mon casier et laissé ma tenue de travail au vestiaire. Ma décision est prise et elle est unanime, je vais définitivement sauver tout ce beau monde qu'ils le veuillent ou non, que les forces de l'ordre soient là ou non. Telle est ma détermination et mon appétence pour la justice. Ouroboros va changer et je vais y veiller personnellement, croyez-moi. Je trace donc ma route en toute hâte en direction de l'épicerie à une allure phénoménale qui n'est point humaine. On dirait que mes jambes me portent toutes seules en direction du lieu en question. Je ne peux pas l'expliquer, c'est ahurissant !! Je suis aussi rapide que la vitesse de la lumière, je ne vois pas mes mouvements tellement ils sont fluides et fugaces.

Je sens cette énergie s'écouler en moi et cette force inimaginable que je n'arrive plus à contenir à cause de la colère que je ressens à cet instant précis ! Je me sens libre et à la fois prisonnier d'un don dont je ne maîtrise encore presque rien et dont je ne sais rien. Un pouvoir qui est en train de chambouler complètement ma vie. Ce sentiment de toute puissance et d'acte de bravoure mêlés au besoin de justice que j'ai au fond de moi, Ouroboros en a désespérément besoin et je suis là juste devant elle à présent pour combler son vide intersidéral ! Son appel au secours a été entendu ! Entre temps, j'ai pu retirer en vitesse ma combinaison ignifugée et la jeter derrière les locaux poubelles de là où je travaille. Toujours à l'abri des regards indiscrets bien-sûr.

La lumière de mon être illumine tout le quartier et enveloppe Ouroboros d'une lueur d'espoir pure et éblouissante. Une traînée de cramée noircie par la chaleur intense que je dégage défile derrière moi au fur et à mesure que je coure. On ne peut pas savoir qui je suis car mon éclat surpuissant ne définit rien d'autre de mon visage que les contours de mes yeux, de ma bouche, de mon nez et de mes oreilles. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'arrive sur le lieu du crime.

Un monde incroyable est sur place, les forces de l'ordre mais aussi des journalistes et un tas de civils curieux du phénomène sous leur regard de commère invétéré. Pendant le trajet, des tas de gens me regardent et me prennent pour un fou ! Je suis une bête de foire, ils n'en reviennent pas ! Ils sont abasourdis, pestant pour d'autres et terrifiés pour certains. Il faut dire qu'ils ne voient jamais pareille monstruosité dans le coin de toute leur vie après tout. Je peux comprendre, car moi-même je ne sais pas ce qui se passe en moi et pourquoi je suis comme ça. Mais je le suis, point à la ligne et je vis avec.

J'arrive derrière le bâtiment au niveau du parking. Il n'y a personne, l'endroit est désert car la majorité du peuple se trouve devant l'enseigne du magasin. C'est pour couvrir le scoop et contribuer à la panique et la psychose collective. Une aubaine pour moi sur le moment car personne ne me voit de là-bas, les regards et les attentions sont tournés sur le braquage même avec mon éclairage de quartier, je passe inaperçu pour l'instant. Je dois vivement en profiter pour provoquer l'effet de surprise et instaurer un climat d'incompréhension et de terreur envers les agresseurs.

J'ai aperçu sur les images de la caméra aux informations, une petite fenêtre branlante qui est sur le point de se briser en mille morceaux. Elle n'est pas fermée à clé, et je le vois d'ici elle donne sur le sous-sol ou plutôt la réserve du magasin. Je ne sais pas trop, mais c'est par là que je décide alors de m'infiltrer discrètement. A l'insu de la population, de la police et des cambrioleurs, je me faufile sans un bruit à l'intérieur. Ce n'est pas très bien éclairé et l'humidité ainsi que la moisissure envahissent vraiment les lieux. J'entends les pleurs et les cris des otages venant d'en haut, martyrisés et traumatisés par les braqueurs. Je dois me la jouer finement, pour ne pas me prendre de balle ou crever sur le coup. Il faut que je trouve un plan d'action et vite avant que qui que ce soit ne se blesse. Et puis bien-sûr ne pas me faire repérer, car je risque aussi d'y passer si je fais trop dans la précipitation et que je fonce tête baissée dans la gueule du loup. Car il peut survenir des dommages collatéraux fatals à tout moment face aux victimes qui risquent fortement d'en pâtir. Je dois réfléchir à une solution et rapidement sans pour autant laisser le temps d'agir aux cambrioleurs.

J'entends soudain quelqu'un descendre par l'escalier principal de la réserve, je me planque immédiatement derrière un Rolle assez grand de produits secs. Il y a une des victimes accompagnées d'un de ces criminels pointant une arme dans son dos. Elle va aux toilettes visiblement une envie pressante, il reste au pied de grue devant la porte pour faire le guet. Cinq minutes plus tard, ils remontent tous les deux sans m'apercevoir, heureusement... Le voyou n'a pas non plus remarqué la fenêtre cassée par laquelle je suis entré. Il n'y fait pas attention car elle est dissimulée elle aussi derrière d'autres étagères de produits. La chance est au goût du jour, et surtout à mes côtés. Ils sont vraiment trop stupides de ne pas surveiller l'entièreté du bâtiment ou en désignant l'un d'eux pour le faire. Il faut croire que c'est leur tout premier grand délit apparemment, des amateurs et pour ma part mon jour de chance... Je comprends très vite qu'ils ne sont pas de taille face à moi. Je vais les prendre à leur propre piège et les surprendre par derrière, mais je ne vais avoir qu'un seul et unique essai. Je ne dois pas prendre cela à la légère bien au contraire.

Je les entends parler entre eux et crier sur les otages de rester bien à terre, ventre face au sol et bras derrière la tête. Je peux voir tout ce qu'il se passe là-haut dans mon esprit, sans pour autant l'expliquer une fois encore. Ils parlent au vendeur face à eux pour mettre tout le fric qu'il y a dans la caisse dans un sac de voyage. Puis, il lui ordonne sans plus attendre d'aller prendre le reste de l'argent du coffre-fort. Il est derrière une fausse bibliothèque réversible dans le bureau du patron de l'épicerie. Manifestement, ils sont venus faire du repérage plusieurs jours avant leur coup d'aujourd'hui car seuls les employés connaissent cette planque. Il y a aussi des caméras de surveillance mais qui bizarrement sont inactives. Ils ont dû les couper en même temps que leur arrivée sur les lieux.

Les flics à l'extérieur engagent alors des négociations au haut-parleur avec les ravisseurs, sans succès. Ils s'en battent clairement les couilles et ne leurs répondent pas ni au téléphone ni à travers les fenêtres en envoyant un de leurs sbires répondre. Ils ont des gilets par balles et sont habillés comme des militaires près à l'assaut final. Ils font peur à voir pour des criminels débutants, mais pas à moi. La foule crie à en perdre haleine dehors c'est insupportable pour moi. Une pression de réussite et de justice m'envahit alors ostensiblement encore plus. Je suis tellement stressé que j'ai le souffle coupé, la sueur perle à grosses gouttes sur mon visage et des frissons apparaissent le long de ma colonne vertébrale. Je suis un mec ordinaire et un lâche après tout, je n'ai jamais fait ça de toute ma vie auparavant ! C'est ultra oppressant pour ma part.

Cependant, il faut le faire et ne pas hésiter plus longtemps car les gens là-haut et au dehors, ainsi que tout Ouroboros comptent sur moi. Je ne dois pas faillir, à aucun moment ce n'est envisageable. Le désarroi, la désolation, le crime et l'insécurité régnaient en maîtres ici, pour l'instant seulement. Par mes actes, je vais créer au sein des Français l'espoir, la joie, la justice et ce sentiment de sécurité que la population ne connait plus depuis bien trop longtemps maintenant. Ainsi que répondre à l'appel à l'aide de cette ville qui attend désespérément depuis tout ce temps quelqu'un pour venir la sauver. Je décide que ça va être moi et personne d'autre ! Cette cité ne peut plus se permettre d'attendre plus longtemps son sauveur, elle va le trouver maintenant ! Fini de laissé tomber, je vais définitivement agir pour le bien de tous et l'avenir d'Ouroboros ! Ma métropole, celle que j'aime temps et que je décide de prendre sous mon aile pour ne pas la laisser dépérir à petit feu. Il y a déjà trop de souffrance mais maintenant ça va être définitivement terminé !

Je viens seulement d'en prendre conscience à cet instant précis dans une situation des plus désespérée, c'est triste mais mieux vaut tard que jamais pour s'en rendre compte, comme on dit. Mon engagement pour cette population va être sans faille, je viens de me le promettre à jamais. De plus une fois que je vais être engagé dans la bataille, aucun retour en arrière n'est envisageable je dois aller jusqu'au bout des choses. Il faut que je fasse un truc maintenant et agir rapidement dans un court laps de temps. Pour que personne n'a le temps de voir venir mes actions prochaines. Que faire, que faire ?

Un kamikaze est à l'entrée à monter la garde, et l'autre braque le caissier pour prendre l'argent. Ils prévoient de se faire la malle en vitesse en sortant par la porte qui mène au parking sous-terrain. Celle-là même qui donne également dans la réserve. J'entends parfaitement et distinctement toutes leurs conversations de là ou je suis, sans pour autant les espionner ou tendre l'oreille. Mon ouïe est surdéveloppée mais seulement la journée, le soir elle redevient normale. Ce n'est pas ma faute, c'est comme ça. C'est dû à mon anormalité je pense, ça fait trois jours que je peux entendre ce que disent mes collègues alors que je suis dans une pièce à l'exact opposé de la leur.

Je trouve ça vraiment incroyable, on doit croire que je suis le superman moderne remastérisé d'il y a deux cents ans comme dans les comics, venu secourir tous ces innocents en otage ah ah ah, quelle connerie oui. Ils mettent leur plan à exécution, les trois qui possèdent les kalachnikovs sont autour de deux ou trois victimes chacun pour les garder. Ensuite, les trois autres avec les grenades gardent d'autres otages eux aussi mais encerclent le tour de la boutique et les deux autres du même acabit sont sur le toit, guettant les moindres faits et gestes des forces de l'ordre en bas de l'immeuble. C'est sans doute pour que personne ne puisse les atteindre du ciel ni grimper par les murs du bâtiment. Ils communiquent ensemble exclusivement par talkie-walkie, pendant ce temps-là les flics continuent à leur crier des négociations inutiles.

J'entends alors un agent du GIGN à l'instant, ils passent à l'action d'ici quinze minutes si les criminels ne veulent pas entendre raison. Ça va être trop risqué pour eux d’attendre plus longtemps, sinon ça sera une véritable boucherie s'ils ne maîtrisent pas la situation rapidement. C'est aussi une opération suicide pour eux, mais ils n'ont pas d'autres choix que de s'exécuter à la tâche ! Ils n'en ont quand même rien à foutre qu'ils tuent des civils, c'est évident. Sinon ils attendraient plus longtemps, quelle poisse ! Il faut que j'agisse maintenant ! L'assaut est bientôt imminent. Ces fumiers de force de l'ordre je les déteste au plus haut point, ils sont pires que ces criminels car ils sont prêts à laisser mourir des innocents pour le bien commun c'est hors de question !! Mon plan dans ma tête est tout tracé de toute manière, je dois faire vite et court. De plus, ma pause déjeuner se termine dans une heure et je meure déjà de faim il faut que je retourne bosser sous peu. Donc il faut que je termine cette sale besogne rapidement avant de reprendre bientôt. On va enfin voir comment je me débrouille dans une situation aussi critique pour la première fois avec mes nouveaux pouvoirs...

Ma force et mon énergie sont vigoureuses, je me sens surhomme, surpuissant et prêt à affronter tous les dangers qui se bousculent à ma porte à ce moment-là. Ils redoublent d'intensité grâce à ma détermination infaillible et ma soif de justice. Ma lumière ainsi que la fonte de ma peau, sont sans égales toujours plus fortes et ardentes que jamais. Je suis aussi lumineux que le soleil, lui-même ne peut pas faire mieux. Pareillement, ça me défonce les yeux bien comme il faut encore, je les garde donc fermés. Néanmoins, grâce à mon sixième sens je n'ai pas besoin de voir pour savoir où sont mes adversaires et ce qu'ils préparent, j'ai toujours deux ou trois coups d'avance sur eux. L'affrontement qui a eu lieu avec les pickpockets auparavant me l'a confirmé sans nul doute.

Subitement d'un coup d'un seul, je monte en quatrième vitesse par l'escalier principal et fais fondre la poignée de la porte en deux secondes avant de la défoncer d'un coup de pied. Je la projette à trois mètres devant moi, là où est un des braqueurs qui garde l'entrée du magasin, il est de dos. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il est assommé sur le coup et il n'a rien venu venir le pauvre. Quelle misère d'être aussi faible, pauvre blaireau à la con. Il croit se la jouer caïd ou terroriste de mes deux mais finalement là il ressemble juste à une carpette toute plate…

La porte défoncée fait un bruit monstre et les autres criminels se retournent en même temps dans ma direction. La poussière au sol provoquée par la porte, lance un nuage et se propage à travers les lieux. Ces bâtards ainsi que les victimes au travers de leurs doigts tremblants de peur, observent sans comprendre la scène qui se déroule là sous leurs yeux consternés. Ils toussent tous à cause des particules et ont également les yeux clos. Ils ne voient rien et j'en profite aussitôt pour me déplacer à la vitesse de la lumière sans crier gare. En deux secondes chronométrées, je me dirige vers les assaillants qui veillent au grain sur les otages et je décide de les désarmer en premier lieu. Puis, je démantibule leurs armes en deux avec fracas. Ils comprennent que dalle ces bouffons, ah ah ah ! Cette situation me fait trop rire, je vous jure c'est désopilant ! Si vous voyez leurs têtes au moment où je démolis leurs joujoux, vous allez êtres morts de rire vous aussi !

Ils voient que dalle ces glandus à deux balles, mon éclairage de quartier les aveugle totalement et ils n'ont pas le temps de dire ouf, ils ne peuvent pas communiquer entre eux ni réagir face à moi. Un par un les uns après les autres, je les démonte tous ces fils de pute purement, simplement et proprement, ils volent à l'autre bout de la pièce. Comme quoi un bandit ça vole haut, je ne savais pas avant de l'avoir vu de mes propres yeux là maintenant, ah ah ah !

Cela ne me prend pas beaucoup de temps mais trois autres balles viennent tout à coup se loger à travers mon corps : bras, jambe et thorax sont touchés. Mais je ne défaille pas et bien au contraire ma force et mon énergie solaires sont bien plus fougueuses et enragées qu'auparavant ! L'adrénaline est à son paroxysme, je suis surexcité bordel de merde ! Je réplique automatiquement et ils tirent sans me voir, Ils n'arrivent pas à me distinguer vraiment et c'est un coup de chance pour moi, car ce qu'ils viennent de me faire c'est clairement une atteinte personnelle à mon corps. C'est aussi une déclaration de guerre ! Le sang goutte et perle partout sur le sol à chacun de mes mouvements. Néanmoins, même ensanglanté et dépourvu de toute logique et de raison par rapport à l'état catastrophique dans lequel je suis, ils ne vont pas s'en tirer comme ça les scélérats !

Mes coups de poings ainsi que mes coups de savate s'abattent sur eux comme une pluie de lave ardente ! Je veille bien tout de même à ce qu'il n'arrive rien aux victimes pendant mon combat. Je les isole donc en même temps une à une, dans un coin reculé de la pièce après que je batte chacun de leurs ravisseurs les uns après les autres. Je les rassure alors autant que faire se peut, et je leurs intime promptement l'ordre de se diriger vers la réserve en bas, où la fenêtre cassée les attend. Pour qu'ils puissent s'enfuir sans encombre, retrouver les forces de l'ordre devant le bâtiment ainsi que leurs familles inquiètes. Je ne les touche pas pour ne pas les brûler au troisième degré, cependant, je ne me retiens pas face à ces voleurs sans scrupule.

Leurs visages, leurs bras et certains autres de leurs membres sont bien cramés. Ils ont fondu comme s’ils ont reçu de l’acide sulfurique au visage. Ils sont méconnaissables et brûlés au troisième degré pour certains mais avec parcimonie heureusement. Car j'ai retenu difficilement mes coups ainsi que la chaleur que je dégage pour ne pas leurs briser les os ou les liquéfier totalement. Bien-sûr ils sont toujours vivants et conscients à la différence qu'ils ont des séquelles et des cicatrices à vie maintenant. C'est le petit cadeau de bienvenu dans cette boutique que je décide de leurs léguer, un petit souvenir de notre rencontre et de l'altercation avec l'homme du soleil c'est-à-dire : moi.

Ils essayent de m'esquiver mais en vain. Les balles de leurs flingues et de leurs kalachs fusent dans toutes les directions sans pouvoir me viser, car je suis toujours plus rapide que la vitesse de l'éclair et aussi vif qu'une tornade. Un cocktail de plomb à l'arsenic, non merci ça ne sera pas au goût du jour, je vous remercie de la petite attention bande de cons ! Au bout d'une vingtaine de minutes, ils sont à court de balles.

Ils sortent donc leurs couteaux de chasseur de leur veste pour pouvoir m'avoir et m'achever mais c'est bien mal me connaître mes petits gars, vu qu'ils ne savent pas exactement où je suis car ils ont toujours les yeux clos. Et vu que j'ai déjà été bien touché auparavant, je ne vais plus me faire avoir par ces petites bites, tout est fini pour eux. Ils ont déclaré leurs arrêts de mort au moment même où ils me tirent dessus. La ruse ne fonctionne plus et je les vois venir des kilomètres à la ronde et des heures à l'avance.

Je me mouve si rapidement que je ne regarde pas mes propres attaques mais je sais qu'elles sont fluides et expéditives. C'est le cas de le dire bordel et certains objets à côté de moi fondent sans explications aucune. Sûrement, parce que je dégage une chaleur insoutenable mais je fais attention à ce qu'elles ne touchent aucun otage ni criminel. Car je ne suis définitivement pas un meurtrier, je ne fais que rendre la justice divine au travers de mes poings d'expiation éternelle ni plus ni moins que ça, vu que la justice des hommes est stérile… Leur châtiment n'en est que plus doux croyez-moi, en taule à Ouroboros ils vont souffrir beaucoup plus que ça. Ils vont faire pénitence ces pêcheurs, ils se le tiendrait pour dit cette fois ! Je continue donc à me battre quand le dernier voyou près de la caisse me prend subitement à revers et tire dans mon dos, je prends une autre balle et je suis encore blessé.

Même s'il n'a aucune idée dans quelle direction il tire. Il sait juste qu'il est en danger et doit faire quelque chose rapidement avant d'y passer à son tour comme ses confrères, dix minutes plus tôt. Il à la peur au ventre et ne veut pas crever comme le sale rat qu’il est, une merde a plus de décence que lui… Après que je me retourne soudainement, je réussis donc à le maîtriser lui aussi en lui balançant un bon uppercut du droit bien placé dans sa face et un bon coup de grolle dans ses petites couilles molles ! Là, pour sûr il comprend tout de suite la vraie signification du mot « valseuses », faites-moi confiance. Ma blessure saigne abondamment mais je ne n'éprouve aucune douleur, juste la satisfaction que justice est rendue. Je redonne l'argent au caissier après l'avoir fait évacuer vers la sortie, comme les autres.

Il ne me reste plus qu'à balayer d'un revers de manche, les deux derniers fumiers qui restent sur le toit. On y accède par un escalier de service situé au fond de la boutique. Je me précipite immédiatement dans celui-ci, après avoir bien pris le temps d'attacher ces monstres pieds et poings liés. Puis, je les enferme dans un placard à balai situé derrière la caisse, assez grand pour les contenir tous les huit. Je les empile les uns sur les autres comme des saucisses. Je leurs bâillonne la bouche pour que le bruit de leurs plaintes gutturales et étouffées ne me dérange pas pour la suite des opérations. J'entends la foule au dehors déchaînée et voient les familles des victimes par une fenêtre, rassuré et serrer dans leurs bras la personne pour qui ils s'inquiètent plus que tout au monde.

Les journalistes sont en furie et les flics investissent les lieux d'une minute à l'autre, d'après leurs paroles que j'entends distinctement. Ma mission est cependant partiellement réussie, car je dois encore m'occuper du cas des deux autres bandits là-haut. Il faut que je fasse vite avant que les forces de l'ordre et les paparazzis ne me prennent au dépourvu et s'aperçoivent de ma présence en ces lieux. Bien qu'avec tous les flashs des objectifs présents qui clignotent autour de la bâtisse, ça doit déjà être chose faite ou ce n'est qu'une question de temps encore avant que ça ne le soit. Les caméras filment en direct la scène qui se déroule là depuis le début de la prise d'otage. Je ne le sais pas jusqu'à ce que j'en vois deux ou trois avec leur petite lumière rouge d'activée au loin et le temps qui défile à leur écran. Oui, j'ai une putain de vue très perçante…

Je fonce brusquement tête baissée sans regarder derrière moi, je dois me délester de ces pourritures maintenant pendant qu'il en est encore temps... Mes jambes se faufilent à travers l'escalier avec un aplomb et une vélocité foudroyante ! Autonomes et intrépides, mes pieds me dirigent droit devant comme une flèche sur mes agresseurs. Je défonce à grands coups de savate la porte de secours menant au toit, la gauche puis la droite tout en les alternant avec acharnement telle une furie.

Il n'en faut pas plus pour que la porte s'envole dans les airs et soit projetée droit au sol à une vitesse fulgurante devant la foule ahurissante ! Heureusement, personne ne se trouve en-dessous à ce moment-là, pensais-je rassuré. Je n'y vais pas de main morte visiblement, désolé pour tous ces civils innocents mon pied vengeur n'en a pas fait exprès ! Un grand BOUM éclate alors sur le gratte-ciel sans que les malfrats puissent savoir d'où cela vient. Je ne le remarque que maintenant à cause de la hauteur du bâtiment puisque je ne pouvais pas voire avant.

Mais ils ont des snipers et comptent bien s'en servir dans la foule pour pouvoir s'échapper librement sans les flics à leurs trousses ! Les petits enculés de mes deux, plus lâches au monde on ne fait pas bande de fils de pute ! Leur plan machiavélique est désormais percé à jour et il faut que je fasse quelque chose et que j'y mette un terme rapidement ! Les braqueurs contemplent brusquement à travers la lunette de leur viseur une lueur puissamment vive et voilée d'un halo de chaleur inouï ! Sur le toit, tout n'est désormais plus que sauna, désert aride du Sahara avec une fournaise caniculaire. Le béton goudronné sous nos jambes, se déforme sous le feu ardent que j'émane. La flamme brûlante de ma rage se propage à travers toute la plateforme. L'odeur de bitume brûlant emplit les lieux asphaltés… Le sol est tellement bouillonnant qu'aucun des deux bandits ne peut tenir ne serait-ce qu'une seconde debout sur leurs pieds. Ils se brûlent au travers de leurs pompes. A la place, ils vont aussitôt se réfugier là où le peu d'ombre pointe encore le bout de son nez…

En deux minutes, mon être furtif sort de l'ombre du couloir de l'escalier. Ils commencent à ouvrir le feu sur ma personne en ne sachant pas vers où tirer. Quelle ironie, quelle faiblesse et quelle inconscience ces abrutis du dimanche ! Puisque je suis définitivement trop éblouissant pour leur vue minable. Les balles filent comme le vent en face, sur les côtés et en-dessous de moi. Sans parvenir à m'atteindre, parce que je les esquive avec une facilité déconcertante. Je ne sais trop comment là encore, mais j'acquière semble-t-il depuis un moment sans le savoir une souplesse et une agilité félines. Car tout en courant vers ma cible, je me baisse le haut du corps en arrière pour ne pas être touché une fois de plus, tout en restant les jambes debout bien dressées. Je sens mon énergie et ma force se décupler bien plus qu'avec les autres agresseurs survenus plus tôt…

D'un pas supersonique d'une seconde à peine je suis déjà à côté du sniper numéro un, étant furtif et sans bruit il ne m'a pas vu venir ce connard. Derrière lui, je tiens son arme de la main droite d'une poigne de fer et la fait fondre littéralement sous ses yeux. La température dépassant celle du soleil et de très loin sans exagération aucune. Ma surbrillance l'aveugle alors totalement mais il sent tout bonnement partir son sniper à l'intérieur de ses mains, il se liquéfie de part en part comme neige au soleil… Il lui file entièrement entre les doigts au sens propre du terme… C'est vraiment trop comique, car l'absurde de la situation me fait rire au plus haut point, génial.

En un coup de pied du droit dans sa face de scélérat, il tombe immédiatement par terre sonné comme le gong. Je viens de le frapper fortement je dois bien l'admettre. Le deuxième en profite pour se carapater durant la baston, il se glisse vers l'escalier… La peur et la terreur s'affichent son visage grave, tordu par le désespoir. Ce même sentiment que les victimes ressentent à l'encontre de cette prise d'otage à la con… Cette même expression là se manifeste sur sa frimousse, celle quand on sait que tout est fini que tout espoir est perdu à jamais. Et qu'il n'y a plus aucune solution et qu'on doit fuir pour sauver sa vie quoi qu'il en coûte, puisque personne ne viendra à leur secours malheureusement là tout de suite… Puis abandonner ceux qui restent à leur propre sort funeste, sans aucun scrupule ni remord et encore plus son propre partenaire… ça me mets dans une de ses rages moi putain de merde ! Et ça me débecte tellement ce comportement de pauvre type qui ne mets pas ses couilles sur la table au moment venu et qui ne pense qu'à sa petite gueule de merde ! Un putain de gros lâche en somme, ni plus ni moins que ça ! Une sous-merde de la pire daube au monde qui soit, la pire espèce d'Ouroborien de mes deux ! Je déteste au plus haut point ce genre d'attitude méprisable, il est dégueulasse !

Car je la connais très bien cette attitude, c'est celle-là même qui a abandonnée Ouroboros à son triste sort et qui la parasite de l’intérieur jusqu'à ses propres racines ! Celle qui n'en a rien à foutre et qui la laisse crever comme un chien sans réagir ! Une tumeur sans non la ronge de l'intérieur et c'est ce crime environnant mais surtout ces gangsters qui en sont la cause et n'en ont rien à foutre du destin de cette cité ! C'est le genre de personne dont on doit se débarrasser sans regret parce qu'Ouroboros n'en a pas besoin. Parce que c'est de ce genre d'immondice de l'humanité dont on se soustrait en un claquement de doigt ! Je suis putain de bien décidé à faire le ménage ici-bas et à supprimer toute cette vermine ambiante. Je suis plus déterminé et enrager que jamais je ne l'ai été auparavant…

Les sourcils froncés, le visage fermé et tiré, les dents et les poings serrés et le diable au corps, je détale en toute hâte dans la direction de ce truand de mes couilles ! Ensuite, je me jette sans vergogne sur lui qui est en train de prendre ses jambes à son cou pour déguerpir loin d'ici. Néanmoins, mon emprise reste quand même la plus forte c'entre nous deux. En peu de temps qu'il n'en faut pour le dire, je l'intercepte et maîtrise mon adversaire sans la moindre difficulté. Je suis sur lui, cependant je n'ai pas le temps de voir venir ce qu'il se trame sous sa veste qu'il en sort déjà tout à coup un énorme poignard d'au moins quinze centimètres de long.

Une lutte effrénée s'engage alors entre lui et moi, nous faisons des roulis-boulis avec nos corps pour tenter de nous maîtriser l'un l'autre, en vain. Nous approchons du bord du toit, là où il n'y a ni barrière ni aucune sécurité pour nous protéger du néant ! Ma tête n'est désormais plus soutenue par aucune surface solide où que ce soit, rien, nada. Merde, fais chier, dans quelle situation je me suis foutu moi encore, quel con ! Je continue à retenir difficilement de mon avant-bras droit le couteau qui va servir à m'égorger ou m'achever... A moins que je ne finisse par me défenestrer avec le corps en miettes et les os brisés en mille-morceaux trente-mètres plus bas !

L'adrénaline et la peur de mourir sont à leur paroxysme. Ma détermination et mon courage sont les plus forts malgré. Le combat est acharné, violent au possible et je sens de plus en plus l'arme blanche se rapprocher dangereusement de ma poitrine… Cependant, mon ennemi se brûle d'un coup les mains sur les miennes en pressant de toutes ses forces mais ma chaleur le déstabilise alors soudainement. Il pousse brusquement un cri rauque audible à plusieurs kilomètres à la ronde. Je réussis à prendre l'avantage d'un coup d'un seul en le basculant promptement en arrière avec la toute-puissance de mes jambes ! Il chavire donc par-dessus mes épaules et tombe aussitôt dans le vide, mais il réussit tout de même à s'agripper au bord du toit dans la précipitation. Ouf, il est sain et sauf, je le désarme avant qu'il ne tombe en arrière et je jette le poignard au loin sur le sol… Je me hâte de lui porter secours en quatrième vitesse pour qu'il ne chute pas mortellement.

Mais le problème est que je suis trop lumineux pour que sa rétine ne le supporte. Même durant tout le temps qu'a durée la lutte, il ne m'a pas observé une seule fois… Je lui tends alors la main de bonne grâce en le regardant droit dans les yeux avec une brique à l'intérieur de ma paume en toute connaissance de cause si jamais il m'entube. C'est pour qu'il ne se crame pas les doigts à mon contact en remontant. Subrepticement, il se met à murmurer un dialecte incompréhensible dans une autre langue et refuse alors ma main si gentiment tendue pour lui pendant une minute. Je suis de plus en plus inquiet à son propos car son index et son pouce glissent déjà du rebord et il ne lui reste plus que trois doigts encore actifs à présent, mais qui sont en train de s'enlever eux-aussi.

Je lui tends de nouveau le bras bien en évidence en face de lui, pour qu'il comprenne qu'il n'a rien à craindre venant de moi et il fait mine tout à coup de la prendre. Néanmoins, au dernier moment et à la dernière minute, il se ravise aussitôt et m'agrippe brusquement pour me projeter à terre avec une rapidité incroyable. Je n'ai pas le temps de réagir car tout va bien trop vite. Je panique quand je vois mon corps partir en avant la tête la première et baissée dans le vide. La mort m'accueille à bras ouverts maintenant sur le plancher des vaches trente mètres plus bas. J'entrevois alors ma vie défiler devant mes yeux et la sensation que tout est désormais fini, terminé en un instant. Je tombe à pic à une vitesse affolante et le pire est que je ne peux rien y faire.

Est-ce que je suis mort ? Est-ce que je vais mourir ici, comme ça et de cette façon ? Ne vais-je rien faire d'autre de bien dans ma vie ? Toutes ces questions fugaces emplissent pleinement mon esprit de milles tourments là tout de suite, juste avant la chute fatale… Je ne pense à rien d'autre qu'à ça maintenant… Le criminel s'écrase avec fracas à terre cinq minutes avant moi, je le regarde il a les os brisés, la nuque en mille morceaux et du sang est éparpillé partout autour de lui. C'est quand même une vision d'horreur pour moi qui n'a jamais vu de cadavre de toute ma vie jusqu'à présent. Nous sommes tombés derrière le bâtiment et heureusement. Ma descente aux enfers s'arrête d'un coup aussi nettement que lui, je viens de m’écraser au sol instantanément.

Un brouhaha assourdissant se fait alors entendre au loin et un énorme trou béant très profond et de la forme de mon corps s'est formé. Mais je me trouve à l'intérieur de ce bitume fumant dû à l'impact de l'écrasement et aussi à ma chaleur. Ça sent le goudron chaud c'est à la fois fort, toxique et ça schlingue beaucoup putain. Cette cavité est causée par ma chute titanesque du sommet de l'immeuble, trente mètres de hauteur nous ont séparés du sol. Cependant à présent, vingt mètres de profondeur nous en rapprochent pleinement… J'ai littéralement fendu les airs et pris une vitesse effrénée avec l'altitude dont je ne me suis pas rendu compte en tombant…

Je suis un peu étourdi mais je ne subis aucun dommage, aucune séquelle irréversible en apparence. C'est quand même rassurant, je suis vraiment soulagé de rien avoir ! Pas d'os brisés, de côtes fracturées ou de meurtrissures blêmes en dehors de mes plaies ensanglantées où les balles se logent, tout va pour le mieux. Je n'ai mal nulle part et mon corps se porte à merveille, malgré les douilles. Je commence frénétiquement à remonter le long du cratère avec force, vigueur et rapidité. Je sors de celui-ci en faisant un énorme bond de dix mètres pour atterrir de nouveau sur ce sol Ouroborien que j'aime tant. Et qui je dois bien l'avouer m'a grandement manqué durant tout le temps où je suis tombé.

Putain c'est fou ! Quelle chute de dingue je viens de faire là en regardant juste derrière moi au niveau du trou. Et rien pas une égratignure, attention le fils du soleil est dans la place les gars ah ah ah ! Je me ressaisis aussitôt car je dois me dépêcher, il est déjà treize heures dix passées et je reprends le travail à quatorze heures tapantes ! La flicaille commence à investir les lieux je dois prendre la poudre d'escampette au plus vite avant que qui que ce soit ne me voit ! Je les observe en train de rentrer dans l'épicerie grâce à ma vue. J'illumine toujours autant mon environnement et en plus je suis à poils depuis le début, mais ça ne se voit pas à cause de ma lueur trop forte heureusement !

Et l'avantage c'est que personne ne sait qui je suis vu que l'on ne peut pas distinguer mon visage. Je vais rentrer sans problème, tranquilou loulou sans que qui que ce soit ne me reconnaisse ni vu ni connu je t'embrouille. Mais fais quand même chier tout le monde va me voir, faut que je file là sinon ils vont remarquer ma présence et se demander ce que je suis et ce que je fous là ! Je décampe donc en quatrième vitesse à travers les ruelles étroites et sombres d'Ouroboros pour regagner la face arrière de ma station. Il faut absolument que je remette mon pare-soleil voilà comment je le nomme cet accoutrement. D'un coup d'un seul je suis arrivé sur place en peu de temps qu'il n'en faut pour le dire et je réenfile ma tenue. Je me dépêche de rentrer chez moi pour pouvoir grignoter un petit casse-croûte avant de retourner bosser.

Il ne me reste que très peu de temps, il faut faire vite ! Putain fais chier, ils me mettent en retard ces gros bâtards de braqueurs à la mord moi le nœud ! Presto je retraverse une partie de la ville pour regagner mon foyer. Ma porte d'entrée se claque aussitôt pour se refermer soudainement avec mon dos appuyé dessus. Les mains derrière moi, j'expire tout de même un soupir de soulagement et de satisfaction après cette bataille acharnée et dangereuse. Je peux me détendre à nouveau après tout ce remu ménage, je suis content que les victimes soient toutes en vie et saines et sauves. Je suis en joie et un rictus apparaît sur le coin de mes lèvres. C'est quand même ma première bonne action de la journée par le biais de mes super-pouvoirs et bien évidemment d'autres vont suivre par la suite.

Ce n'est qu'une question de temps de toute façon avant qu'un autre fait-divers ne survienne encore ici, pour encore en faire place à une autre et ainsi de suite. A Ouroboros, les crimes s'enchainent les uns après les autres et suivent tous le même scénario, être le mal absolu et faire régner la dévastation et le chaos de force envers et contre tous. Mais ils ne me connaissent pas encore, malheureusement pour eux et fort heureusement pour ma part ah ah ah. Toutefois chaque jour à chaque heure, à chaque minute et à chaque seconde je vais être là pour les contrer et faire régenter la justice en ces lieux français. Où le peuple souffre, où le peuple se meurt et où le peuple est totalement gagné par l'ignominie. Cette France je vais la faire revenir à son état d'origine, la faire reconstruire proprement, la faire revivre et la faire resplendir de nouveau comme jamais elle ne l'a été depuis deux cents ans maintenant, sa gloire d'antan n'est pas encore perdue. Et cette ville va être son plus beau joyau croyez-moi, les gens d'ici vont se le tenir pour dit et s'en souvenir d'Ouroboros ! Je me dirige donc vers mon frigo pour voir que ce j'ai comme restes de bouffe et ainsi apprécier la magnifique vue de mon serpent favori à travers ma fenêtre.

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