
Elle, toute ma vie...
Chapitre 3
Encore une nuit agitée, je n’avais pas réussi à trouver le sommeil.
J’avais blessé Kelly et je m’en voulais à présent.
J’avais une tête à faire peur, mes yeux étaient fatigués et mon moral au plus bas.
Léa me fit un bisou et me dit que je devais rapidement me laver car j’avais vraiment une sale tête.
Après une bonne douche, je descendis les escaliers jusqu’à la cuisine et m’asseyais en silence pour déjeuner.
Ma mère, comme à son habitude, m’avait préparé un délicieux petit-déj’ que je pris plaisir à déguster.
À vrai dire je n’avais guère envie de retourner au lycée après le fiasco d’hier soir.
Ma mère avait tenté de me poser des questions, mais je ne lui avais rien dit, feignant un sourire en vain. En effet, elle n’avait pas cru une seconde à mes tentatives et avait fini par abandonner.
Mon repas terminé, je pris mes affaires et me rendis à l’arrêt de bus. Je stressais comme jamais, j’appréhendais cette journée comme si je devais passer un examen.
Le bus arriva et je grimpai dans ce dernier avec beaucoup moins d’entrain que la veille.
Je tournais et retournais dans ma tête les phrases que je pourrais lui dire pour m’excuser
Lorsque j’arrivais à destination, je sentis battre mon cœur à fond et ma respiration devint difficile.
Quand je la vis, devant l’entrée, elle me fit un petit signe de la main.
Je m’avançais vers elle inquiet de ce qu’elle avait à me dire.
— Heu, salut, je voudrais… Je fus interrompu par Kelly.
— Non, attends, c’est moi, je m’excuse, je ne suis pas celle que tu crois.
— Oui, je sais, et je m’en excuse aussi.
— Bon… On oublie tout ?
— On oublie tout.
Je fus rassuré et détendu, elle était là, elle me pardonnait, et nous repartions sur de nouvelles bases.
La journée passa à vive allure, c’était une belle journée, une journée inoubliable.
On avait discuté comme avant. Kelly n’avait pas fait sa garce, bien au contraire elle m’avait souri comme jamais, ses yeux pétillants m’avaient profondément bouleversé. J’en étais tombé amoureux, mais je ne voulais pas tout gâcher avec mes sentiments.
Nous nous étions échangé les numéros de portable et nos adresses mail.
Ce mercredi avait été un des plus beaux jours de ma vie…
Le soir, je reçus un SMS de sa part me disant qu’elle avait passé une excellente journée et qu’elle voulait que ça dure ainsi.
Elle me souhaita une bonne nuit et ajouta qu’elle avait hâte d’être à demain.
Deux nuits fatigantes m’avaient usé, je tombais sur mon lit et m’endormis jusqu’au lendemain matin.
Après une bonne douche, un bon petit-déjeuner, et un bisou à ma sœur je me rendis à l’abribus et sautai dans le car qui me ramenait au lycée.
J’avais hâte d’y être et de passer encore une bonne journée, mais ma joie retomba lorsque je vis Jack et Mattéo sans Kelly.
Je leur demandai s’ils ne l’avaient pas vu, ces derniers me confirmèrent que non.
Je me rendis au cours de science, en pénétrant dans la classe je regardais si elle n’était pas déjà là, hélas aucune trace de Kelly.
Le cours se déroula dans un calme absolu, je scrutais la porte d’entrée dans l’espoir de la voir apparaître, mais je ne vis même pas son ombre.
La journée passa comme une journée classique, je n’avais pas eu de nouvelles de Kelly et commençais à m’en inquiéter.
Mon portable sonna, je le pris sur le champ, et le décrochai :
— Oui Tristan ? C’est maman.
Inutile de vous dire à quel point je fus déçu, et j’avais honte d’éprouver ce sentiment.
— Oui maman, qui a-t-il ?
— Tu pourras t’arrêter à la boulangerie pour y acheter du pain pour ce soir s’il te plaît ?
— Oui, maman pas de problème, bisou à tout à l’heure.
— Merci, à tout à l’heure.
Là-dessus, elle raccrocha, je me rendis donc à la boulangerie de Marnes.
J’achetai le pain qu’elle m’avait demandé et c’est en sortant de la boulangerie que je la vis avec ses parents. Mes yeux se fixèrent sur Kelly et celle-ci me fit un grand signe de la main et m’appela. J’étais tellement attiré par Kelly que j’en avais oublié le camion qu’on était en train de charger.
Alors je compris avec horreur que ce camion et ses affaires étaient ceux de la famille de Kelly. Cette vision me fit comme une grande claque que je venais de prendre en pleine figure, mon visage se ferma et je fus dégoûté.
J’approchai de Kelly, lui fis la bise et lui demandai :
— Que se passe-t-il ?
— Je suis désolée je n’ai pas pu te prévenir. J’avais beaucoup de choses à faire.
— Mais comment ça ? Qui a-t-il ? Tu t’en vas ?
— Hélas oui, ma mère a reçu une promotion et nous repartons à Trousy.
Ses mots me firent comme un poignard que l’on avait planté dans mon ventre, Trousy, cette ville où se trouve l’autre !
— Mais tu ne peux pas rester ? lui demandai-je avec affolement.
— Et où voudrais-tu que j’aille ? Je dois suivre ma mère et ma sœur je n’ai pas le choix.
— Tu pourrais habiter chez moi, j’ai une chambre d’amis.
Elle ria, son rire me fit plus de mal que de bien, on enfonçait un peu plus la lame dans mon cœur.
— J’aimerais tant rester, tu m’as apporté beaucoup cette dernière semaine, on s’écrira et je viendrais pendant les vacances
— Mais…
— Mais quoi Tristan ?
— Mais… Je n’arrivais pas à sortir de ma bouche ce que je mourrais d’envie de lui dire, je voulais lui dire que je l’aimais, que ma vie sans elle était impossible, j’optais pour :
— Mais avec qui vais-je rire et parler si tu t’en vas, Kelly ?
— Il te reste Jack et Mattéo, Ils sont géniaux, tu sais.
— Oui, mais ce n’est pas pareil.
— Je suis désolée Tristan, mais je n’ai pas le choix…
Je perçus des larmes coulaient le long de ses fines joues, ses gouttes d’eau me faisaient encore plus mal, je la pris dans mes bras et fermis mes yeux. Mon cœur battait la chamade, je l’aimais et elle s’en allait, ce n’était pas juste.
— Chérie on y va ?
— Oui maman.
Elle me lâcha et me déposa un baiser sur le coin de mes lèvres, ce fut horriblement douloureux.
— Au revoir Tristan, à bientôt.
Je ne pus lui répondre, et je la voyais qui s’éloignait dans ce foutu camion, je restai là, abasourdi, son visage imprégné dans ma tête, je ne l’oublierai jamais, et dans un cri incontrôlé je fis :
— Kelly ! Je t’aime…
Mais elle était déjà trop loin, elle ne pouvait plus m’entendre, et moi j’essuyais une larme qui avait coulé le long de ma joue, signe d’une blessure très profonde…
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