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Couverture du roman Elle, toute ma vie...

Elle, toute ma vie...

Tout bascule un jour de septembre pour un adolescent de seize ans. Sa rencontre avec Kelly Draëne déclenche une passion dévorante, une obsession qui dépasse l'entendement. Kelly, entre fragilité et malice, devient l'unique centre de son univers. Malgré les épreuves et les coups du sort, le destin s'obstine à croiser leurs chemins. Est-il vraiment possible d'aimer avec une telle intensité durant toute une existence ? Voici le récit d'un lien indéfectible défiant le temps.
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Chapitre 1

À mon père qui a toujours cru en moi…

À ma mère qui m’a inspiré l’amour…

À ma sœur, ma première fan…

1

Rencontre

J’avais seize ans, un jour banal d’un mois de septembre, cela faisait déjà quelques jours que j’étais rentré pour une nouvelle année.

J’avais eu l’occasion de discuter et de faire connaissance avec mes nouveaux camarades.

Mr Murcia était mon prof de français, il était du genre peu sympathique, il nous annonça une dictée. Si j’avais une ennemie la plus terrible, c’était bien la dictée !

Mr Murcia commença à nous exposer son texte.

Les mots résonnaient dans ma tête mais quand il s’agissait de les écrire, bonjour les dégâts !

La dictée fut interrompue par un bruit derrière la porte, un élève en retard probablement.

La porte fut tapée et c’est là que je la vis, ce furent ses yeux taillés en amande, de couleur noisette, qui me percutèrent en premier, puis sa frange châtain clair, coiffée d’un chignon, laissait pendre quelques mèches ondulées.

Sa tenue, un ensemble chic et « classe » de couleur café noir était taillé si bien qu’elle dessinait des formes parfaites. Elle s’excusa d’une voix confuse mais si douce et calme.

— Puis-je m’asseoir ? demanda-t-elle.

— Oui, mademoiselle, mais à l’avenir, soyez à l’heure, ou je me verrai dans l’obligation de vous refuser en cours, est-ce bien clair ?

— Oui, monsieur.

— Bon, reprenons sur le champ ! Mademoiselle, j’espère que vous êtes au moins assez dégourdie pour suivre la dictée que j’étais en train de faire ?

— Oui, monsieur.

— Asseyez-vous là-bas à côté de Mr Taolde.

Je ne supportais pas que l’on prononce mon nom, et encore moins qu’on me l’écorche. Surtout que monsieur Murcia avait un accent pointilleux. De toute manière, je suis Tristan, c’est tout !

Elle s’asseyait donc à mes côtés, son parfum vanille me donnait l’envie de ce délicieux milk-shake que j’avais vu tout à l’heure.

— Bonjour, je m’appelle Kelly Draëne et toi, c’est ?

— Tristan, juste Tristan.

J’avais assez été énervé par l’horrible prononciation de mon nom par le prof, pour lui expliquer comment ça se prononce. Cependant, Kelly, c’est juste magnifique !

— Ça suffit ! Que vous soyez en retard, je veux bien le tolérer mais que vous perturbiez mon cours avec vos bavardages, je refuse ! Encore un mot et je vous mets à la porte !

— Excusez-moi, monsieur.

Le reste du cours, Kelly se tut, et je dus supporter l’attaque des mots de la dictée en silence, la majeure partie de ses derniers, je n’en compris aucun sens, mais je m’employai à écrire mon charabia incompréhensible.

Enfin, l’heure se termina, nous sortîmes de la salle en silence car Mr Murcia ne supportait pas notre « bordel » avait-il dit, puis nous nous apprêtions à nous rendre en biologie.

Kelly avait disparu, elle n’était ni derrière moi, ni à la cafétéria du rez-de-chaussée, ni dans la cour de repos, ni devant la salle, je présumais donc qu’elle arriverait encore une fois en retard.

— Ah ! Te voilà ! On n’a pas fini la conversation tout à l’heure, m’avait-elle surpris, mais d’où sortait-elle ?

— Heu, salut ! Je t’ai cherché, tu avais disparu.

Elle passa une main dans ses mèches et d’un air amusé, elle me dit :

— Ça fait quoi ? Heu ? Une heure qu’on se connaît et déjà je te manque ?

— Pas du tout !

— C’est ce que dit tout le monde !

— Eh bien, je ne suis pas tout le monde !

Elle s’esclaffa et s’empressa de me devancer dans la salle de cours, elle s’asseyait dans la troisième rangée et avec sa main droite, elle tapa la chaise libre à ses côtés et m’invita à m’y asseoir.

Je mourrais d’envie de la rejoindre bien entendu, pourtant, pour lui prouver que je n’étais pas comme les autres esclaves de sa cour, je m’asseyais à l’opposé de son bureau.

Elle me regarda d’un air effronté, elle haussa les épaules et sortit ses affaires.

Je la regardai du coin de l’œil, je ne savais pas si elle devinait mon attention mais, avec son stylo qu’elle sortit de sa trousse, Kelly caressa ses lèvres si délectables et sourit amusée de sa provocation.

J’avoue avoir eu du mal à me concentrer sur le cours et encore moins à détourner mon regard.

— Mr Taolde ! Êtes-vous encore avec nous ? demanda Madame Drey.

— Euh… Oui. Je réfléchissais.

— Ah ? Et à quoi réfléchissiez-vous ?

— Sur les solutions que nous pourrions apporter pour sauvegarder notre écosystème.

Là-dessus, par une pirouette impensable, Madame Drey fut étonnée de ma réponse, elle enchaîna sur les solutions pour préserver l’écosystème, je n’en avais rien à faire mais au moins elle me laissa en paix.

Je vis, Kelly, étouffer un rire moqueur, puis elle me jeta un regard si profond que j’en perdis mon classeur que j’avais l’habitude de poser en biais au coin de mon bureau. Celui-ci tomba à terre et attira l’attention de toute la classe.

« La garce ! » Elle venait de me faire taper la honte devant toute la classe !

Le cours se termina et je me levai en silence encore très énervé du comportement de cette Kelly.

— Qui a-t-il ? me demanda-t-elle d’une voix innocente.

Je maugréai énervé et ne pris pas la peine de lui répondre.

— Allo ! Tu me fais la gueule ?

— Non !

— Allez, c’était drôle non ?

— Tu trouves ça drôle, sérieux ?

— Oui, super drôle, pas toi ?

— Tu me provoques, me perturbes et me fais taper la honte devant toute la classe et tu trouves ça drôle ?

— Oui, absolument ! Avoue que tu as quand même apprécié ce que j’ai fait.

Il est vrai que son regard et son comportement, bien que particulièrement irritable, avaient fait naître en moi un sentiment agréable.

— Pas le moins du monde !

— Mouais…

Je ne pus retenir mon rire.

— C’est bien ce que je pensais, me dit-elle d’une voix de satisfaction, et maintenant on fait quoi tous les deux ? m’interrogea-t-elle.

— Ben rien, il est l’heure de rentrer chez moi avant que tu ne me fasses encore ton numéro de provocatrice.

— Ah, et où habites-tu ?

— Et bien à Rante, le village à côté de Marnes.

— Mais comment rentres-tu ?

— Ben, en bus !

— OK, je peux t’accompagner ?

— Euh… Oui, si tu veux mais tu habites où toi ?

— Oh, à Marnes, je descendrai juste à la sortie de la ville.

— OK, allons-y mais tu ne me fais plus ça !

— Promis !

Que me voulait donc cette fille ? Je ne la connaissais ni d’Adam ni d’Eve et pourtant j’avais l’impression de la connaître depuis toujours.

Elle me regarda à nouveau avec ses yeux si brillants et me demanda quel âge j’avais.

— J’ai seize ans et toi ?

— Seize ans également. Elle me rit et je fus troublé par la mélodie de son rire.

— Pourquoi ris-tu ainsi ?

— J’ai envie de rire c’est tout !

— OK, OK, pas de soucis.

Nous discutâmes de choses et d’autres, plus elle m’exposait sa vie, plus elle me donnait l’air de la connaître depuis une éternité.

Kelly m’expliqua qu’elle habitait avec sa mère car ses parents étaient divorcés depuis six ans, qu’elle avait une petite sœur de huit ans et que Julie était une vraie peste.

Quand le bus arriva, elle grimpa dans ce dernier et adressa un grand sourire au chauffeur, elle s’asseyait sur le quatrième siège derrière le conducteur et je la suivis sur le pas.

Elle me regarda encore une fois, je me souviens encore de la force de ce regard qui m’avait tant touché. Elle me demanda si j’avais une copine.

Je lui répondis :

— Pourquoi me demandes-tu ça ?

— Parce que je suis très curieuse

— Eh bien, je n’ai pas de copine et toi ?

— Non, je n’ai pas de copain, enfin pas vraiment.

— Comment ça, pas vraiment ?

— Ben, c’est qu’il habite à Trousy à plus de cent kilomètres d’ici.

— Et donc ? Pourquoi ne romps-tu pas avec lui ?

— Ben, c’est ce que je comptais faire, mais je préfère le voir en face.

— Je comprends.

En fait, je ne comprenais pas, elle semblait ne plus être amoureuse de lui mais elle n’avait pas rompu pour autant.

Je demeurais inquiet de savoir dans quoi je m’embarquais, et surtout à quoi jouait-elle avec moi, pourquoi m’avait-elle fait ce numéro ?

Qu’attendait-elle de moi ?

Le bus s’arrêta, elle se leva, me dit au revoir et descendit du bus avec un grand sourire qui me désorienta.

En atteignant le trottoir, elle se retourna une dernière fois et me fit un ultime clin d’œil.

Lequel, je lui rendis avec un regard qui voulait dire beaucoup…

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