
Du faux mari au vrai magnat
Chapitre 8
« Toi... »
Christine est restée un instant sans voix, incapable d'enchaîner.
Pauline avait toujours été discrète, docile, presque effacée. Comment avait-elle soudain appris à répondre ainsi ?
Pire encore, elle savait désormais s'abriter derrière Antoine et l'entreprise, au point de faire passer Christine pour celle qui cherchait la querelle.
« Très bien. Quand Chloé aura choisi le restaurant, envoie-moi l'adresse. J'ai encore des choses à régler ici. Je raccroche. »
Pauline n'a pas attendu de réponse et a raccroché directement.
À l'autre bout du fil, le signal occupé a retenti. Christine a failli s'étouffer de colère, comme si l'air venait à lui manquer.
« Cette petite peste... Elle ose me raccrocher au nez ? »
Furieuse, Christine tremblait de colère, au point de manquer de jeter son téléphone contre le mur.
En voyant sa mère dans cet état, Chloé a haussé les sourcils, surprise :
« Pauline ne vient pas ? »
« Je dis que c'est Antoine qui l'a trop gâtée ! »
Christine était hors d'elle.
« Incapable d'avoir un enfant, issue d'un milieu aussi misérable, pouvoir entrer dans la famille Hérault relève déjà d'un miracle. Et elle ose encore manquer de respect, sans la moindre reconnaissance ? »
Christine, folle de rage, l'insultait sans plus aucune retenue, la décence complètement oubliée.
Chloé a levé les yeux au ciel, comme si elle s'y attendait depuis longtemps :
« Maman, je te l'ai toujours dit. Son air docile, c'est du cinéma. »
Elle a ricané froidement.
« Tu crois vraiment qu'une femme insignifiante aurait pu épouser quelqu'un comme mon frère ? Un homme qui ne pense qu'aux intérêts ? Pauline n'a jamais été aussi inoffensive qu'elle en avait l'air. Mais ne t'inquiète pas, je saurai m'en occuper. »
Sans attendre davantage, Chloé a pris son téléphone et a appelé Pauline elle-même.
Elle aimait donner des ordres à Pauline, tout en affichant en surface une relation cordiale. D'autant plus que son mari, Matthieu Laurent, occupait un poste de responsable de service au sein du groupe d'Antoine. Bien souvent, les dossiers de Pauline devaient passer par lui.
Chloé était convaincue que Pauline était une proie facile. Même si elle avait osé tenir tête à Christine aujourd'hui, c'était seulement pour Antoine.
Dans la famille, Antoine chérissait particulièrement cette sœur-là.
Il suffisait qu'elle parle, et Pauline finirait toujours par céder.
Le moment venu, elle saurait comment la faire plier, histoire de venger l'affront subi par sa mère.
Le téléphone a sonné longtemps avant qu'on ne décroche. Dès qu'elle a reconnu la voix de Pauline, celle de Chloé s'est aussitôt teintée de sanglots.
« Pauline, est-ce que tu m'en veux pour quelque chose ? »
Sa voix tremblait, volontairement fragile.
« Je croyais qu'on s'entendait bien. Quand mon frère t'a demandé de prendre soin de moi, tu avais accepté sans hésiter. Et aujourd'hui, maman me dit que tu refuses même de venir me préparer un repas... »
Pendant qu'elle parlait, Pauline écoutait distraitement. Ses yeux glissaient déjà le long des courbes de données qui ondulaient sur l'écran de son ordinateur.
« Bien sûr que non. Comment pourrais-je avoir quelque chose contre toi ? Simplement, aujourd'hui, je suis débordée. Je n'ai pas le temps de venir cuisiner. »
Pas de brusque refus. Pas d'excuses excessives non plus. Une certitude tranquille, ferme, très différente de l'ancienne Pauline qui cédait dès que Chloé jouait les victimes.
Chloé a immédiatement perdu patience.
« Mais je n'ai pas d'appétit... Je n'ai envie que de ce que tu fais. Si tu ne viens pas, alors je ne mangerai rien... »
« Écoute, faisons comme ça. Tu aimes tellement le caviar, non ? Je demande à l'assistant de ton frère de t'en faire livrer une caisse. C'est bien plus nourrissant qu'un plat maison. Et puis, tu es sa sœur, après tout. On passera ça sur les comptes de l'entreprise. »
La réaction de Pauline aujourd'hui était à mille lieues de ses habitudes.
Chloé ne s'y attendait pas du tout. Elle avait l'impression de n'avoir aucune prise, incapable même de provoquer une scène.
« Du caviar ? Pauline, tu te fiches de moi ? Je te dis que je veux manger ce que 'tu' cuisines. Tu ne comprends vraiment rien ? »
Chloé n'avait plus aucune envie de tourner autour du pot. Cette fois, elle était bien décidée à forcer Pauline à venir.
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