
Divorce imprévu, Amour perdu
Chapitre 3
« Ce soir, Réa organise une petite soirée pour fêter sa grossesse avec ses amis. »
Avant que je ne puisse refuser, Luc a coupé court :
« Elle tient vraiment à ce que tu sois là pour partager sa joie. Ne fais pas ta difficile ! »
J’ai esquissé un rire glacé et accepté.
De toute façon, tout était déjà réglé dans ma tête : mon cœur était mort, et j’avais contacté un avocat pour le divorce.
Plus rien venant de Réa ne pouvait m’atteindre.
Quand nous sommes arrivés dans la salle privée, Réa est arrivée en retard, parfaitement maquillée et apprêtée. Moi, après mes jours d’hospitalisation, j’étais en vrac : cheveux en désordre, visage pâle, pas le moindre effort.
À côté d’elle, j’avais l’air d’un fantôme, alors qu’elle brillait comme une star.
Les compliments ont fusé de toutes parts :
« Quelle femme moderne, notre belle artiste ! Elle a refusé tous ses prétendants juste pour devenir maman célibataire, quelle inspiration ! »
« C’est sûr, Réa a les moyens et le temps. Elle peut s’occuper seule de son enfant, pas comme ces femmes au foyer qui mendient de l’argent à leur mari ! »
Les regards moqueurs n’ont pas tardé à converger vers moi.
Réa, tout sourire, a commandé des bouteilles de vin et annoncé qu’elle invitait tout le monde ce soir.
Puis quelqu’un a suggéré de jouer à « Action ou Vérité » pour mettre un peu d’ambiance.
Quand la bouteille s’est arrêtée sur elle, elle a pris un air faussement innocent :
« Je choisis Vérité. »
Une de ses amies a immédiatement lancé, en riant :
« Réa, maintenant que tu as eu ton bébé grâce à une FIV, tu penses reconnaître Luc comme le père ? »
Réa, caressant son ventre, a tourné son regard vers moi avec un sourire calculé :
« Luna, je sais que tu es contrariée. Ces derniers jours, tu te disputes avec Luc, mais rassure-toi, je n’ai pas l’intention de perturber votre couple. Tu le sais très bien : si j’avais voulu épouser Luc, tu n’aurais jamais eu ta place. »
Elle a marqué une pause avant d’ajouter, d’un air faussement bienveillant :
« Mais si jamais tu ne peux toujours pas avoir d’enfant, je demanderai à mon fils, quand il sera grand, de prendre soin de vous, toi et Luc. Ce serait trop triste pour vous, sinon. »
Tout le monde a applaudi sa « gentillesse ».
Je suis restée impassible, même pas un froncement de sourcils.
Dans le passé, surtout ces deux dernières années, lorsque l’entreprise de Luc a commencé à prospérer, l’irruption soudaine de Réa dans nos vies m’avait bouleversée. J’étais en colère, jalouse.
Mais après que Luc ait systématiquement pris sa défense et m’ait accusée d’être mesquine, j’avais fini par m’éteindre intérieurement.
« Ça ne me dérange pas. Si tu veux, on peut aller tout de suite au bureau de l’état civil pour divorcer. »
Le visage de Luc s’est assombri.
« Arrête de dire des bêtises juste pour me provoquer. »
Je lui ai adressé un sourire calme.
« Franchement, tu crois vraiment que tu comptes encore pour moi ? »
Une lueur d’inquiétude est passée dans ses yeux, mais il s’est vite ressaisi.
« Bon, arrête tes histoires. Regarde comme Réa est généreuse et attentionnée, toujours en train de penser à toi. Je vais rester à la maison les prochains jours, ça te va ? »
Pour détendre l’atmosphère, les autres ont lancé un nouveau tour. Cette fois, la bouteille s’est arrêtée sur moi.
J’étais sur le point de choisir « Vérité » quand Réa a pris les devants avec un sourire :
« Moi, j’ai pris Vérité tout à l’heure, alors cette fois, c’est Action ! »
Je l’ai regardée d’un air indifférent. Qu’elle continue son petit jeu, ça m’était égal.
Mon défi était d’embrasser le premier homme que je croiserais en sortant de la salle.
Luc a aussitôt poussé trois bouteilles de vin devant moi.
« Elle ne fera pas ce défi. Qu’elle boive trois bouteilles à la place. »
Tout le monde a ri, d’accord avec lui.
« C’est vrai que si le mari est là, ce serait bizarre qu’une femme embrasse un autre homme. »
Mais je me suis levée calmement.
« Pourquoi abandonner ? Ce n’est pas Réa qui m’a donné ce défi ? Je n’ai rien à prouver, mais je n’ai pas peur de jouer. »
Luc s’est levé d’un bond, furieux.
« Luna, tu fais exprès de me défier aujourd’hui, c’est ça ? »
Je ne comprenais pas. Il pouvait donner son sperme pour une FIV avec Réa sans que cela ne pose problème, mais qu’un jeu le mette hors de lui ?
Réa s’est précipitée pour calmer le jeu, mais son regard s’est furtivement posé sur mon ventre.
« Ce vin est léger, ça ne devrait pas poser de problème, même si elle en boit un peu. »
En entendant cela, Luc s’est encore plus énervé. Il a ouvert une bouteille et a essayé de me la faire boire de force.
« Tout le monde te donne une porte de sortie, mais toi, non, il faut que tu gâches tout ! »
Surprise, j’ai avalé une gorgée de travers, et le reste s’est renversé sur mon visage à cause de ses gestes brusques.
Terrifiée pour mon bébé, j’ai reculé en essayant d’échapper à sa pression.
Mais soudain, j’ai trébuché sur quelque chose derrière moi et je suis tombée violemment sur le sol en marbre.
Une douleur atroce a envahi mon ventre. Je me suis tenue le ventre en criant de douleur.
Luc, visiblement paniqué, a tendu la main pour m’aider, mais il a marmonné d’un ton irrité :
« C’est juste une chute, ça ne va pas te tuer. »
Une des femmes présentes a soudain poussé un cri strident.
« Du sang ! Il y a du sang partout ! »
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