
Deux Âmes, Une Seconde Chance
Chapitre 2
Je me souviens encore de la sensation du poison se propageant dans mes veines, une froideur qui paralysait mes membres et embrouillait mon esprit. C'était le jour de mon mariage. Ma cousine Chloé, le visage rayonnant d'une joie cruelle, se tenait au-dessus de moi, déjà vêtue de ma robe de mariée.
« Amélie, ma chère cousine, ne t'inquiète pas. Je prendrai bien soin de Louis pour toi. »
Sa voix était douce, mais ses yeux brillaient de triomphe.
J'ai essayé de crier, de me débattre, mais mon corps ne répondait plus. J'ai ensuite été jetée dans une remise sombre. Quand je me suis réveillée, des heures plus tard, le mariage avait eu lieu. J'ai couru jusqu'à la salle de réception, en haillons, pour tout révéler. Mais mon père, l'homme qui m'avait élevée, m'a regardée avec un dégoût glacial.
« Qui est cette folle ? Gardes, mettez-la dehors ! »
Il m'a appelée une "imposteur". Les invités ricanaient, Chloé pleurait dans les bras de mon fiancé, Louis, jouant la victime effrayée. Personne ne m'a crue. Cette nuit-là, alors que je tentais de fuir la ville pour chercher de l'aide, deux hommes m'ont attrapée dans une ruelle sombre. La dernière chose que j'ai sentie, c'est la lame froide d'un couteau.
Puis, une lumière aveuglante.
J'ai ouvert les yeux brusquement, le cœur battant à tout rompre. La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux de ma chambre, la chambre de mon enfance. J'ai touché mon cou, ma poitrine. Aucune blessure. Aucune douleur. Je me suis levée d'un bond et j'ai regardé le calendrier sur mon bureau. La date m'a glacé le sang. Nous étions la veille de mon mariage.
Je suis revenue. J'ai eu une seconde chance.
Un éclat de rire joyeux est monté du salon. Une voix que je ne connaissais que trop bien. Chloé.
Je suis descendue lentement, mes pas silencieux sur le tapis épais. Et là, au milieu du salon, elle se tenait devant le grand miroir. Ma cousine, Chloé Leclerc, portait ma robe de mariée. La dentelle délicate, les perles scintillantes... tout ce que ma mère avait conçu pour moi avant de mourir.
« Oh, Mademoiselle Chloé, vous êtes absolument ravissante ! Bien plus que Mademoiselle Amélie ! » a glapi une servante, Marie.
« C'est vrai, cette robe semble avoir été faite pour vous », a renchéri une autre, les yeux brillants de flatterie.
Chloé a tourné sur elle-même, un sourire suffisant sur les lèvres. Elle admirait son reflet, se voyant déjà comme la nouvelle Baronne Martin. La même scène que dans ma vie passée se déroulait sous mes yeux. À l'époque, j'avais été touchée par son enthousiasme, pensant naïvement qu'elle partageait simplement ma joie. Quelle idiote j'avais été.
Cette fois, il n'y avait plus de naïveté dans mon cœur. Seulement une rage froide et une détermination de fer. J'ai regardé Chloé, les servantes obséquieuses, et j'ai senti le souvenir de la lame froide contre ma peau. Non. Plus jamais. Cette fois, ce ne serait pas moi qui tomberais. J'ai serré les poings, mes ongles s'enfonçant dans mes paumes. Le combat pour ma vie venait de commencer.
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