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Couverture du roman Derrière le masque du faux PDG

Derrière le masque du faux PDG

Thierry prétend travailler pour rater le spectacle de leur fille, mais Cléophée le découvre à la kermesse avec une autre famille. Pire, il défend sa maîtresse et son fils violent alors que la petite Lorie est blessée. Sous les moqueries, il oublie que son statut de PDG n'est qu'une façade. Cléophée possède en réalité 80 % de la société. D'un simple message aux RH, elle décide de briser la carrière et la vie de cet époux infidèle. L'heure de la vengeance a sonné.
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Chapitre 1

« Une réunion cruciale à l'usine », c'était l'excuse de mon mari pour rater le spectacle de notre fille.

Pourtant, une fois à la kermesse, je l'ai trouvé. Il ne travaillait pas.

Il tenait la main d'une autre femme et couvait du regard un petit garçon qui l'appelait « Papa ».

« C'est juste une cousine en difficulté, Cléophée. Tu n'as aucune compassion ? »

Il a osé me faire la morale devant tout le monde, jouant les saints.

Mais le pire est arrivé quand ce « pauvre petit garçon » a coincé ma fille dans les toilettes pour la tabasser.

Devant Lorie couverte d'hématomes, Thierry n'a pas bougé le petit doigt.

Au contraire, il m'a poussée au sol pour protéger sa maîtresse, me traitant de folle hystérique sous les rires des autres parents.

Il se pavanait, persuadé d'être le tout-puissant PDG intouchable que tout le monde admirait.

Il avait oublié un détail capital : il n'est qu'un employé.

C'est moi, Cléophée Espinosa, qui possède 80% de l'entreprise.

J'ai sorti mon téléphone et envoyé un message aux RH : « Licenciez le directeur général immédiatement et gèlez ses avoirs. »

La fête est finie.

Chapitre 1

Point de vue de Cléophée:

« Thierry, tu ne peux pas manquer la kermesse de Lorie. » Ma voix tentait de masquer la supplication. « Elle a travaillé si dur sur son tableau. »

Il ne leva même pas les yeux de son téléphone. « Cléophée, je t'ai déjà dit. Une usine de haute couture, ça ne tourne pas tout seul. J'ai une réunion cruciale. »

Cruciale. C'était toujours crucial.

« Mais c'est la kermesse des arts de Sainte-Marie. Tous les parents y seront. Lorie t'attend. »

Il soupira, un son agacé qui me transperça. « Pour l'amour de Dieu, Cléophée. Tu y vas. Lorie et toi, vous n'avez pas besoin de moi. Je suis… occupé. » Son ton était final.

Lorie, cinq ans, les yeux rivés sur son père, resta silencieuse. Mais ses petites mains se serraient sur les bretelles de sa robe d'été. Je voyais la fissure dans son cœur.

Une fissure que je connaissais trop bien.

« Papa, tu as promis, » chuchota-t-elle, sa voix à peine audible.

Thierry posa enfin son téléphone, un regard froid dans les yeux. « Lorie, ne te plains pas. Papa a des choses importantes à faire pour que tu puisses aller dans cette école coûteuse. »

Lorie baissa la tête. Ses petits doigts se tortillèrent. La douleur de la déception était palpable, un poids lourd entre nous.

Mon cœur de mère se serra. Chaque fois, la même scène. Chaque fois, Lorie était la victime de son indifférence.

« Ne t'inquiète pas, mon amour, » lui dis-je, ma voix plus douce que je ne le ressentais. « Maman sera là. » Je n'allais pas la laisser tomber. Jamais.

La kermesse de l'école Sainte-Marie était un tourbillon de rires d'enfants et de conversations feutrées d'adultes. Lorie tenait ma main, son petit visage rayonnant d'excitation. Son tableau, une explosion de couleurs abstraites, était prêt pour l'exposition.

Puis je l'ai vu.

Thierry.

Il n'avait pas l'air en réunion. Il tenait la main d'une femme blonde, Floriana, que je connaissais de vagues présentations passées. Un petit garçon, Soan, était blotti contre sa jambe, le regardant avec adoration.

Ils formaient une image parfaite, une famille idyllique. Mon mari, mon Thierry, jouant au père idéal avec une autre femme et un autre enfant. L'air me manqua.

Un rire cristallin s'échappa de Floriana. Thierry rit avec elle, une main protectrice sur l'épaule de Soan. C'était un rire que je n'avais pas entendu de sa part depuis des années.

C'était un son réservé à eux.

Mes yeux croisèrent les siens. Son sourire s'effaça instantanément. Ses yeux s'écarquillèrent de panique.

La main de Floriana fut lâchement abandonnée.

« Cléophée ! Lorie ! Quelle surprise ! » Il s'approcha, le visage tendu. « Je… je suis content de vous voir. »

Son mensonge était un goût amer dans ma bouche.

Floriana se rapprocha, un sourire forcé. « Bonjour Cléophée. Thierry me parlait de toi… »

Thierry coupa court. « Chérie, c'est Floriana. Une cousine éloignée, en difficulté. Je lui donne juste un coup de main. » Il me fit un clin d'œil à peine perceptible, un appel silencieux à sa compréhension.

« C'est l'anniversaire de Soan aujourd'hui. Il n'a pas de père, alors j'ai pensé… juste pour aujourd'hui, qu'il aurait le droit de ressentir ce que c'est d'en avoir un. »

Je sentais une vague de nausée me monter à la gorge. Il osait se justifier ainsi.

J'esquissai un sourire énigmatique. Un sourire qui ne laissait transparaître aucune de la rage qui bouillonnait en moi.

Je m'accroupis à la hauteur de Lorie. Sa petite main chercha la mienne, et je la serrai fort.

« Lorie, mon amour, tu vas dire bonjour à Monsieur Thierry, n'est-ce pas ? » Mon regard ne quitta pas Thierry. « Et aussi à Madame Floriana et au petit garçon. »

Floriana rougit légèrement. « Oh, Cléophée, je suis désolée… Thierry est si bon, il voulait juste… »

« Oui, il voulait juste que Soan ait un papa pour la journée. C'est ce qu'il m'a dit. » Mon ton était plat, dépourvu de toute chaleur.

« Oui ! Thierry est un homme tellement bon ! Il a toujours été mon plus grand soutien, » ajouta Floriana, jetant un regard suppliant à Thierry. « Il voulait juste réaliser le vœu d'anniversaire de Soan. Il est tellement triste parfois, sans figure paternelle. »

Un rire froid m'échappa. « Un vœu d'anniversaire ? Eh bien, il semblerait que Monsieur Saint-Martin ait plusieurs familles pour qui réaliser des vœux. »

Floriana resta bouche bée.

« Papa ! » s'écria Soan en pointant Thierry. « Ne les écoute pas ! C'est toi mon papa ! Reste avec moi ! » Ses petits yeux noirs se posèrent sur moi, pleins d'une haine enfantine, d'une menace à peine voilée.

« Il l'appelle 'papa' ? » Je le regardai, ma voix dangereusement douce. « Thierry, tu as quelque chose à m'expliquer ? »

Thierry se précipita devant Floriana et Soan, comme un bouclier. « Cléophée, ne fais pas de scène ! Tu n'as aucune compassion ? Floriana est une amie d'enfance, une cousine éloignée, je te l'ai dit. »

« Tu as toujours eu un cœur trop grand, Thierry. » Floriana posa une main sur son bras, le regard admiratif.

« Je ne fais que passer la journée avec eux ! C'est tout ! » Thierry haussa le ton. « Pourquoi tu rends les choses aussi compliquées ? »

Je ricanais. Pourquoi ? Pourquoi était-ce toujours ma faute ? Pourquoi devais-je porter le poids des malheurs des autres ?

D'autres parents commençaient à arriver, saluant Thierry avec déférence.

« Ah, Monsieur Saint-Martin ! Toujours le premier arrivé pour les activités familiales, » lança une mère, son regard se posant sur Floriana et Soan, puis sur moi. « Mon mari, lui, ne se soucie jamais de savoir si notre fille s'amuse ou non. »

Le sourire de Floriana se figea. Thierry eut un éclair de panique dans les yeux.

« Une journée, Thierry ? » Je le fixai. « Vraiment ? Juste une journée ? »

Il agrippa mon bras, la colère et l'embarras dans ses yeux. « Arrête ça, Cléophée ! Tu vas faire honte à Lorie ! Pense à ta fille ! »

Lorie, entendant son nom, leva la tête, confuse. Ses petites mains moites se serrèrent autour de ma jambe. Elle avait peur.

Je caressai ses cheveux, un sourire rassurant que je ne ressentais pas. Je la protègerais. Toujours.

Thierry, Floriana et Soan s'éloignèrent, absorbés par la foule de parents et d'admirateurs. Il était le PDG brillant, l'homme accompli. Ils l'entouraient, le félicitaient, le louaient pour sa générosité. Floriana le regardait avec des yeux pleins d'admiration. Soan, lui, tourna la tête et me tira la langue, un geste d'insolence enfantine.

Je sentais un froid glacial s'installer en moi. Il avait oublié. Il avait oublié qui j'étais. Il avait oublié que 80% des parts de l'entreprise où il régnait appartenaient à Cléophée Espinosa. À moi. Il n'était qu'un directeur général. Un employé.

Mon pouce effleura l'icône de message sur mon téléphone.

À : Ressources Humaines

Objet : Suspension immédiate – Thierry Saint-Martin.

Message : Veuillez procéder à la suspension immédiate du directeur général, Thierry Saint-Martin, pour faute grave. L'annonce interne doit être faite avant la fin de la journée. Les détails suivront.

À : Service Juridique

Objet : Procédure de divorce et abus de biens sociaux.

Message : Préparez les documents nécessaires pour un divorce avec Thierry Saint-Martin, basé sur notre contrat de mariage strict. Lancez également une enquête approfondie sur l'utilisation abusive des fonds de l'entreprise. Je veux des preuves irréfutables. Que tout soit prêt.

Il allait regretter cette journée. Il allait regretter chaque seconde de sa vie.

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