
De l'obscurité à la lumière de la foi
Chapitre 2
Monique sentit quelque chose de froid et se réveilla, Célia avait cette manie de venir dans son lit très souvent et à chaque fois elle mettait ses petits pieds sous ses jambes
Depuis le temps elle aurait dû savoir que sa maman détestait cela.
« Frédéric, Frédéric, réveille a ou !
— A cause ou réveille a moin la ?
— Allé mette Célia dans son lit !
— Laisse a elle la té !
— Non ma dit a ou, allé dépose a elle !
— OK, pfft ! »
Frédéric sortit du lit, agacé, et emmena Célia jusqu’à sa chambre et la recoucha.
« Papa ! Maman sait faire du vélo ? demanda-t-elle à moitié endormie.
— Oui, ma chérie, elle sait en faire des choses, ta maman. Allez, dors, ma puce. »
« Eh, marmotte, tu te réveilles ? Allez, dépêche-toi, il y a école aujourd’hui ! cria Arthur en courant autour de son lit.
— Dépêche a zot, zot va être en retard ! » cria Monique, tout en préparant les sacs et le goûter, elle semblait courir dans tous les sens tout en conservant un certain calme mais sa voix était froide.
Elle prit Célia et l’emmena dans la salle de bain, la mit sous la douche.
« Ça y est, tu es réveillée. Allez, on se dépêche ! Change-toi, avale ton lait et on y va !
— J’ai sommeil, j’arrive même pas à ouvrir les yeux maman, je peux me remettre au lit ?
— Hors de question ! Sinon, tu te remettras au lit tous les jours et ça c’est pas possible !
La prochaine fois, dors, ne viens pas dans mon lit, je suis sûre que tu seras moins fatiguée !
Tu as de la chance déjà que l’école soit juste au coin de la rue, comment tu aurais fait si on vivait plus loin. »
Célia n’était pas du matin, elle était plutôt de l’après-midi, et puis Célia n’avait jamais vraiment les pieds sur terre, elle était toujours quelque part ailleurs.
Arthur était là, près d’elle, à lui tenir la main et puis à la tirer pour la conduire quand elle se déconnectait du monde. Et là, c’était Arthur qui l’amenait à l’école sous le regard de Monique qui les observait depuis le devant de sa maison.
Les enfants partis, Monique s’activait comme chaque jour à tout remettre en place, et surtout à tout nettoyer, rien ne devait dépasser, tout était minutieusement pris en compte.
Le repas mijotait, elle avait tout juste le temps de se coiffer.
Elle ne prenait pas le temps de se reposer, avec elle tout devait filer droit.
Quand les enfants rentraient de l’école, ils regardaient cette maison qui comme à son habitude était redevenue clean comme par magie, tout sentait le parfum des produits d’entretien, tout brillait, et scintillait, tout sauf leur maman, elle paraissait sombre.
« Prenez votre goûter et aux devoirs ! »
Les enfants attendaient l’arrivée de leur père avec impatience, lui, savait jouer.
Quand Frédéric passa la porte de la maison, les éclats de rire retentirent.
« PAPA ! »
Il se lava vite fait sous le tuyau d’arrosage du jardin afin d’enlever le surplus de boue, et les éventuels duvets
Il prit sa douche dans la salle de bain et s’allongea à même le sol dans la cuisine, Célia et Arthur se mirent par terre avec lui.
« Allez viens maman, on va rigoler ! lui dit Célia.
— Et puis quoi encore, c’est pas en m’allongeant pas terre que le dîner sera prêt ! »
Célia la regardait et se disait : « Eh ben, c’est pas drôle d’être maman ! »
En effet chaque jour, Monique était ainsi, elle ne s’autorisait aucune distraction, aucun relâchement.
Frédéric lui, bien qu’il travaillait énormément lors de la période de « la coupe cannes » avait beaucoup d’intérêt pour les divertissements.
D’ailleurs il proposait régulièrement à sa femme de sortir, aller au restaurant, se faire un cinéma mais celle-ci préférait continuer son travail domestique.
Depuis quelques mois déjà le couple ne partageait plus rien à part le lit conjugal, Monique remplissait son rôle de mère et remplissait tous ses devoirs domestiques, mais avec Frédéric c’était la guerre froide.
Les enfants ne se doutaient de rien, mais leurs petites vies paisibles allaient bientôt être bouleversées.
Un soir en rentrant de l’école, ils entendirent des voix d’adultes qui criaient depuis le coin de la rue, ils ne s’attendaient pas à ce que ce soit leurs parents en pleine dispute.
C’était la première fois qu’une telle scène se produisait devant les yeux d’Arthur et Célia.
Les deux petits ne comprirent pas, ils se regardèrent, se prirent dans leur bras et commencèrent à se mettre à pleurer.
Les mots qui fusaient dans tous les sens, les insultes, toutes ces bombes verbales projetées de la chambre au salon avec autant de virulence les choquaient au plus haut point.
C’en était trop pour Célia, « papa, maman, arrête ».
Les deux adultes se retournèrent alors, et virent leurs deux enfants en état de choc à l’entrée du salon, ils se calmèrent immédiatement.
Un peu tard certainement, car le mal était fait, la structure familiale avait volé en éclat. C’était une scène de guerre à laquelle les deux petits venaient d’assister.
À l’intérieur d’eux-mêmes, ils avaient compris que tout allait changer.
Ce ne pouvait être une petite dispute de rien du tout, ils avaient entendu les mots, perçu la colère, et vu la fureur dans les yeux de leur mère.
Ils le sentaient, c’était le début de la fin, et le commencement de la déchirure.
Monique s’en voulait, depuis plusieurs semaines elle tentait de dissimuler ce qu’elle avait appris.
Frédéric quant à lui, ne savait plus où se mettre, le fautif c’était lui et il ne voulait pas perdre l’estime de ses enfants.
« S’il te plaît ne leur dis rien, je te jure ce n’est arrivé qu’une fois, pardonne-moi !
— Arrête de me mentir, cela fait des mois que ça dure, je le sais.
— Je te jure que non !
— Ça suffit, et tais-toi, je ne veux plus t’entendre, les enfants sont couchés, laisse-les dormir !
— Tu crois qu’ils dorment, ils doivent être réveillés encore !
— Raison de plus pour te taire ! Prends tes affaires tu dors dans le salon ce soir !
— Monique, tu crois vraiment que c’est le mieux ?
— Il est hors de question que tu restes là, ça je peux te le dire ! »
Frédéric prit ses affaires et se mit dans le canapé, Monique s’était enfermée dans sa chambre, Arthur tenait Célia dans ses bras. Célia pleurait encore à chaudes larmes.
« Ils vont divorcer, dada ?
— Mais non, les parents ça se dispute, ça arrive, t’inquiète pas ! »
Les semaines passèrent et l’on aurait presque cru que les choses étaient restées les mêmes, les enfants avaient repris leurs jeux habituels dans le jardin, le sourire de Célia était redevenu florissant sur son visage, Arthur avait terrassé plusieurs dragons et s’apprêtait à traverser une vallée de crocodiles.
À part le fait que Frédéric s’était installé dans la future chambre d’Arthur.
Celle-ci n’était pas encore prête, les murs n’étaient pas peints, et la dalle de béton n’avait pas encore revêtu son carrelage, Frédéric attendait la fin de la coupe cannes pour se lancer dans ce chantier.
Les enfants ne comprenaient pas pourquoi leur père dormait là, alors Frédéric leur fît croire que c’était à cause de ses ronflements que Monique ne voulait plus de lui dans sa chambre.
Monique continuait de faire comme avant, entretenait la maison, préparait les repas, veillait aux devoirs et faisait appliquer la discipline comme d’habitude.
Les enfants n’imaginaient pas du tout ce qui se tramait.
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