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Couverture du roman De l'aimée à la brisée : Son heure de vérité

De l'aimée à la brisée : Son heure de vérité

Face à l'infidélité de Charles, mon ambition est devenue son excuse pour me trahir. Poussée dans l'escalier, j'ai perdu mon enfant. À l'hôpital, sa maîtresse Joëlle m'a infligé une torture innommable avant que mon mari n'ordonne aux gardes de me battre. Cent gifles ont balayé neuf ans d'amour. Pourquoi protège-t-il ce monstre ? Brisée et ensanglantée, j'ai enfin ouvert les yeux. La femme aimante est morte. Un seul appel suffira : l'heure de la destruction totale a sonné.
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Chapitre 1

Mon mari, Charles, me trompait. Mais quand je l'ai confronté, il n'a pas seulement avoué. Il m'a dit qu'il était fatigué de mon ambition et que sa nouvelle amante, une serveuse de bistrot, était tout ce que je n'étais pas : simple et peu exigeante.

Puis il m'a poussée dans les escaliers.

La chute m'a coûté notre enfant à naître. Alors que je gisais, brisée, à l'hôpital, sa maîtresse, Joëlle, m'a rendu visite. Sous prétexte de prendre soin de moi, elle m'a fait avaler de force une soupe infâme, murmurant que c'était « le sang et la chair » de mon bébé mort. Quand je me suis débattue, Charles est entré, a vu Joëlle par terre et a ordonné à ses gardes du corps de me frapper pour l'avoir blessée.

Cent gifles. Chacune effaçant un peu plus les neuf années d'amour que j'avais pour lui. Il avait promis d'être mon ancre, mais il était devenu la tempête qui m'a détruite.

Pourquoi l'homme qui chérissait autrefois mon intelligence la méprisait-il maintenant ? Pourquoi protégeait-il le monstre qui me tourmentait tout en nous détruisant, moi et notre enfant ?

Allongée sur le sol froid de l'hôpital, couverte de bleus et saignant, j'ai enfin compris. L'amour était mort. Et avec lui, la femme qui l'avait un jour aimé. J'ai pris mon téléphone et j'ai passé un appel. Il était temps de tout réduire en cendres.

Chapitre 1

Point de vue d'Élisabeth Moreau :

La nouvelle m'a frappée plus violemment que n'importe quel coup physique. Charles, mon Charles, l'homme qui m'avait promis l'éternité, avait une liaison. Pas avec un mannequin plus jeune ou une rivale du monde des affaires, non. Avec Joëlle Martin, une serveuse de bistrot plus âgée et divorcée. Mon monde, bâti sur ce que je croyais être un amour inébranlable, s'est effondré en un instant.

Je suis restée là, le téléphone serré dans ma main, les mots sur l'écran se brouillant à travers des larmes non versées. Mon corps s'est raidi, un froid glacial s'insinuant jusqu'à mes os. Ce n'était pas possible. Pas Charles. Pas nous.

L'image sur l'écran s'est gravée dans mon esprit : Charles, son bras possessif autour de sa taille, la regardant avec une intensité que je n'avais pas vue dirigée vers moi depuis des mois. Ses yeux, d'habitude si vifs et calculateurs en affaires, étaient doux, adorateurs. C'était un regard d'affection sincère, un regard qui m'a transpercé le cœur.

Il est rentré tard ce soir-là, comme toujours, l'odeur de son eau de Cologne, un réconfort familier qui ressemblait maintenant à une trahison. Il marchait avec la même assurance, son costume parfaitement taillé toujours impeccable. Il m'a embrassée sur le front, un geste routinier, et j'ai tressailli intérieurement. Il n'a rien remarqué.

J'ai attendu dans la pénombre du salon, chaque nerf à vif. La photo, imprimée et crue, était sur la table basse. Quand il est entré, je la lui ai tendue.

« Explique-moi ça », ma voix n'était qu'un murmure tremblant, à peine audible dans le silence soudain.

Il l'a prise, son expression indéchiffrable un instant. Puis, avec un soupir qui semblait porter le poids de nos neuf années, il l'a reposée calmement.

« C'est exactement ce que tu vois, Élisabeth. » Sa voix était plate, dénuée d'émotion.

L'air m'a manqué. Mon esprit s'est vidé. Le monde tournait.

« Comment as-tu pu ? » ai-je réussi à articuler, un son rauque et primal s'échappant de ma gorge. « Et toutes tes promesses ? "Toujours ton ancre", disais-tu. "Nous pour toujours". C'était des mensonges ? »

Il s'est adossé, passant une main dans ses cheveux. « Je le pensais à l'époque, Élisabeth. Mais les choses changent. Les gens changent. » Son regard a croisé le mien, froid et distant. « Je suis fatigué. Fatigué d'être toujours ton ancre. Fatigué de devoir suivre ton ambition, ton indépendance. »

Il a commencé à énumérer des choses, chaque mot une nouvelle coupure. « Neuf ans, Élisabeth. Neuf ans à te pousser, à te soutenir, à célébrer chacun de tes succès. Sais-tu combien de travail c'est ? De courir constamment après ton génie ? D'être toujours le second rôle dans ton grand projet ? » Il a ricané, un son amer. « Je t'ai tout donné. Mon temps, mon énergie, ma fierté. »

« Ma fierté ? » ai-je murmuré, ma voix empreinte d'incrédulité. « Tu parles de fierté ? Et la mienne, quand tu te pavanes avec... elle ? »

Il m'a ignorée. « Avec Joëlle, c'est différent. Simple. Elle... elle prend juste soin de moi. Elle me voit, me voit vraiment, pas comme un projet à admirer ou un obstacle à surmonter. Après ce problème de santé, j'ai réalisé que ce dont j'avais besoin, c'était de paix, pas d'un autre défi. »

« Un problème de santé ? » ai-je ricané. « Tu avais un simple rhume, Charles ! C'est suffisant pour jeter neuf ans ? Des années à construire cette vie, cet empire, ensemble ? »

Il m'a regardée avec une exaspération lasse. « Joëlle m'offre une paix que je ne savais même pas qu'il me manquait. Une attention calme et bienveillante qui n'exige rien de moi. Elle est tout ce que tu n'es pas, Élisabeth. Simple. Aimante. Peu exigeante. »

Ma tête a basculé en arrière. Il a continué, écrasant mon esprit à chaque mot. « Je ne divorcerai pas. Pas maintenant. L'image serait un désastre pour mon entreprise. Mais comprends bien ceci : j'en ai fini. N'interfère pas dans ma vie, et je n'interférerai pas dans la tienne. Considère ça comme un arrangement. »

Il s'est retourné et s'est éloigné, me laissant m'effondrer sur le sol de marbre froid. L'homme que j'aimais, l'homme qui avait abattu mes murs, venait d'en construire de nouveaux, plus hauts et plus froids que jamais.

Charles. Mon Charles. Celui qui m'avait poursuivie sans relâche à l'université, charmé par mon intelligence, mon ambition. Le divorce chaotique de mes parents m'avait rendue méfiante, sur la défensive en amour, mais il avait été persévérant. Il m'avait montré une dévotion si féroce, si inébranlable, que j'avais finalement, timidement, ouvert mon cœur.

Je me suis souvenue du jour où mes parents sont morts, un terrible accident qui a fait basculer mon monde. Charles, sans un mot, était revenu de son voyage d'affaires, m'avait tenue dans ses bras pendant que je pleurais, et avait promis d'être mon roc, mon ancre.

« Tu n'as pas à être forte tout le temps, Élisabeth », avait-il murmuré en me caressant les cheveux. « Laisse-moi être fort pour toi. Tu peux être vulnérable avec moi. Tu peux même être "exigeante". Je promets que je te "chouchouterai" toujours, que je te ferai toujours sentir aimée. »

Il m'avait encouragée à exprimer chaque émotion, à m'appuyer sur lui, même à « faire des histoires » quand j'en avais envie. Et je l'avais fait. J'avais appris à être douce, à être ouverte, à faire entièrement confiance. Maintenant, cette confiance était utilisée comme une arme contre moi.

Les larmes sont enfin venues, chaudes et piquantes, brûlant des sillons sur mes joues. Il ne m'aimait plus. La prise de conscience était une douleur physique. Je voulais croire qu'il était juste perdu, confus. Je me suis accrochée à l'espoir que je pouvais encore me battre pour lui, pour nous.

J'ai trouvé Joëlle au bistrot le lendemain. Elle était plus âgée, plus douce, ses yeux grands et apparemment innocents. Je lui ai offert de l'argent, assez pour disparaître, pour recommencer à zéro. Elle a regardé le chèque, puis moi, sa lèvre inférieure tremblant.

« Je... je ne peux pas », a-t-elle murmuré, sa voix à peine audible. « Il a besoin de moi. »

Un sentiment de vide s'est répandu dans ma poitrine. Pas de soulagement, juste une angoisse suffocante.

Plus tard cette semaine-là, mon téléphone a sonné. C'était la police. Joëlle avait eu un accident de voiture. Et puis, l'information suivante, un coup de massue sur mon âme déjà en miettes : elle était enceinte.

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