
Cri ou bonheur du jour même
Chapitre 3
C’est d’ici
que j’entends la vague
cette nuit où pourra-t-elle se répandre
mes yeux sont pleins d’eau et de roches
la pluie sur l’eau nous rapproche
le noir qui envieillit
c’est mon Histoire et la tienne
enlacés comme sable et pluie
dans le méandre d’une scène
mais on parle d’amour
de celui qui attache
celui que les mots entachent
le vrai qui jamais ne nous lâche
C’est l’éclair deux corps deux sangs
c’est la foudre la marée qui descend
l’onde qui se répercute au monde
le lien sec qui envahit et inonde
la peau source de soie
la vie qui couve et gronde en toi
un oiseau, une reine, un prélat
des chants qui enflent au vent
une clameur folle qui ondoie
Ma tête éclate de mille émois
des tours de Babel des feux de joie
des tourbillons qui perlent
des eaux de grandes joies
Et le temps fera son œuvre
Tout dira l’immense et la loi
je serai celui qui manœuvre
et tu seras fille de roi…
C’est matin
qui traîne ma tête
aujourd’hui le livre
est fermé
plus de lumière
plus de rêve
plus du tout
noyer les sangs
le froid s’attarde
les genoux
sont mous
les mains vides
tout glisse dessus
plus de goût
au cœur
plus du tout
comment sentir
comment marcher
jamais sortir
s’enrouler
la ligne s’efface
plus d’idées
l’ombre enlace
la voile s’échoue
plus de place
plus du tout
Cantate
Fantaisie :
Si tu dînes
citadine mine de rien
je m’radine j’hallucine
tu dis rien
Je m’faufile
Tu m’appâtes t’es fendue
à quat 'pattes écarlates tu ondules j’ose et viens
j’te fais la nique
coche j’décroche
tu t’arraches ça décolle
agrippe-toi lâche rien
Je m’faufile
Tu m’appâtes t’es fendue
à quat' pattes écarlates tu ondules j’ose et viens
Si tu dînes
citadine mine de rien
je m’radine j’hallucine
tu dis rien
et la vie qu’y irradie
dans mon râle roule
sans sas s’fait jet
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