
Corrections
Chapitre 3
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Le lendemain
La flamme danse et remue comme si elle voulait s’enfuir du briquet auquel elle appartient. Mais, esclave de ce bout de plastique et de métal, elle fait ce qu’on lui demande et brûle l’extrémité du stick cancérigène coincé entre les lèvres sèches de Christophe. L’homme aspire une longue bouffée et attend quelques secondes savoureuses avant de la recracher. Il jette négligemment son briquet sur la table basse et attrape son verre de whisky de sa main nouvellement libre. Lorsqu’il porte le liquide à sa bouche, celui-ci lui brûle la lèvre inférieure récemment blessée. Il fait une grimace et plaque le verre froid contre sa blessure. Ça le soulage un peu sur le moment. Quelques minutes auparavant, Christophe a reçu un sacré crochet du droit en plein dans la tête, lui explosant le nez, la pommette et la lèvre. Lui qui d’ordinaire a un si joli visage, là il l’est un peu moins. Une ecchymose bleuâtre se forme peu à peu sur sa joue et le sang qui coule de son nez et de sa bouche commence à coaguler. Ses blessures ne l’inquiétant pas plus que ça, Christophe apprécie sa clope comme si de rien n’était. Il aspire une nouvelle bouffée, la fumée nocive lui brûle le fond de la gorge mais il aime cette sensation. Il sait très bien qu’il se détruit à petit feu mais il s’en fout. Il a consommé bien pire que ça dans sa folle jeunesse. Cannabis au début puis ecstasy et champignons hallucinogènes pour finir le nez dans des montagnes de cocaïne ou d’héroïne… Il en a passé des soirées à ne plus savoir qui il était ni où il se trouvait, des matins de gênes à se réveiller aux côtés de n’importe qui dans des mares de vomis, d’urine et de merde – pas toujours les siennes d’ailleurs. Le bon vieux temps, qu’il se dit. Christophe regrette souvent ces moments de débauche, mais sa vie actuelle et son corps légèrement vieilli ne lui permettent plus ce type d’activités. La drogue, ça coûte cher, et quand on n’a pas un rond, on remplace par ce qu’on peut. En l’occurrence tout ce que les maigres aides de l’État lui permettent de s’offrir, c’est l’alcool et la clope. Alors oui ! il vit dans un taudis délabré et envahi par rats et souris, il ne mange pas toujours à sa faim mais il a de quoi boire et fumer. Ça lui convient, visiblement. Une vie de merde. Mais c’est SA vie de merde, il l’a choisie, voulue.
Le gars qui l’a frappé un peu plus tôt est l’un des hommes de main de la tôlière la plus dangereuse de la ville. Une armoire à glace d’un bon mètre quatre-vingt-dix, approchant les cent vingt kilos de muscles. Le noir s’en était donné à cœur joie quand sa patronne lui avait ordonné de le corriger pour le retard dans le remboursement de ses dettes. « Fais-lui sa fête, qu’elle lui avait dit, ça lui apprendra à nous prendre pour des cons. » Christophe doit une sacrée grosse somme depuis un bon moment. On peut dire que ça a bien énervé La Panthère, la femme la plus dangereuse du sud de la France. Elle règne sur toute la Provence-Alpes-Côte d’Azur et a même une petite filière dans le Gard. Toujours en étroite relation avec le caïd de la Haute-Corse, elle domine un vaste territoire. Demeurant dans un petit village du Var, elle tient à y faire elle-même régner sa discipline et vient en personne corriger les mauvais bougres comme Christophe. C’est le premier avertissement, le moins douloureux. Quelques coups de la part du sosie non officiel de The Rock et une nouvelle date pour la prochaine échéance de paiement. Christophe n’a plus le choix, il faut qu’il trouve de l’argent rapidement. Beaucoup d’argent. Il ne sait pas très bien où il va le trouver, mais il faut réfléchir vite, il n’a que quelques jours.
Foutues dettes ! Il a acheté une maison avec son ex-femme qu’il faut bien finir de payer, sans compter les factures actuelles qui s’accumulent au fil des mois… Christophe a un moment de panique quand il termine son verre de whisky et qu’il s’en verse un autre un peu plus généreux. Il se lève d’un bond, jette violemment son verre contre le mur et hurle aussi fort que ses cordes vocales le lui permettent. Les éclats de verre s’éparpillent dans toute la pièce, le liquide éclaboussant les murs et le sol. Les glaçons atterrissent sous les meubles. Sa clope se consume toute seule dans sa main aux articulations blanchies par la force de sa rage, déversant inutilement sa fumée toxique dans la pièce. Christophe regarde sa main veineuse et trouve un début de solution à son problème. Il n’y avait jamais réfléchi auparavant. Son alliance vaut un petit pactole. Il avait les moyens de s’offrir les plus belles choses avant que sa vie ne bascule à cause de sa salope d’ex-femme. Il n’avait jamais pensé à vendre des objets pour payer ses dettes jusque-là. Il retire la bague de son annulaire gauche – pourquoi ne l’a-t-il pas fait plus tôt d’ailleurs ? – et l’examine avec attention. Elle est en parfait état. Il la pose sur la table basse et décide d’aller fouiller dans les cartons qu’il n’a jamais défaits depuis des années, à la recherche de babioles à vendre. Il descend à la cave et dans le premier, Christophe trouve une montre de luxe, un appareil photo de marque – encore rempli de souvenirs de nombreuses années de bonheur – et une petite sculpture que son ex-femme lui avait offerte pour ses trente ans. « Une véritable œuvre d’art des temps modernes » qui avait fait un énorme trou dans leur compte épargne. Elle représente deux silhouettes nues qui s’enlacent de manière assez acrobatique. Jamais Christophe n’aurait réussi à imiter cette position. Il n’aurait même jamais essayé d’ailleurs, il aurait eu trop peur de se faire mal. Une fois le premier carton examiné, il le jette violemment à l’autre bout de la pièce et attrape le suivant. Il ne trouve pas grand-chose dans celui-ci à part sa collection de DVD pornos. Ça ne vaut sûrement rien, quelques centimes chacun à EasyCash. Le troisième carton contient des objets qui représentent le côté geek de son adolescence : une vieille console de jeu, un vieux téléphone portable et tout un attirail de jeux et jouets. Rien qui a priori pourrait le sortir de sa merde, mais avec les sommes folles que les jeunes de maintenant jettent dans les trucs vintage, il y a peut-être une connerie qui pourrait le sauver. Il emballe le tout dans un carton vide et décide de les emmener dès le lendemain matin chez un petit revendeur qu’il vient de trouver sur internet dans le village d’à-côté.
En attendant, ravi d’avoir retrouvé sa collection de films pornos, Christophe décide de fêter ça et de se mater un petit DVD. Il y a du choix dans les styles : amateurs, sado-maso, spécial anal, femmes poilues… certains sont plus brutaux et montrent des scènes assez violentes où les femmes se font maltraiter. Il y en a pour tous les goûts. Il y a même un DVD de sexe entre hommes, bien que Christophe soit un « pur hétéro », comme il aime à le préciser à chaque fois. Un ancien ami à lui le lui avait offert pour lui faire une blague, sachant très bien à quel point il est homophobe. Rien que la vue d’un couple de PD le rend hystérique et violent dans ses propos. À moins d’être cherché par l’un d’entre eux, il n’irait pas les frapper, mais si un gay l’approche de trop près il a intérêt à faire attention à lui.
Christophe prend un DVD au hasard et le lance. Très rapidement, il baisse son pantalon à ses chevilles et s’assoit sur son canapé miteux, cramponné à son membre légèrement gonflé. Une nouvelle clope au bec, il commence une masturbation. Il sait parfaitement comment et où se toucher pour que son sexe durcisse rapidement. À la télé, une jeune asiatique aux seins refaits se fait prendre par un homme sur la table d’un restaurant pendant qu’elle en suce un autre, habillé en cuisinierPutain de chintok, elle arrive quand même à me faire bander cette conne de bridée !se dit-il. L’excitation de Christophe bat son plein, les va-et-vient sur son sexe étant de plus en plus rapides. L’extase ne se fait pas attendre ce soir. La cendre tombe sur ses cuisses velues, mais il ne sent rien d’autre que le plaisir de sa main sur son propre sexe, dur comme le bois. Quelques minutes suffisent pour libérer la semence chaude et visqueuse de la verge de Christophe. Dans un long soupir, il s’endort presque aussitôt sur son canapé troué aux ressorts visibles, la main toujours agrippée à son engin. Le DVD continue de tourner dans le vide jusqu’au générique de fin, berçant le sommeil de Christophe de claquement de boules contre le joli petit cul asiatique, de cris et de gémissements.
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