
Sous Contrat avec le Diable : Une Secrétaire Pas Comme Les Autres
Chapitre 3
Raphaël se leva brusquement, son impatience croissante. "Ne me parlez pas comme si vous me donniez des réponses toutes faites. Vous avez été choisie parce que vous avez une réputation de savoir faire ce travail, alors montrez-moi ce que vous êtes capable de faire."
Il s'éloigna du bureau, marchant de long en large, les mains derrière son dos, en contemplant son empire à travers les grandes fenêtres du bureau. Il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir une étrange frustration. Chaque mouvement de cette femme semblait lui échapper. Elle ne le provoquait pas. Elle ne le repoussait pas. Elle n'était tout simplement... rien. Ni plus ni moins qu'un meuble dans un environnement déjà trop lisse, trop contrôlé.
Isabelle resta silencieuse, prenant des notes sur son bloc-notes, de manière presque mécanique. Raphaël la voyait, mais n'arrivait toujours pas à la comprendre. Pourquoi avait-il l'impression de parler à un mur ? Pourquoi n'arrivait-il pas à s'intéresser à elle ? Elle était une assistante, oui, mais cela ne justifiait pas qu'elle soit aussi... inerte. Où était la vie ? Où était la réaction ? La moindre éclat de personnalité ? Même une femme banale pouvait attirer son regard. Mais pas elle. Isabelle Morel avait ce don rare de le laisser froid, totalement indifférent.
Il s'approcha de son bureau et prit une gorgée d'eau, se tournant une fois de plus vers elle.
"Je n'aime pas perdre mon temps," dit-il en la fixant d'un regard acéré. "J'espère que vous ne me ferez pas perdre le vôtre. Vous comprendrez vite que je ne tolère pas l'inefficacité."
Isabelle leva enfin les yeux, mais ses prunelles étaient aussi glacées que celles de Raphaël. "Je suis là pour travailler, M. Delacroix. Vous n'aurez pas à vous en faire pour cela."
Il se pencha légèrement, un sourire narquois naissant sur ses lèvres. "Très bien. Je vous surveillerai de près, Mme Morel. Je n'aime pas être déçu."
Elle acquiesça, toujours sans un mot, et cette réponse, si simple, fit bouillonner une vague de frustration dans la poitrine de Raphaël. Cette femme l'indifférait, mais d'une manière qu'il n'arrivait pas à accepter. Ce manque de réaction, cette neutralité, le mettait mal à l'aise. Il préférait les gens qui le provoquaient, ceux qui étaient capables de lui donner une réponse pleine de vie, qu'elle soit positive ou non.
Mais elle... elle n'était que le vide. Et ce vide, il le détestait plus que tout.
Raphaël Delacroix détestait les imprévus. Ce genre de situation qui brise la monotonie de son quotidien, les petites vagues qui viennent perturber la mer calme de ses affaires. La veille, son humeur était déjà au plus bas à cause de cette Isabelle Morel qu'il n'arrivait pas à cerner. Mais ce matin-là, son grand-père André l'avait appelé à son bureau, une demande sans explication préalable. Tout chez André Delacroix sentait l'autorité, le contrôle, mais aussi cette étrange affection qu'il réservait uniquement à son petit-fils, bien que cette affection soit souvent accompagnée de règles stricte et de défis.
Quand Raphaël entra dans le bureau de son grand-père, il le trouva installé derrière son imposant bureau en bois, les mains croisées, le regard perçant. André, bien que vieillissant, restait un homme d'une puissance tranquille. Il n'y avait rien dans son regard qui trahissait la moindre faiblesse. Au contraire, ses yeux brillaient toujours avec cette lueur de calculs infinis, de décisions fermes.
"Assieds-toi, Raphaël," dit-il simplement en désignant la chaise en face de lui.
Raphaël s'assit sans dire un mot, tentant de deviner ce qui motivait cette rencontre, son grand-père étant un homme qui ne convoquait jamais ses proches sans raison valable. Il savait qu'il allait encore recevoir un de ces "défis" dont il n'avait pas toujours l'envie. Mais cette fois-ci, il n'était pas prêt pour ce que son grand-père allait lui dire.
André l'observa longuement avant de parler. Le silence dans la pièce était lourd, oppressant. Raphaël attendait qu'il en vienne enfin au fait, tout en essayant de ne pas trahir l'irritation qui commençait à le ronger. Il n'avait aucune patience pour ce genre de manœuvres. Pourquoi ne pas lui dire directement ce qu'il avait en tête ?
"Je sais que tu n'es pas ravi de cette histoire d'assistante," commença André, d'une voix calme, presque apaisée, mais d'une fermeté implacable. "Je sais aussi que tu n'apprécies pas Isabelle Morel. Mais je tiens à ce qu'elle reste. Et toi aussi, tu vas t'y faire."
Raphaël se tendit légèrement, sentant la tension monter dans son ventre. Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? Il s'apprêtait à répondre, mais André l'interrompit d'un geste sec de la main.
"Je vais être très clair," dit-il, son ton devenant plus autoritaire. "Je t'ai confié l'entreprise, mais il y a une condition que tu ne peux pas ignorer. Tu veux l'héritage que je vais te laisser, tu veux continuer à diriger notre empire, hein ?" Il marqua une pause, avant de fixer son petit-fils dans les yeux. "Eh bien, tu ne pourras toucher à cet héritage que si tu respectes une règle simple : tu dois garder Isabelle à son poste pendant un an. Pas moins."
Les mots résonnèrent dans la pièce comme un coup de tonnerre. Raphaël cligna des yeux, ne sachant pas s'il avait bien entendu. Un an. Un an avec Isabelle Morel, cette assistante qu'il n'avait même pas pu supporter quelques jours. Il serra les poings sous la table, son esprit tourbillonnant. Comment pouvait-on imposer une telle règle ?
"Un an ?" répéta-t-il, sa voix trahissant son incrédulité. "Tu veux dire que je ne pourrai pas toucher l'héritage tant que je n'aurai pas gardé cette... cette Isabelle à mon service pendant un an ?"
"Exactement," répondit André, sans un sourire, les yeux toujours aussi perçants. "Et c'est non négociable. Tu as toujours fait ce que tu voulais, Raphaël, mais tu oublies que la famille Delacroix a des valeurs, des traditions. Je veux que tu apprennes à travailler avec cette femme, à comprendre son rôle et à la respecter. Oui, je sais que tu n'aime pas la façon dont elle te regarde, mais crois-moi, elle est une part importante de ton avenir maintenant. Si tu veux mon héritage et l'avenir de l'entreprise, tu n'as pas le choix."
Raphaël se leva brusquement, incapable de rester assis plus longtemps. Ses jambes étaient tendues, ses poings serrés, mais il se maîtrisait tant bien que mal.
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