
Conte de faits
Chapitre 2
Mayram Sow:
- si c'est le tribunal que tu veux tu l'auras...
Je tire sur mes valises avec les enfants, tout le monde me regardait choqué, mais je n'en fais pas cas, c'est Omar le petit frère de mon ex mari qui me rattrape en me disant:
- donnes moi tes valises je vais t'aider, tu sais bien que je ne vais pas te laisser sortir de cette maison à cette heure toute seule...attends je vais prendre les clés de la voiture.
Je ne lui dis rien mais attends quand même, c'est Halima la cadette de la famille qui me retrouve devant la porte:
- Mayram stp ne parts pas, comment sera la maison sans toi, stp restes( en pleurant)...
- Halima arrêtes de pleurer et écoutes moi, tu es encore très jeune, tu ne comprends pas certaines choses que font les adultes, si je quitte cette maison c'est parceque j'ai mes raisons, je viendrai souvent te voir c'est promis.
- j'ai 15 ans je ne suis plus un enfant et je comprends tout ce qui se passe dans cette maison, tu as vu Khalil il est anéanti, il t'aime, cette histoire de mariage avec Nabou ne doit pas te faire perdre tes moyens, toi et mon frère vous avez toujours été un couple exemplaire, pourquoi tout gâcher maintenant ?
- stp vas-y te coucher je t'appelerai demain, ok...
Elle entre dans la maison toujours en pleurs,c'est au même moment que Omar revient avec les clés et me dit:
- tu veux aller où ?
C'est en ce moment que j'ai compris que je ne savais même pas où aller, je sais que si je vais chez moi à cette heure, mon père risque de me tuer et ma mère n'aura pas son mot à dire, je ne peux pas aussi aller chez Yama ma meilleure amie, son père et le mien sont inséparables, tel que je le connais, il agira comme mon père et si j'allais chez ma tante, la petite soeur à ma mère... Je ne sais même pas quoi faire, je suis très confuse.
Junior n'arrêtait pas de pleurer, je me rends compte alors que ma décision de quitter cette maison n'a pas été bien réfléchie...
Pleine dans mes pensées, Omar m'interrompt en me disant:
- tu peux toujours changer d'avis tu sais...
Sans faire attention à ce qu'il me dit, je lui lance:
- amènes moi à Rufisque chez ma tante.
Il m'aide à monter tous mes baguages, j'avais couché mon fils derrière et allaitais ma fille qui n'arrêtait pas elle aussi de pleurer...
Le trajet se fait dans un silence de mort, depuis que je me suis mariée c'est la première fois que je quitte mon foyer, mais ce que Khalil m'a fait jamais je ne pourrais l'oublier.
Pourquoi s'être marié avec Nabou ? Et dire que cette fille a toujours été mon amie, je l'ai toujours considéré comme une grande soeur à part entière, et voilà qu'elle accepte ce mariage, donc elle a toujours eu des vues sur mon mari, je ne lui pardonnerai jamais cette trahison..Il est vrai que j'exagère en disant qu'elle a 70 ans, c'est juste qu'elle est plus vieille que moi, elle a la trentaine alors que moi je n'ai que 24 ans.
C'est Omar qui me fait revenir en me disant:
- je prends cette ruelle là, ou bien c'est l'autre?
- non c'est celle là...
Il faisait déjà jour, peut être qu'il est 6h le soleil se lève tôt ces temps ci.
Après quelques minutes à arpenter la route sablonneuse, on arrive enfin devant la maison, c'est à Cité Tacco en face du terminus des bus 77.
Je dis à Omar de me laisser sonner d'abord et après on descend les valises.
Je fais deux sonneries et attends sagement que quelqu'un m'ouvre la porte, ma tante vit seule avec son mari dans cette immense demeure, ses deux enfants sont partis continuer leurs études en France.
Après 3 minutes à attendre, j'entends des pas s'approcher...et la porte s'ouvre sur Tonton Ali, il était très surpris de me voir:
- Mayram qu'est ce que tu fais là à cette heure?
- bonjour tonton, excuses moi de vous déranger de si tôt mais je ne savais pas où aller... Je...
- ok je comprends, mais entres ne restes pas là...
- au fait je suis venue avec les enfants et quelques baguages...
- d'accord je vais t'aider à les faire entrer...
- merci...
- c'est tout naturel, je crois que ce n'est pas la peine qu'on réveille ta tante, elle te verra plutard.
- oui d'accord...
Avec Omar, ils descendent tous les baguages et m'aident à m'installer dans une chambre, j'étais très épuisée et les enfants aussi...
Je dis au-revoir à mon beau frère qui me prend longuement dans ses bras avant de me dire:
- prends le temps de réfléchir, nous t'aimons très fort...
Il sort de la maison et me laisse seule avec tonton:
- Mayram fais comme chez toi, je retourne dans ma chambre.
Quand il est sorti, mes souvenirs vont vers mon mari, cet homme pour qui j'ai tout sacrifié m'a tout simplement trahi...mes larmes coulèrent durant tout le temps que je me mettais à penser à tout ce qu'on a vécu ensemble...
Je m'appelle Mayram Sow, j'ai 24 ans, mariée depuis 5 ans avec Khalil Diallo. Je me suis mariée très jeune sacrifiant ma classe de terminale pour un amour qui a mal terminé... Je n'ai pas pu faire mon examen de baccalauréat due à une grossesse qui était très risquée, je m'étais disputée avec mon père à cause de mon entêtement pour ce mariage, un amour qui m'aveuglait, j'étais prête à tout pour devenir Mme Diallo. Je suis devenue femme au foyer, je n'ai jamais rien fait de ma vie à part m'occuper de mon mari et de sa famille. Il est vrai que j'ai fait une formation accélérée de quelques mois en bureautique mais je ne l'ai jamais vraiment pratiqué.
Aujourd'hui quand je repense à ce retard que je me suis imposée au nom de l'amour, je me sens bête et sans cervelle, je dois tout simplement recommencer à zéro, mon mariage et mes sacrifices m'ont appris qu'aucun homme ne mérite qu'on passe leurs intérêts avant les nôtres, ils sont tous pareils que des ingrats.
Khalil Diallo...
Je n'ai pas fermé l'œil de toute la nuit d'hier, la réaction de ma femme était très excessive et je n'ai jamais connu cette facette d'elle, elle a été tellement insolente que j'ai voulu la libérer sur le coup...
Je me suis marié avec Nabou et alors, elle est une femme comme elle, même si elle a été la femme de mon défunt frère...Il y'a une semaine que j'ai fait d'elle ma femme, mais j'essayai toujours de trouver un moyen pour l'annoncer à Mayram, je connais sa jalousie maladive c'est pourquoi j'ai tant hésité, mais hier, j'ai tenu à lui en parler:
Flash back...
J'essayais de dormir mais je n'y arrivais pas, cacher une telle chose à ma femme depuis une semaine me fendait le coeur, je ne lui ai jamais rien caché de ma vie, donc je dois continuer à être franche avec elle.
On était déjà couché comme à ses habitudes, elle est venue se blottir tout contre moi en me caressant la poitrine, moi aussi je faisais de même en jouant avec ses cheveux, à chaque fois que je voulais ouvrir ma bouche pour parler, je me bloquais, je ne savais pas par où commencer.
Tout à coup, je sens ma femme qui appuie ses caresses jusqu'à arriver à mon deuxième cerveau( George)...
Elle sait bien en prendre soin, elle a l'habitude de me torturer toutes les nuits avec des astuces toujours aussi inimaginables les une sur les autres..Mais en ce moment, je n'avais pas vraiment la tête à faire l'amour, elle sent que j'étais un peu tendu, elle relève la tête et me dit sensuellement :
- tu n'aimes pas ce que je suis entrain de te faire, en me mordillant les lèvres:
- si dis-je dans un souffle.
Elle arrête tout et se met en position assise, l'air sérieuse :
- qu'est ce qui se passe Khalil, tu as des problèmes ?
- non au fait...bon..tu sais..j...
- stp formules une phrase correcte...je te connais et je sais que quand tu es comme ça c'est parce qu'il y'a quelque chose qui ne va pas.
Je me lève à mon tour et allume la lampe de chevet, on avait seulement mis la vielleuse...
- Mayram tu sais que je t'aime plus que tout et que je ferai tout pour te rendre heureuse...
- oui je sais, mais pourquoi tu me dis tout ça ?
- parceque je t'aime tout simplement...
- moi aussi, mais ne me dis pas que c'est la raison pour laquelle tu es si tendu.
- je..j..t..
Elle ne me laisse même pas formuler cette phrase qui refuse de sortir et me dit presque en hurlant:
- C'EST UNE FEMME C'EST ÇA ?
- qu'est ce qui te prend de crier comme ça, tu oublies qu'on est à presque 3 heures du matin.
- et alors, si tu prends tout ce temps pour parler, c'est tout simplement que tu m'as trompé avec une femme, je te jure Khalil si c'est ça, je te tue.
Quand elle m'a fait ces menaces très sérieuses, vu l'expression de son visage, je décide alors de parler:
- j'ai pris une deuxième femme...dis-je d'un trait en me décalant un peu pour ne pas qu'elle se jette sur moi...mais au lieu de cela, elle se mit à rire comme une hystérique :
- hahhaha, tu es tellement rigolo, mais non arrêtes, toi marié, hahaha...
- je suis sérieux, je me suis marié avec Nabou, la femme de Matar, je veux dire sa veuve...
Quand j'ai dit cela c'est comme ci, on l'avait piqué, elle saute du lit en me faisant face, les mains sur les hanches:
- je pense que je n'ai pas bien entendu, est ce que tu peux répéter...
Sa voix avait tellement changé que je ne la reconnaissais pas, mais je gardais toujours mon calme légendaire, je sais que ma femme est tout mon contraire:
- Mayram calmes toi et essayons de discuter comme des adultes...
Vous savez comment ça s'est terminé...
Fin du flash back...
Je m'appelle Khalil Diallo, j'ai 35 ans, marié et père de deux enfants. J'ai perdu très tôt ma mère et avec mon frère mort depuis un an, on s'occupait de la maison, j'ai épousé Mayram alors qu'elle était encore très jeune, j'ai été égoïste de lui avoir imposé une telle vie, même si elle ne s'y est jamais opposée.... Je l'aime plus que tout mais la manière dont elle a réagi hier me fait très mal et si c'est le divorce qu'elle veut je la lui accorderai.
C'est Omar qui entre dans ma chambre, l'air très en colère :
- bro tu as vraiment merdé sur ce coup là...
- stp Omar, je n'ai pas envie d'écouter tes reproches, j'en ai déjà assez entendu...
- pourtant je t'avais dit de lui en parler depuis ce jour où tu es allé parler aux parents de Nabou.
- oui tu as raison, mais je n'ai pas eu la force de le faire...tu connais ma femme et tu as vu tout ce scandale qu'elle a fait hier.
- elle a en partie raison, elle et Nabou s'entendaient bien...
- oui raison pour laquelle elle ne devait pas agir comme elle l'a faite.
- je vois que tu ne mesures pas l'ampleur de tes actes, mais bon tu es mon grand frère et je te respecte beaucoup mais je n'aime pas voir Mayram souffrir, surtout venant de toi...tout ce que je te demande c'est d'aller lui parler et la ramener, elle est chez sa tante à Rufisque.
- j'irai la voir mais plutard.
- ok comme tu voudras, moi je sors, je dois aller faire quelques courses.
Mon frère a raison, je devais parler de tout ça à Mayram, mais ce qui est fait est déjà fait et je ne peux plus retourner en arrière.
Après quelques minutes à me tirailler avec mon cerveau, je prends la décision d'aller voir Nabou, mais au moment où je sors de la chambre, j'entends des salutations, qu'est ce qu'elle fait là encore?
Mon père qui était assis au salon lui répondait par le bout du nez, mais cela ne l'arrêta pas:
- excusez moi de venir ici sitôt, mais je m'inquiétais, hier j'ai cru entendre des disputes venant de cette maison...
Mon père ne la laissa même pas terminer son allocution :
- tu as dû mal entendre, personne ne se disputait ici...dit t-il très ferme en se reconcentrant sur son chapelet.
- ahhh donc c'est ça, mais j'ai vu quelqu'un sortir avec des valises, on dirait que vous aviez des invités...
Je ne faisais que la regarder, comment une personne peut t-elle s'occuper des problèmes des autres sans gène, cette vieille ne changera jamais:
- Oulimata Diop, on avait pas d'invités et personne n'est sortie de cette maison avec des valises, je te prie de nous excuser, mais il fait très tôt pour venir déranger les gens comme ça.
Mon père est du genre très franc, il dit toujours ce qu'il pense, mais c'est bien fait pour cette femme, si elle est là pour chercher des informations pour nourrir sa revue de presse elle n'aura rien, je me demande qu'est ce qu'elle faisait debout à 3h du matin.
- wallahi je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais cette maison est comme la mienne et ces enfants je les considère aussi comme les miens, c'est pourquoi je ne peux pas m'empêcher de me soucier de certaines choses, tu connais ma relation avec ta défunte épouse, on était inséparables...
Mon père se lève en même temps pour se diriger vers son appartement, laissant la vieille commère dans ses spéculations.
Quant à moi, je sors doucement de la maison, direction chez Nabou, si cette vieille ne voit plus personne avec qui discuter, elle rejoindra peut être chez elle...
Pourquoi elle invente qu'elle était amie avec ma mère, cette dernière ne l'a jamais supporté, elle nous demandait aussi de nous méfier d'elle car cette vieille est satan en personne.
Je me rappelle quand Mayram a rejoint le domicile conjugal, elle a tout fait pour se rapprocher d'elle en lui donnant ses soi-disant conseils, chose que ma femme appliquait sans faute, elle l'avait même influencé d'aller voir un vieux marabout pour selon ses dires bétonner notre mariage.
Puisque ma femme était très naïve, elle la suivait comme une chienne et tout ça à mon insu, mais j'ai tout découvert un jour quand j'ai entendu ma femme lui parler au téléphone, je lui ai forcé à me dire la vérité et c'est là qu'elle m'a tout avoué, j'en ai voulu à ma femme, et j'ai été en froid avec elle pendant plusieurs jours. Ce que ma femme ne savait pas c'est que cette vieille a toujours tout fait pour que je me marie avec sa fille, cette dernière n'est pas mon genre car rien n'est naturel chez elle.
Depuis cet incident, nous avons pris nos distances, mais elle ne se lasse pas, car il ne se passe un jour sans qu'elle ne vienne fourrer son nez dans nos affaires.
Nabou m'avait appelé pour me dire que l'une des jumelles ne se sentait pas bien c'est pourquoi j'y vais, mais depuis que je l'ai pris comme femme, on a pas été intime, j'ai toujours un petit blocage vis à vis d'elle, mais je crois que ça viendra.
J'ai loué un appartement pour elle et les enfants, je n'aimais pas la manière dont elle vivait chez ses parents, elle n'avait qu'une toute petite chambre qu'elle partageait avec ses enfants.
Arrivé, je souffle longuement avant de sonner, elle m'ouvre avec un sourire, et l'une des jumelles vient me sauter au cou:
- Awa, mon coeur...je t'ai manqué...
- oui papa dit-elle heureuse...
C'est mon frère qui avait toujours demandé à ses enfants de m'appeler papa. Je me tourne vers sa mère :
- Nabou comment tu vas?
- bien et toi?
- moi ça va, où est Adama elle va mieux.
- oui elle dort, mais sa fièvre est tombée.
- alhamdoullillah alors...
J'étais toujours dans le salon, mais Nabou me dit:
- allons dans la chambre...
Je ne comprends pas, pourquoi elle veut qu'on aille dans sa chambre.
Pour ne pas la frustrer, je me lève et la suis.
Je m'assois à l'extrémité du lit, franchement je me sens pas du tout à l'aise. Nabou vient s'assoir à deux centimètres de moi, je sentais son parfum mélangé avec de l'encens...
Elle commença à me caresser la main et me lança :
- comment va Mayram ?
- elle va bien...
- tu lui as dit pour nous?
- oui, j'en ai discuté avec elle hier.
- comment elle l'a pris...
- avec philosophie mentis-je.
J'avais très honte de lui raconter tout ce que ma femme a fait...
- je suis désolée pour tout, me dit Nabou...
- ne sois pas désolée, c'est notre destin..
Elle se lève doucement et vient s'assoir sur moi, mais qu'est ce qui lui prend tout d'un coup?
Ne pouvant pas supporter une telle intimité, je la bascule très gentillement de l'autre côté et me lève, je sens qu'il y'a beaucoup de tentations dans cette chambre...
- Khalil qu'est ce qu'il y'a? Pourquoi tu te lèves?
- écoutes Nabou, c'est vrai qu'on est marié, mais il faudra que tu comprennes que...
Je ne savais même pas quoi dire, c'est ma femme nom de Dieu...
Elle me rejoint là où je m'étais réfugié et me dit très sensuellement, ce qui a eu le don de réveiller certains de mes sens:
- je suis ta femme et tu peux faire de moi tout ce que tu veux...
- je sais dis-je dans un souffle...
- donc qu'est ce que tu attends pour me donner mes jours de tours, j'ai besoin de te sentir la nuit...
C'est Nabou qui parle comme ça, pourquoi elle a si changé?
- je ne sais pas quoi te répondre, je dois régler quelques détails avant de commencer ces choses.
Au lieu de me laisser sagement dans mon coin, elle commence à promener ses doigts sur moi, elle faisait ça en me fixant droit dans les yeux...
Sans même le vouloir, je lui prends les lèvres et la dirige vers le lit.
Mon Dieu qu'est ce que je suis entrain de faire?
Suis-je entrain de trahir Mayram ?
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