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Couverture du roman Conte de faits

Conte de faits

Plongez dans l'existence hors du commun de Mayram Sow, une femme dont le destin bascule de façon totalement imprévisible. Ce récit moderne, à la frontière entre une romance intense et une aventure mouvementée, vous transporte dans un tourbillon de faits marquants et de mélodrames profonds. Loin des sentiers battus, suivez les péripéties d'une vie qui n'a absolument rien de banal. Une œuvre captivante à découvrir pour son authenticité et ses émotions.
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Chapitre 3

Seynabou Sy( dit Nabou)...

Je suis tellement heureuse d'avoir partagé ce moment avec Khalil, j'ai tant rêvé de ça, je peux même dire que c'est la première fois que je vis l'orgasme au vrai sens du mot. Khalil a été un vrai professionnel, il m'a fait monter au 7 ème ciel rien qu'avec ses doigts. Quand il m'a enfin pénétré j'ai senti comme une décharge électrique me parcourir tout le corps et dire que j'ai fait 10 ans de mariage, jamais je n'avais ressenti une telle chose... Donc Mayram disait vrai quand elle me racontait que son mari était très doué au lit...j'en ai la preuve maintenant.

On a fini depuis 5 minutes, mais je le sens un peu tendu, nous étions tous les deux nus et je m'étais couchée sur son torse, personne ne parlait, et tout à coup, je le sens qui essaie de se lever, je me mets encore sur lui pour l'empêcher de le faire, je n'ai pas envie que cela termine, je veux qu'il passe la nuit avec moi.

Il me détache de lui et me dit sans me regarder:

- je dois partir.

- mais pourquoi( en essayant de l'embrasser, mais il n'avait pas l'air d'apprécier car il bascule sa tête de l'autre côté :

- Khalil qu'est ce qui se passe? Tu regrettes ce qui vient de se passer.

- non ce n'est pas ça, mais je crois qu'on est allé trop vite en besogne, je ne pensais pas que...

Je l'interrompt en lui disant:

- je suis ta femme, on a fait aucun mal.

Il se lève et commence à porter ses habits, le gars a vraiment envie de partir..

- qu'est ce que tu fais? Je pensais que tu allais passer la nuit avec moi.

- non, ce n'est pas une bonne idée, écoutes moi Nabou, il est vrai que tu es ma femme et que je veux que ça soit ainsi, mais laisses moi du temps pour réfléchir à tout ça, on aurait jamais dû faire ça, on devrait attendre, mais je ne sais pas ce qui m'a pris( en prenant sa tête).

- tu avais seulement envie et moi aussi, Khalil arrêtes de te voiler la face, si on est mari et femme, cela veut dire qu'on sera intime, donc pourquoi tu réagis comme si tu avais fait un gros péché.

- bon on en reparlera une autre fois, là il faut vraiment que je parte( en portant ses chaussures).

J'étais toute nue, je vais jusqu'à lui et me suis collée à son dos:

- stp Khalil restes, Awa va te demander quand elle se réveillera.

Il fait une grande expiration et me dit:

- je repasserai un autre jour.

Je me couvre avec le drap et le rattrape quand il était sur le pas de la porte:

- promets moi que tu vas revenir bientôt... Dis-je sur un ton suppliant.

- bonne fin de journée Nabou.

Il quitte l'appartement et me laisse là comme une vulgaire affamée de sexe, mais ce qu'on a fait tout à l'heure me prouve que je ne lui laisse pas indifférente, je dois alors marquer mon territoire, peu importe ce que cela me coûtera.

J'entre dans la salle de bain et beaucoup de souvenirs me viennent en tête....

Je repense à mon mariage avec mon défunt mari, Matar Diallo, je peux dire que je n'ai jamais été heureuse avec lui, j'ai passé 10 ans à ses côtés où je faisais semblant d'être la femme la plus comblée sur terre, alors que tout était mirage.

Mon mari était le genre de mec gentil et ouvert avec tout le monde dehors, mais avec sa femme c'est comme s'il voyait son ennemi....

Dans la chambre, c'était souvent des insultes et des reproches à en plus finir, je subissais dans le silence. Cela ne me décourageait pas à acheter toutes sortes de trucs pour pimenter nos nuits, mais il trouvait toujours des mots blessants pour me faire perdre toute mon estime.

Pourtant je suis belle, d'ailleurs tout le monde me le disait, sauf lui, je n'avais jamais de compliments venant de sa part...j'avais fini par m'y habituer.

Avant notre mariage, il était l'homme le plus doux, le plus gentil et le plus attentionné que je n'avais jamais connu, il m'offrait toutes sortes de cadeaux en guise de son amour pour moi. Mes parents l'aimaient comme si c'était leur propre fils.

Mais c'est seulement après 1 ans de mariage que j'ai vu beaucoup de changements en lui, il était devenu colérique, méchant en paroles, me rabaissait même devant sa famille, un jour il s'était même disputé avec Khalil parce qu'il avait osé m'insulter devant lui, et ce dernier voulait lui faire entendre raison, mais mon mari l'avait mal pris... C'était partie en vinaigre, à part cet incident les deux frères étaient inséparables, toujours complices, même s'ils avaient des tempéraments totalement opposés.

Les choses se sont plus empirées quand Mayram a rejoint le domicile conjugal, elle était la chouchou de tout le monde, même de mon mari, ce dernier lui faisait tout le temps des compliments, jouait et riait avec elle, et moi je n'ai jamais eu droit à ça.

J'enviai cette fille pour sa capacité à propager sa bonne humeur dans toute la maison, moi j'étais du genre timide et un peu trop réservée. Mon mari n'arrêtait pas de me comparer à Mayram et de m'imposer à me comporter comme elle.

Pourquoi devenir comme Mayram ? Chaque personne à sa propre personnalité ?

Au fur du temps, Mayram et moi on est devenu très complices, on passait tout notre temps à papoter, je ne lui parlais jamais de mes problèmes avec mon mari, elle pensait même que j'étais très heureuse, elle me parlait souvent de Khalil, de tout l'amour qu'ils partagent, de cette fusion entre eux, elle me racontait même leurs nuits torrides, ceci avait le don de réveiller en moi des sentiments pour Khalil, choses que je refusai d'admettre mais je commençais à regarder Khalil avec un œil différent, personne ne pouvait deviner, mais tout ce dont j'avais envie c'était d'avoir ce que Mayram avait, c'est à dire un homme comme Khalil ou tout simplement Khalil.

Je commençais à suivre les conseils de Mayram en m'habillant comme elle et elle m'avait aussi appris à me maquiller. Un soir Khalil m'a trouvé dans la cuisine pensant que c'était Mayram, il m'avait enlacé et me faisait des suçons sur le cou, j'aimais cet instant et je ne voulais pas que ça s'arrête. L'odeur de son parfum entrait au plus profond de mon être, mais quand il s'est rendu compte que ce n'était pas sa femme, il s'était mis à s'excuser comme un gamin, et ce jour j'avais dormi comme jamais je ne l'avais fait, j'étais tout simplement heureuse.

Il passait les jours suivants à m'éviter parce qu'il avait honte, quant à moi, je faisais tout pour me rapprocher de lui.

Malgré mes changements, mon mari ne remarqua rien, il avait souvent beaucoup de boulots et rentrait très tard, parfois il lui arrivait de me réveiller pour assouvir ses désirs sexuels sans se soucier de mes propres désirs. Mon amour pour lui était mort, je n'avais même plus envie qu'il me touche, qu'il me fasse l'amour, on pouvait rester des jours sans discuter, aucune communication dans notre couple, alors qu'au même moment j'entendais l'autre couple qui éclatait de rire, qui jouait comme des enfants, qui criait leur joie... Je pleurais de cette solitude que je ressentais tout au fond de moi....

Un jour je discutais avec Mayram sur sa jalousie quand son mari rentrait tard, elle m'a souligné qu'avec les hommes, il faut rien laisser passer, ce sont des infidèles naturels, donc il faut les surveiller, elle m'avait même conseillé de fouiller parfois le portable de mon mari, histoire de voir ce qu'il fait.

Un dimanche alors que Matar dormait encore, j'ai pris son portable et j'ai commencé à fouiller, il avait mis un code mais c'était facile de le deviner car c'est le jour de la naissance des jumelles.

Mais tout ce que j'ai vu dans son watshap m'a finalement fait regretter mon geste.

Jamais je n'aurais imaginé que mon Matar avait des maitresses avec qui il donnait des rendez-vous dans des hôtels, des auberges...

Il leur envoyait des messages salaces et les filles lui envoyaient des vidéos où elles étaient nues en utilisant un vocabulaire des plus vulgaires.

Il couchait avec ces filles, car ces dernières le signalaient dans les messages.

Je tremblais en voyant tout ça, Matar n'était qu'un faux type, il incarnait le respect chez lui, tous ces frères le considéraient comme un vrai responsable alors qu'il n'en n'était rien.

Je le regardais qui dormait à poings fermés et je n'avais qu'une seule envie le tuer....Mes larmes me brouillaient la vue, mon coeur saignait, donc pendant tout ce temps qu'il se comportait comme un monstre avec moi, il allait voir ailleurs...

J'avais copié tous les messages et les vidéos sur mon portable et je m'étais mise à réfléchir sur la manière dont je devais me venger de lui.

J'ai pris un temps énorme avant d'élaborer un plan, et c'était le plan idéal car personne ne pourrait rien soupçonner.

Puisqu'il aimait le lait, il en buvait chaque soir j'ai brisé des verres que j'ai transformé en poudre, j'en mettais dans son lait chaque nuit...

Il commençait à avoir des maux de ventre, il se tordait toutes les nuits de douleurs... J'ai voulu arrêter de l'empoisonner de la sorte mais quand je repensais à son infidélité et à tout ce qu'il me faisait vivre, je me sentais plus déterminée.

Un soir alors que tout le monde dormait, il se mit à vomir jusqu'à sortir du sang. À la vue de ce sang, il eut peur et cria mon nom:

- Nabou regardes je suis entrain de vomir du sang, mais qu'est ce qui m'arrive?

- du sang tu dis...nonnn...en faisant semblant de ne rien comprendre...

Il me demande alors de réveiller son frère pour qu'il l'amène à l'hôpital, toute la famille était inquiète et Mayram me consolait en me disant que tout allait bien se passer.

Il n'a passé que deux jours à l'hôpital avant de rendre l'âme, je suis une meurtrière j'ai tué mon propre mari.

Mais avant de mourir, il avait tenu à me demander pardon pour tout ce qu'il m'avait fait subir:

- Nabou, je crois que ma fin est proche, je me sens très faible, je regrette de t'avoir fait vivre l'enfer, stp pardonnes moi.

- je peux te pardonner mais dis moi d'abord pourquoi tu m'as fait tout ça, pourquoi tu as été infidèle.

Il ouvre grand les yeux...

- je suis au courant de tout Matar, mais ce qui est fait est déjà fait.

- je te demande encore une fois de me pardonner, saches que même après ma mort, ma famille prendra bien soin de toi et des enfants.

Je commençai à verser des larmes:

- ne pleures pas tout va bien se passer, je sais que tu es une très bonne femme...tu mérites d'être heureuse.

- je ne veux pas quitter la famille, je ne connais que vous...depuis 10 ans que j'ai quitté la mienne...snifff...

- si tu veux tu resteras et mon frère s'occupera de tous tes besoins, ne t'en fais surtout pas pour ça.

- je ne veux pas que mes enfants aient d'autres frères ou soeurs qui portent des noms différents de Diallo, je ne veux pas les perturber...

- je comprends...

- tu peux demander à Khalil de me prendre comme femme si jamais il t'arrive quelque chose, je ne le veux pas pour moi, mais les enfants ont besoin d'une figure masculine dans leurs vies.

Il réfléchit un long moment et me dit:

- si cela pourra me faire pardonner tout ce que je t'ai fait, je demanderai ça à Khalil comme étant ma dernière volonté.

- je ne veux pas aussi que tu te sentes obligé de le faire...dis-je innocemment...

-......

- je te laisse te reposer...

C'est le lendemain qu'on nous annonce sa mort, comme toute veuve éplorée, j'ai pleuré, crié, mais au fond de moi, je savais que c'est ce que je souhaitais.

Quand j'ai fini mon veuvage, Khalil était venu me parler des derniers vœux de son frère, j'ai fait semblant de ne rien comprendre et là il m'avait demandé du temps pour remettre de l'ordre dans ses idées....

Je savais que c'était un lourd fardeau pour lui, lui qui disait souvent que seule Mayram le suffisait.

Je sais que j'ai été égoïste de faire ce que j'ai fait, mais moi aussi j'ai le droit d'être heureuse, je suis encore jeune, je n'ai que 33 ans, j'ai envie de croquer la vie à pleine dent et ce sera avec Khalil. Je compte le rendre accro à ma personne.

Aujourd'hui qu'on est marié, et que je connais tous ses points faibles, c'est Mayram qui m'a tout dit dans ce sens, il sera à moi, totalement à moi, avec lui j'ai décidé de rattraper toutes ces années de malheur que j'ai vécu au côté de son frère.

Mayram Sow...

- hey arrêtes de pleurer et regardes moi, aucun homme ne mérite qu'une femme verse des larmes pour lui.

- j'avais tellement foi en lui, il m'avait toujours dit qu'il ne prendrait jamais une seconde épouse.

- et je suis sûre que tu l'avais cru, tu vois tu n'as aucune expérience, un homme quand il te dit 100 choses, sache que les 90 sont des mensonges.

- ce qui me fait le plus mal, c'est celle qu'il a choisi comme épouse...Nabou je la considérais comme ma propre soeur.

- cette fille je n'ai jamais eu confiance en elle d'ailleurs je t'avais toujours dit d'arrêter de tout lui raconter sur ton ménage...est ce que tu as bien vu ton mari? Qui ne voudrait pas d'un homme comme lui?

- ne me parles plus de ce traitre, je compte divorcer.

- en tout cas je suis ta tante et je te soutiendrai sur tout ce que tu feras, mais penses aussi à tes enfants, peut être que tu dois bien réfléchir avant de prendre une quelconque décision.

- mes enfants je les élèverai toute seule.

- d'accord et tu peux rester ici le temps que tu voudras, je suis sûre que tes parents vont bientôt m'appeler une fois au courant de la situation.

- je ne leur ai rien dit...

- ils le sauront tôt ou tard...

C'est Yama et Penda qui nous interrompent en entrant sans frapper dans la chambre...

Sans même me saluer, Penda me lance:

- waaa yaw diank sa beut yi môme honkou nagnou di( jeune fille tes yeux sont rouges)...

C'est Yama qui la remet à sa place en lui disant:

- Penda, tu sais bien que Mayram n'a pas besoin de tes remarques désobligeantes...je ne sais pas pourquoi quand tu ouvres la bouche tu ne dis que des conneries....Excusez nous de débarquer comme ça, bonjour Tata Mamy...

- bonjour mes chéries, je vous comprends, bon je vous laisse discuter.

À peine qu'elle est sortie de la chambre que Penda attaque la conversation, je ne sais pas pourquoi cette fille est si agitée, je crois que c'est une maladie chez elle:

- Mayram racontes, je te jure quand j'ai vu ton texto ce matin, je n'ai même pas pu me concentrer, tellement que je voulais avoir des informations...

Yama l'interrompt en lui disant:

- tu vas arrêter avec tes questions? Tu ne vois pas que Mayram n'est pas d'humeur, espèce de folle.

Elles étaient entrain de se chamailler et je ne faisais que les regarder et quelques instants plutard, je leur dit:

- j'ai demandé le divorce.

Yama fait tomber son portable et vient se mettre tout près de moi.

- Mayram qu'est ce qui s'est passé...

Je leur raconte tout...

Penda se lève, les mains sur les hanches:

- je t'ai toujours dit de faire très attention à cette fille, je voyais clair dans son jeu, je ne l'avais jamais senti, avec son sourire hypocrite, je savais qu'elle éprouvait des choses pour Khalil.

- Aÿ Penda qu'est ce que tu es entrain de raconter comme ça, pourquoi tu aimes inventer des choses? Lui rétorque Yama.

- je n'invente rien du tout, et dire que Mayram nous négligeait à cause de son amitié avec cette voleuse de mari, elle est vraiment dégoûtante, comment est ce qu'elle peut imaginer un instant coucher avec le petit frère de son défunt mari, c'est quel genre de fille ça ?

- d'abord tu te calmes ok, tu es entrain d'influencer négativement les pensées de Mayram et je crois qu'elle n'a pas du tout besoin de ça, elle nous a fait venir pour qu'on lui donne des conseils...

- on ne devrait même pas rester là à discuter, on devrait prendre tout de suite un taxi et aller casser la gueule à cette fille, mais c'est...

Cette fois ci c'est moi qui l'arrête :

- Penda est ce que tu peux changer cet air belliqueux et discuter calmement.

Elle s'assoit et me fixe avec ces gros yeux:

- bon comme je viens de vous le dire, mon mari m'a trahi en se liant avec Nabou, elle aussi m'a trahi, ce sont tous les deux des traîtres, j'ai décidé de mettre fin à ce mariage...je ne vais jamais vivre un ménage à trois.

- je suis tout à fait d'accord avec toi, niaffal ndayou mariage bi feule...tu es encore très jeune, reprends toi bientôt les mecs reviendront comme des mouches pour demander ta main.

- c'est quels genres de conseils tu es entrain de servir à Mayram, lança Yama...Tu crois que c'est parceque Khalil s'est marié avec une autre femme qu'elle doit quitter son foyer, Mayram n'est plus comme nous, elle est mère, elle a deux enfants qui ont besoin d'être auprès de leurs parents, stp Mayram ne fais pas de bêtises, essaies d'arranger cette situation avec Khalil et surtout n'écoutes pas Penda, dafa beug morom, c'est une célibataire endurcie...Ton mari t'aime plus que tout, je sais que même s'il est marié à une autre femme, tu seras toujours unique dans son cœur.

Les mots de Yama m'ont vraiment touché, mais je ne pouvais pas revenir en arrière, je ne vais jamais partager Khalil avec une autre femme.

- tout ce que tu dis là est vrai, mais je crois qu'il vaut mieux pour moi de divorcer, je veux prendre ma vie en main et m'occuper de mes enfants.

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