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Couverture du roman Consumé par le feu

Consumé par le feu

Injustement incarcérée, une femme tente de reconstruire son existence après sa sortie de prison. Sa route croise celle d'un inconnu en quête d'une épouse pour préserver sa réputation. Face à cette proposition inattendue, elle accepte cette union de convenance, y voyant l'ultime chance de se réinsérer et d'échapper à son passé. Bien que ce pacte exclue initialement tout sentiment, la réalité de leur cohabitation pourrait bien bousculer leurs certitudes.
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Chapitre 3

***Lucia Monica Fabien***

La semaine est très vite passée. J'avais préféré prendre d'abord le temps de m'installer avant de commencer le boulot. Et c'est fait. Aujourd'hui, c'est mon tout premier jour de travail. Je me suis levée assez tôt afin de pouvoir être à l'heure. Comme tout nouvel employé, j'espère ne pas débuter sous une mauvaise note et faire bonne impression. C'est la base pour garder un boulot. Je suis en période d'approbation à l'heure actuelle. Déjà que j'habite assez loin du travail. Il ne faudrait pas que l'on aille se plaindre de moi à mon officier de probation de si tôt. Je n'ai pas droit à l'erreur. Et ça, je le savais. Ce qui m'attend autrement n'est pas du tout plaisant.

Est ce donc vrai que l'on ne peut pas se défaire de son passé  et que celle ci reste comme une tâche indélébile à notre vie ? Ce n'est pas sur que notre passé définisse toujours qui nous somme dans le présent. Alors pourquoi cela nous colle tant à la peau ? On apprend forcément avec le temps. Et certains bêtises qu'on a fait, ne se répéteront plus ce qui est sur. De plus, on peut être marqué par un passé qui n'est pas le notre. Qu'en est il de ces personnes que l'on condamne alors qu'elles étaient innocentes ?

On dira tous que la vie est ainsi faite. Il faudrait tout simplement l'accepter. Mais, combien de temps devrais je supporter cette pression de toujours filer droit pour ne pas tout perdre de nouveau ? Si on m'a laissée sortir c'est parce qu'on était sur que j’étais apte à vivre en société. Alors pourquoi avoir inséré cette clause comme quoi je pourrais retourner en prison au moindre entorse fait pendant que je serai dehors ? C'est clair que je n'avais pas tout compris au moment de sortir. C'est presque pareil qu'une prison. La seule différence, c'est que tu es dehors.

Je suis arrivée au boulot assez tôt pour mon premier jour. Etant nouvelle là bas, je ne connaissais personne. De toute façon,  je ne suis pas là pour me faire des amis. Je voulais simplement des informations à propos de mon travail. L’amitié, c'est un concept abstrait pour moi. Mon expérience avec cette chose que l'on nomme amitié m’a laissée un arrière goût amer par le passé.

Dans le temps, je n'avais qu'une seule amie, Ashaya SMITH. Plus qu’une amie, c'était ma deuxième sœur. Elle et moi, on a partagé tellement de choses. A mes yeux, elle avait tellement d'importance. J’avais plus d'affinités avec elle qu’avec ma propre sœur. Celle venant des mêmes entrailles que moi. Celle avec qui j’ai partagé le sac gestationnel. Il n'y a pas de sacrifice que je n'aurais pas consentie pour mon amie. Pourtant cette dernière n'a pas hésité à sortir avec mon fiancé dans mon dos.

C'etait malheureusement une amitié à sens unique. Et la seule pour qui ça avait de l'importance, c’était malheureusement moi. Elle est venue elle même me cracher cela au visage alors que la pauvre petite idiote que j’étais subissait déjà le martyre à la prison. Selon Ashaya, je lui avais privé de son bonheur en tuant l’homme dont elle était tombé amoureuse. N'est ce pas assez ironique comme situation ? C'est moi la fiancée qu'on a trompée. Et pourtant c'est encore moi qui subis toute les représailles de l’autre femme.

-Hey la nouvelle, qu'est ce que tu fous toute seule au fond du couloir ? Tu as déjà fini de nettoyer la chambre qu'on t'a assignée ? J’entendis quelqu'un crier après moi.

J’ai juste secoué la tête pour dire non. D'ailleurs, je n'avais même pas encore pénétré dans la pièce. J’étais beaucoup trop à fond dans mes pensées pour faire un seul pas en avant.

-C'est donc pour cela que l'on te paie ici ? Si tu voulais rester assise sans rien faire, tu aurais dû rester chez toi. Ici personne ne reste là à se tourner le pouce. Mets toi tout de suite au travail. On ne te paie pas pour rester la à glander.

C'était la gouvernante de l'hôtel qui était venu me réprimander soit disant que j’étais une glandeuse. Ça commence bien. A peine débuter que je me suis déjà mise ma cheffe à dos. Vais je pouvoir tenir ici assez longtemps ? En tout cas,  c'est mal parti.

Je récupère le chariot et le pousse jusqu'à la chambre. Je devrais nettoyer par terre, changer les draps et les serviettes, récurer les toilettes et tant d'autres choses, dans plusieurs chambres. Et ceci en un temps record. Je ne devrais surtout pas me planter. Pas pour mon premier jour de travail en tout cas. Ce n'est pas un travail auquel j’ai été habituée. Mais je m'y fais. Ce n’est plus le moment de choisir.

Dehors dans le hall de l'hôtel, il y avait tout un brouhaha causé par les aller-retours de certains curieux. Ce qui a mit toute l'hôtel en effervescence. Il semblerait qu'un client très spécial allait arrivé aujourd'hui. En toit cas, c’est ce qui se disait. Tout le monde en parlait comme si c'etait là l'événement de l'année. A croire que c’était le président des États-Unis qui débarquait.

Qui était ce ? Pourquoi tous ces gens semblaient ils être en parfaite vénération rien qu'en entendant son nom ? Mes 10 années d'enfermement ne m’ont pas ete d'une grande aide pour être à jour sur l'actualité. Déjà que cela ne m’intéressait pas tant que choses ça avant. Celle qui a toujours été à la page, c’était ma sœur. On ne pouvait pas tout avoir en commun. Le visage était déjà suffisant. Alors, je me suis juste contentée de bien faire mon boulot afin d'être dans le temps. Et ne pas me faire gronder une fois de plus de la journée.

A la pause, Lisa, ma toute nouvelle amie m’apportait à manger. Elle s'est surement dit que je ne l'avais pas encore fait et elle avait raison. Je n’ai pas pris grand chose ce matin en venant.  J’avais espérer m’en occuper à ma pause. C’est bien de limiter mes dépenses aux strict nécessaires. En attendant la première paye, je dois pouvoir gérer le peu d'argent qu'il me reste. Et avec un budget aussi serré que le mien, ce n'est pas étonnant que des choses importantes comme bien se nourrir se retrouve reléguer au second rang. Voire même d'inutile.

-Merci Lisa, je dis lorsque je récupère le petit paquet apporté par cette dernière.

-Il n'y a pas de quoi ma belle, répondit elle. Les amis sont faits pour ça. Si je ne prend pas soins de toi, qui d’autre le fera ?

Elle ne croyait pas si bien dire. Sauf que moi, je n'étais pas du même avis. Et ça, c’est sûrement à cause de ma mauvaise expérience passée. Mais je souris malgré tout. EIl ne faudrait pas pas faire quelques chose qui allait rendre Lisa mal à l'aise. Elle n’est en rien responsable de mon passé amical cauchemardesque.

-Bon j'y vais, déclara Lisa. Je ne veux pas trop envahir ton espace de travail et que par la suite on te réprimande. Préviens moi si tu veux que l’on se voit plus tard. Tu dois redécouvrir la ville.

J’acquiesce de la tête. Avec Lisa, j’ai vite appris une chose. Il ne faut pas lui dire non. Par la suite, je ne tardai pas à reprendre le boulot. Juste que, je suis arrivée dans le hall au même moment que le fameux client. Et moi, l’antisociale que je suis, n'avait pas prêté attention à lui. De toute façon, je n'aurais pas pu l'approcher de près même si je le voulais. Si cela n'avait pas été les gardes du corps super costauds de l'homme en question, cela aurait été toutes ces femmes qui se sont agglutinées auprès de lui comme s'il était un dieu en espérant qu'il remarque l’une d'elle.

-Pfffffff ! Comment ne pas se prendre la tête après tout ça ? Je déclare en voyant comment ces femmes s'en foutaient de se faire bousculer juste pour pouvoir s'approcher de cet homme qui visiblement n’en avait rien à foutre d’elle.

Je roule de yeux d’agacement et repris mon travail calmement. Pour moi, cet homme était juste un employé de plus que je devais servir si par malheur il devrait se retrouver dans mon secteur. Je n'avais pas à faire comme l'ont fait toutes ces femmes et lui courir après comme une désespérée. Je n’étais là que pour bosser. Rien de plus.

Dans l'après midi, après avoir terminé mon boulot, je suis sortie attendre le bus pour rentrer chez moi. Au cours du trajet, je fais un message à Lisa lui expliquant que je suis crevée et que par conséquent on remet ça au week-end prochain. Dieu merci, elle s’est montré très compréhensive.

Dans l'ensemble, j’ai eu une très bonne journée. Personne ne m'a regardée de travers. Personne ne semble savoir qui je suis. C'est beaucoup mieux que ce que j’espérais.

-Pourvu que cela dure, je dis en soufflant au moment d’arrivée chez moi.

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