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Couverture du roman Charles et Anna - Tome 1

Charles et Anna - Tome 1

Charles Beaumont, planteur en Caroline du Sud, se rend en France pour demander à son ami Georges d'être son témoin de mariage. Malgré ses fiançailles avec la riche Catherine, il succombe au charme d'Anna lors d'une nuit passionnée avant son départ. Des mois plus tard, alors que Charles est marié, Anna recroise Georges sur un port. Accompagnée d'un enfant qu'elle tente de cacher, la jeune femme espère protéger son secret. Son silence pourra-t-il durer éternellement ?
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Chapitre 1

Chapitre 1

Automne 1866

Charles était de retour. Il galopait dans la plaine, au loin, la lisière de la forêt, avait des couleurs flamboyantes. C’était le charme de l’automne en Bretagne.

Il était impatient de retrouver son ami Georges Vermer, qu’il n’avait pas revu depuis plusieurs années, et qu’il avait connu lors de ses nombreux voyages en France.

Grand, robuste, yeux noisette, cheveux bruns, il avait un visage aux traits fins, doré par le soleil et les embruns de la mer. Et ce grand séducteur avait beaucoup de succès auprès des femmes.

Sa propriété en Caroline du Sud, une plantation de coton, héritée de ses parents, était en faillite.

Un mariage avec une riche héritière, Catherine Grant, était envisagé afin de sauver la situation.

Accosté depuis la veille, dans le port de Saint-Malo, il était venu vendre sa cargaison de coton.

Après une longue chevauchée, il arriva chez son ami et posa pied à terre pour confier sa monture à un domestique. Georges sortit les bras tendus pour l’accueillir.

— Bonjour, Charles, comment vas-tu ? s’exclama-t-il en lui donnant l’accolade.

Il était aussi très beau garçon. Brun aux yeux noir, un peu moins grand que Charles, mais bien bâti également.

— Je vais bien, répondit-il en souriant. J’ai une nouvelle à t’annoncer !

— Viens. Allons boire à ton retour, et dis-moi tout.

Il le fit entrer dans sa maison. Elle était grande, et bien décorée.

Georges aimait les tableaux d’art, et on voyait par-ci par-là, quelques pièces rares, signe de richesse.

Les tentures ocre, sur lesquelles le soleil reflétait, avaient des lueurs d’or.

— Allons nous asseoir. Que veux-tu boire ? demanda Georges en se dirigeant vers le fond de la pièce en lui tournant le dos quelques instants.

— Un cognac ! répondit Charles en regardant autour de lui.

Il appela une domestique, une charmante jeune fille qui leur servit le liquide ambré, dans deux splendides verres de cristal.

En souriant, elle tendit son verre à Charles, qui apprécia d’un coup d’œil rapide, la beauté de la soubrette. Elle servit Georges et disparut lestement après lui avoir adressé un ravissant sourire. Pas farouche ! pensa Charles. Il sourit également en se disant que son ami, qui aimait aussi les jolies femmes, ne devait pas s’ennuyer avec elle.

— Alors que racontes-tu, Charles ? dit Georges, après avoir fait un clin d’œil discret à la jeune fille.

Charles fit tourner le liquide ambré dans son verre, et répondit :

— Eh bien, tu ne vas pas me croire ! je vais me marier !

Georges ouvrit grand les yeux. Le célibataire endurci allait convoler ? Il n’en revenait pas.

— Oui, je suis venu te demander, si tu voulais me faire l’honneur d’être mon témoin.

Georges s’étrangla avec son cognac, et répondit avec enthousiasme.

— Ça alors ! pour une nouvelle, tu me fais un très grand plaisir de penser à moi pour ton mariage ! Et c’est avec joie, que j’accepte.

— Merci, merci mon ami, dit Charles visiblement ému.

— Comment est la future madame Beaumont ? demanda-t-il très curieux de la connaître.

— Elle est très jolie, et très riche, répondit simplement Charles.

— Et c’est sans doute pour cela que tu l’épouses ! s’exclama-t-il ironique

Ils se mirent à rire tous les deux.

— Fini le célibat, les jolies filles, continua Georges.

Charles redevint sérieux, son visage changea, ses yeux aussi.

— Oui je vais enfin me caser. À trente ans il est temps.

Il disait cela comme s’il n’avait pas le choix, et c’était bien le cas. Il se mariait par obligation.

— Il faudra que je prévoie le voyage. Tu te maries dans combien de temps ?

— Au printemps. C’est très joli cette saison en Caroline.

— Oh ! Il me faudra trouver un bateau ! s’exclama Georges surpris.

— Pourquoi ? Tu peux venir sur le mien ! je finis de débarquer ma cargaison et je repars.

— Oh là ! Doucement mon ami, il faut que je prépare mes valises, et que je règle quelques petites choses avant de quitter la France.

— Tu as tout ton temps Georges ! Je ne reprends pas la mer, avant une bonne quinzaine de jours, dit Charles en regardant la soubrette qui était revenue remplir leurs verres.

— D’accord, je te dirais quand je serais prêt. Mais ça me plairait bien de trouver quelques filles pour m’amuser, histoire de me remémorer le bon vieux temps.

Celle-ci lança un regard coquin à son maître, confirment bien les soupçons de Charles.

— Oui, ça me plairait bien aussi, avant qu’on me passe la corde au cou, lança-t-il en la regardant.

Elle ne sembla pas s’effaroucher. Se trouver en présence de deux séduisants prédateurs ne l’effrayait nullement, et aurait été partante pour une soirée à trois, mais ce n’était pas dans leurs habitudes.

— Si tu veux, ce soir on peut faire une sortie en ville, dit Georges l’œil brillant. Il y a une auberge où je connais deux jolis brins de filles ! Et l’une d’elles te plairait bien.

— Hum, c’est très tentant. Après tout, pourquoi pas !

D’accord pour ce soir, répondit Charles.

Ils rirent ensemble et continuèrent leur conversation encore un bon moment, puis Charles prit congé.

Il monta sur son cheval et regarda son ami.

— C’est l’auberge du pêcheur, lui dit Georges.

Charles sourit et répondit :

— Je pense que je trouverais sans problème. À ce soir.

Il lui fit signe de la main, regarda encore une fois, la superbe demeure et repartit au galop.

Charles était un homme pressé. Il n’aimait pas laisser traîner les choses, et avait encore tant à faire sur le port. À cet instant précis, il ne savait pas que quelqu’un allait bouleverser sa vie.

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