
Chamboulé !
Chapitre 3
Aicha
-c’est comme ça qu’il se nomme donc ? disais-je en déposa le dossier sur la moto. Qu’est-ce que tu sais encore de lui ?
- Qu’il est capable de te foutre à la porte si jamais il découvre que tu enquêtes sur lui. Et puis pourquoi faire ?
- Parce que je suis la chargée de communication de son entreprise et j’ai besoin de tout savoir sur lui pour prendre mes devants.
- Il te mène la vie dure au bureau ?
- Je ne le laisserai pas faire, murmurai-je en prenant la clé qu’il tenait.
- Hey ! qu’est-ce que tu fais ? sifflait ’il en me suivant vers la voiture.
Je me glissais sous la voiture à réparer et commence à analyser la panne. Oumar resta silencieux pendant un instant avant de me défier.
- Je doute que ça soit toujours ton truc de réparer des voitures surtout cet ancien model.
- Faisons un pacte ! si j’arrive à réparer la voiture, tu me la prête cette semaine le temps que j’en cherche une.
- Hors de question que je te laisse conduire cette ancienne marque. De toute façon tu ne réussiras pas…
- C’est fait ! le coupai-je en roulant deux fois sur moi pour me relever.
- À la réparer ... fini-t‘il stupéfait. Aicha je crois que tu devrais revenir travailler avec moi au garage.
- Haha haha ! éclatais-je de rire. Et je fais quoi avec mon nouveau travail hein, dis-moi ?
Je me nettoyais les mains et me dépoussiérais le pantalon. Je recaptais son regard en lui rendant la serviette qu’il m’avait prêté. Son regard protecteur me percuta une nouvelle fois. Il savait que j’avais un engagement envers cette entreprise et sachant que je ne recule devant rien, il essayait de me prévenir.
-Il faut que j’y aille maintenant. J’ai un mail à envoyer. Disais-je en me passant la main sur le visage.
- Je sais que tu comprends ce que je ne te dis pas. Promets-moi juste d’être prudente.
- Promis !
Il me donna un coup d’épaule avant de me jeter la clé de la voiture que je captais prudemment avant de rejoindre la voiture qui me conduit jusqu’à chez moi.
J’ai veillé sur sa machine pour boucler enfin ma proposition. Après m’être donné tout le courage nécessaire, j’ose enfin pouvoir me reposer. Je fermais ensuite mon ordinateur et descendis le lit dans un étirement profond. D’une démarche fatigante, je rejoins la cuisine pour me préparer un sandwich que je dégustais lentement mais avec L’esprit ailleurs.
Maintenant que je savais une partie de cet homme arrogant et insociable, je m’étais fixée d’autres objectifs à prévaloir. Je ne comptais plus me laisser rabaisser par cet homme ni me laisser dérouter de mon objectif primaire : Redresser l’entreprise. J’envisage de renverser la tendance, faire de cette entreprise une véritable réussite quoique cela pourrait me coûtera.
...
À STRONG NETWORKS
Je terminais les escaliers pour rejoindre mon bureau. J'ouvris la porte en déposant mon sac sur le canapé. Je rejoins ma chaise et commence à rediger sur ma machine une demande de sponsoring. À la peine que j'arrivais à me concentrer mon bureau s'ouvrit sur Sala. Je lui fais signe d'entrer et de prendre place mais elle préféra rester debout.
_Je t'ai vu prendre les escaliers. Décidément tu ne comptes pas te soigner.
_Tout sauf les ascenseurs, je te l'avais dit.
Elle émit un sourire et mouilla ses lèvres avec sa langue avant de s'approcher lentement sur mon bureau.
_Une grande réunion est organisée à 9 heures par le directeur général. Maguette vient de me donner la note.
_Enfaite sala, je ne sais pas ce que tu fais ici mais ce n'était pas à toi de m'avertir. Ce n'est pas pour te vexer mais professionnellement tu sais que j'ai raison.
_Je ne suis pas vexée.
Elle mentait ! Ce qu'ils ignorent tous dans cette entreprise c'est que j'ai un diplôme en sociologie que je n'ai pas mentionné dans mon cv.
_ Depuis combien de temps tu es là ?
_Six ans pourquoi ? Sourcilla-t-elle.
_Est-ce que tu avais le choix de faire ce métier ?
_Je crois bien que oui, à défaut je ne serais pas là non ?
_Enfaite non. Bref, où est Maguette ?
_Dans la salle de réunion. Bon je vais rejoindre mon poste j'étais juste passer te saluer.
_c'est gentil sala, dis-je avec un grand sourire.
Je me reconcentra sur mon ordinateur qui me signalait un mail de la part de notre directeur. Je clique dessus avec impatience.
~ courrier datant le 20/01/19~
Bien reçu Madame Traoré. Une très satisfaction j'ai eu à lire vos propositions. Nous en reparlerons dès demain. Toutefois passez me voir dans mon bureau avant la grande réunion.
Cordialement !
Expéditeur: www.strongnetwork@gmail.com
Le directeur général.
Je fermais le mail en me levant rejoindre son bureau. En traversant le couloir, je remarque l'affluence qui s'y présentait. Les employés étaient tous agités. C'était dû à la grande réunion qui aura lieu dans exactement 23 minutes, où il y'avait une autre chose dont je ne suis pas au courant ?
Je toquais à la porte attendant d'être invité. J'entendis une voix me dire d'entrer. Je respirais profondément en essayant de dissimuler mon stresse. J'ouvris la porte et j'entrais discrètement.
Madame Traoré !
_Bonjour Monsieur le directeur. Le saluai-je en me redressant le cou.
J'étais trop stressée à l'idée qu'il puisse rejeter ma proposition. De toute manière, ça ne sera pas la première fois juste que cette-fois çi, j'ai trop confiance et je voulais prouver à moi même que je suis capable d'y arriver.
_ Prenez place je vous prie !
Je ferma le bouton de ma veste et contourna la chaise pour m'asseoir. Il fit de même en plongeant son regard sur les dossiers lesquels il prit en m'en donnant un.
_C'est le dossier de la nouvelle affaire, laquelle nous voulons que vous gérez la communication. J'ai lu votre proposition, sachez que vous avez carte blanche pour manœuvrer à votre guise.
Je quittais des yeux le dossier que je parcourais en relevant les yeux sur lui sans laisser apparaître ma joie. Je suis restée professionnelle longtemps que j'ai pu en le remerciant. Il faut avouer que c'est pour le redressement de son entreprise ou plutôt celui de Rassoul, cette belle proposition. Ils ne sont pas bêtes pour la refuser d'autant plus que STRONG NETWORK a besoin de vivre même s'ils cachent que ça sent la faillite.
_ J'aimerai avoir une équipe avec qui je sous-traiterai. Ce projet mérite d'être mené à la réussite.
_Je ne le vous fait pas dire. Vous avez du pain sur la planche et surtout que vous êtes en état de manœuvrer à votre guise Madame, à partir de maintenant, lacha-t-il en se levant.
Je fis de même et nous marchons jusqu'à la porte. Il regarda sur sa montre et me lança un bref regard
_ C'est bientôt l'heure piur la réunion je vous propose de m'accompagner devant le hall.
_Après vous !
Nous nous dirigeons à la réunion qui concernait tous les employés. Le hall était bombé de monde. J'accompagnais fièrement le directeur sous le regard neutre de Monsieur Touré. Il était là, bien élégant dans sa chemise noire qui mettait en valeur son teint clair, propre. Il me regardait profondement, jusqu'à légèrement me perturber. Je me séparais du directeur en avançant vers Sala qui semblait toujours frustrée mais elle savait bien le masquer.
_Votre attention à tous ! Je voudrais vous remercier tous pour votre attachement à cette entreprise qui vous appartient. Cette réunion a été organisé dans le cadre du nouveau changement déjà fait. Hier, une proposition a été fait par Madame Traoré qui consiste à mettre en disposition de tous les employés, une voiture que l'entreprise prendra en charge.
Des murmures se firent entendre pendant que j'essayais de soutenir le regard de Monsieur Touré.
_Des terrains seront aussi à votre disposition. Les stagiaires recevrons des primes sur chaque marché gagné ou travail accompli. Vous n'aurez plus à déjeuner en dehors de l'entreprise. STRONG NETWORK décide de vous payer les repas qui seront livrés à l'entreprise. Le jardin sera aménagé. Et pour finir une boîte à lettre est mise en place piur recevoir vos contributions, suggestions et revendications. La bonne nouvelle c'est qu'un nouveau projet est lancé et ça sera Madame Traoré qui va le piloter avec son équipe qu'elle choisira tout à l'heure. Pour boucler, Elle vient d'être nommée, directrice de la cellule communication de STRONG NETWORK.
Des applaudissements étaient nourris. On sentait nettement qu'ils étaient très contents. Et sur leurs regards, j'y voyais de la reconnaissance. Le directeur me fit signe de m'approcher et de prendre parole.
Naturellement je remercie l'assemblé avant de leur faire part de ma nouvelle équipe qui compose Sala et Maguette et deux garçons que j'avais repéré lors de la première réunion. Sala était stupéfaite. Elle écarquillait les yeux sans vraiment savoir où se mettre les pieds. Maguette quant à elle, souriante, manifestait une joie que je n'arrivais pas à décortiquer.
Chacun avait rejoins son poste après la réunion. Dans mon bureau, j'étudiais le dossier que m'avait remis le directeur. J'y travaillais presque toute la journée sans me rendre compte que je n'avais déjeuné...
À la descente, sans faire exprès, j'ai foncé dans quelqu'un alors que je sortais de mon bureau avec précipitation. Je me reculais d'un pas et me rendais compte de qui il s'agissait : Monsieur Touré
_Ça vous arrive souvent de regarder où vous allez ?
C'était la première fois depuis ce matin qu'il m'adressait la parole. Et il l'avait fait avec une telle arrogance.
_Désolé !, je cherchais maladroitement mes clés de voiture.
Il ignora mes excuses en continua son chemin vers l'ascenseur. Je le poursuivais du regard jusqu'à ce qu'il soit dedans. À ma grande surprise, je l'aperçois saluer un homme qui traversait. Il lui avait sourit. Un jolie sourire qui laissait apparaitre ses fossettes. L'ascenseur se referma aussitôt m'empêchant de contempler ce jolie sourire. Je décidais alors de poursuivre mon chemin lorsque sala m'intercepta.
_Je ne sais pas comment te remercier pour le geste de tout à l'heure.
_Oh je sais, faudra juste m'aider à réussir le challenge.
_Tu peux compter sur moi. Je suis vraiment prise à la surprise, je te remercie vraiment de m'avoir fait confiance, lâcha-t-elle en gesticulant.
_Oh je t'en prie sala oublies cette histoire et rentres bien !
_Bien, d'accord. A demain !
_À demain.
Je pris encore les escaliers et rejoins en vitesse ma voiture. Je roulais treize minutes après sur l'autoroute en mettant la musique à fond. Je savourais mon premier pas réussi tout en sachant qu'il me restait encore énormément de réussites à fêter. Ma chance dans ce projet sera très appréciée, il faudrait donc que je la booste mais aussi que je booste les freins de ma voiture parce qu'elle vient de tomber en panne. Oh mon dieu il ne manquait plus que ça.. Grognai-je
Je venais de créer un embouteillage sur l'autoroute à cause de ma voiture qui m'a lâché un peu trop tôt. Oumar m'avait prévenu. Les voitures derrière, me klaxonnaient. Pourtant je tentais par tous les moyens de la redémarrer mais en vain. C'était une vielle caisse qui, j'avoue était difficile à conduire.
Sur mon rétroviseur, je vis un homme avec une allure forte, sortir de sa voiture et se diriger vers moi. Je gardais mon calme sans cesser de manipuler l'engin. L'homme en question s'approcha de plus près me permettant de le reconnaître.
Oh non pas lui !...
_Vous ? Martelait' il
_ Oui moi..
_Vous savez diriger une entreprise mais conduire apparemment non.
_Tomber en panne ça vous parle ? me défendais-je d'une manière insolente.
Il ouvrit la porte de la voiture en jetant un regard à l'atmosphère.
_Sortez de la voiture !
_Vous voulez rire ? Grinçai-je
Sans que je ne comprenne comment et pourquoi, il me prit le poignet et m'obligeant de force à sortir de la voiture. Je tentais de me défaire de son emprise en me débattant.
_Crissez moi la paix ! bordel...
Il me conduit sous le regard des personnes véhiculés, dans sa Ford noire, me plaça au siège devant en me jetant presque en pleine figure mon sac, avant de verrouiller la voiture puis rebroussant chemin jusqu'à la mienne en panne.
Je l'apercevais déplacer la voiture de l'autre côté pour qu'elle n'encombre plus la route. Une fois fait, il revenait vers sa voiture alors que j'étais énervée jusqu'aux tripes. Il rejoint son siège er démarra en passant un coup de fil.
_ J'ai besoin de déplacer un Chevrolet noir à quelques mètres de l'autoroute de l'Est à l'entrée, merci ! raccrocha-t'il.
Il déposa son téléphone en poursuivait son chemin sans même me calculer.
Mais quel genre d'homme était-il ?
_Est-ce qu'on vous a dit que vous avez un sal caractère ? En plus d'être hautain, vous avez un sacré culot. Vous auriez du me laisser prendre un taxi.
Comme s'il attendait que ça, Monsieur Touré freina brusquement en déverrouillant la voiture.
_Descendez maintenant ! Lâcha t-il en Levant enfin les yeux sur moi.
Orgueilleuse, je sortis de sa voiture et le laisser la refermer lui même. Il démarra aussitôt me laissant complètement perturbée.
J'aurais dû la fermer cette fois-ci...
Vous aimerez aussi





