
Captive du Milliardaire Impitoyable
Chapitre 2
Chapitre 2
« Tu savais ce que tu signais, non ? »
Sa voix était calme, presque trop. Une question, balancée comme une évidence, mais avec cet air de provocation qui faisait monter le rouge aux joues d'Elise. Elle serrait le contrat entre ses mains, comme si le papier allait lui livrer des explications. Elle avait beau relire, encore et encore, les mots semblaient jouer avec elle, se dérober à son esprit. Et lui, Lucian, debout devant elle, imperturbable, avait ce regard qui la transperçait.
« Tu plaisantes, j'espère. » Sa voix tremblait un peu, mais elle tenait bon. Elle le fixait, refusant de baisser les yeux malgré la gêne qui montait. « Je pensais que c'était un simple accord pour... pour un projet caritatif, ou une collaboration temporaire, mais ça ? »
Elle secoua le contrat, comme si cela pouvait lui donner plus de poids. Il ne broncha pas. Pas un muscle ne bougea sur son visage. Et pourtant, quelque chose dans son regard s'assombrit, une ombre qui glissait, rapide et inquiétante.
« Tu as signé. Peu importe ce que tu croyais. »
Il tourna les talons, comme si l'échange était terminé, comme si elle n'avait pas le droit de poser davantage de questions. Mais elle n'allait pas en rester là. Pas après avoir lu les termes délirants qui la plaçaient sous son contrôle total. Un contrat ? Non. C'était une prison déguisée.
« Attends ! » Elle le rattrapa dans le couloir, la voix plus forte cette fois. « Pourquoi moi ? Pourquoi une inconnue ? Je ne comprends pas. Explique-moi, au moins. »
Il s'arrêta, juste assez pour qu'elle sente une pointe de danger dans son immobilité. Quand il se tourna, son regard était glacial, mais il y avait cette lueur, infime, presque imperceptible, qui trahissait une tension qu'il dissimulait à peine.
« Je n'explique pas mes décisions. Tu es ici. Tu restes ici. Fin de l'histoire. »
« Mais ce n'est pas juste ! » Elle cria presque, incapable de contenir la colère qui bouillonnait en elle. « Je ne suis pas ta... ta chose ! Je veux des réponses ! »
Un sourire, si léger qu'il semblait irréel, effleura ses lèvres. Pas un sourire amical. Non. Plutôt un avertissement déguisé.
« Tu veux des réponses ? Très bien. Tu es ici parce que tu m'es utile. Et crois-moi, Elise, tu préfères être utile. Sinon, je n'aurais aucune raison de te garder. »
Les mots tombèrent comme un couperet. Elle resta figée, incapable de répondre. C'était quoi, cette situation ? Qui était cet homme pour jouer avec elle comme ça, comme si elle n'était qu'un pion sur un échiquier ?
Elle retourna dans la chambre qu'on lui avait assignée, les mains tremblantes. Elle avait l'impression d'être prise dans une toile dont elle ne comprenait pas les fils. Ce contrat, ces conditions absurdes... Elle relut encore une fois, à la lumière vacillante de la lampe. **Rester sous son toit. Se plier à ses demandes. Ne poser aucune question sur ses affaires.** Mais le pire, c'était cette phrase qui tournait en boucle dans son esprit : « En cas de manquement, les conséquences seront décidées à la discrétion de Monsieur Crowford. »
Elle voulait s'enfuir, mais c'était impossible. Le contrat mentionnait des clauses financières qu'elle ne pouvait même pas imaginer. Si elle brisait cet accord, elle serait ruinée, poursuivie, anéantie. Elle était coincée.
La nuit tombait, mais le sommeil restait hors de portée. Elle restait assise sur le lit, les jambes repliées contre sa poitrine, tentant de mettre de l'ordre dans le chaos qui envahissait son esprit. Puis, elle l'entendit. Un bruit dans le couloir. Des pas lourds, mesurés.
Elle ouvrit la porte, poussée par une impulsion qu'elle ne comprenait pas. Lucian était là, à quelques mètres, dans une chemise blanche légèrement déboutonnée, un verre à la main. Il la regarda, surpris, mais pas contrarié.
« Tu devrais dormir », dit-il simplement, comme une évidence.
« Je ne peux pas », répondit-elle, presque en chuchotant. « Pas avec tout ça. »
Il s'approcha, lentement. Pas de menace dans ses gestes, mais quelque chose d'autre. Une présence, si forte qu'elle semblait remplir tout l'espace autour d'eux.
« Tu veux comprendre, n'est-ce pas ? » Sa voix était plus basse, presque douce, mais elle sentait que ce n'était qu'une façade.
Elle hocha la tête.
« Alors écoute bien. » Il s'arrêta à quelques pas d'elle, suffisamment près pour qu'elle sente la chaleur de sa présence. « Tu es ici parce que tu représentes une solution à un problème. Rien de plus. Rien de moins. Tu restes. Tu fais ce qu'on te demande. Et en échange, je te protège. »
« Me protéger de quoi ? » demanda-t-elle, la voix brisée par un mélange de peur et d'indignation.
Un silence, lourd, presque étouffant. Il la regarda comme si elle venait de poser la question la plus stupide du monde.
« Du reste », finit-il par dire.
Elle n'obtint rien de plus cette nuit-là. Il s'éloigna, la laissant seule avec ses doutes et ses peurs.
Les jours suivants furent marqués par cette tension constante entre eux. Elle le voyait rarement, mais chaque interaction semblait chargée d'un sous-entendu qu'elle ne comprenait pas. Les associés de Lucian, des hommes tout aussi intimidants que lui, la regardaient comme si elle était un problème qu'ils n'avaient pas encore décidé de résoudre.
Mais c'était la nuit que tout devenait insupportable. Ce sentiment qu'elle n'était jamais vraiment seule, que chaque ombre dans les couloirs cachait un secret, que chaque murmure derrière une porte lui était destiné.
Un soir, alors qu'elle s'apprêtait à se coucher, elle trouva une enveloppe glissée sous sa porte. Pas de nom. Pas de signature. Juste un message, écrit d'une main ferme : ** »Tu n'es pas à ta place ici. Sors avant qu'il ne soit trop tard. »**
Elle serra le papier entre ses doigts, le cœur battant à tout rompre. Elle savait que ce n'était pas Lucian. Il n'avait pas besoin de menaces voilées pour s'imposer. C'était quelqu'un d'autre. Mais qui ? Et pourquoi ?
Le lendemain, elle tenta de lui parler à nouveau, de lui montrer le mot. Mais il n'était pas d'humeur.
« Des jeux d'ombres, Elise. Rien de plus. Ne les laisse pas te distraire. »
« Mais ça pourrait être sérieux ! »
« Tout est sérieux ici. »
Sa réponse, sèche, la laissa sans voix. Elle commençait à comprendre. Dans ce monde, tout était une question de pouvoir, de manipulation. Elle n'était qu'une pièce parmi d'autres, et chaque geste, chaque mot, chaque regard était un mouvement dans un jeu qu'elle ne maîtrisait pas.
Ce contrat étrange n'était pas qu'un bout de papier. C'était une chaîne. Et Lucian, avec son sourire glacial et ses réponses incomplètes, tenait l'autre extrémité.
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