
Captive du Milliardaire Impitoyable
Chapitre 3
Chapitre 3
Les murs semblaient vibrer, porteurs de secrets trop lourds pour rester silencieux. Pas une seconde de répit. Toujours cette impression qu'on l'observait, même dans les moments où elle pensait être seule. Tout ici était trop. Trop riche, trop froid, trop grand. La maison n'était pas qu'un lieu ; c'était un piège déguisé en refuge. Elise avait commencé à s'y faire, du moins en apparence. Le silence des couloirs, l'écho de ses propres pas, les regards furtifs des employés qui s'évaporaient dès qu'elle croisait leur chemin. C'était son nouveau quotidien. Elle apprenait à naviguer dans cette vie qui n'avait rien à voir avec la sienne.
Et puis il y avait les autres. Pas juste Lucian, avec son charisme écrasant et ses silences calculés. Non, les associés. Trois hommes, chacun plus inquiétant que l'autre, qui apparaissaient et disparaissaient comme des ombres, mais dont la présence pesait comme une menace constante. Le premier, Markus, avait une voix douce, traînante, et des yeux qui semblaient capables de voir à travers les gens. Il souriait trop, mais ce sourire-là ne contenait rien de bon. Le deuxième, Vincent, parlait peu mais observait tout, un faucon prêt à fondre sur sa proie. Le dernier, Elias, plus jeune, plus nerveux, avait une énergie différente. Mais elle n'était pas rassurante. Une fois, il avait passé près de dix minutes à la fixer, immobile, comme si elle était une énigme à résoudre.
Lucian les avait brièvement présentés lors d'un dîner étrange où tout, jusqu'à l'air, semblait rempli d'une tension palpable. Ils ne lui avaient presque rien dit, mais elle avait senti leur jugement dans chaque regard. Une étrangère dans leur monde. Une intrusion. Personne ne l'avait invitée dans cette maison, pas vraiment. Pas même Lucian. Il l'avait *amenée* là, et elle n'arrivait toujours pas à comprendre pourquoi.
Les jours se succédaient, étouffants. Chaque matin, elle se réveillait avec cette boule au ventre, l'impression qu'il allait se passer quelque chose, qu'une bombe invisible allait exploser. Mais rien. Juste cette routine absurde où elle essayait de se faire oublier. Jusqu'à ce soir-là.
Elle était seule dans la bibliothèque, ou du moins elle le croyait. Il y avait quelque chose dans les livres, dans leur alignement parfait, qui la rassurait. Une illusion de contrôle. Elle en avait pris un au hasard, essayant de s'évader dans les mots, mais l'histoire n'avait aucun sens. Impossible de se concentrer. Elle referma le livre d'un geste sec, agacée. Et c'est là qu'elle l'entendit. Une voix. Une seule phrase, prononcée avec une clarté glaçante : « Elle ne devrait pas être ici. »
Elle se retourna d'un coup, le cœur battant à tout rompre. Personne. Juste les étagères, le fauteuil vide près de la cheminée, la lumière tamisée. Elle fit quelques pas, tendit l'oreille. Rien. Mais elle savait ce qu'elle avait entendu. C'était là, dans l'air, comme une empreinte qui refusait de disparaître.
Le dîner ce soir-là fut encore plus tendu que d'habitude. Lucian était là, bien sûr, silencieux, impassible, comme toujours. Markus parlait doucement avec Elias, mais leurs mots semblaient codés, un échange auquel elle n'avait pas accès. Vincent, lui, ne disait rien. Il regardait. Toujours.
« Tout va bien ? » La voix de Lucian brisa le silence comme une lame. Elise leva les yeux, surprise. Il ne lui adressait presque jamais la parole en présence des autres.
« Oui. » Elle mentit, évidemment. Mais elle n'avait pas le choix. Lui dire qu'elle avait entendu une voix ? Il se serait moqué d'elle, ou pire, il l'aurait ignorée.
« Bien. » Il se remit à manger, comme si l'interruption n'avait jamais eu lieu.
Cette nuit-là, elle ne trouva pas le sommeil. Quelque chose n'allait pas. Elle le sentait dans ses tripes. Alors elle sortit de la chambre, pieds nus sur le parquet froid. La maison était un labyrinthe. Mais elle commençait à en connaître les recoins, les chemins qui la mèneraient là où elle voulait aller. Ou plutôt, là où elle pensait vouloir aller.
Elle atteignit le bureau de Lucian. La porte était légèrement entrouverte, laissant passer une faible lumière. Elle savait que c'était une mauvaise idée. Elle le savait. Mais elle entra.
Il était là, bien sûr. Assis derrière son immense bureau, plongé dans un document qu'il referma aussitôt en la voyant. Pas de colère dans son regard. Pas encore. Mais une froideur qui lui fit regretter son audace.
« Que fais-tu ici ? »
« Je... » Elle hésita. Que pouvait-elle dire ? Elle n'avait pas d'excuse. « Je ne pouvais pas dormir. »
« Et tu pensais que mon bureau serait l'endroit idéal pour trouver le sommeil ? »
Un sarcasme léger, mais tranchant. Elle baissa les yeux, honteuse, mais pas assez pour faire demi-tour.
« J'ai entendu quelqu'un, tout à l'heure. Dans la bibliothèque. Une voix. »
Il la fixa, impassible. Pas une once de réaction. Comme si ses mots n'avaient aucun sens.
« Il n'y avait personne », dit-il enfin.
« Je sais ce que j'ai entendu. »
« Non, tu ne sais pas. »
Il se leva, contourna le bureau pour s'approcher d'elle. Trop près. Elle recula instinctivement, mais il ne la lâchait pas des yeux.
« Tu es dans un monde qui n'est pas le tien, Elise. Tu ne comprends pas les règles. Et si tu continues à chercher des réponses, tu ne trouveras que des questions qui te dépasseront. »
« Alors explique-moi », murmura-t-elle, presque suppliande.
« Ce n'est pas ton rôle de comprendre. »
Elle sentit les larmes monter, mais elle les retint. Pas question de pleurer devant lui. Pas question de lui donner cette satisfaction.
Il la raccompagna à sa chambre, sans un mot de plus. Mais cette nuit-là, elle n'était pas seule. Elle le savait. Les ombres dansaient dans les coins de la pièce, et le silence était trop bruyant pour être innocent.
Le lendemain, un incident changea tout. Elle était dans la cuisine, essayant de se rendre utile, quand un bruit sourd retentit dans l'aile est de la maison. Un cri, étouffé, mais terrifiant. Elle sursauta, lâchant la tasse qu'elle tenait. Les éclats de porcelaine jonchèrent le sol, mais personne ne fit attention. Les employés se figèrent, pâles, avant de disparaître aussi vite que possible.
Elise resta immobile, le cœur battant. Que venait-il de se passer ?
« Ne bouge pas. »
La voix de Vincent, sèche, autoritaire. Il était là, à l'entrée de la cuisine, son regard plus sombre que jamais.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle, la voix tremblante.
« Rien qui te concerne. »
Il s'approcha, ramassa les morceaux de la tasse brisée sans un mot de plus. Mais elle voyait bien que quelque chose n'allait pas. Elle pouvait presque sentir la peur dans l'air, une peur qu'elle ne comprenait pas mais qui était bien réelle.
Ce soir-là, Lucian vint la voir. Pas dans sa chambre, mais dans la bibliothèque, où elle s'était réfugiée.
« Tu veux savoir ce qui se cache ici, Elise ? »
Elle hocha la tête, incapable de parler.
« Alors sois prête à tout perdre. »
Il tourna les talons, la laissant seule, mais ses mots restèrent gravés dans son esprit comme une menace. Elle ne savait pas ce qui l'attendait. Mais une chose était sûre : ce n'était que le début.
Vous aimerez aussi





