
Captive de son Patron
Chapitre 2
Haylee
Je m'exécute et ouvre la porte. À peine ai-je posé un pied que mon cœur rate un battement. Cette
pièce est immense, elle a une luminosité impressionnante, un pan de mur entier est en réalité une gigantesque baie vitrée donnant une vue imprenable sur la ville. Un bureau magnifique trône au milieu avec à sa droite un espace réunion et à sa gauche un coin salon détente.
- La vue vous plaît? lance une voix grave derrière moi. Je vous en prie, mademoiselle Graham,
venez prendre place.
Je secoue ma tête dans le but de reprendre mes esprits. Je ferme derrière moi et avance d'un pas
timide jusqu'au fauteuil. Plus je m'approche et plus mon rythme cardiaque s'affole. Il est d'une beauté à rendre folle toutes les femmes qui croisent son chemin ou du moins, affoler les petites culottes. Arrivée à sa hauteur, je tente de reprendre contenance bien que mes joues soient en surchauffe.
Respire!
Je m'installe rapidement sur le siège qui s'offre à moi. Son regard me détaille comme si je
représentais sa prochaine proie. Cela me déstabilise un court instant. Néanmoins, j'arrive à passer outre son inspection, un peu trop déplacée à mon goût, puis finis par me racler la gorge.
Un peu de tenue tout de même !
- Bien ! Mademoiselle Graham, j'ai regardé de près votre curriculum vitae et je dois avouer que j'ai
été stupéfait. Surtout au vu de votre âge et de votre cursus scolaire. Vous avez tout d'abord étudié la communication et l'industrie avec, à la clé une Licence et un Master communication médias et industries créatives. Puis vous avez poursuivi votre parcours dans le domaine de la gestion et du marketing en empochant un Master marketing et gestion commerciale.
- C'est exact, monsieur Carrera
- Le seul petit bémol à ce CV parfait, c'est cette absence de deux ans. Pouvez-vous m'en dire plus ?
exige-t-il une pointe de curiosité dans la voix.
- Evidemment, il fallait s'y attendre. Une pause de plusieurs mois, trente-six pour être précise, ne
passe pas inaperçue. Pourtant, cette expérience fait partie de mon passé. Je ne souhaite pas en parler, ni aujourd'hui ni plus tard et aussi, cela ne vous regarde pas, tranché-je anxieuse.
Il me regarde perplexe, mais ne renchérit pas.
- Très bien, Mademoiselle Graham. Pour en revenir au poste que vous allez occuper à partir
d'aujourd'hui, je veux être certain que vous savez dans quoi vous vous engagez ! Ce n'est pas un travail à prendre à la légère. J'impose une rigueur et un professionnalisme à toute épreuve. Aucun retard ne sera accepté. Est-ce clair ?
- Limpide, monsieur Carrera.
Ça ne va pas être coton de travailler avec lui.
- Parfait ! Pouvez-vous m'expliquer en quoi consistent vos tâches ? m'interroge-t-il.
= Eh bien, pour tout vous dire.
c'est un peu vaque.
J'ai postulé pour un poste d'assistante
communication et marketing, sauf que les missions ne correspondent pas réellement au profil d'un emploi de cette catégorie.
- Oh et pouvez-vous me dire quelles sont les missions propres à une assistante de communication et
marketing dans ce cas?
La panique me saisit, néanmoins j'y fais abstraction et réponds d'une voix assurée.
- Dites-moi si je me trompe, mais il me semble qu'une assistante n'est pas là pour servir le café à
son patron. Il est d'après mes connaissances, normal de gérer votre emploi du temps, retranscrire les comptes-rendus des réunions avec les différents directeurs de services...
- Je vous demande pardon ? me coupe-t-il d'une voix intransigeante.
- Je...
- Ça suffit ! m'interrompt-il, une seconde fois. Je crois qu'il y a une erreur. Vous êtes bien embauchée
en tant qu'assistante, mais en aucun cas, je n'ai besoin de vous pour servir mon café. Écoutez nous allons tout reprendre depuis le début.
Je reste sans voix par tant de rigueur. Il dégage une aura que je ne saurai décrire, presque animale.
- Bien. Pour commencer, vous serez mon assistante personnelle, mais également chargée du
service communication et marketing. Il est l'élément central de mon entreprise et participe au développement d'activité et de la stratégie, il évalue également la qualité d'un service proposé ou d'un produit. Ensuite...
- Cela veut dire que je vais assumer deux postes. Ce qui veut dire double casquette pour votre
entreprise. Pouvez-vous m'expliquer le lien entre les deux postes et aussi les missions que je vais opérer ?
- Bien sûr, mademoiselle Graham, j'allais y venir. Le lien entre les deux est simple, je suis le PDG de
cette société et j'ai un regard minutieux et méthodique sur l'ensemble de mes employés, et surtout sur les services, plus particulièrement, sur le service communication et marketing puisqu'il reflète l'image de mon entreprise.
Mon fessier m'en lâche. Heureusement que je suis assise.
- Pour les missions du côté marketing, vous aurez en charge : le suivi de l'offre des marchés produits
et services, la recherche de nouveaux fournisseurs, clients et partenaires. Le suivi de la production, des commandes et des livraisons. La mise à jour des fichiers interne et externe et la mise en œuvre des comptes rendus. Concernant le côté communication, vous devrez participer à la rédaction et l'élaboration du journal interne, des bulletins d'information et des affiches. Vous mettrez en place également des réunions de travail ou d'informations. Vous préparerez le suivi avec la presse et vous aurez aussi accès à mon agenda.
Je suis définitivement figée face à autant de responsabilités. Cela ne me fait pas peur, je pense avoir
les qualités nécessaires pour cet emploi. Cependant, quelque chose tique dans mon esprit.
- Est-ce que vous comprenez mieux les missions de votre poste ?
- Oui, c'est parfait. Je ne vais pas vous décevoir, affirmé-je d'une voix déterminée. En revanche,
pouvez-vous m'expliquer pourquoi la fiche de poste n'est-elle pas la même d'un site à l'autre ?
- Je ne comprends pas ?
- Excusez-moi. Je vous ai lancé sur le sujet des missions pour une bonne raison. Avant de postuler,
j'ai fait le tour des différents sites pour l'accès à l'emploi. J'ai remarqué que votre annonce est apparue plusieurs fois pour le même poste, mais avec différentes missions à chaque fois. D'où ma remarque sur le café. Je ne suis pas ici pour vous faire du tort mais à l'avenir si je peux me permettre, faites une vérification avant de valider une offre d'embauche.
- J'en prends bonne note, miss Graham, et j'espère que ce faux pas ne se reproduira pas. Et pour
répondre à votre remarque pertinente, je suis effectivement le PDG et je me dois d'être plus regardant sur des missions aussi basiques que celle-ci. Merci de m'avoir fait prendre conscience que je vous tiendrais à l'œil pour le bon fonctionnement de ma société. Maintenant suivez-moi, je vais vous faire visiter puis vous montrer votre bureau, m'invite-t-il en se levant.
Je dois apprendre à me taire à l'avenir.
À peine sortis de son bureau, que Barbie siliconée se jette littéralement dans les bras de notre patron.
J'ai loupé un épisode ou c'est comment ? Je les regarde éberluée, la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés. On dirait une carpe hors de l'eau.
Ne me dites pas qu'il couche avec l'une de ses employées !?
- Emilio, mon chéri, es-tu prêt pour qu'on parte d'ici et qu'on rentre à la maison. J'ai une surprise pour
toi, lance-t-elle d'une voix suave.
J'ai ma réponse et non, ce n'est pas une blague. Comment peut-on se taper un bout de plastique ?
C'est écoeurant ! À cette pensée, un frisson de dégoût parcourt mon corps.
- Rebecca, pas maintenant et je t'ai déjà dit qu'au travail, tu devais rester professionnelle. On ne
mélange pas le personnel et le professionnel ici, aussi, comme tu peux le voir je suis occupé, explique-t-il, me lançant une oeillade confuse.
- Je vois ! C'est à cause de cette traînée que tu refuses ma proposition. J'ai été gentille avec elle
pour ne pas la froisser et je me suis tenue de manière professionnelle, mais j'aurais dû lui expliquer les codes dès le départ.
C'est juste une salope qui vient trémousser son cul et toi, tu n'y vois que du feu. Elle est comme la
précédente, crache-t-elle agressivement tout en me pointant du doigt.
C'en est trop ! Elle se prend pour qui Barbie ? Nous n'avons pas élevé les vaches ensemble il me
semble ! Sans plus me contrôler, je lui balance d'une voix cinglante :
- Je vous demande pardon ! Vous vous prenez pour qui exactement, la nouvelle Kim Kardashian ?
Écoutez-moi bien, car je ne vais pas le répéter, restez à votre place et notre relation s'en portera très bien. Je ne vous permets pas de m'insulter et encore moins de me pointer du doigt comme un vulgaire insecte. Comme l'a précisé, monsieur Carrera, nous sommes ici dans le cadre professionnel et non personnel. Si vous ne connaissez pas la différence, je vous invite à prendre un dictionnaire et regarder les définitions.
À bout de souffle, je termine ma tirade. Je n'en reviens pas moi-même d'avoir dit toutes ces choses.
J'espère que cette altercation ne va pas avoir des conséquences négatives concernant mon embauche. Ce serait le pompon, à peine arrivée, que je me fasse virer ! J'ose lancer une œillade timide à mon patron et au vu de son sourire en coin, je peux affirmer que finalement, tout est au vert. Cela me soulage.
- Comment osez...
- Stop, Rebecca ! Retourne à ton poste et à l'avenir abstiens-toi de réagir de manière capricieuse et
hautaine. De plus, tu n'as pas à insulter qui que ce soit ici. La prochaine fois, je devrais prendre une décision disciplinaire à ton encontre. Suis-je clair ?
- Mais...
Ne tente pas de répondre. Le sujet est clos. Oh et nous aurons également une discussion portant
sur la mise en ligne des prochains postes à pourvoir au sein de la société. Maintenant retourne à tes tâches et ne m'importune plus de la sorte.
Elle ne pipe mot. Il faut dire que le regard noir que le patron lui lance ne laisse aucune place à la
discussion. Elle finit par abdiquer et retourne furibonde s'asseoir, le tout dans un silence absolu à l'exception de ses escarpins hors de prix qui claquent sur le sol à chacune de ses foulées.
Monsieur Carrera et moi enchaînons la visite des lieux, il me présente plusieurs collaborateurs et
quelques membres importants et hauts gradés de certains services. Une fois de nouveau à l'étage de la direction, nous traversons le couloir et nous nous arrêtons devant une porte située pas très loin de son bureau. Il ouvre celle-ci d'un mouvement rapide et m'invite à y entrer.
Je reste un instant subjuguée par la vue qui s'offre à moi. Le bureau est plus petit, mais tout aussi
beau que le sien. Il donne sur une magnifique baie vitrée à la vue incroyable. Je repère à droite de ce panorama une armoire et sur la gauche une commode. De plus, j'ai à ma disposition une imprimante sans fil qui par chance comprend les fonctions scan et photocopie.
Au moins, pas besoin de sortir et de croiser cette peste de Rebecca !
- Voici donc votre lieu de travail, mademoiselle Graham. Celui-ci vous convient-il ?
- Il est parfait ! m'extasié-je.
- Bien ! Dans ce cas, c'est officiel, vous faites à présent partie l'équipe. Votre travail commence
demain à 9h précises, mademoiselle Graham. Je ne vous retiens pas plus, vous avez certainement beaucoup de choses à faire.
- Excusez-moi, mais est-il possible que je reste encore un peu ici afin de pouvoir m'imprégner
davantage des lieux ?
- Bien sûr ! Au revoir, mademoiselle Graham. Oh, et n'oubliez pas, aucun retard ou vous êtes virée
sur le champ!
Il m'adresse un sourire énigmatique puis se dirige vers la porte pour retourner à ses occupations.
C'est incroyable, je suis bel et bien l'assistante du grand patron. Je n'en reviens pas, c'est dingue. Toujours sur mon petit nuage et ne pouvant plus tenir, je décide de téléphoner à Nina.
- Allo, Nina, tu ne devineras jamais ! m'égosillé-je comme une hystérique.
- Salut à toi aussi ! Tu as eu le poste, c'est ça ? Quelle question, la réponse est évidente, c'est oui !
Je le savais, il ne pouvait pas en être autrement, tu es la meilleure, hurle-t-elle, manquant de me rendre sourde.
- Exactement, je ne peux rien te cacher. Tu sais toujours ce qui m'arrive avant même que ça ne se
produise.
- Je ne suis pas ta meilleure amie pour rien. Et sinon comment est-il ?
- Qui donc ? l'interrogé-je incrédule.
- Le voisin ! rétorque-t-elle blasée. Je l'imagine déjà se taper le front et souffler d'exaspération. Je te parle de ton boss, andouille !
Oh ! Eh bien... Heu... Très professionnel, intimidant, sûr de lui, charismatique. Il est très à cheval
sur la ponctualité et...
- Bon sang, Haylee, je m'en fous. Je veux savoir à quoi il ressemble ! Il est sexy ? Aller avoue, me
coupe-t-elle.
Je souris face à l'interrogatoire de ma meilleure amie. Toujours à vouloir connaître les détails
croustillants comme elle le dit si bien. Mais quelque part, elle a raison, il est carrément à tomber. Il dégage quelque chose de sauvage, d'animal.
Haylee, stop ! Ressaisis-toi, c'est ton patron. Il ne peut rien se passer entre vous et puis tu n'es pas ce
genre de fille à sauter sur le premier venu.
- Haylee ! Haylee, tu es toujours là ? entends-je la voix inquiète de mon amie.
- Pardon ! Je disais, tout se passe bien, mais je pense m'être fait deux ennemis. Particulièrement
deux femmes que je qualifie de potiches.
À peine ai-je fini ma phrase, qu'une tornade brune entre dans mon bureau sans même avoir frappé.
Rebecca m'adresse un regard glacial et ne se préoccupe pas de me voir au téléphone.
Vive la correction!
- Nina, je te rappelle plus tard, j'ai une affaire à régler, raccroché-je sans même lui laisser le temps
de répondre.
- On ne vous a pas appris à frapper à la porte avant de rentrer comme vous venez de le faire !?
lancé-je sarcastique.
- Écoute-moi bien, car c'est la première et dernière fois que je te préviens. Emilio est à moi, je ne
veux plus que tu t'approches de lui. Suis-je bien clair ?
- Comment ?! Désolée, j'ai dû mal comprendre. Il m'arrive parfois de ne pas comprendre ce qu'on
m'impose. Aussi, j'ai une petite question, qui je l'espère, vous fera réfléchir à comment vous comporter à l'avenir.
Vous avez été élevée où exactement? En pleine brousse ou dans un zoo peut-être. Pour votre information, quand on a minimum d'éducation on vouvoie une personne que l'on ne connaît pas, après tout, nous n'avons pas élevé les cochons ensemble.
Je suis fière de l'avoir remis en place et surtout d'avoir réussi à lui faire fermer sa grande bouche.
J'observe son visage déformé par la colère, si des fusils étaient à la place de ses yeux, je serais morte depuis longtemps. Elle s'apprête à répliquer, mais je ne lui laisse pas le temps et continue.
Ensuite, je vous demande à l'avenir de frapper à ma porte et d'attendre que je vous donne
l'autorisation d'entrer, mon bureau n'est pas un moulin. Si vous n'êtes pas capable d'appliquer le respect, vous n'avez rien à faire ici et pour finir, je ne sais pas de quoi vous parlez, je ne suis que son assistante ni plus ni moins et donc, il va m'être difficile de ne pas pouvoir m'approcher de lui.
Elle fulmine si bien qu'elle ne sait plus quoi dire. Après quelques secondes à nous tuer du regard, elle
reprend la parole.
- Je t'ai à l'œil gamine. Un seul faux pas et je te fais la misère. Emilio et moi sommes fiancés, si tu ne
l'as pas encore remarqué. Alors ouvre tes grands yeux et imprime-toi l'image dans ta petite tête, agite-t-elle sa main devant moi.
- Très belle bague, quoique, j'ai vu mieux ! Et puis de toute façon, j'ai déjà un petit ami alors pour
quelle raison irais-je voir ailleurs. Je ne suis pas comme la plupart des femmes et encore moins comme vous ! la défié-je.
Elle me toise longuement puis finit par sortir de mon bureau. J'expire tout l'air bloqué dans mes
poumons et me laisse tomber sur mon siège.
La fin de journée a sonné et heureusement, je n'ai pas revu cette morue siliconée. Arrivée chez moi,
j'enlève mes talons qui commencent à me faire mal et je me dirige vers ma salle de bain. Pour une détente totale, je me fais couler un bon bain chaud, j'allume quelques bougies, me déshabille et entre doucement dans ma bulle de chaleur. J'ai besoin de calme pour oublier, ou du moins décompresser. Je profite un maximum de mon bain, mais très vite, mes pensées divergent sur un homme plus que charmant. Son charme éblouit et fait tourner toutes les têtes. Je me remémore ma journée en sa compagnie et une douce chaleur s'insinue au creux de mon ventre.
Bon sang, Haylee tu divagues complet. Voilà que je commence à fantasmer sur mon patron. Ce n'est
pas un bain que j'aurai dû prendre, mais une bonne douche froide pour me remettre les idées en place.
Je décide après trente minutes de sortir. C'est agréable, mais je n'ai pas envie de me retrouver toute
fripée comme une mamie de 90 ans. Je me sèche, enfile ma nuisette puis mon peignoir par-dessus. Je pars en fripée comme une mamie de 90 ans. Je me sèche, enfile ma nuisette puis mon peignoir par-dessus. Je pars en direction de la cuisine pour voir ce que je vais me mettre sous la dent ce soir. En ouvrant le frigo, la réponse est limpide, plus qu'à commander une bonne pizza. Je m'empare de mon téléphone, compose le numéro de la pizzéria du coin et passe commande.
En attendant, je m'installe sur mon canapé, allume la télévision et regarde les programmes tout aussi
nuls les uns que les autres. La sonnette retentit, je lance une œillade sceptique à mon horloge et remarque que cela fait à peine dix minutes que je patiente. Malgré tout, je me lève et récupère mon portefeuille. Je m'avance jusqu'à ma porte d'entrée, ouvre la porte et sans un regard pour la personne, je lui dis :
- C'est du rapide chez vous ! À peine dix minutes d'attente. Combien je vous dois ?
- Bonsoir ! Gronde une voix qui me paralyse sur place.
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