
Après la rupture de nos fiançailles, je suis devenue la créancière de mon ex
Chapitre 4
L'émeraude captait les lumières des coulisses. Cette bague était mon lien avec la vie que j’avais laissée derrière moi avant de rencontrer Vincent Cassio, avant de me cacher à ma propre famille pour protéger un homme qui me considérait comme un bien.
Ses doigts se sont resserrés autour de la bague.
« Trois. »
Tout mon corps tremblait. J'ai enfoncé mes ongles dans mes paumes jusqu'à sentir l'humidité.
« Deux. »
« Je vais le faire. »
Mes mots avaient un goût amer.
Le sourire de Vincent était triomphant. Il a glissé la bague dans sa poche et m'a tapoté la joue.
« Bonne fille. Maintenant dépêche-toi. Elle va bientôt monter sur scène. »
Je suis entrée dans les toilettes les plus proches, en verrouillant la porte. Je fixais dans le miroir ce fantôme qui me ressemblait, j’étais pâle, trempée, avec les yeux creux.
Pendant cinq ans, j'avais caché qui j'étais. J'avais enfoui Elara Vitale, fille d'Arturo Vitale, l'homme que même les autres Dons appelaient « Le Fantôme », pour devenir l'ombre silencieuse d'Elara
Cassio. Je pensais que Vincent construisait quelque chose de réel, quelque chose de différent de l'héritage sanglant que j'avais fui.
Je m'étais trompée. J'avais nourri un loup en pensant qu'il s'agissait d'un chiot.
Chaque once d'humiliation d'aujourd'hui, Vincent. Tu le paieras avec tout ce que tu possèdes.
Je n'ai pas touché la robe en satin. J'ai donné un coup de pied dans la housse et je l'ai envoyée dans un coin.
Je suis sortie des toilettes et j'ai marché directement vers l'entrée animée de la scène.
Sofia était au bras de Vincent, en train de se donner en spectacle. Elle m'a vue et son visage s'est figé dans une fausse déception.
« Elara ! Tu n'es pas prête ! Comment la robe va-t-elle être mise en valeur ? »
Les yeux de Vincent sont devenus de glace noire.
« Elara. Maintenant. Ou je te jure que...»
La voix de l’animateur a résonné dans la salle.
« Veuillez accueillir Sofia Ross ! »
Je ne les ai pas regardés. Je me suis tournée et j'ai marché vers la sortie du personnel.
« Attrapez-la ! » a hurlé Vincent, oubliant les caméras.
Les deux gardes du corps se sont jetés sur moi. L'un a donné un coup derrière mes genoux.
CRAC!
Mes jambes ont cédé. Je suis tombée violemment sur le sol en béton, une douleur brûlante me transperçant les rotules.
Des halètements. Les caméras se sont tournées.
Vincent s'est approché, se plaçant entre moi et les objectifs les plus visibles, jouant son rôle de fiancé aimant devant le public.
« Toutes mes excuses, tout le monde, » a-t-il annoncé d'une voix faussement désolée. « Cette femme est une ancienne employée mécontente. Elle développe une obsession malsaine et tente de perturber l'événement pour attirer l'attention. »
Il m'a regardée, ses yeux promettant pire plus tard.
« Sortez-moi cette ordure d'ici. »
Les gardes m'ont relevée par les bras.
Mes genoux hurlaient de douleur, le sang tachant mon jean déchiré.
Alors qu'ils me traînaient devant lui, vers la porte de service avec la pluie tombant toujours, Vincent s'est penché vers moi.
Son murmure était une lame.
« Passe la nuit dans le caniveau, Elara. Réfléchis à ta place. »
Ils m'ont jetée dehors. Je suis tombée dans une flaque froide et profonde.
La pluie a lavé le sang sur mes genoux, le diluant en rose.
Je me suis redressée sur les coudes. À travers la pluie et les portes vitrées, je pouvais voir Vincent emmener Sofia sur le tapis rouge, saluant la foule. Le héros et sa star.
Un sourire froid et sombre a effleuré mes lèvres.
De l'intérieur de mon manteau trempé, j'ai sorti un téléphone. Pas celui que
Vincent surveillait. Celui-ci était noir, fin, crypté. Une ligne directe vers une ombre.
Mes doigts engourdis par le froid ont composé un numéro que je n'avais pas appelé depuis cinq ans.
Il a sonné une fois.
« J’écoute ! » La voix à l'autre bout du fil était grave, calme, et portait le poids de mille menaces silencieuses.
« Federico ! »
Un silence. Puis une inspiration brusque.
« Elara ? Où es-tu ? Qu'est-ce qui se passe ? »
« Le jeu est terminé. » Ma voix était stable maintenant, d'un calme mortel.
« Liquide tous les actifs, tous les investissements liés à Cassio Holdings. Je veux que ses flux financiers soient coupés d'ici l'aube. »
J'ai fermé les yeux, la pluie se mêlant à la chaleur qui montait enfin en moi.
« Et Federico ? »
« Oui, Principessa ? »
« Viens me chercher. Je veux que Vincent Cassio et tout son empire soient rayés de la carte d'ici demain. »
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