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Couverture du roman Ayé : Dans ma chère et dans mon âme

Ayé : Dans ma chère et dans mon âme

Victime d'abus et de maltraitances constantes, une jeune fille décide de ne plus subir son calvaire en silence. Animée par une volonté farouche, elle s'engage dans une quête acharnée pour obtenir justice et réparation. Face à l'adversité, elle est désormais prête à tout pour que les torts soient reconnus. Quel sera l'aboutissement de son combat et quel sort l'attend au bout de ce chemin douloureux ? Un récit poignant sur la résilience et la vengeance.
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Chapitre 2

*Ayé,dans ma chair et dans mon âme*

Chapitre 1 : La misérable

*8 ans plus tard*

*Parakou, Bénin*

Huit années s’étaient écoulées mais la vie était toujours aussi amère. Abeni avait continué à suivre des soins à l’hôpital avant de finalement avoir l’autorisation de sortir avec l’obligation de revenir chaque semaine pour la suite du traitement et une ordonnance à suivre scrupuleusement. Lina s’était occupée d’Ayé les premiers mois de sa vie, Abeni refusant d’avoir affaire à elle. Après ses deux ans, la petite passait ses jours entre la garderie, la maison de Lina et l’hôpital où elle faisait face à une mère peu désireuse de l’avoir dans ses pattes. Finalement, Abeni s’était installée à Parakou et Lina s’était installée non loin avec son fils Dan. Elle faisait toujours dans le caritatif mais était plus ou moins présente les trois-quarts du temps à Parakou.

*Ayé*

-Seigneur…mais enfin Ayé, que fais-tu dehors à cette heure de la nuit et sous cette pluie ? Pourquoi es-tu assise devant la maison ? Et ta mère ? dit Lina qui était venue apporter des provisions à Abeni en découvrant Ayé recroquevillée sur le sol de la maison sans parapluie ou même un vêtement chaud pendant qu’une forte pluie s’abattait sur la ville.

-Maman a dit que c’était ma punition pour avoir renversé la boite de lait. Répondit Ayé en levant ses beaux yeux noisettes vers Lina

-Ta punition ? Non mais Abeni est mal… Pauvre petite. Allez viens ma puce, on rentre. Dit Lina horrifiée

-Maman va me taper Tata Lina. Dit Ayé tremblante de froid en levant un regard craintif vers Lina

Lina, prenant Ayé dans ses bras lui dit :

-On va chez moi ma princesse. Tu vas prendre un bon bain chaud puis tu joueras avec Danny pendant que je vous prépare une délicieuse sauce gombo.

-Youpi ! Dit la petite en affichant un petit sourire

Lina était très en colère contre Abeni mais ce serait réglé demain. Maintenant, l’essentiel était de s’assurer que la petite n’attrape pas froid.

*Le lendemain*

Après avoir donné son bain à Ayé puis s’être assurée que la petite ainsi que son fils Dan qu’elle élevait seule depuis que le père de Dan l’avait abandonné pour une autre femme, aient mangé et se soient distraits, Lina conta une histoire aux enfants et le lendemain, les réveilla et les prépara pour l’école.

*A l’école*

Ayé était une petite fille très silencieuse qui passait le plus clair de son temps seule, ne s’ouvrant qu’à de rares personnes comme Lina, Dan, sa mère et la maîtresse. Néanmoins, c’était une petite fille intelligente et très maligne du haut de ses 08 ans. Elle jouissait en plus d’une grande beauté dont les esquisses se profilaient déjà.

Comme toujours à chaque récréation, Ayé se cachait dans un coin discret de la cour de récré pour manger sans que personne ne vienne la perturber. Elle se délectait du goût des akara (ata, beignets d’haricot) que lui avaient préparé tata Lina quand la bande de garçons qui l’embêtait s’avança vers elle :

-Hey, la fille de la sorcière, qu’est-ce que tu manges en te cachant ?

Ayé serra fort sa gamelle et se courba pour se protéger tandis qu’Hamzat, un des garçons s’avança vers elle, l’obligeant à lui donner sa gamelle :

-Hamzat, ma nourriture. Je vais le dire à la maîtresse.

-Viens la chercher. Hahaha. Dit-il en se moquant et en jouant à un jeu de passe passe avec ses amis

Ayé, les larmes aux yeux leur courait après en réclamant sa gamelle mais ce fût peine perdue. Au final, ils mangèrent tout le contenu de la gamelle avant de la lancer au sol :

-La voilà ta gamelle.

-Hey Hamzat, regarde-là elle pleure. C’est un gros bébé. Dit Kamal un autre des garçons

-Gros bébé. Gros bébé. Ayé est un bébé. Ayé est un bébé. Chantèrent-ils en chœur

Ayé pleura de plus belle prête à s’enfuir comme à chaque fois que ces garçons lui faisaient une mauvaise blague :

-Ah mais attend Ayé. Tiens, voici du bissap. Dit Alassane, le troisième en renversant le jus de bissap dans les cheveux d’Ayé et sur sa robe d’école

N’en pouvant plus, Ayé s’enfuit à toute vitesse, le visage en larmes. Elle finit par rencontrer un mur : la maîtresse.

-Ayé ? Qui t’a fait ça ?

-…

-Ayé, rien ne t’arrivera. Je te protégerai. Dis-moi tout :

-Hamzat, Kamal, Jolidon et Alassane. Dit Ayé en entourant sa maîtresse de ses bras, en sanglots

-Viens, je vais te nettoyer. Je m’occupe d’eux. Dit la maîtresse en l’entraînant à sa suite

Comme toujours, la bande d’Hamzat recevait quelques coups de planchette puis se mettait à genoux jusqu’à la fin des cours. Mais Ayé devait toujours sortir l’uniforme sale :

-Ayé ? C’est encore Hamzat et ses copains qui t’ont fait ça ? Demanda Dan en venant chercher Ayé en CE2

Ayé hocha silencieusement la tête puis Dan, son seul ami qui était en CM2 partit en courant chercher Hamzat et ses amis. Ayé, le suivit avec son calme habituel jusqu’à un coin de l’immense cour de récréation où Dan avait déjà repéré le groupe d’Hamzat :

-Petits minables. Pourquoi vous avez fait ça à Ayé ? Vous devez des excuses à Ayé. dit Dan en tirant les oreilles d’Hamzat

Jolidon, un de ses amis se jeta sur Dan et ça se transforma en une bagarre à un contre 4. Ils étaient occupés à se taper quand Lina et la maîtresse accoururent pour séparer les enfants :

-Danny, ça suffit ! C’est quoi ce comportement ? Combien de fois je t’ai dit qu’il ne fallait jamais se battre ?

-Mais maman, ce sont eux qui ont commencé. Ils ont renversé du bissap sur Ayé. Se défendit Danny

-N’empêche, la prochaine fois que tu te comporteras comme ça, tu seras privé de sortie. Répondit Lina avec fermeté

Elle ramena les deux enfants à la maison puis après avoir changé Ayé et fait un sermon à Danny sur la violence, elle partit avec la petite pour la maison d’Abeni :

-Désormais, tu manges chez la maîtresse Ayé. Et si un garçon, t’embête encore, tu ne pleures pas. Tu le dis directement à la maîtresse. Je ne veux plus te voir pleurer Ayé. D’accord ?

-D’accord tata Lina. Répondit Ayé d’une petite voix

Une fois en face de la petite maison qu’occupaient Abeni et sa fille, Lina fit un pas en avant mais Ayé opposa une résistance :

-Maman va se fâcher parce que je suis allée chez toi tata.

-Non, ma puce. Tu vas voir. Fais-moi confiance. Dit Lina en lui souriant

Ayé hocha silencieusement la tête et suivit Lina à l’intérieur de la maison. Abeni était assise sur une natte occupée à découper la tête des poupées d’Ayé quand elles entrèrent. Automatiquement, Ayé se jeta aux pieds de sa mère :

-Maman, pourquoi tu as enlevé la tête de Lucia et Ken ? Maman…

-Si tu ne la fermes pas Ayé, c’est ta tête que je vais arracher. Répliqua Abeni en poursuivant sa besogne

-Abeni ! Ayé, va dans la chambre, je veux parler avec ta mère. Dit Lina en colère

Abattue, Ayé obéit néanmoins et se cacha derrière la porte pour s’assurer que sa mère ne tuerait pas Barbie et Tara, ses deux dernières poupées. De l’autre côté de la porte, Lina arracha les ciseaux des mains d’Abeni et l’obligea à se lever :

-Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi Abeni ? Qu’est-ce que cette enfant t’a fait ? Comment as-tu pu la laisser dehors sous la pluie ? Et pourquoi tu détruis ses jouets et lui dit de vilaines choses ? Combien de fois dois-je te dire d’arrêter de maltraiter la petite ?

-Je t’ai prévenue, tu ne m’as pas écouté maintenant, tu me laisses élever Ayé comme je le veux. Dit Abeni en toisant durement son amie

-Elever ? Tu l’élèves ou tu la traumatises Abeni ? Si tu continues comme ça, je ferai toutes les démarches possibles pour te prendre cette petite. Elle ne t’a rien fait mais pourtant, tu t’acharnes sur elle. Tu as une petite fille belle et intelligente qui fait très rarement des bêtises mais tu continues de la martyriser. Ne vois-tu pas sa souffrance ? Par ta faute, cette enfant se tient à l’écart de tout le monde et passe son temps à pleurer. Tu lui as insufflé la peur Abeni. Déclara Lina avec tristesse et rage

Abeni ricanant, répliqua :

-Et moi alors, qui s’occupe de ma souffrance ? Je pleure depuis 9 ans et je passe mes journées dans cette maison sombre tellement j’ai peur de sortir. Sais-tu comment les enfants m’appellent ? La Sorcière. Les gens détournent les yeux à mon passage. J’ai toujours cette peur qu’on me viole ou qu’on brûle ma maison mais qui s’en occupe ? Et cette fille que tu défends tant, tu sais ce qui se passe chaque fois que mes yeux se posent sur elle, je revois cette nuit où ils m’ont tout pris encore et encore : elle a presque le même visage, les mêmes yeux, le même sourire que cet homme qui m’a condamné à cette vie de misère. Tu imagines ma souffrance Lina ? Qui pense à ce que je vis ? Personne ! Tu me dis toujours Ayé, Ayé et encore Ayé. Et moi ? Pourtant, tu es celle qui m’a ramené à la vie.

Lina, un peu plus douce :

-Je suis désolée Abeni. Je n’imaginais pas à quel point c’était dur pour toi. Mais n’empêche, c’est une gentille petite fille qui t’aime et que le Seigneur t’a confié. Fais un effort et apprends à l’aimer et à la connaître. S’il te plaît Abeni. Promets-moi que tu le feras.

-Je te le promets. Dit Abeni en regardant ses jambes pleines de cicatrices

-Merci Abeni. Bon, je dois retourner m’occuper de Danny. Je pars à Cotonou demain, j’ai une affaire urgente à régler là-bas. Tu diras à Ayé que je lui achèterai d’autres poupées. Bonne soirée Abeni. Dit Lina en prenant Abeni dans ses bras

-Bonne soirée Lina. Dit Abeni en souriant

Une fois la silhouette de Lina bien loin de son champ de vision, Abeni ferma entièrement la maison puis éteignit toutes les lumières et saisit la courroie qu’elle gardait bien cachée au-dessus du meuble du séjour. Un sourire victorieux sur les lèvres, Abeni entra dans la chambre appelant Ayé. La petite s’était cachée sous le lit pour éviter de subir la colère de sa mère :

-Ayé, ne me fais pas perdre mon temps. Tôt ou tard, tu recevras ta punition. Tu le sais ma petite fille, tu n’as pas respecté mes ordres et tu m’as fait honte devant Lina. Tu m’as fait passer pour une méchante et c’est très mal Ayé. Dit Abeni en allant et venant dans la chambre à la manière d’une tortionnaire

De plus en plus en colère, elle frappa avec force contre la commode ce qui réussit à arracher un cri à la petite. Rapidement, Abeni se baissa et tira Ayé par ses longs cheveux crépus noirs :

-Je suis désolée maman. Je suis désolée. Pardon maman. Je ne le ferai plus. Dit Ayé en pleurs

-Tu savais ça avant de me faire ce que tu m’as fait et de me faire perdre mon temps Ayé ? Tu le savais petite idiote ? dit Abeni avant de lui administrer une gifle sonore qui eut l’effet de la faire tomber par terre.

-Allez debout. Déshabille-toi et fais la chauve-souris.

-Pardon maman. Je ne le ferai plus. Implora Ayé en levant les yeux vers sa mère

Abeni gifla de nouveau sa fille.

Ayé tremblante de peur, obéit néanmoins car elle savait qu’avec sa mère, il valait mieux ne pas l’énerver. Nue, Ayé allait de haut en bas et vice versa malgré la tension dans ses jambes. Elle commençait à avoir mal et ralentit la cadence. C’est là que sa mère lui donna le premier coup de courroie sur les mollets. Puis un devint deux puis trois, ensuite au dos et dans le cou. Abeni donnait des coups dans tous les sens malgré les cris de douleur de sa fille et sa peau rougie par les coups. Elle ne s’arrêta que lorsqu’elle-même fût prise de douleur dans les bras :

-A genoux ! Tu n’as pas intérêt à te relever.

La petite fille de 8 ans, le corps endolori tenta de se relever mais la douleur était plus forte. Abeni énervée, lui administra un autre coup de courroie qui obligea Ayé à trouver la force surhumaine de se mettre à genoux. Ayé sanglotait, se demandant ce qu’elle avait fait à sa mère pour qu’elle lui en veuille autant. Malgré que Danny ait tapé Hamzat et ses amis, tata Lina l’avait juste grondé et lui avait même fait un bisou sur la joue. Mais elle, sa mère ne lui avait jamais fait de bisou de toute sa vie et au contraire la punissait sans cesse. Depuis la boite de lait renversée jusqu’au fait d’être trop jolie, elle recevait des coups. Pourquoi ?

Ayé était à genoux, le ventre qui gargouillait quand sa mère vint avec un plat fumant de spaghetti. Elle s’arrêta en face d’elle lui faisant sentir l’odeur de la bonne nourriture :

-Tu as faim n’est-ce pas Ayé ?

Ayé hocha difficilement la tête puis Abeni reprit :

-Mais les petites filles qui ne sont pas sages n’ont pas le droit de manger. Alors, tu vas rester à genoux et me regarder manger en silence. Au moindre petit bruit, c’est la courroie. D’ailleurs, je vais commander une lanière à Hamidou. La prochaine fois, ce sera trois jours sans nourriture. Bon, maintenant, je vais manger. Gare à toi si tu salives ou mange une miette tombée.

Ayé obéit à sa mère se retenant de laisser des gouttes de salive s’échapper de sa bouche. Elle n’eut enfin un peu de répit que quand sa mère, fatiguée finit par s’endormir. A son tour, surveillant sa mère, elle s’endormit le ventre vide et le corps meurtri.

*2 ans plus tard*

Le scénario se répétait inlassablement en dépit du fait qu’Ayé soit devenue plus silencieuse qu’elle ne l’était autrefois ne s’adressant qu’à Dan qui défendait vaille que vaille sa petite protégée même contre Abeni. Abeni ne manquait pas de trouver des punitions de tout genre pour la petite fille parfois pour rien. L’enfant avait de nombreuses fois séjournée à l’hôpital mais n’avouait jamais que c’était sa mère la responsable de ses blessures. Au fond, elle rêvait que sa mère lui tresse les cheveux comme la mère de Nadège ou l’amène au marché comme la mère d’Aïcha ou comme celles de toutes ses camarades d’Hibiscus.

C’est d’ailleurs avec ce mince espoir, qu’aujourd’hui Ayé avait décidé de retenter sa chance. Aujourd’hui, c’était son anniversaire.

-Bonjour maman. Dit-elle à l’intention de sa mère dont elle avait tôt fait de préparer le petit-déjeuner et de le lui apporter au lit contrairement aux autres matins où elle posait le tout sur la table

C’était elle qui assurait la propreté de la maison et cuisinait pour sa mère en plus des cours. De 1ère, elle était passée à 5ème n’empêche qu’elle demeurait une petite fille brillante qui avait décroché son CEP.

-Qu’est-ce-que tu me veux cette fois Ayé ? Dit Abeni en se redressant et en plantant ses ongles dans la chair de sa fille

-C’est mon anniversaire maman. J’ai 10 ans. Dit Ayé d’une petite voix

-Et ? Sors d’ici avant que je ne te renverse la tasse de lait sur le corps ! Dit Abeni de plus en plus en colère, les yeux en larmes

Ayé obéit et après avoir vérifié que tout était en ordre à la maison, prit la sacoche rose que lui avait offerte tata Lina pour ses 9 ans et partit pour sa maison. Dès son arrivée, Lina la prit dans ses bras :

-Joyeux anniversaire Ayé.

-Merci tata Lina. Dit Ayé en essayant de sourire

-Hey ma princesse, qu’est-ce qui ne va pas ? Ta mère t’a dit quelque chose ? Dit Lina prête à donner la réplique

-Non tata. Elle m’a juste souhaité joyeux anniversaire et s’est endormie. Mentit Ayé

Ne croyant pas tellement à cette assertion, Lina ne releva toutefois pas et dit :

-D’accord ma jolie. Bon, Dan est dans l’arrière-cour. Je vais te préparer tes plats préférés et te faire un gâteau au chocolat.

Silencieusement, Ayé rejoint Dan, son ami de 12 ans :

-Tu as encore pris un cm Ayé. Bientôt, tu seras si grande que tu ne pourras plus passer par la porte.

-N’importe quoi Danny. Dit Ayé en souriant

-Joyeux anniversaire Ayé. Répondit Danny en rejoignant sa camarade de jeu

-Merci Danny. Alors, où est mon cadeau ? Dit-elle en tirant sur le pull qu’elle avait porté malgré la chaleur pour dissimuler les traces d’ongles de sa mère

-De quel cadeau tu parles ? Je ne t’ai jamais promis de cadeau. Dit Danny

-Menteur ! Et ce qu’il y a derrière ton dos. Dit Ayé en essayant de lui prendre les mains qu’il cachait dans son dos

-On ne peut vraiment rien te cacher inh. C’est un cerf-volant.

-Waouh Danny. Il est tellement beau. Tu l’as fabriqué toi-même ? Dit Ayé en prenant le cerf-volant en papier coloré en multicolore avec écrit au centre son prénom

-Oui. J’ai suivi les instructions de l’atelier Brico de Piwi. Dit Danny en faisant les fiers

-C’est trop gentil Danny. Merci. Répondit Ayé en se jetant dans ses bras

-Ah doucement, tu me fais mal. Allez viens, allons le tester. Dit-il en lui donnant une petite tape sur la tête

Ayé hocha la tête puis les deux amis firent du cerf-volant, jouèrent ensemble sur la Playstation de Dan, suivirent la TV, mangèrent avec Lina et après la coupure du gâteau, Ayé emporta une part pour sa mère avec de la nourriture :

-Maman, je suis rentrée. Je t’ai ramené du riz jollof, un peu de pâte et de sauce gombo de chez tata Lina et du gâteau.

-Comme ça Mlle est allée faire la fête me laissant seule dans cette maison. Dit Abeni en avançant avec un sourire dangereux vers sa fille

-Ce n’est pas ça maman. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je suis désolée. Je ne le ferai plus. Dit Ayé en reculant

-Bien sûr que tu ne le feras plus après la punition que je vais te donner. Tu sais quoi ? Va dans la chambre et met ta plus belle robe et tes plus belles chaussures. On va le célébrer cet anniversaire. Le plus beau jour de notre vie inh ? Dit Abeni en prenant le visage de sa fille entre ses mains

Toute tremblante, Ayé enfila une robe blanche avec de petites fleurs roses et une ceinture de la même couleur, mit des chaussettes blanches et des ballerines roses, l’ensemble offert par Lina qui lui payait sa scolarité, ses vêtements, sacs et presque toutes ses affaires. Abeni fit son entrée dans la chambre avec un plateau contenant tout ce qu’Ayé lui avait rapporté. Un sourire sadique sur les lèvres, elle lui renversa le gombo suivi du riz et de la pâte avant de lui passer le gâteau sur le visage :

-Voilà ce que j’en fais de ton anniversaire. Retiens ça une bonne fois pour toute Ayé Tidjani : Ma chair et mon âme sont morts à jamais alors toi, ma chère fille, tu es condamnée à souffrir autant que moi et même plus. Et maintenant, va te laver et lave cet ensemble en t’assurant que tout soit propre.

Ayé obéit une fois de plus tandis qu’Abeni comme toujours s’en alla se coucher.

*Une semaine plus tard*

*Chez Lina*

-Je vais me marier Ayé. Dit Lina émue

-C’est génial tata Lina ! Je suis trop contente pour toi. Tu mettras aussi une robe blanche comme la princesse dans le dessin animé que Danny et moi avons suivi la dernière fois ?

-Oui ma chérie. Dit-elle en baissant la tête

-Alors pourquoi tu as l’air triste ?

Lina prit les mains d’Ayé et laissant couler ses larmes dit :

-Je pars avec Danny demain pour Cotonou. Mon futur mari habite à Cotonou et voyage beaucoup. Je ne vais pas revenir avant longtemps.

-Longtemps longtemps ? Interrogea Ayé

-Oui Ayé. Je suis désolée ma puce.

-Tu m’abandonnes c’est ça ? Tu m’abandonnes et tu pars avec Danny ? Dit Ayé en larmes

-Je ne t’abandonne pas mon enfant. Tu comprendras quand tu seras plus grande. Je t’enverrai toujours plein de cadeaux et Danny t’écrira des lettres. Et puis, un jour, ma puce, toi et moi on se reverra. Je te le promets. Assura Lina

-Tu me le jures ?

-Je te le jure Ayé. Répondit-elle toute chagrinée

Ayé se laissa aller dans les bras de Lina qui la serra très fort dans ses bras. Elle embrassa également Danny puis en proie à une immense tristesse marcha lentement vers la maison : S’il n’y avait plus tata Lina et Danny ici, elle était désormais toute seule avec sa maman. Toute seule.

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