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Couverture du roman Aurore : Ombre de mes jours

Aurore : Ombre de mes jours

Privée de la vue, Aurore évolue dans une obscurité constante, étrangère à sa propre beauté brune tant vantée. Malgré ce handicap qui l'isole, elle dirige sa vie avec la rigueur d'une jeune PDG accomplie, suivant une trajectoire toute tracée. Pourtant, son existence bascule quand l'amour s'invite de manière imprévue. Entre ses responsabilités professionnelles et ce tumulte émotionnel, saura-t-elle lâcher prise et s'ouvrir à la lumière d'un sentiment nouveau ?
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Chapitre 2

Petit à petit, l’oiseau fait son nid...

Alors que le jour se levait, Aurore se réveillait doucement.

La veille, elle avait tellement pleuré que le sommeil avait fini par l’atteindre, sans qu’elle ne s’en rende compte.

Elle savait que sa journée allait être harassante, et elle en était écœurée d’avance.

Soudain, elle se souvint qu’elle avait accepté un déjeuner avec le bel inconnu de l’ascenseur.

“Il faut absolument que je le rappelle pour confirmer ce rendez-vous. Mais aurais-je assez de cran?

C’était un peu tôt, mais après un bref instant d’hésitation, elle se lança.

Dans un long soupir, elle attrapa son téléphone portable et forma le numéro.

- L’homme: “Allo? Oui?”

- Aurore: “Euh oui? Euh bonjour” dit-elle hésitante.

“Je suis la jeune femme de l’ascenseur, nous nous sommes vus hier...”

- L’homme: “Ah oui? Comment ça va? Je n’attendais plus votre appel!” dit-il avec ironie.

-Aurore: “Ah oui pourquoi ça?”

- l’homme: “Je ne pensais pas que vous rappelleriez c’est tout!”

-Aurore: “Bon... (silence)... Mais votre invitation tiens toujours?”

-L’homme: “Mais bien entendu. Ça tient toujours. Retrouvez-moi au Restaurant La fourchette. Tout à l’heure, à 13 heures.

Maintenant il faut que je vous laisse, je dois me préparer. Au revoir! “,

Et il mît fin à l’appel.

Aurore était choquée. Il avait raccroché sans crier gare!

(Aurore)

“Non mais quel toupet! Ce type est d’un culot sans borne. C’est la seconde fois qu’il ne me laisse pas lui dire Au revoir. Il raccroche comme si c’est lui qui avait l’initiative de cet appel.

On ne lui a pas appris à prendre congé des gens? Tchiiiiip!!!!!”

Et de surcroît, il impose l’heure et l’endroit”, maugréa-t’elle.

Aurore était vexée. Elle aurait souhaité que cette conversation se passe autrement. Elle ne savait toujours pas avec qui elle allait déjeuner, et lui non plus d’ailleurs.

Ce qui est certain c’est que sa voix grave et profonde ne la laissait pas indifférente. Comment allait-elle résister à ce bel inconnu?

Le cœur d’Aurore battait à 1000 à l’heure !

Elle se leva, se prépara et s’habilla confortablement mais toujours avec classe.

Il était déjà 8h00 et Suzanne était là dans la voiture, et l’attendait devant la résidence DJANZ.

Je suis prête dit Aurore en dévalant les escaliers munie de ses superbes Louboutin en python.

Son assistante était heureuse de voir que ses conseils payaient. Aurore était sublime. Elle portait une belle robe bleu électrique, une petite veste noire cintrée, ainsi que sa fameuse paire de d’escarpins qui lui allongeaient parfaitement les jambes.

Sans parler de ses belles boucles brunes et de son maquillage léger, mais parfait.

- “Aurore, tu es resplendissante ce matin”, lui dit Suzanne. “ Je suis contente... Vraiment”.

- “Merci Suzanne”. Répondit poliment Aurore. “J’ai ce rendez-vous avec l’inconnu d’hier, tu te souviens?”.

Suzanne acquiesça de la tête, et sourit gentiment à sa petite protégé. Elle savait ce qu’Aurore subissait et avait parfois pitié d’elle. Alors elle était heureuse que quelqu’un d’autre qu’elle s’intéresse à “Miss DJANZ”.

- “Par contre Aurore, pas un mot de ce déjeuner à ta mère. Elle en mourrait et elle me virerait sur le champs”!

Dit Suzanne nerveusement!

- “Evidemment, que je ne dirai rien”, dit Aurore déterminée; “et je compte sur toi pour me couvrir.”

Arrivée devant l’immeuble de l’entreprise, c’était toujours le même perpétuel balais de paparazzi et de journalistes. Aurore les ignorait une fois de plus.

Une réunion urgente avait lieu le conseil d’administration devait être réuni concernant la vente de la branche restaurant du groupe.

- “Que pensez-vous de la situation? Avons-nous autant besoin de vendre ces parts au groupe NIANG and Cie?” dit M. Diagne, directeur des restaurants DJANZ.

- “Je pense que cette restructuration est nécessaire M. Diagne. D’autant plus que nous devons concentrer notre activité sur l’immobilier et cesser de nous disperser.

Avec la restauration, nous finirons par être perdants tant les investissements sont lourds pour maintenir l’activité”. Continua Abigaël DJANZ d’un ton vif.

(Aurore): “Hmmmmm! Je ne suis pas tout à fait d’accord maman!

Nous avons besoin de cette diversification de nos activités. Je sais que Papa y tenait beaucoup. Il aimait ses restaurants; et au-delà de ça, je ne constate aucune perte suite aux derniers investissements effectués. Bien au contraire!”

Abigaël était furieuse et contrariée.

Sa fille qui ne la contredisait jamais, venait de le faire, et en publique en plus!

Pire encore, les dix autres membres du conseil d’administration étaient de l’avis d’Aurore et avaient voté pour l’arrêt du projet de vente des restaurants.

- “Faites comme bon vous semble”, interjeta Abigaël. Si les chiffres le disent alors...

“Petite sotte”, se dit-elle intérieurement, “si elle croit qu’elle va pouvoir se mettre en travers de ma route....Elle se trompe”.

Aurore reprit la parole avec assurance et autorité: “M. Diagne, chers membres du C.A, je pense que le moment n’est pas encore venu de vendre ces parts.

Le mieux serait de prévenir immédiatement les responsables du groupe NIANG et Cie de notre décision. Il faut juste alerter la presse par un communiqué. Annulons purement et simplement la conférence de presse.”

La séance fut levée. Et chacun des participants à la réunion s’en retourna à son activité.

Aurore avait fait preuve de fermeté. Soutenue par Suzanne, elle avait accepté d’afficher un caractère assuré. Elle aurait pu être actrice tellement elle jouait son rôle de PDG à merveille.

Il faut dire qu’elle avait aussi, le soutien de ses proches collaborateurs et des salariés.

Ce qui était tout autrement pour ses relations personnelles.

Avec sa mère c’était la catastrophe, et avec les hommes le néant.

Il n’y avait qu’avec Suzanne (qui la bousculait pourtant beaucoup), et sa petite sœur Louisette que tout allait bien.

Cette dernière admirait son aînée. Elles avaient toutes deux une belle complicité.

L’heure du déjeuner avec le bel inconnu approchait. Elle regardait l’horloge fébrilement.

Pour une fois, Suzanne ne l’accompagnait pas. Elle avait trop à faire pour mettre à jour le planning de la semaine, qui avait été modifié suite à la décision du C.A, quelques heures plus tôt.

Aurore savourait ce moment où elle avait enfin du temps pour elle. Et découvrir ce jeune homme, aussi mystérieux qu’impoli l’intriguait.

Elle s’engouffra dans sa voiture, et demanda au chauffeur de l’emmener sans détour à la fourchette.

“Ahhhhhhhh! Mon Dieu quel stress”, marmonna Aurore.

Arrivée sur le lieu du rendez-vous avec 15 minutes d’avance. La jeune femme pensa entrer pour attendre ce dernier.

Seulement, elle se rendait maintenant compte qu’elle ne savait pas à quel nom était réservée la table.

“Tant pis!” se dit-elle; “je vais attendre au bar.”

Le temps était long. “Décidément, ce garçon est d’une impolitesse éhontée!” se dit-elle révoltée.

Elle décida donc de sortir de son sac son petit carnet sur lequel elle notait ses idées d’écriture:

1- “... Il faut que je sorte d’ici, j’étouffe, comment pourrais-je m’en sortir puisque il n’y a aucune issue... Je suis enfermée contre mon gré...”

2 - “Je suis cachée dans cette cave depuis trop longtemps. Lazare dit que j’ai de la chance d’avoir un toit et de quoi manger.

C’est une prison rien de moins.

Une prison dorée, mais une prison, quand même.”

3- “Rien dans cette maudite pièce, ne laisse apparaître mon reflet. On dirait que c’est fait exprès. J’aimerais savoir la tête que j’ai. Lazare passe son temps à dire que je suis belle, que mes yeux sont magnifiques etc...Mais je m’en fiche!”

Aurore était satisfaite. L’inspiration revenait. Ses idées d’écriture s’enchaînaient, elle aurait voulu écrire encore et encore.

Mais elle fut stoppée dans son élan, par l’odieux personnage qui devait partager son repas. Il avait Plus de 25 minutes de retard! 25 minutes...

Ce dernier l’avait reconnu et n’avait pu que constater à nouveau sa grande beauté.

Il se dirigeait donc vers elle, et apparut si soudainement devant elle, qu’elle eut peur, tant elle était captivée par ce qu’elle écrivait.

“Enfin nous y voilà”! Lança-t-il gaiement.

- “Tidiane NIANG”, dit-il en lui tendant la main.

Et moi c’est, Aurore ... Aurore DJANZ!

Les deux jeunes gens se regardèrent un moment avant de se parler. Le temps était comme suspendu.

Puis, Tidiane invita Aurore à s'assoir. Le serveur leur tendit la carte. Une fois leurs plats choisis, la commande fut passée, et les bouches se délièrent enfin.

- "Alors?" dit Tidiane, qui voulait tout savoir d'elle!

- "Alors?", lui répondit Aurore accompagné d'un sourire timide.

- "Ben alors? On est timide Aurore?

Avant tout, excusez-moi du retard, j'ai eu un contre temps et je n'avais pas votre numéro."

- "Normal", répondit Aurore d'un ton moqueur, vous n'avez même pas daigné me laisser parler, et vous avez raccroché comme si quelque chose vous piquait les fesses!"

- "Ah! Oui vous êtes comme ça vous?"

-"Eh oui! Je suis comme ça moi!", sourit Aurore enjoué par cette joute verbale.

- Aurore DJANZ a du caractère sous ses airs de jolie fille sage!!!! ", dit Tidiane un brin provocateur.

Cette dernière éclata de rire. Ce déjeuner prenait enfin une bonne tournure.

Aurore expliquait qu'elle dirigeait le groupe DJANZ depuis 2 ans déjà et que cela lui prenait beaucoup de temps.

Tidiane, lui avoua qu'il le savait et car il l'avait reconnu.

Elle fut rassurée, car il n'avait pas fait semblant de ne pas savoir qui elle était, comme la plupart des hommes qu'elle avait rencontrait. Elle appréciait son geste d'honnêteté.

Ensuite, ce fut autour de Tidiane de parler de lui. Il était avocat-associé dans un grand cabinet en ville.

En revanche, Il n'osa pas lui avouer qu'il était le neveu de Massamba NIANG illustre PDG, et propriétaire du fameux groupe NIANG. Principal concurrent d'Aurore. Il pensait que ça gâcherait tout et voulait savourer l'instant présent.

L'ambiance était gaie et les deux jeunes gens avaient même décidé de se tutoyer.

Aurore lui plaisait beaucoup. Sa discrétion et sa pudeur l'émoustillait, mais pas autant que ses yeux de biche et sa bouche ourlée d'un magnifique rouge à lèvres rose. Il la voulait pour lui, et pour lui seul.

De son côté Aurore qui s'était lâchée, ne pouvait s'empêcher de contempler le physique avantageux de Tidiane.

Il était grand, les traits d'une finesse absolue, et des yeux verts en amande qui contrastaient incroyablement bien, avec son teint clair.

Sans oublier son corps d'Apollon, et ses bras musclés dans lesquels elle aurait tant aimé se blottir.

Ils échangèrent beaucoup sur leurs activités, et sur leur hobby.

Ils s'étaient trouvé un goût commun pour l'écriture. Aurore était aux anges. L'écriture pour elle était plus qu'un passe-temps, mais une passion dévorante.

Tidiane lui révéla qu'il la trouvait mieux en vrai que sur les magazines. Elle sourit. Mais, elle dit à ce dernier, que si elle le pouvait, elle se passerait volontiers de jouer les mannequins.

Tidiane avait saisi un certain malaise dans le regard d'Aurore.

Il lui fit une grimace pour détendre l'atmosphère, elle lui rendit sa grimace. Et ils éclatèrent à nouveau de rire.

Une certaine complicité naissait entre eux. C'était peu, mais déjà beaucoup pour Aurore qui vivait renfermée sur elle-même.

*Pendant ce temps dans les bureaux du groupe DJANZ ...

(Abigael)

- "Cette petite effrontée va m'entendre! Où est-elle est encore passé?

Elle se croit tout permis cette irresponsable.... Grrrrrr".

- "Suzanne! Suzanne! Où est Aurore?", hurla Abigaël DJANZ en entrant comme une furie dans le bureau de l'assistante.

La jeune femme se tut quelques secondes, un peu choquée par l'entrée tonitruante d'Abigaël.

Elle inspira profondément, avant de lui répondre.

- "Elle est au hammam. Elle a un shooting demain et se doit d'être au au top pour ce travail".

- "Bien. Pour une fois qu'elle fait les choses dans le bon sens...rappelles-lui qu'elle a son entrainement cet après-midi, et qu'elle ne s'avise pas de venir en retard".

- "Oui Madame, elle est déjà prévenue".

- "Bien. Conviens d'un rendez-vous avec les fournisseurs pour qu'on puisse renouveler toute la vaisselle, la décoration, et les accessoires des restaurants, et appelles les directeurs de chaque restaurants pour connaître le nombre exacts de d'éléments à commander. Maintenant, je dois y aller. On m'attend.

Aurevoir Suzanne!" Dit Abigaël en claquant la porte derrière elle.

- "Aurevoir Mme DJANZ!", souffla Suzanne. "Quel odieux personnage!" bougonna - t'elle soulagée de son départ. Elle aussi craignait Abigaël, car ses coups de colère étaient terribles.

Suzanne savait qu'Aurore était en bonne compagnie, mais elle devait lui rappeler ses devoirs.

Elle était partie depuis presque 2 heures, et une montagne de boulot l'attendait. Sans compter sa séance de sport et la préparation du shooting.

Elle composa son numéro plusieurs fois, mais Aurore ne répondait pas. Au bout d'un quart d'heure, elle réussit enfin à la joindre.

"Ahhhhh Aurore! Mais que fais-tu?" s'écria Suzanne stressée de ne pas pouvoir mettre la main sur sa protégée.

"Il est l'heure de rentrer! Dépêches-toi! Tu vas nous mettre en retard sur le planning. Abigaël va nous aplatir!

Je te donne 10 minutes Aurore. Et pas une de plus!", hurla Suzanne agacée!

- "Ok! Ok! Suzanne j'arrive immédiatement. A tout de suite".

- "Retour à la réalité ", se dit elle intérieurement.

-"C'est déjà la fin?" Demanda Tidiane avec humour.

- "Oui, monsieur c'est déjà la fin", répondit Aurore embêtée.

Elle expira et reprit: "Mon assistante est sur les dents. Elle est super gentille, mais un peu hystérique. (rires simultanés d'Aurore et Tidiane ) ...Nous avons un million de dossiers à gérer.

Il faut que j'y aille. Je suis désolée.

- "Allons-nous nous revoir Aurore?, dit Tidiane inquiet. Je sais que tu vis à 100 à l'heure, mais"...

Sans attendre la fin de sa phrase, elle s'empressa de lui tendre sa carte de visite, en lui disant:

" Tu veux me revoir? Très bien. Appelles-moi et surtout ne raccroches pas sans dire Aurevoir".

Elle lui fit une bise sur la joue, et s'en alla vite, et sans se retourner, jusqu'à sa voiture. Le chauffeur démarra en trombe, en direction de l'immeuble DJANZ.

Elle n'eut même pas le temps d'arriver qu'elle reçut un texto de Tidiane.

"J'espères que nous aurons plein d'autres rendez-vous comme ça! Bises"

Aurore était bien. Elle ne se posait aucune question. Elle était juste heureuse. La première fois depuis longtemps.

Tidiane, lui, était surpris. Aurore lui avait cloué le bec avec son aplomb.

Elle avait su le défier avec intelligence. Il aimait de plus en plus l'audace de cette jeune femme. Elle avait joué le même jeu que lui, et l'avait laissé sur le carreau en s'en allant et sans même le remercier pour le repas. Il était tout simplement bluffé, et sous le charme.

Il avait perçu qu'Aurore était loin d'être sotte, et avait le sens de la répartie.

Mais les apparences étaient trompeuses!

Tidiane était très loin de se douter ce que cette fille endurait. Elle n'avait aucune liberté, et avait dû braver l'interdit pour pouvoir déjeuner avec lui. Par chance, Suzanne l'avait couverte. Mais ceci ne pourrait durer indéfiniment.

En tout cas, Tidiane pensait avoir trouvé une candidate sérieuse pour devenir sa moitié.

"Concurrente de ma famille ou pas, Aurore DJANZ tu seras à moi!" se dit-il avec détermination.

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