
Aurore : Ombre de mes jours
Chapitre 3
"Je la hais, elle me hait"
Par chance Aurore était à l'heure pour son entraînement. Abigaël aimait y assister et la saoulait avec ses réflexions inutiles.
- "Pffffff! Ce qu'elle peut m'énerver cette vieille bique. On ne dirait même pas que c'est ma mère", pensait Aurore.
Une fois le sport terminé. Elle se doucha et monta pour préparer le shooting si important du lendemain.
Suzanne qui avait hâte d'entendre son récit sur le déjeuner n'en pouvait plus d'attendre, mais Abigaël ne voulait plus les laisser. Elle les suivait partout comme si elle pressentait quelque chose.
Enfin, elle eut un appel urgent qui lui fit dire quelle devait partir dans l'immédiat. Elle prit presque ses jambes à son cou, et disparu dans les longs couloirs des bureaux
DJANZ.
(Suzanne) - "Enfin seules!", chuchota Suzanne. "Bon Alors? Racontes ma belle! Racontes vite, je n'en peux plus Aurore!"
( Aurore) - "Mon Dieu Suzanne! Je suis amoureuse. Je te jure que c'est vrai. Ce mec est une bombe. Je sais pas comment faire. Maman ne me laissera jamais avoir une relation avec lui. Il est gentil, il a l'air honnête. Il m'a dit qu'il savait qui j'étais tout de suite. Il n'a pas chercher à aire semblant. Il a été élégant, mais après avoir eu 25 minutes de retard quand même! Ça c'est le petit moins dit-elle en grimaçant. Son corps est parfait. Ses yeux.... Ooooooh Suzanne! Ses yeux sont d'une profondeur...Suzanne aides-moi stp! Il faut que j'aille au bout cette fois-ci. J'ai enfin envie de penser à moi".
- "Mais parles moins vite Aurore! Tu dis tout en même temps, comme si tu étais névrosée. Ton cœur va exploser. Souffles avant de commencer une autre phrase, lui dit Suzanne amusée!"
- "Je ne peux pas dit Aurore. J'ai peur de la suite. Ma Suzy comment vais-je m'y prendre?"
Suzanne lui conseilla de continuer à dissimuler cette relation tant qu'elle ne connaissait pas mieux Tidiane. Elle lui promit de l'aider, et de la protéger tant que ce serait nécessaire. Suzanne voulait absolument qu'Aurore s'affranchisse de sa mère.
Elle essayait par tous les moyens de l'aider à prendre son indépendance, mais elle n'y arriver pas. Cette histoire était peut-être l'occasion où jamais.
Pourtant dans les faits, et sur les papiers, Aurore n'avait aucunement besoin d'Abi.
L'entreprise lui appartenait à 100%, et Aurore était majeure et vaccinée. Elle pouvait vivre seule si elle le souhaitait, mais ne le faisait pas.
Aurore était comme maraboutée! Pour on ne sait qu'elle raison, elle n'avait aucune force de quitter la villa familiale, pour prendre son envol. Elle vivait dans sa prison dorée qu'elle détestait, sous les ordre du caporal-chef Abigaël DJANZ.
Aurore lui dit qu'elle voulait réellement essayer de voir, ce que cette relation allait donner.
Une fois la préparation du shooting faite, Aurore et son assistante allèrent faire leurs ongles ensemble pour terminer la journée. C'était leur petit rituel du mercredi.
Sur le chemin, Aurore sortit de nouveau son carnet d'écriture. Inspirée, elle commença à poser quelques lignes:
"Je pense que je m'en sortirai, Lazare ne pourra pas me retenir indéfiniment. Il faut que je sois libre et affranchie. D'ailleurs, j'ai un plan, un excellent stratagème. Quand même je vais pas terminer mes jours à l'ombre. Je suis vivante, et je veux vivre. La liberté c'est pour maintenant! Aurore la prisonnière est morte! Désormais, vive Aurore la femme libre!"...
Elle fut interrompu par Suzanne qui lui signala leur arrivée au salon de beauté.
Aurore rangeait son carnet d'écriture dans son sac, lorsqu'elle se rendit comme qu'elle avait oublié son téléphone portable dans son casier après sa séance de sport.
-"Zut!", cria t-elle! Et si il m'appelle, je n'en saurai rien. Rooooo! C'est embêtant cette histoire! Elle envoya donc son chauffeur récupérer le portable.
La manucure faite, elles se mirent en route vers la villa familiale. Aurore s'empressa de sortir de la voiture, quand Ben le chauffeur cria:
- "Mademoiselle et votre portable?"
- "Oh merci Ben! Vous êtes mon sauveur!, dit Aurore.
Ben, un brin gêné sourit puis s'en retourna déposer Suzanne. Celle-ci, avait au préalable prévenu Aurore que le rendez-vous pour le shooting du lendemain était à 5h du matin, sans faute!!!!!
- "Oh Suzanne! cesses d'être rabat-joie stp, je serais à l'heure!!!!! Je serais à l'heure!!!! Bouuuuuuuuuuh!!!!!!"
Aurore, entra chez elle et trouva Louisette affalée sur le canapé du grand salon. Elle était comme à son habitude devant la télé, et regardait sa série préférée, comme tous les ados de son âge.
Louisette était l'extrême opposé de sa grande sœur. Physiquement, mais aussi au niveau du caractère.
Elle était rebelle et intraitable avec sa mère. Elle donnait du fil à retordre à Abi, mais adorait sa grande sœur.
A première vue, Louisette DJANZ ne semblait même pas être la sœur d'Aurore. Elle était belle, de teint sombre. Grande mais grassouillette, attachait toujours des cheveux en chignon ou en couette.
À 17 ans, la cadette des DJANZ fréquentait le lycée d'excellence privé Birago Diop de Dakar. C'était une bonne élève. Mais elle aurait pu être parmi les meilleurs, si seulement elle se donnait un peu de mal.
Sa bonne humeur et sa gentillesse plaisait à ses nombreux amis et à son entourage. Elle était intelligente et généreuse.
Par contre, sa seule ambition était de rendre dingue sa mère, qu'elle ne supportait pas.
- "Salut ma Loulou! Et ta journée?" Demanda Aurore.
- "Super! R.A.S", répondit Louisette accaparée par son feuilleton.
- ( Aurore)
Ok. À plus tard! Je suis lessivée, je vais dans ma chambre! À plus tard sœurette!
- (Louisette) A + belle gosse de Dakar! Dit-elle pour taquiner sa grande sœur.
Aurore monta à l'étage pour rejoindre sa chambre et comme d'habitude propulsa ses chaussures au sol. Ensuite, elle se jeta de tout son pesant sur le lit.
Elle regardait vers le plafond et se dit:
-"Quelle journée Waou! Waou! Waou!".
Ses pensées étaient tournées vers Tidiane. Elle n'avait même pas eu le temps de répondre à son gentil message suite au repas.
- "Bon, il faut quand même que je réponde à ce sms."
Elle saisit son mobile, et avant même qu'elle n'eut le temps de composer le premier chiffre, le téléphone sonna. C'était Abigaël qui hurlait!
En effet l'appel urgent de cet après-midi était celui Mme MENG, une amie à elle, qui avait aperçu Aurore en galante compagnie à la Fourchette.
Elle n'était donc pas au hammam, mais au restaurant, et s'en était trop pour Abi, qui n'aimait pas l'idée qu'Aurore lui mente!!!!!!
- " Tu te prends pour qui, jeune sotte sans vergogne? Tu reprends tes histoires bêtes sans lendemain? Tu veux encore perdre du temps au lieu de t'occuper de nos affaires? Aurore? C'est à toi que je parle!", criait sa mère dans le combiné.
Aurore était pétrifiée. Abi la découperai en deux si elle savait la vérité.
- "Seigneur Dieu aides-moi, que vais-je lui répondre", se disait-elle.
- "22 ans et toujours incapable de faire taire cette vieille folle. Putain! Mais je ne vaux rien," pensait Aurore.
Après un moment de flottement. Aurore reprit un peu courage.
Elle tremblait de colère.
Elle tremblait d'effroi.
Abi était dure avec elle. Même si elle ne l'avait jamais frappé, Aurore craignait ses réactions qui la faisait complètement flippait.
- "Maman... " Abigaël la coupa et l'insulta, encore plus violemment, la traitant tour à tour de menteuse, de sans cervelle, de fille de joie et autres noms d'oiseaux.
Aurore encaissait, mais c'était plus qu'elle ne pouvait supportait. Elle hurla à son tour dans le combiné:
- "Stoooooooooooop! Stooooooooop Maman! Stoooooop! Stoooooooooooop!!!!! "
Abigaël surprise par cet éclat de voix se tut.
- "Maman, s'il te plait ... laisses moi t'expliquer, reprit Aurore essoufflée d'avoir tant crier. Arrêtes un peu de vociférer tes insultes et écoutes moi s'il te plait...
... Ce n'était pas un rendez-vous galant. C'était un rendez-vous important. Ça concernait le service juridique, ce type est avocat. Mais puisque tu as l'air d'être au courant de tout, je ne vais pas développer plus.
Ma journée a été longue et harrassante. J'aimerai me reposer s'il te plait maman. On en reparle demain. Si tu veux".
- "Bon... bon!", dit Abi interloquée.
C'est vrai que son amie (Fatou MENG) était pire que Google et Yahoo réunis.
Elle savait tout sur tout, et tout sur tout le monde. Mais parfois ses infos s'avéraient êtres fausses et mélangées.
Elle accorda donc le bénéfice du doute à Aurore, qui jamais n'osait mentir, et encore moins crier sur elle comme elle venait de le faire. Peut-être était-elle allée trop loin?
Aurore désemparée appela tout de suite Suzanne. Cette dernière lui demanda de se calmer et la rassura.
-"Je la hais et elle me hait!", coupa Aurore effondrée!
-"Pourquoi me traite-t'elle ainsi? C'est méchant et injuste. J'en ai assez! Assez!!!!", pleurait la jeune femme assaillit par la tristesse.
(Suzanne) - "Ce n'est rien. Ne t'en fais pas. Je te couvrirai. Néanmoins, nous devons faire attention pour les prochaines fois. Il faudrait trouver une solution fiable et intelligente.
- "Manges et reposes-toi Aurore. L'essentiel c'est le shooting de demain. Abigaël se calmera. Tu as bien réagis. Je trouve que tu t'en sors de mieux en mieux", l'encouragea Suzy.
Après avoir raccroché avec son assistante, Aurore posa son téléphone et ne pensa plus à contacter Tidiane, vu la situation ça aurait été du suicide.
Elle avait menti effrontément à sa mère, et la réplique allait gronder si Abi s'en apercevait. Tout ceci stressait Aurore.
Elle se dit qu'après tout, si cet homme voulait la revoir, il la rappellerai.
De toutes les façons, Aurore tombait de sommeil. Elle eut la force de se traîner jusqu'à la cuisine pour manger deux, trois bricoles.
Elle se doucha, mît un pyjama et se coucha. Elle n'eut même pas la force de continuer à écrire ce qu'elle avait commencé plus tôt dans la journée.
- "L'inspiration attendra", se dit elle.
Louisette qui avait entendu les cris d'Aurore savait dans quelle état devait se trouver son aînée.
Elle se rendit rapidement dans la chambre de sa grande sœur. Aurore sanglotait, et comme toujours, c'était à cause d'Abi.
Louisette était triste pour elle. C'était sa grande sœur, mais elle semblait si fragile.
Elle se glissa dans son lit. Elles étaient côte à côte, mais ne parlaient pas. Et pourtant, elles se comprenaient parfaitement.
Louisette caressait la tête d'Aurore, comme dans un geste d'apaisement.
Le sommeil la gagna enfin, et Aurore s'endormit dans les bras de sa sœur, le cœur serré jusqu'au petit matin.
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