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Couverture du roman Au delà de la vie

Au delà de la vie

Face à une existence qui stagne, Marlène Ossouka réalise qu'elle ne peut plus se contenter d'attendre un signe du destin. Pour elle, l'époque des miracles passifs et des prières exaucées sans effort est révolue. Convaincue que le sort ne sourit qu'à ceux qui agissent, elle décide de prendre les devants. En mettant tout en œuvre pour transformer son quotidien, elle espère enfin voir la chance tourner et provoquer le changement tant espéré.
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Chapitre 1

Marlène Ossouka…

Il me fallait trouver une solution rapide pour ma vie.

Il ne m’est pas possible de croiser les bras et d’attendre tout du ciel, les miracles ne s’obtenaient plus sur une simple parole, encore moins une prière. Il fallait que je me mette en mouvement pour que le fameux adage « aide toi le ciel t’aidera » se matérialise dans ma vie.

Madeleine, mon ainée avait été claire avec moi il y a une semaine. « Marlène, cette année est la dernière où je mets la main à la patte pour ta scolarité, contrairement aux années précédentes, je ne prendrai pas à ma charge ton transport, tu devras apprendre à te battre toi-même. Je ne suis pas la sacrifiée de cette famille et je ne suis pas tes parents. Je ne leur ai jamais demandé de faire un enfant quand ils étaient en âge avancé. Sur les cinq de la fratrie que nous sommes, je suis la seule à leur venir en aide en m’occupant de toi, mais il est temps que je pense à faire avancer ma vie ».

Madeleine était ma grande sœur, je la suivais directement dans le ventre de maman mais avons un écart de plus de dix ans.

Je suis la dernière de mes parents, vestige perdu d’une pré ménopause trompeuse.

Ma mère croyait que c’était fini pour elle, elle avait déjà pris l’habitude de passer des longs mois sans menstrues et ne s’était donc pas inquiété de les voir disparaitre plus de cinq mois.

Elle eut un mal de ventre atroce après avoir consommé une salade de pomme de terre qu’avait fait une de mes grandes-sœurs, la douleur ne se calmant pas on avait du l’amener à l’hôpital pour se faire dire qu’elle était enceinte de six mois et qu’elle attendait une fille.

Je devenais sa troisième fille après Marcelle et Madeleine et venait chambouler le nombre pair qu’ils étaient avant mon arrivée.

Je n’aurai pas de binôme, quand Marcelle était celle de Dimitri et Madeleine celle de Steeve.

Maman avait cinquante-deux ans lorsque je suis née et je suis sur qu’elle ne savait plus comment on mettait les couches à un bébé et comment on s’en occupait.

Elle m’a raconté que mes frères et sœurs lui avaient mené la vie dure à l’annonce de ma grossesse et ne lui ont pas pardonné très vite le fait de faire un enfant tardivement.

Mon arrivée n’avait donc pas été accueillie avec des hourras et des applaudissements, au contraire c’était avec les mines boudeuses et sévères que mes ainés m’ont accueillies.

Je crois que je savais que je n’étais pas la bienvenue dans cette famille, maman racontait que je ne pleurais presque pas et qu’il lui arrivait même d’oublier qu’il y avait un bébé dans la maison.

Le tapis rouge m’ayant été refusé, mes ainés n’ont pas aidé maman dans sa fatigue dû à l’âge. On lui rappelait qu’elle l’avait cherché et devait elle-même s’occuper de son enfant. Ce qu’elle a toujours fait jusqu’à ce jour fatidique de mes douze ans où au volant de sa voiture, elle a été percutée à Mindoubé par un camion de la société des ordures. Dieu merci elle n’en est pas morte mais n’a plus jamais quitté sa chaise roulante. Mon père s’est dévoué à elle en oubliant même mon existence. Heureusement que Madeleine était là pour prendre le relais, elle l’a fait de bon cœur, mes autres frères et sœurs avaient clairement signifiés aux parents que je n’étais pas leur fille et n’avaient aucune obligation à mon égard. Ils ont récité leurs articles de droit et obligation, tout ce que j’ai retenu c’est que je n’étais qu’une obligation morale et non juridique pour eux, qu’ils n’avaient des obligations qu’à l’égard de leur père, de leur mère et de leur famille. Ils sont donc une aide pour leur parent mais pas pour moi, mais n’oubliaient jamais de me booster et me gronder lors de leur passage à la maison familiale.

Steeve aimait bien demander mes notes et faire ses commentaires.

J’ai vingt-trois ans et suis à ma dernière année scolaire dans une école privée de la place, j’avais choisi de ne pas poursuivre à l’Université de Masuku à cause des grèves incessantes, j’avais déjà perdu deux ans de ma vie après le bac quand Madeleine m’a proposé de chercher une école et promis de faire des frais de scolarité son affaire.

Je termine mon cycle d’ingénieur cette année, et préférais passer en cours du soir. Je trouverais certainement quelque chose à faire durant mes journées sans empiéter sur mes heures d’études. Je n’hésitais pas à demander du travail à toute personne que je connaissais, j’avais envoyé un nombre interminable de demande d’emploi ou de stage dans les sociétés de la place, mais aucune ne m’avait encore répondu.

Les cours reprenaient dans exactement un mois et je n’avais toujours pas trouvé la solution à mon transport, je n’aimais pas embêter mes parents même si j’avais toujours de leur part une somme mensuelle d’argent quand ils allaient toucher leur pension. Madeleine avais dit qu’il fallait que je travaille, pourtant elle savait qu’hormis elle, les parents me donnaient quelque chose pour le transport, elle avait été clair « je veux que tu sois autonome, tu vis encore dans la maison familiale mais tu dois répondre toi-même à tes besoins. Il faut que tes mains te servent à quelque chose, je ne te demande pas d’aller te prostituer comme font plusieurs jeunes filles, je veux que tu apprennes à faire quelque chose de tes mains. Tu laisses papa et maman tranquille, ils peuvent nous quitter d’un moment à l’autre, que deviendras tu si cela arrivait ? Ne compte pas sur la maison, nous serons tous propriétaire et pourrons la vendre en cas de non entente, et s’il y avait entente entre nous, je te dis déjà que tes grands frères ont dit qu’ils la mettront en location et un turn over sera fait pour la récupération des loyers. Le temps que ton tour arrive je ne sais pas comment tu feras. »

Elle était celle qui m’avais couvé, elle se donnait la primauté de me jeter dans la vie, fini la petite sœur à Madeleine. Je ne savais pas si quelque chose en particulier m’intéressais, je ne savais qu’étudier et avoir des bonnes moyennes pour satisfaire Mado et étais quand même flegme, même les demandes de stage je les envoyais sans grande conviction, juste pour dire à mes ainés que j’en avais fait.

Un vendredi, Madeleine m’apporta le zoom à la maison alors qu’elle était venue laisser des courses à ses parents, elle m’avait même dit puisque tu n’as rien à faire de tes vacances ton grand frère Dimitri cherche une dame de ménage, va travailler pour lui ce mois.

Moi, allé travailler pour Dimitri et sa famille ? jamais.

Sa femme, je ne la supportais juste pas, les seules fois où j’y suis allée, je n’ai pas aimé la manière qu’elle avait de traiter le personnel de maison, alors si en plus parmi ce personnel il y avait la petite sœur de son mari, elle ne se gênera pas et ses deux petits diables me donneront du fil à retorde. Comme je n’avais pas envie de me faire crier dessus par mon grand-frère et peut être même me faire taper par lui, je préférais me tenir éloignée de sa maison.

J’avais donc entrepris de me chercher quelque chose rapidement avant que Madeleine ne revienne à la charge et partage cette idée venue de je ne sais quel mauvais cœur à son grand frère.

J’ai écumé ce jour les annonces du zoom et me suis décidée à appeler quelques-unes. J’ai finalement obtenu un rendez-vous le lendemain pour faire du ménage et du babysitting chez un particulier. Il promettait de bien payer, le montant qu’il m’avait annoncé était supérieur à celui que j’aurai eu en faisant un stage, puisqu’il était question d’argent du transport et que là-bas il pouvait me garder toute l’année. Je n’allais pas bouder ce travail.

L’entretien s’était bien passé, j’ai vu les enfants, deux magnifiques petites filles, Chloé et Zoé, le Monsieur s’en occupe tout seul, lorsque j’ai demandé où était la maman, il m’a toisé et répondu froidement «ma vie privée ne doit pas être une préoccupation pour vous Mademoiselle, tout ce que vous devez savoir c’est qu’elles sont sous ma charge et que je les élève seul. »

Pardon oh, c’était peut-être de la curiosité qu’il jugeait mal placé mais je me devais de savoir, je vois un monsieur et des enfants, je suppose qu’il y a une mère, pourquoi il prend la mouche ?

« Votre niveau d’étude me satisfait, j’avais peur de prendre les nounous habituelles qui ne m’auront pas aidé dans l’acquisition du langage pour les enfants, et pour Chloé vous me serez d’une aide pour ses devoirs durant l’année scolaire. Elle finira à treize heures, j’irai moi-même la chercher et vous la déposerez ici. Pour ce mois je vous donnerai 150 000 fcfa et augmenterai de 50 000 l’année scolaire puisque vous aurez à regarder le travail scolaire de ma petite Chloé et leur faire à manger. Vous commencerez lundi, soyez ponctuelle s’il vous plait mademoiselle, j’ai moi aussi des obligations à respecter et ne tolérerai aucun retard. »

C’était dit, il n’y avait rien à modifier.

Le monsieur était très directif, si je faisais correctement mon travail, il n’y aurait pas de problème entre nous.

Dieu m’avait aidé, sa maison était à l’ancien Sobraga et mon école derrière l’école normale, juste à dix minutes de marche, je serai donc à l’heure au cours puisque j’arrêtais à 17h30 et mes cours commençaient à 18h, tout s’emboiterait parfaitement, ma seule prière était que les enfants ne soient pas trop difficiles car c’était un boulot en or. Qui paierai autant pour la garde des enfants de nos jours dans Libreville ?

Ma grande sœur Madeleine pourra dormir tranquille sans plus se soucier de moi, j’avais la solution à mes frais de transport et même pour plus. Tout ce que j’aurai à faire cette année c’est de décrocher haut les mains mon master II en pétrochimie, je ne me demandais pas ce que je ferai une fois ce diplôme fini, je vivais au jour le jour.

J’avais caressé le rêve d’intégrer une école de pétrole en France ou en Angleterre, sans le dire à mes parents et à mes frères j’en avais fait la demande par le biais du net, ils attendaient les notes de cette année, celles de l’année dernière avaient été envoyé, pour statuer définitivement sur mon cas.

Le plus difficile sera la question financière car ces écoles coutaient extrêmement cher, la plupart des gabonais qui y allaient, étaient soit envoyé par leur société soit avaient déjà travaillé des années et y allaient avec leurs économies. Moi je levais les yeux au ciel et attendait un miracle, sait-on jamais..

si je pouvais obtenir une bourse et demander un dernier sacrifice à ma sœur pour le reste, mais bon...

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