
Après son refus, mon mari a craqué !
Chapitre 2
Elle n'avait pas fini sa phrase que j'avais déjà pris ma décision.
« Ma belle-mère n'est pas en très bonne santé. Emmenez-la. »
C'est à ce moment-là que ma belle-mère, jusque-là inconsciente, a poussé un gémissement et a repris connaissance.
Elle m'a soudain agrippée par le coin de ma veste, refusant catégoriquement de monter à bord.
« Claire… je ne peux pas partir. Si je ne t'avais pas forcée à épouser Adrien, on ne se serait jamais retrouvées piégées ici aujourd'hui. »
« J'ai déjà tout vécu, tout ce qu'une femme de mon âge peut espérer. Je ne peux pas te laisser sacrifier ta vie pour moi maintenant. »
L'alerte sismique a de nouveau retenti. Sous les appels urgents de l'équipage, j'ai serré les dents et j'ai commencé à lui déplier les doigts, un à un.
« Maman, ne dis pas ça. Si tu ne m'avais pas soutenue à l'époque, je serais encore dans un village à cultiver des champs. »
« Dans mon cœur, tu comptes autant que mes parents biologiques. Ce qu'a fait Adrien n'a rien à voir avec toi. Pars, je t'en supplie, tout le monde t'attend. »
Mes parents avaient autrefois été domestiques chez les Delcourt. Quand Adrien avait été kidnappé enfant par une famille rivale, ce sont eux qui l'avaient sauvé, au péril de leur vie.
Depuis ce jour, ma belle-mère m'avait adoptée comme sa propre fille. Tout ce qu'Adrien recevait, je le recevais aussi.
Plus tard, à l'université, Adrien avait rencontré Chloé Laurent et avait absolument voulu l'épouser.
Mais juste avant leurs fiançailles, les actions du groupe Delcourt s'étaient effondrées. Chloé était alors partie à l'étranger avec un homme plus riche.
Ce coup dur avait plongé Adrien dans le désespoir. Il buvait tous les jours, jusqu'à ce qu'un soir, ivre, il me confonde avec Chloé et me traîne de force dans son lit.
Quand ma belle-mère avait découvert la vérité, elle s'était sentie coupable et avait immédiatement organisé notre mariage.
Mais peu de temps après notre union, Chloé, en difficulté à l'étranger, était revenue et n'avait cessé de s'accrocher à Adrien.
Comme ensorcelé, il avait exigé le divorce. Ma belle-mère s'y était violemment opposée. La famille des Delcourt était alors devenue un enfer, où régnaient cris, disputes et tensions.
Mais au fond, ma belle-mère m'avait toujours protégée.
Aujourd'hui, alors que j'avais une seconde chance dans cette vie, je ne pouvais pas laisser la seule personne qui m'avait aimée mourir ici.
« Maman, je t'en supplie. Tu m'as suppliée de ne pas divorcer, et je t'ai écoutée. Maintenant, je ne te demande qu'une seule chose : pars. »
Les yeux de ma belle-mère se sont humidifiés. Ses larmes ont coulé droit sur le dos de ma main.
L'équipage, regardant l'heure sur leur montre, nous a relancées une dernière fois. J'ai mordu mes lèvres, puis j'ai rassemblé toute ma force pour la pousser dans l'avion.
« Claire, reste ici, d'accord ? Je vais tout de suite appeler Adrien. Je lui dirai de venir te chercher, c'est promis ! »
Elle avait à peine fini de parler que les portes se refermaient.
L'avion de retour emmenait tous ceux qui avaient un foyer où revenir. Il roulait lentement sur la piste.
À la fenêtre, ma belle-mère, les larmes aux yeux, tapait désespérément contre la vitre.
Mais les bruits alentours étaient si assourdissants que je ne parvenais déjà plus à distinguer ce qu'elle criait.
Tout ce que je savais, c'était que ce tremblement de terre serait violent. Très violent. Et cette fois-ci, je n'avais nulle part où fuir.
Les passagers qui n'avaient pas pu monter à bord se sont regroupés autour de moi. Leurs regards brûlaient d'espoir.
« Mademoiselle Morel, vous êtes la femme d'Adrien Delcourt. Il ne va quand même pas vous laisser mourir ici, non ? »
« Je vous en supplie, appelez-le. Demandez-lui de venir nous chercher. Et si vous ne voulez pas, donnez-nous juste son numéro. On l'appellera nous-mêmes. Tout le monde sait qu'Adrien est un patron généreux, toujours prêt à faire des dons. Même s'il aime cette maîtresse, il ne pourra pas nous abandonner ici ! »
À peine avait-il fini de parler que les téléphones de tout le monde ont vibré en même temps :
l'alerte sismique venait de retentir, stridente et glaçante.
Des enfants se sont mis à pleurer à chaudes larmes. Une femme enceinte m'a attrapée par les épaules, en suppliant.
Sous tous ces regards et cette pression, j'ai fini par allumer mon téléphone.
Je cherchais encore le numéro privé d'Adrien quand une notification d'actualité a surgi sur l'écran.
« Le PDG du groupe Delcourt jette de l'argent depuis un hélicoptère pour faire sourire sa bien-aimée. »
Sur la photo, on voyait l'homme aux commandes de l'hélicoptère, volant à basse altitude. Chloé Laurent, mi-corps hors de la cabine, lançait des liasses de billets dans les airs.
À l'arrière de l'appareil flottait une grande banderole :
« Adrien Delcourt souhaite un joyeux anniversaire à Chloé Laurent. »
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