
Alpha possessif
Chapitre 2
Sous-bois, 9h34.
Mes pattes foulaient le sol mou que m'offrait les sous-bois. Je courais, l'ivresse de liberté me poussant à aller encore plus vite, à faire ce que je voulais. Je zigzaguais à travers les arbres, sautais par-dessus les troncs morts allongés sur la terre, montrant ma puissance et l'air me fouettant le museau.
Dans cet air, il y avait l'odeur des sous-bois. La mousse, la terre, les feuilles, les arbres, les fleurs, le cerf qui broutait l'herbe grasse, l'écureuil qui grignotait une noisette, l'oiseau qui rapportait de la nourriture à ses oisillons. Une odeur me fit stopper net. Je relevai le museau, et reniflai avidement. Une odeur étrangère était présente.
Je me dirigeai vers la gauche et galopai rapidement, pour voir qui avait osé s'introduire sur notre territoire, le territoire de mon père. Mon ouïe développée me permettait de tout entendre, l'animal en question buvait dans un ruisseau. J'accélérai l'allure. Des buissons me bloquaient le chemin pour atteindre le ruisseau où buvait l'étranger qui avait osé s'introduire ici. Je les franchis en sautant par dessus. Un loup magnifique se trouvait là. C'était lui, l'intrus. Son pelage noir était lisse et brillant, ses yeux verts ressemblaient à des joyaux. Il était grand, imposant. Cependant, il était sur le territoire de la meute de mon père, et il n'avait rien à faire là.
Je poussai un grognement, lui faisant comprendre qu'il n'avait rien à faire là et qu'il devait partir, quand il leva sa grosse tête vers moi. Ses oreilles se plaquèrent sur son crâne et il grogna à son tour, gonflant son corps pour paraître menaçant. Il l'était, mais il ne m'impressionnait pas. Je fis de même, et grognai encore plus fort, montrant mes crocs. Il s'énerva et bondit par-dessus le ruisseau. Je m'écartai sur ma droite alors qu'il retomba à l'endroit où je me trouvais précédemment. Je me mis en position d'attaque, et bondis à mon tour, gueule grande ouverte. Il ne vit pas le coup venir, mes dents se refermèrent sur sa gorge et un gémissement s'échappa de celle-ci. Ne préférant pas lutter, le loup se coucha sur le sol, mes dents toujours refermées au cas où il s'agirait d'un piège.
- Emilie, lâche-le, m'ordonna mon père.
- Il est sur notre territoire ! grognai-je par la pensée.
- C'est un Alpha. Relâche-le ! m'apprit mon père.
Un Alpha ? Qu'est-ce qu'il faisait ici ? Je lâchai prise et me reculai rapidement, honteuse. Le loup noir se releva, et me fixa pendant un instant qui me paru extrêmement long. Un loup gris tout aussi imposant arriva par ma gauche, mon père, Peter Lemon.
Il me fixa de son regard bleu gris, et comprenant l'ordre, je me métamorphosai en humaine. J'étais repliée sur moi-même, en position fœtus lorsqu'un tissu recouvrit mon corps dénudé et j'ouvris les yeux. Ma mère était là, me regardant tendrement. J'attrapai la main qu'elle me tendait, et elle me releva. Je la remerciai du regard et rejetai mon attention sur les deux Alphas présents devant moi, sous leur forme de loup. Ils me regardaient. Mon père de mécontentement, et l'autre me regardait d'une façon que je ne parvenais pas à déchiffrer.
J'haussai un sourcil en sa direction bien que je n'avais pas le droit de faire cela puisque ça pouvait être considéré comme un geste irrespectueux, et ma mère tira doucement sur mon bras avant se transformer en une magnifique louve argentée avec quelques nuances crèmes et rousses. Elle s'allongea et m'invita à grimper sur son dos.
- Je ne vais pas monter sur toi alors que je suis nue ! Surtout devant un inconnu !
- Il y a des vêtements au pied des buissons, indiqua-t-elle.
Je regardai les buissons en question, et y remarquai une pile de vêtements. Je les enfilai tout en veillant à ne pas perdre le drap, quand un grognement se fit entendre. Le loup noir. Il commença à s'approcher quand mon père se plaça devant lui, se dressant de toute sa hauteur. Je me dépêchai d'enfiler le sweat-shirt, le jean et la paire de bottes et grimpai sur le dos de ma mère. Mon père nous regarda avant que ma mère ne fila à toute allure jusqu'à notre manoir.
- Fais attention Emilie. Cet Alpha en a après toi..., m'informa mon père.
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