
Alpha Éternel: Tome II - Les origines
Chapitre 2
Chapitre 1Réveil dans un hôpital
Je me réveille doucement sur quelque chose de moelleux. J’ai l’impression de voler très haut dans le ciel malgré le fait que je sois allongée. J’ai du mal à réfléchir, ce qui est étrange. J’essaie d’ouvrir les yeux, mais je les plisse aussitôt, car je distingue une lumière vive. Je me concentre pour m’habituer à la lumière présente. Je vois un mur blanc avec une télévision accrochée en hauteur, comme dans une chambre d’hôpital.
J’essaie de me mettre en position assise, mais je n’y arrive pas. Je regarde autour de moi et je comprends rapidement que je suis dans une chambre d’hôpital.
Je ferme doucement les yeux à cause de mon mal de tête qui fait surface. Des images s’impriment sur mes paupières. Il me semble que ce sont des flashs. Je me vois en train de me défendre contre des démons, puis je revois la tête de ce vampire, Liam, inquiet essayant de me rattraper avant que je ne tombe.
J’ouvre les yeux doucement pour éviter d’avoir le vertige. Je prends une petite respiration et j’essaie de voir où je suis grâce à ma magie. J’essaie de l’utiliser, pour en savoir plus sur cet endroit.
Je fronce les sourcils après deux échecs. Je ferme les yeux et je me concentre sur ce qu’il m’arrive.
Je ressens un vide qui ne peut qu’être lié à ma magie. En effet, elle ne dépend pas que de ma condition physique. Elle dépend également de la fatigue et des efforts fournis. Je me sens encore bien faible. Je souffle lorsque je comprends que je ne pourrais pas en faire tout de suite.
Tout en étant allongée, j’essaie de m’étirer doucement. Je grimace pendant que je sens mes muscles endoloris. Je tourne doucement la tête pour essayer d’y voir plus clair. Je souffle rapidement, et je le regrette aussitôt. J’ai l’impression que mes poumons se sont compressés. Les larmes me montent aux yeux. Qu’ai-je fait pour mériter tout cela. Je prends une grande respiration pour me calmer.
Lorsque je me sens mieux, j’essaie de me redresser. Je suis gênée par quelque chose sur mon bras droit et mon omoplate. Je tourne doucement la tête et je découvre une espèce de gilet qui enveloppe tout mon bras. Une sorte d’attelle protège mon omoplate, rendant les mouvements compliqués.
La porte s’ouvre doucement, je tente de me redresser une seconde fois pour voir qui arrive. Tentative ratée, car quelqu’un se précipite vers moi en courant.
— Maria ! Attends, je vais t’aider ! Que veux-tu ?
Le timbre de la voix me fait penser à quelqu’un que j’ai rencontré récemment.
— De l’eau…
Je grimace en sentant que ma gorge est irritée et sèche. Lorsque la personne me passe le verre, je suis aux anges. Je regarde mieux mon interlocuteur et reste figée. C’est cet homme que j’ai vu avant de tomber dans les pommes… Louis ? Lio ? Je fronce les sourcils, non, il s’appelle Liam. Je prends une grande respiration, déstabilisée. Il est encore plus beau que dans mes souvenirs. Son visage d’ange aux yeux marron le rend encore plus craquant. Je remarque qu’il semble inquiet.
— Est-ce que ça va mieux ? me demande-t-il.
— Oui, merci. Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Tu t’es évanouie, car tu avais perdu beaucoup de sang… Tu avais beaucoup de mal à respirer et ton pouls était trop rapide ! Grâce à l’intervention du métamorphe, nous avons pu stopper une bonne partie de l’hémorragie. Quand ton état est devenu stable, nous t’avons emmené d’urgence dans l’hôpital le plus proche…
J’essaie de me redresser. Liam voit que je peine et m’installe de façon bien plus confortable. Je lui souris pour le remercier pendant que je lui demande :
— Ah… Donc nous sommes loin du château des métamorphes ? Je dors depuis combien de temps ?
— Oui, tu n’as rien à craindre. Tu avais besoin de te reposer, car tu dors depuis plus d’une semaine. Ton taux de magie est au plus bas.
Il me regarde bizarrement, ce qui me met mal à l’aise. Je ne sais pas comment l’interpréter. Est-ce en lien avec le fait qu’il m’avait annoncé qu’il est mon âme sœur ? J’ai l’impression qu’il me cache plusieurs choses. Pour le moment, je ne fais pas confiance en cet homme. Je me promets de trouver de quoi il s’agit. Il agite sa grande main devant mon visage.
— Oui ? Excuse-moi, j’étais dans mes pensées.
— J’ai bien vu ma belle !
Je frissonne. Décidément, il me fait de l’effet sans que je le veuille.
— Que veux-tu que je fasse pour ton confort ?
— Eh bien…
Sa manière de parler est quand même étrange. Pour qu’il ne se doute de rien, je fais mine de réfléchir. Je laisse tomber en voyant que la porte de ma chambre est ouverte. Il y a du monde à l’extérieur qui bouge dans tous les sens. Je me retourne vers Liam.
— Qui sont ces gens ?
Ses épaules s’affaissent. Il est déçu ? Je n’en sais rien…
— Ah… comment te dire… il y a pas mal de personnes qui attendent ton réveil. Notamment ta famille… Et quelques journalistes…
Je fronce les sourcils pendant qu’il va fermer la porte pour nous laisser un peu d’intimité. Sa façon d’agir ne me rassure pas… Pourquoi des journalistes ?
— Ah oui, je vois… Pourquoi des journalistes ?
Il hausse ses épaules et il esquive le sujet en me demandant :
— Veux-tu essayer de te lever ?
Levant les yeux au ciel, je lui réponds cinglante.
— C’est ça Liam, esquive le sujet ! Mais pourquoi pas !
Avec ma main valide, je pousse les draps, tout en essayant de ne pas trop bouger mon bras blessé. Liam se positionne à mes côtés afin que je puisse prendre appui sur lui pour me lever.
A cause de ma faiblesse, je manque de tomber plusieurs fois. Grâce à l’aide de Liam, j’arrive enfin à être debout. Je réussis à faire quelque pas, mais, je ne reste pas debout très longtemps. Je baisse la tête, triste de ne pas pouvoir tenir debout aussi longtemps que je le voulais.
Compatissant, Liam pose sa main sur mon épaule. Il me chuchote.
— Les médecins disent que tu mettras un peu de temps pour marcher normalement.
Surprise par la proximité de Liam. Je rougis brutalement. Je ne comprends pas la réaction de mon corps face à cet homme que je connais à peine.
Quelqu’un frappe à la porte, ce qui me tire de mes pensées. Liam m’aide à m’asseoir sur le fauteuil situé à côté du lit. Il va ouvrir et se décale laissant passer une personne que je connais bien : mon frère jumeau.
Je me fige en le voyant, il est fatigué et a de la barbe au menton, comme s’il n’avait pas dormi depuis un bout de temps. C’est bien la première fois que je le vois dans un tel état.
Une fois qu’il semble comprendre que je suis devant lui bien réveillée et assise dans un fauteuil, il se précipite vers moi. Il me serre doucement dans ses bras, je sens de l’eau couler au niveau de mon cou. Je me défais de mon frère et le regarde. Je peux apercevoir les larmes qui coulent sur son visage. Mon cœur se serre à la vue de ce spectacle.
— Oh… petit frère ! Je suis là !
— Maria… sanglote-t-il. Tu nous as fait peur !
— C’est ce que j’ai cru comprendre…
Je fusille Liam du regard et je reprends.
— Mais… pourquoi ? Et… comment va tout le monde ? Et Leïla ?
Je ne sais pas où est ma louve. Je ne sens pas le lien qui m’unit à elle. Je commence à m’inquiéter. Mon frère me dévisage, surpris que je pose ces questions.
— Leïla n’est pas loin, elle est cachée à l’extérieur, ne t’inquiète pas.
Cela me rassure. Il fronce les sourcils.
— Pour les autres, Liam ne t’a rien dit ?
Je hausse les épaules. Guillaume regarde Liam avec un drôle de regard. Il se tourne vers mois et souffle.
— Ils vont bien, mais ils attendent avec impatience que tu te réveilles… et puis…
Il se tourne vers Liam et lui demande.
— Liam… tu as prévenu un médecin ?
Celui-ci nous observe tous les deux, incrédule. J’entends Guillaume soupirer.
— Qu’attends-tu pour prévenir un médecin ?
Liam semble se réveiller, car il commence à partir tout en disant précipitamment :
— Euh… je… je vais vous laisser et aller chercher un médecin…
Il sort rapidement, tout en nous regardant une dernière fois. Pendant ce temps, Guillaume m’apporte la télécommande. Je le regarde avec un regard complice. Il me connaît par cœur. Il hausse les épaules pendant que j’allume la télévision, ayant envie de voir les dernières informations. Je commence à vouloir poser une question à mon jumeau au moment où le médecin entre, suivi de Liam.
J’ai l’étrange impression de reconnaître le médecin. Il est grand, de longs cheveux brins tombent sur ses épaules et il a des yeux verts. Je le reconnais, c’est l’homme qui m’avait soignée lorsque ces démons m’avaient enlevé.
— Ah ! Vous voilà réveillée, mademoiselle… J’ai fait du mieux que je pouvais pour vous soigner sur place. Je pense que vous ne voulez pas rester ici trop longtemps.
Je hoche la tête, souriante. Il rit et poursuit.
— Je vais regarder vos bandages pour voir si tout est en ordre et après vous pourrez partir.
Il me regarde tandis que je hoche la tête, il reprend.
— Voyons voir…
— Est-ce que Maria aura besoin de soins ? demande Liam, en coupant le docteur.
— Maria aura plus besoin de repos que de soins.
Il s’interrompt, regarde mon frère avant de reprendre.
— J’ai décelé que votre magie est très faible. Je vous conseille un bon repos, d’éviter d’utiliser votre magie durant trois semaines.
Il s’affaire autour de moi.
— En ce qui concerne votre épaule et votre bras, vous devrez garder le plâtre pour un mois. Vous avez subi une légère fracture à l’avant-bras. En revanche, votre épaule a été déboîtée et il est nécessaire que vous gardiez l’attelle pour l’immobiliser au minimum pour trois semaines.
Mon frère commence à protester.
— Ma… mais… vous n’êtes pas sans savoir que…
Le médecin se tourne vers Guillaume en le fusillant du regard.
— C’est une décision médicale jeune homme. Je veillerais personnellement à ce que ce soit respecté !
— Bien docteur… répond mon frère tout penaud.
Il ne se préoccupe plus de mon jumeau et s’affaire autour de moi afin de voir si tout se passe bien. Quelques minutes après, il me regarde soucieux.
— Je pense que par mesure de précaution je vais vous garder encore une nuit.
Je commence à protester, mais il me coupe.
— Je ne veux rien entendre. Je veux m’assurer que vous ne faites pas de malaise ou que vos blessures s’infectent.
Je fais la moue. Mon frère se met à rire en voyant ma tête. Le regard du médecin l’arrête dans son élan.
— Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle jeune homme ?
Je vois Guillaume baisser la tête. Satisfait, le médecin se tourne vers moi.
— Je repasserais demain matin et je verrais à ce moment-là si vous pourrez sortir. En attendant, reposez-vous !
Je hoche la tête pendant que le médecin fait signe à Guillaume et à Liam de sortir de la chambre. Guillaume me serre une dernière fois dans ses bras tandis que Liam me fait un signe maladroit de la main.
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