
Ainsi soit-il
Chapitre 3
Chapitre 3 : L'enfer, c'est les autres
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***Reka BEKALÉ***
Nous venons de finir avec le cours de math et je range mes effets pour me rendre au bâtiment abritant les laboratoires de physique-chimie.
[Soupir]
Mo n'a plus remis les pieds au bahut depuis la dernière fois. Trois jours que je ne vois pas mon beubeuh. J'essaie de la joindre mais son phone est éteint et ça m'inquiète grave. Je regrette maintenant de lui avoir parlé de cette histoire de Titille.
[Soupir]
Cette fille, je l'ai dans la peau. Elle est unique, belle et intelligente. Elle ne se prend pas la tête et là, réside tout son charme. J'aime son noir ébène et ses yeux de japonaise. J'avais osé dire de chinoise [souriant seul] elle m’avait fait le bruit jusqu’à me saouler.
Maxx me tape à l’épaule en me dépassant. Yohan me fait signe pour me dire qu’ils me devancent. Je hoche la tête et continue de ranger mon sac en pensant à mon beubeuh.
Madame adore le Japon. Elle croit en la réincarnation et aime à dire qu'elle fût samouraï dans une de ses vies antérieures. J’avais avalé ma boisson de travers ce jour là.
Non, attendez !
Qu’elle croit en la réincarnation, limite ça passe encore mais qu'elle dise tout haut qu'elle fût un homme, non c'est le pompon. Les gens qui croient en ce genre de choses, ne pensent pas, avoir été d'un sexe différent de celui qu'ils sont dans cette vie non ? Ou bien ?
[Autre soupir en fermant mon sac]
Elle me manque trop. J’irai chez elle après notre travail de groupe, vers 18h, le temps pour moi de me faire beau et hop chez Mlle O'MBOULA.
Je sors de la classe avec la bretelle de mon sac à dos, accrochée à l’épaule.
J’ai finalement avoué à ma mère les sentiments que j'éprouve pour Mo. Ma surprise fût grande de l’entendre me répondre que ça me passera. Ça m'a grave perturbé de tout le week-end.
Il a juste fallu que Titille distille son venin pour que Mo passe de la belle-fille parfaite à Mademoiselle tout le monde. Bref, je ne vais pas me saturer le mind* avec ça, Mo, c’est ma meuf, ma reine, mon univers. Je ne me vois pas sans elle et, je ne la vois pas sans moi.
Je longe les salles de classes.
J’ai souvent entendu dire que lorsqu’on rencontre son âme-sœur, sa côte, la femme de sa vie, on le ressent et c’est vrai. Je peux même le jurer. Moyia est vraiment ma femme, même les battements de mon cœur ont changé depuis qu’elle est rentrée dans ma vie.
[Descendant les marches d’escaliers]
Je me rappelle comme d'hier de la 1ère fois que j'ai posé mon regard sur elle. Elle était arrivée au lycée avec un mois de retard. C'est plus tard, qu’elle m’a dit, qu'elle sortait d'un long et douloureux séjour à l'hosto.
Elle était arrivée en classe accompagnée d’un surveillant du lycée, pour être présentée au prof qui donnait cours ainsi qu’à toute la classe. J'avais cru voir une déesse en chair et en os. Elle avait le port d’une reine africaine et n'était nullement apeurée, au contraire le temps que notre prof d’anglais et le surveillant échangent en aparté, elle avait parcouru la classe du regard, en souriant et avait lancé un « hello students ». Pour toute réponse, elle n'avait eu que nos gros yeux arrondis de stupéfaction fixés sur elle. Ce qui l’avait fait sourire.
Prof d'anglais (à la classe) : Là, je parie que vous n'avez rien compris, zéro pointé. La demoiselle vous salue.
Un élève au fond de la classe : mais Sir, nous, on n'a pas entendu les "good morning" qu'on nous montre ici à longueur de journée oh !
Toute la classe (rires) : …
Prof d'anglais (PDA) : Donc toi MOUKETOU comme tu as dit "Sir" là, c'est que tu as parlé l'anglais quoi ? Zéro ! Pardon assieds-toi ! [Après s’être raclé la gorge]Miss, can you introduce yourself please ?
Nouvelle élève (je ne connaissais pas encore son nom) : Okay ! [Le regardant] Hello Sir, [nous regardant] hello students. My name is Moyia Judith O'MBOULA. I learned in NM High School untill last year. And i apologize for not only my delay but also this interruption.
Nous que suuiiiii. On pouvait meme entendre une mouche voler.
PDA (sourire colgate) : Miss, welcome in this class and this high school. I hope you will feel good. Take a seat wherever you want.
Monsieur MOUSSOUNDA (PDA) se gonflait en parlant. La joie débordait au point où il pouvait même exploser quoi. Attendez, pour une fois qu'un élève échangeait avec lui. Le type était aux anges. Il avait remonté son pantalon jusqu’à l’abdomen, avec un sourire et tout le malin que pouvait se permettre un punu qui se respecte.
Nous (les regardant à tour de prise de parole) : …
PDA : Bon vous n'avez rien pigé, je suppose ?
Nous : ...
PDA : La demoiselle s'est présentée. Elle dit s'appeler Moyia Judith O'MBOULA. [Il l’a regardé et elle a hoché la tête] Elle revient de NM et [sourire s'élargissant de plus en plus] elle nous prie, de l'excuser pour son retard et de ce que son arrivée ait interrompu le cours.
MOUKETOU (au fond de la classe) : mboukou mamē*, i don't understand Sir !
Nous (rires) : …
PDA (ne pouvant s'empêcher de sourire en secouant la tête) : Aaaah MOUKETOU tu es un comique hein. Laisses l'école en même temps est mieux et vas postuler au rire à gogo.
La classe (rires) : …
Cette fois, je dis la classe car moi, je ne riais plus. Mes yeux s'étaient accrochés à la nuque de Moyia, qui s'était assise sur le table-banc devant le mien.
Je crois qu'elle s'était sentie observer car elle s'était brusquement retournée et nos regards s’étaient emboités l’un dans l’autre pendant un laps de temps qui m'avait semblé une éternité [oui oui j'étais déjà dans son boa*].
Mon cœur avait raté un battement lorsqu'elle m’avait fait un clin d’œil avant de me tirer la langue. Une jolie petite langue toute rose. Le fils de BEKALÉ a vite fait de détourner les yeux.
Aujourd'hui, je suis accro à elle et si ça ne dépendait que de moi, je la suivrai partout comme son ombre mais Madame a instauré des règles. On ne se parle que quelques minutes en récré. En classe lorsque c'est important, "urgentissime" a-elle dit. Et comme elle a sa bande de copines et moi la mienne, des vrais tarés ces mecs, je me contente de la lorgner.
Les aprèm c'est beaucoup plus free. On bosse dans le même groupe donc je peux en profiter pour la titiller, la toucher. C'est même au cours d'un de ces aprèm, que nous nous sommes embrassés pour la 1ère fois. Comment elle embrasse ? Comme une déesse pardi. Et c’est depuis cette fois qu’elle a des gestes de plus en plus tendres envers moi en classe et en dehors. Mon baiser l’avait convaincu, askip.
Tout le lycée sait pour nous deux. Les petites qui me couraient après, ne m'appellent plus que "le gars très marié" et me fuient comme la peste. Les téméraires avaient vite fait de déguerpir quand on a vu Moyia à la télévision nationale, à la nuit des arts martiaux entrain de faire des katas hyper compliqués avec son sabre. Une vraie tueuse. Elle pratique le karaté et l'IAI [abréviation d’iaido] depuis 7 ans. Un vrai petit samouraï.
J’atteins la salle des TP et c’est parti pour 2 heures de cours sur les notions en mécanique. En fin d’aprèm, après notre travail de groupe, je me dépêche d'entrer en case, prendre une douche, me faire tout beau pour aller voir ma belle. Je descends les marches d’escalier et, traverse le salon en speed quand j'entends la daronne m'appeler.
Maman : REKAAAAAAAAA !
Je me demande à chaque fois comment elle fait ? Ce n’est pas comme si je passais près de la cuisine.
Dans ma tête (en zieutant ma breitling) : L'heure tourne là. Que me veut-elle ?
Je rebrousse chemin, à contrecœur.
Moi (devant la porte de la cuisine) : Oui Mme BEKALÉ ?
Maman : Je dis hein Reka, tu vas où et puis tu veux nous tuer avec l'odeur de ton parfum ? Tu t'es lavé avec ou quoi ?
Je rentre dans la cuisine pour répondre mais, marque un stop.
Titille (riant à gorge déployée en me fixant) : Bsr chouchou [tournant la tête vers ma mère] ahhh Clo, laisses mon gars, c'est quoi ? Même s'il se lave avec, où est ton problème dans ça ?
C'est bizarre, mais je ressens un tel dégoût pour cette femme que j'adorais encore il y a de cela une semaine. Life !
Moi (prenant sur moi) : Ah Titi tu es là ?
Titille : Oui gué ! Tu ne me fais plus la bise ?
J’ai un haut-le-cœur instantané.
Moi (sourire fake) : Je ne veux surtout pas te dégoûter avec l'odeur de mon parfum qui peut tuer [faisant un clin d’œil à ma mère] comme le sous-entend ta combi. Je sors avec des potes là, je rentre avant le couvre feu.
Maman : Reka ?
Moi (avec mon plus beau sourire) : Oui Mme BEKALÉ ?
Maman : Pas de voiture et retour à 21h pile
Moi (liant les paumes de mes mains entre elles) : Je n’ai droit à ta caisse que le week-end, je sais et 21h, c’est largement suffisant pour ce que j’ai à faire, bisous.
Maman : Prudence.
Moi (me tirant) : Toujours.
Maman : Bisous.
Derrière moi...
Titille : Clo, tu es sûre qu'il a arrêté avec l'autre là ?
Clotilde : T'inquiètes. J'y veille personnellement et à ma manière, tu me connais quand-même ?
Titille : Une main de fer dans un gant de velours, c'est quand même toi ou bien ?
Clotilde : ...
Titille (le regard mauvais) : Et la petite là est mal impolie. Non, il ne faut pas qu'elle vienne gaspiller ton fils bien éduqué oh ! Sa mère, non c'est ma belle quoi mais enfants de pères différents. Elle se marie à tour de bras. Trop bordelle et elle a donné ça aux enfants.
Clotilde (la louche en l’air) : Comment ça ?
Titille : Oh ses filles gué ! La plus grande, tuée-tuée de la République. Il n'y a pas un seul ministre, dg, fils de, qui ne soit passé sur elle.
Clotilde (les yeux grands ouverts) : Ah bon ?
Titille : La 2ème, ce sont les blancs. La 3ème, hum, mariée à un ouestaf. Famille de bordelles je te dis. Moyia là, ce sont les avortements qui ont gaspillé sa boîte à bébés.
Clotilde (écarquillant encore plus les yeux) : C'est vrai ça ?!
Titille : Ah toi aussi, c'est moi qui suis dans cette famille ou bien ? La petite est tombée enceinte à 13 ans et a voulu avorter à 6 mois de grossesse. Non seulement, elle a failli y passer en plus d'avoir perdu enfant, trompes, ovaires et utérus.
Clotilde (main devant la bouche) : Oh mon Dieu !
Titille (allongeant la bouche en gonflant le nez) : C'est comme tu entends là.
Clotilde : Mais c'est dommage hein, parce que Reka m'a dit qu'elle est très intelligente. Elle n'a que des 16 et des 17 de moyenne partout.
Titille : Maman, profs particuliers.
Clotilde : Mais...
Titille (tournant ses yeux dans tous les sens) : Laisses ça ! Reka fait sans prof particulier non ?
Clotilde : Bon… on ne va pas non plus lui en vouloir si sa mère met les moyens non ?
Titille (écartant ses narines) : Qui lui en veut même ? Moi je dis qu'elle s'éloigne de Reka c'est tout.
Clotilde : Hmmm l'autre avec son fils oh, moi avec qui hein ?
Titille : Tu as Dominique et Maya pour toi non ?
Elles ont éclaté de rire.
Son boa* : j’étais sous son charme
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