
Aime-Moi, Hais-Moi
Chapitre 2
Eleonora était habituée à un tel comportement de la part de Quentin.
Qu'elle fût ou non prête, tant qu'il voulait avoir des rapports sexuels avec elle, il le faisait sans qu'elle ne pût rechigner
Ce n'était qu'une question de punition pour lui.
Après tout, elle l'aurait eu mérité, car sa famille lui devait beaucoup.
Alors, Eleonora l'assumait.
Son seul espoir était que la haine que ressentait Quentin en la torturant perpétuellement, pût se dissiper progressivement. Toutefois, même si elle ne pouvait pas être dissipée, il aurait été bon de soulager la peine causée par l'offense de la famille Balton.
Sur le plancher en bois haut de gamme, Eleonora endurait silencieusement son calvaire .
Eleonora était déjà engourdie. Elle continuait de se mordiller les lèvres, et se serrait les poings.
Des larmes imbibaient ses yeux, mais Eleonora faisait de son mieux pour qu'elles ne coulassent.
Une fois qu'il finit de tremper son biscuit, Quentin se retira d'elle.
Il se leva froidement et alla directement dans la salle de bain sans mot dire.
Eleonora se recroquevilla, se leva du sol et rassembla les bouts de son pyjama en morceaux.
Elle se sentit semblable au pyjama en ce moment précis.
Elle se leva péniblement, se rendit dans la chambre pour se revêtir d'un autre pyjama.
Devant le miroir de sa garde-robe, elle fixa avec peine cette mince et malheureuse femme qu'elle était, et se servit de ses mains pour libérer son visage des cheveux noirs qui la couvraient.
Son visage était aussi blanc que du papier, et n'exprimait aucune vitalité. Même ses lèvres rouges et sensuelles étaient maintenant blanchâtres. Ses beaux yeux dont elle était fière, semblaient présentement vides.
Elle toucha de ses mains toutes minces, les égratignures sur ses clavicules et sa poitrine, comme s'il s'agissait de fleurs de pavot écloses sur son corps. La douleur dans son cœur devint soudainement insoutenable.
Il était toujours ainsi pendant leur mariage, et en l'espace d'une année, elle était devenue comme une âme errante dans le manoir des Lance.
Elle respira profondément et sortit de la chambre avec ses jambes fatiguées.
Quentin buvait habituellement de l'eau sucrée au gingembre pour réchauffer son estomac après avoir bu du vin. Elle dut la lui préparer, bien qu'elle fût déjà très lasse.
Après avoir préparé la soupe au gingembre, elle sortit de la cuisine.
Quentin venait de prendre une douche. Son peignoir couvrait largement son corps. Il s'embaumait toujours d'un parfum unique après le bain.
Ce jour, qui fut la veille de leur divorce, Quentin, après avoir fini de la torturer et de soulager sa libido exactement comme ce qu'il venait de se passer, avait pris sa douche, et s'était assis sur le canapé au salon, le journal que Eleonora venait de ranger entre les mains.
« L'eau sucrée au gingembre est prête. Tu devrais en boire pour atténuer la gueule de bois ». La voix d'Eleonora était très basse, et elle avait la tête baissée.
Eleonora était prise de panique lorsqu'elle vit le journal avec les nouvelles de sa double vie en première page dans ses mains.
Elle avait toujours soigneusement caché ces choses. Elle n'aurait jamais voulu que Quentin sût qu'elle, sa femme, était au courant de sa liaison extraconjugale.
« Maintenant, les paparazzis sont de plus en plus incontrôlables et osent écrire du n'importe quoi! » dit Quentin en jetant négligemment le journal sur la table à thé. Il ressortit ses sensuelles lèvres, comme s'il se parlait à lui-même ou à Eleonora.
Eleonora restait bouche bée, et tenait toujours la tasse d'eau chaude sucrée au gingembre dans sa main.
Elle sentait une fraîcheur totale dans son corps. La seule chaleur qu'elle pouvait ressentir était celle de la tasse d'eau chaude sucrée au gingembre qu'elle tenait en main.
Quentin la regardait et ne pouvait s'empêcher de se sentir en colère.
Pourquoi ne l'avait-elle pas questionné ?
Pourquoi ne se disputa-t-elle pas avec lui comme toute épouse l'aurait fait ?
S'était-elle tue si docilement, juste pour expier les offenses commises ?
Il n'était pas étonnant que lorsqu'elle fut confrontée aux nouvelles de la liaison de son mari, elle avait fait la sourde oreille.
Mais en pensant à cela, Quentin était agacé.
Il prit la tasse de sa main, en but une gorgée, puis la recracha. Il fronça ensuite les sourcils et s'écria : « Mais c'est trop chaud ! Comment puis-je la boire ? »
En disant cela, il jeta violemment la tasse au sol. La tasse en porcelaine d'édition limitée venait d'être brisée en morceaux.
Le plancher fut parsemé de tessons de tasse brisée.
« Oh, je suis désolée, je... », Eleonora voulait expliquer, mais elle ne sut comment s'y prendre.
Elle s'accroupit et essaya de ramasser les morceaux de débris.
« Eleonora, tu as toujours été si frustrée. Es-tu si malheureuse de me voir? » Finalement, Quentin suffoqua de colère.
Il avait baissé son regard sur Eleonora qui s'attelait à sa besogne.
Toujours aussi muette, Eleonora continuait de ramasser les morceaux cassés de la tasse en porcelaine.
« Je te le demande. Peux-tu arrêter de faire cette tête de mule tous les jours ? C'est agaçant de le voir ! » Quentin était furieux de constater que peu importe la façon dont il la traitait, elle était toujours aussi indifférente, au point de le faire haleter.
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