
À toi pour l'éternité
Chapitre 2
Un vampire s'engouffra dans les profondeurs de la forêt à la recherche d'un bon cerf pour lui prendre l'entièreté de son sang. Ses sens en alerte, il utilisa son ouïe, son odorat pour sentir, entendre quoi que ce soit qui pourrait le mener vers un bon gibier.
Ayant pisté l'odeur qu'il connaissait par cœur depuis quelques mois à des centaines de mètres de lui, il utilisa sa vitesse surhumaine pour traquer l'animal. Mais il s'arrêta subitement quand il perdit la trace de l'animal, il ne sentit plus d'odeur, plus d'émotion comme la peur, ou bien les battements de cœur de l'animal, entendre son sang pulser dans ses veines, il ne sentit plus rien.
Le vampire de six siècles fut surpris de ne plus rien sentir, entendre, comme s'il était redevenu un mortel, un humain. Il se mit à craindre pour sa vie, pour celle de sa paire, parce qu'un être était capable d'une telle puissance, la royauté. Il n'en connaissait que deux, le roi actuel Orius et le prince Dorius.
Il espérait de tout cœur, qu'il s'agit de son prince Dorius, son créateur que son frère, le roi. Tout simplement parce qu'il était la seule création du prince Dorius, autrement dit, un loyal disciple du prince, une menace pour le roi. Car, le roi ne pouvait ni lire, entendre ses pensées, encore moins le contrôler, seul son prince en était capable.
Et contrairement à son frère, le prince n'était pas capable d'une telle atrocité, ce qui rendit le prince plus compatissant ; il était le seul prêt à l'appeler "mon roi". Car à ses yeux, le prince fut le seul qui méritait la couronne.
Craignant une attaque de Orius, puisque le roi l'avait menacé lui et sa compagne de les tuer s'il ne livrait pas le prince, le vampire se tint prêt attendant son heure. Le roi allait enfin se débarrasser de lui, un partisan du clan de Dorius. Sentant une présence puissante, le vampire se retourna subitement en sortant ses crocs et ses griffes prêt à se changer. Il poussa un son bestial en s'apprêtant à attaquer ; mais on arrêta très vite son attaque.
Aussi vite que la lumière, le vampire fut à terre et il découvrit avec stupéfaction son prince, qui se tenait au-dessus de lui avec un sourire moqueur.
- C'est ainsi qu'on accueille un ami Louis ? Je suis blessé, déclara le prince avant de soulever son ami avec un rire.
- Mon prince... Vous êtes de retour... Souffla-t-il avec surprise.
- Cela semble te surprendre vieil ami ? Demanda-t-il en levant un sourcil moqueur.
- Vous avez disparu pendant cinq ans... Je craignais pour vous, votre frère... Ne put-il s'empêcher de lui faire part de ses craintes avec tristesse.
En effet, Dorius avait dû quitter la cour, son ami pour des raisons qui ne le regardaient que lui, du moins il pouvait le confier à Louis, puisqu'il était le seul ami que Dorius possédait. Et la raison de son départ était évidente, il s'agissait de son Calice, seule dans la nature. Étant donné qu'il ignorait qui elle était, ne sentant plus sa présence, il devait impérativement chercher moyen de la trouver.
- Ce n'était pas le cas, et puis... Commença-t-il par dire en aidant Louis à être présentable avant d'ajouter, je ne suis pas encore une menace pour mon frère.
- Vous serez toujours une menace aux yeux de votre frère.
- Il est l'aîné, la couronne lui revint par nos lois sacrées, répondit-il le regard impassible sachant que les choses étaient différentes à présent qu'il connaissait l'existence de son Calice.
- Vous savez tout comme moi que vous méritez bien mieux la couronne que votre frère !
Dorius eut presque un sourire, touché par la loyauté sans faille de son ami. Il savait que sa transformation n'était pas la cause, mais grâce à une longue amitié.
Dorius avait repéré Louis proche de la mort dans les rues de Paris, quand la peste noire éradiquait la population, effrayant la France. Dorius avait vu dans le regard de Louis ce soir là, une volonté féroce de vivre. Du moins, c'était son esprit vif, sa rage de vouloir vivre qui l'avait appelé.
Sans compter du fait qu'il était une recrue potentielle pour faire de lui un vampire, car Dorius avait longtemps sillonné les rues de Paris. Son ouïe, son odorat l'avaient mené à Louis et il avait découvert un jeune homme ayant tout perdu, la peste noire avait emporté la seule famille qui lui restait ; son père.
Quand leurs regards s'étaient croisés, Louis avait compris, il avait deviné que Dorius était différent de tous, pas humain pour pouvoir marcher, vivre aux côtés des malades, des morts qui décoraient les rues. Et aussi étrange que ça put paraître, Louis n'avait ressenti aucune crainte tant que le désespoir avait rongé sa peau, qu'il ne voulait pas mourir ainsi.
- Veux-tu vivre ? Lui avait-il demandé en changeant la couleur de ses yeux; qui étaient devenus rouges ardents, montrant également à cet humain sa vraie nature.
- Je ne veux pas mourir... Lui avait-il répondu les larmes aux yeux, le regard suppliant.
- Tu vas mourir c'est indéniable mais tu ne seras plus jamais le même soit en certain, l'avait-il averti avant de le porter dans ses bras.
À l'abri des regards des humains, Dorius avait transformé Louis dans les bois profonds de la France. Il avait fini par faire de lui un vampire, un être immortel, où le temps, les maladies ne pouvaient plus rien faire contre lui, son disciple à jamais.
Depuis sa transformation, Dorius n'avait pas lâché son disciple durant tout au long de son apprentissage. Car l'avoir transformé était une chose, mais il avait dû apprendre à Louis la maîtrise de la soif de sang humain, la chose la plus compliquée à contrôler durant les premières années de mutations.
Et durant ces années d'apprentissage, Dorius et Louis étaient devenus des amis loyaux et fidèles. À jamais, Louis lui sera éternellement reconnaissant pour lui avoir sauvé la vie, lui offrir une nouvelle vie bien qu'elle avait été difficile et longue, la solitude avait fini par le peser au point de vouloir plus ; comme l'amour.
Dorius regarda son ami et il fut surpris de voir plusieurs poches de sang entièrement vides dans les mains de son ami, y compris dans le sac à dos qu'il portait. Il vint même à comprendre la raison pour laquelle son ami se trouvait au beau milieu des bois sombres de leur terre, il était en train de chasser du gibier.
Seulement, Dorius connaissait son ami par cœur, mieux que lui-même puisqu'il l'avait transmuté ; il connaissait la maîtrise de la soif de sang parfaite de son disciple. Alors le sang de gibier qu'il espérait obtenir n'était pas pour lui, mais pour quelqu'un d'autre.
- Tu étais en train de chasser n'est-ce pas ? Demanda-t-il à son ami suspicieux loin l'envie de lire dans ses pensées pour connaître la vérité.
- En effet, j'avais trouvé une proie mais vous êtes apparu subitement.
- Pour qui est ce sang que tu t'acharnes à obtenir ? Je sais que ce n'est pas pour toi, tu as une grande maîtrise de la soif de sang mon ami, le questionna-t-il intrigué gardant le regard suspicieux.
- En effet, il n'est pas pour moi, répondit le disciple le regard fuyant et hésitant.
Il était temps pour Louis de révéler la vérité, ce qu'il avait fait parce que la solitude devenait trop dure pour lui. C'était contraire à leurs lois, Louis aurait dû demander l'accord à son créateur pour muter une autre personne, se choisir une partenaire pour l'éternité.
Dorius n'était pas stupide, il avait deviné la raison, mais il voulait l'entendre de la bouche de son ami.
- Elle s'appelle Anna... Finit-il enfin à lui répondre après avoir senti le regard perçant de son prince.
- Louis, commença-t-il par l'appeler sous un soupir mais son disciple l'interrompit en se défendant au mieux.
- La solitude devenait trop grande mon prince ! Et depuis votre départ soudain... Je ne le supportais plus... Je sais que j'aurai dû demander votre accord comme l'exige la loi !
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