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Couverture du roman A QUI LE CŒUR DE LA DOMESTIQUE ?

A QUI LE CŒUR DE LA DOMESTIQUE ?

Engagée comme simple employée de maison, une jeune femme voit son quotidien basculer de façon imprévisible. Au fil des jours, une tension sentimentale s'installe au sein de la demeure : les frères de la famille succombent tous à son charme, déclenchant une rivalité inattendue. Prise entre ces liens fraternels et l'embrasement des sentiments, quel sera son destin ? Plongez dans ce récit où la passion et les dilemmes amoureux bouleversent chaque certitude.
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Chapitre 2

Aujourd'hui, c'est le week-end et toute la famille Hotegni, comme tous les autres samedis, allait au terrain de sport sauf la domestique.

Aujourd’hui, pendant que tout le monde s’apprêtait pour monter dans le véhicule de leur mère, Anstea avait un jeu en tête, lequel il mettait déjà à l’épreuve.

Ce matin-là, Anstea avait pour projet de tromper la vigilance de ses parents tout en leur faisant croire qu’il n’était pas embonpoint.

Titubant, elle s dirigea vers la mère qui les attendait tous dans la cour de la maison, à côté de la jeep garée.

– Maman, appela-t-il, inquiet, je ne me sens pas bien.

– Oh, fiston, tu as quoi ?

– Une migraine ophtalmique, maman.

– Oh mon gros garçon ! Et quel comprimé as-tu avalé ?

– Je vais du paracétamol dans l’armoire.

– D’accord, va en prendre et reste à la maison avec la domestique.

Et tout à coup, Pascal qui venait à l’adresse de la mère pour monter dans la voiture, perçut une partie de la conversation, s’explosa.

– Il va rester à la maison avec quelle domestique ? Hein maman ?

– Ton frère est malade, voyons !

– Maman, arrête de le croire. Je comprends bien son jeu. Et d’ailleurs, quand on est malade, n'est-ce pas à l'hôpital qu’on va ? Alors pourquoi devra-t-il rester à la maison ?

– Pascal, appela tendrement la mère, mais c’est ton frère et tu as le devoir d’aller doucement avec lui !

– Maman, je te jure que tout ce qu’il fait là, ce sont juste des simagrées, ajouta-t-il, l’air sérieux.

Pendant tout ce temps, Anstea, tout comme s’il n’avait pas le temps de son frère, n’en disait mot.

– Pascal, reprit la mère, je ne sais pas pourquoi tu es contre ton frère. Il peut rester à la maison et nous, nous pouvons partir sans lui.

– Maman, je suis d’accord hein mais il faut qu’il aille à l'hôpital que de rester à la maison avec Odile.

Malgré les cris de Pascal qui troublaient le calme de la maison, Anstea feignit ne rien entendre.

Leur mère, ne pouvant imaginer une seconde la vraie raison qui se cachait derrière tout ce jeu, n'hésitait à calmer Pascal.

– Maintenant dis-moi, Pascal, pourquoi ne veux-tu pas que ton frère reste à la piaule en compagnie de la domestique ?

– Maman, je ne veux pas que Odile soit perturbée, c’est tout mon souci !

– Dis-moi, Odile est ta femme ? questionna la mère, amusée.

– Maman, elle ne l’est pas.

– Et pourquoi ne voudrais-tu pas qu’Anstea la pertur...

– Maman, appela cette fois Anstea, ignorez-le et partez ; quand il sera prêt, il vous rejoindra.

– Anstea ? Mais tu ne sembles pas à quelqu’un qui souffre d’un mal ! remarqua la mère.

– Comment ça ? s’enquit l’indexé.

– Ne le vous l'avais-je pas dit ? susurra Pascal, moqueur ; il ne souffre de rien, je vous le jure, maman, c’est un plan que j’en connais bien.

– Mais Pascal, appela calmement Anstea, un peu touché, de quoi je me mêle au juste, dis-moi ? Que vaut ton bonheur dans mon malheur ? ajouta-t-il, quelques gouttes de larmes perlant les yeux.

– Mais tu es mon frère et tes problèmes doivent me concerner ! s’exclama Pascal.

La mère, en ce moment, croisa les bras calmement et suivait les mises en scène pendant que Régina, ne voulant pas se mêler de l’affaire, avait donné sa langue au chat.

– S'il te plaît Pascal, dis plutôt que tu ressens quelque chose pour la fille plutôt que de tourner autour du plomb, fit Anstea.

– Jamais ! c’est plutôt qui éprouves des sentiments à la jeune fille !

– Pascal, ne me pousse pas à te haïr, d’accord ?

– Mais ça devient sérieux là ! s’exclama la mère ; si je dois bien comprendre votre jeu, c’est à cause de cette pauvre domestique que vous voulez vous battre ?

– Maman, plus jamais ne la traite de Pauvre, interdit Anstea, sérieux.

– Est-ce que vous entendez ce que j’entends, maman ? répartit Pascal, ironique.

La mère, devant ce tohu-bohu, ne savait plus que dire. Elle recroisa ses bras.

– Bien, maintenant, sous mon ordre, devancez-moi tous les deux, pour le terrain de sport car, votre père serait en train de nous espérer depuis.

– C'est vrai, maman, ajouta Damien, le benjamin.

Et sous l’ordre de la mère, tous les quatre montèrent à bord du véhicule pour le terrain.

***

Monique, depuis le matin, ne faisait que pleurer. Elle pleurait abondamment telle une vase. Malgré les mille et une questions que lui posait Armel son époux, la jeune mariée n'arrivait pas à contenir ses larmes qui lui coulaient à flot

– Mais Monique, peux-tu arrêter une seconde tes pleurs pour me dire la raison pour laquelle ils te coulent ?

– Armel, appela-t-elle, sais-tu que toi et moi ne nous étions pas entendus sur ce point ?

– De quel point s’agit-il ? Il est vrai que tu ne m'avais pas dit que lorsque tu arriverais sous mon toit, tu n’allais pas me faire d’enfants.

– Et c’est de moi de la faute ?

– Quelle réponse me veux-tu ?

– Dis-moi que je suis la fautive !

A cette exclamation, Armel ne put répondre. Il détacha son interlocutrice du regard.

– Réponds-moi, Armel !

– Bien, pour tout clore, fais-moi d’enfants, point.

Monique s’agenouilla entre les jambes de son interlocuteur et avec les larmes qui lui circulaient de partout sur le visage, chercha le visage de son homme.

– Dis-moi, Armel, pourquoi est-ce que tu me fais si souffrir ?

– Ah bon ? Donc je te fais déjà souffrir ? Alors dis-moi comment je te fais souffrir !

– Depuis six jours, je n'arrive plus à te reconnaître. Quand tu quittes la maison, tu reviens à l'heure que tu veux. Pourquoi tu me fais tout ça ?

– Et est-ce un crime de sortir et de revenir quand on veut ? Après tout, je suis homme et c’est moi qui commande dans cette maison. Si l’heure à laquelle je reviens du boulot ou de mes sorties ne te conviennent pas, tu es libre de rentrer chez toi.

La dernière partie de la phrase parut un coup de massue que la jeune femme reçut au plus profond de son cœur.

Ne pouvant pas supporter, elle se fondit en larmes de plus belle.

– Je n’ai plus envie de te voir sous mon toit puisqu’à chaque que je te vois, j’ai mal aux yeux.

Monique se laissa choir à même le sol avec des cris de détresse. Elle hurlait telle une lionne qui donnait naissance à un lionceau dans la forêt.

Monique, par terre, pleurait jusqu’au point où, même les larmes finirent par lui fausser compagnie. Sa voix se serrait dans sa gorge et même quand elle criait, nul ne pouvait l’entendre ; c’était du désespoir. Elle pleura pendant une trentaine de minutes pendant que son compagnon était déjà monté dans son véhicule.

La malheureuse, n’ayant personne pour la consoler, elle se calma, s’assit et leva le regard vers le ciel.

– Seigneur Jésus, c’est toi qui m’as créée et c’est toi qui as accepté que tout ce qui se passe actuellement avec moi ait raison sur moi. Si ça ne te fait pas mal, ça ne me fera non plus mal. Mais si ça te brise le cœur, alors fais-moi grâce. S'il te plaît seigneur, ôte-moi la honte et fais ta miséricorde. Fais quelque chose, je t’en prie, Seigneur.

***

Ce matin-là, le maître Hotegni a organisé une sortie familiale sur Cotonou. Seule Régina avait décidé à ne pas leur tenir compagnie. Et comme d’habitude, il allait rester Odile à la maison. C’était une occurrence pour Régina.

Tous montèrent dans le véhicule et partirent. Au salon, était assise Régina pendant que Odile faisait d’intermittents va-et-vient. Elle appela la domestique lorsque celle-ci passa une fois dans le salon pour débarrasser la table d’à manger. Celle-ci ne tint pas longtemps avant de venir à son appel.

– Que fais-tu ?

– Je cuisine !

– D’accord, vas-y, je vais te rejoindre à la cuisine.

Et Régina abandonna la télévision pour aller seconder la domestique en cuisine.

– N’es-tu pas étonnée de me voir ici, à la cuisine ? demanda-t-elle à l’adresse de la cuisinière.

– Bien sûr que oui ! Alors, que vaut l'honneur de ta présence dans mon atelier ?

– Atelier ?

Et les deux jeunes filles, ne pouvant se contenir une seconde, éclatèrent de rire.

– Tu vois Odile, toi et moi avons à dire et je pense que c’est le seul moment qui nous serait idéal.

A ces mots, une grande peur vint stopper l’enthousiasme d’Odile qui cherchait à demander à son interlocutrice ce qu’elle aurait pu faire pour qu’elle vînt la surprendre.

– Tu n’as rien fait, ma chérie, lui répondit Régina, tout sourire.

Le cœur de la jeune fille s’affaissa.

– Bien, reprit la fille des Hotegni, observe autour de nous, tu ne verras que nous les deux.

– Oui, oui, acquiesça-t-elle de la tête.

– Pour commencer, je voudrais te poser quelques questions.

– Quelques questions ? questionna la domestique en serrant les lèvres, lesquelles ? ajouta-t-elle.

– Promets-moi que tu me diras la vérité et rien que la vérité.

Odile baissa la tête, observa quelque instant les carreaux qui étaient dressés dans la salle et, levant la tête au ciel, dirigea enfin son regard vers sa compagne, finit par promettre ce que lui demandait l’autre.

D’une voix calme, Régina reprit :

– Alors dis-moi, qui d’entre mes frères t’a parlé de ses sentiments ?

Une grande expression d'étonnement s'afficha sur le front de la jeune fille. Elle s’attendait à tout genre de questions mais pas celui-là.

– Régina, appela-t-elle doucement, de quoi parles-tu ?

– Je suis sérieuse, ma chère ; et sache une chose : à partir d’aujourd’hui, tu pourrais faire de moi ta confidente et crois-moi, je te défendrai comme tu ne l'aurais imaginé. Je sais que c’est la peur qui t’empêche de me dire la vérité et n’oublie pas que tu as déjà promis de me dire la vérité. Alors, si tu veux que je te soutienne, dis-moi juste la vérité afin que je sache comment gérer la situat...

– Sœur Régina, je suis énormément désolée. Je vous jure que votre question me paraît nouvelle. Je ne sais d’où vous sortez cette histoire.

– Et c’est pour cela que tu changes de style ? Tu sais bien que je n'aime pas qu'on me vouvoie. Tu es donc sûre que ni Anstea, ni Pascal ne sort avec toi ?

– Je te le jure. Et de plus, aucun d’eux ne m’a jamais parlé de l’amour.

– D’accord. J’aimerai que tu fasses beaucoup attention ces derniers temps. Un d'entre eux viendrait te faire les avances. Sache comment gérer l'affaire. Au cas où elle dépasserait tes compétences, n’hésite pas de m’en parler.

– Et pourquoi présumes-tu qu’un d’entre eux me convoitera ?

– Belle question ! C’est parce que le week-end dernier quand tu étais sortie de la maison pour aller acheter du pain, les deux ont failli se fracasser la gueule ! Maman en était aussi témoin. C’est maman qui m’a demandé de rester à la maison pour t’aménager sur leur sort ; savoir si un d’entre eux t’aurait fait la cour sinon maman a comme l’impression que tu auras peur à lui avouer la vérité si elle t’en demandait.

– Excuse-moi, si je dois bien te comprendre, ça voudrait insinuer que tes frères me kiffent ?

Régina rit de plus belle et ne pouvant se maintenir debout, s’adossa contre le mur de la cuisine.

– Si, si, si ! Ils t'aiment tous les deux et peut-être qu'ils ne savent pas comment te l'avouer. Tu es chanceuse, toi.

– Hum ? C’est vraiment incroyable. Avec toutes ces belles femmes qui errent les pavés de la ville, c’est moi que préfèrent-ils ?

– Détrompe-toi, ma chérie ! Ce n’est pas le charme de la femme qui attire l'homme en premier mais plutôt, ses comportements. C’est après les caractères moraux que viennent ensuite ceux physiques. Et être par un homme, c’est d’abord une chance. Fais un tour sur la ville, tu verras qu’il y a plein de femmes avec lesquelles tu ne peux pas te comparer en beauté mais elles sont célibataires. Elles font tout pour que les hommes leur fassent la cour mais rien.

– Mais…je…je…, balbutiait la jeune fille sans savoir comment exprimer sa joie devant ces déclarations que lui faisait son interlocutrice.

En fait, Odile n’était pas enthousiasmée pour le fait qu’on la tenait informée de la réaction des enfants des maîtres de la maison, mais elle était plutôt contente des déclarations que venait de faire son interlocutrice. Elle aussi, elle pouvait se classer sur la liste de ces femmes qui ont le privilège d’être désirées par les hommes et encore plus, la liste de celles pour qui les hommes se fracassent des gueules.

– La seule chose que je voudrais te demander davantage ne serait que l'abstinence et la prudence, finit par dire Régina d’une voix autoritaire. Sache comment te comporter au moment où l'occurrence te serait offerte.

– C'est compris ! Mais je crains que cette histoire ne m’apporte pas le pire.

– Tu n'as pas à t'en faire, c'est surtout pour cela que je te demande d'être prudente sinon, tu seras traitée de meurtrière, ce que je ne te souhaiterais pas ;

– Merci pour ta dévotion et pour ton attachement à ma personne. Merci pour ta générosité et aussi pour ton aimable considération.

– Je t'en prie ma chérie et sache que tous ces compliments me vont droit au cœur. Vive serait ma joie que tu sois ma future belle-sœur. Et je te jure que tu ne manqueras de rien.

A ces mots, la jeune fille pouffa un rire.

– Tu m’en veux donc déjà pour un de tes frères ? finit par demander Odile.

– Que veux-tu que j’en dise ? Tu es celle qui gargouille et qui zigzague le cœur de mes frères et tu veux que j’en sois contre ? Mais c’est une joie !

– Merci !

– Et non seulement tu es belle, mais aussi tu as de très bons comportements.

– Merci pour les compliments, dit-elle, émerveillée.

– C’est plutôt moi qui te dois de merci, parce que tu seras bientôt pour ma fille.

Odile darda sa soi-disant future belle-sœur du regard et ne se lassait de rire.

– D’accord ! Et dis-moi, quand me montreras-tu ton charmant prince ?

– Mon charmant prince ? interloqua l’autre, avec toutes ces surveillances ? En tout cas, j'ai mon plan.

– Ton plan ? en parle moi.

– Je te le dirai mais pas maintenant !

La nouvelle habitude d’Armel devenait de jour en jour irréprochable. Les peines et stress de Monique s'amplifiaient. Ses paupières ne se fatiguaient point des gouttes de larmes. Elle ne savait plus quel Dieu ou divinité appelé au secours.

– Dieu, qu’attends-tu pour agir dans ma vie ? Veux-tu que le monde entier me traite de tous les mots avant de m’enlever cette honte ? Personne ne m’aime plus, que t’ai-je fait, Seigneur ?

Seule enfermée dans la chambre, vautrée dans le lit, les larmes comme d’habitude sur tout le visage, Monique se disait beaucoup de choses. Il n’accusait personne, sauf son créateur. Après chaque parole, les larmes lui descendaient le long des joues.

Soudain, son téléphone portable se mit à retentir. Elle l’arracha du chevet du lit, jeta un clin d'œil sur l'écran puis décrocha l’appel.

– Allô ! répondit-elle.

– Oui allô ma copine, comment ça va ?

– Je suis là.

– Qu'est-ce qui ne va pas encore ?

– Lanette, tu sais bien ce que j'endure depuis tant d'années.

– Mais Monique, je t’ai déjà à plusieurs reprises que l’heure de Dieu est la meilleure !

– Et à quand sonnera cette meilleure heure de Dieu ?

– Ne dis pas ça ! Tu sais quoi, c'est Dieu qui donne enfant.

– Je le sais mais le problème, c’est mon mari, il rejette tout le mal sur moi comme si c’est moi la fautive.

– Pourquoi les êtres humains sont si méchants et si ignorants ? Qui s’opposer aux ordres du Seigneur ?

– Ma chérie, je ne fais que pleurer tous les jours.

– Et que disent ses parents ?

– Avec toute franchise, je ne rends plus visite à ses parents. Le week-end passé, sa mère était venue ici. On dit souvent que les belles-mères sont mauvaises et compliquées, je n’y ai jamais cru, elle me l’a démontré.

– Qu'était-elle venue foutre ?

– S'il te plaît Lanette, oublions cette dame. Mon mari qui devrait me consoler, est devenu le pire. Ils ont chacun, raison. Mais le jour où le Seigneur me comblera de ses merveilles, ils comprendront que la vie, c’est la patien…

Sur ce, la jeune femme s’éclata en sanglots.

– Ne pleure pas ma chérie, tout ceci sera terminé un beau jour, disait l’autre au bout du fil.

– Lanette, faut-il que j'arrive à la ménopause avant que l'heure de ce Dieu ne soit sonnée ?

– Monique, je comprends bien tes peines et tes soucis. Donne-toi à la prière comme tu le fais déjà ; ne t’en lasse pas.

– Lanette, j'en ai marre. Regarde l'heure qu'il fait par exemple, vingt-trois heures quarante minutes, pourrais-tu imaginer que jusque-là mon mari n’est pas encore revenu à la maison ?

– Je comprends tes douleurs, ma chérie, mais garde la patience, je t’en prie.

– Ce n'est ni la première ni la deuxième et ni la troisième fois. Parfois il revient à quatre heures du matin. Quelle femme pourrait accepter ça ? Je suis fatiguée, je te le jure.

– N’essaies-tu pas à l’aménager ?

– Lanette, Armel n'est plus comme celui d'avant. Il a complètement changé. Il ne mange plus à la maison. Il ne reste plus à la maison. Il ne me chérit non plus comme auparavant. Lanette, je vie un calvaire dans cette maison.

Au bout du téléphone, Lanette pouvait une fois encore entendre son interlocutrice dans son entrain de larmes.

– Ma chérie, ne pleure plus ! Je vais essayer de le voir moi-même.

– Que comptes-tu lui dire ? Ne cherche même pas à le voir. Au cas où ça dépassera mes compétences, je retournerai voir mes parents.

-Non, ne fais pas ça, reste plutôt que de partir.

-Sous ces emmerdes ? Je te dis que la personne ne m’aime plus et que veux-tu que je fasse ? Je suis dépassée de ses humiliations.

-Je passerai te voir demain.

-D'accord, je serai là.

– Passe une sublimissime nuit.

– Merci et pareille à toi

Monique raccrochait le téléphone lorsque la porte claquait et s'ouvrait sur Armel.

– Bonne arrivée chéri, fit-elle en sursaut.

– Qui est ton chéri ? questionna l’autre, mine serrée. Et d'ailleurs, avec qui parlais-tu au téléphone ?

– Lanette !

– Donc, c'était à Lanette que tu racontais ma vie ?

– Je suis désolée !

– Il faut la fermer, d’accord ? Et une chose, plus jamais ne m'appelle plus chéri, c’est clair ?

– Et pourquoi ?

– Parce que tu n’es plus ma femme !

– Parce que ?

– Ne fais pas preuve de naïveté ! Tu sais bien de quoi je parle. Alors, tu ferais mieux de ...

– Attends Armel, tu ne m'aimes plus c'est ça ? questionna Monique en se redressant du lit.

– C'est bien ça ! Puisque les femmes de mes amis de service ne peuvent pas être en train de faire de beaux enfants à leurs maris pendant que toi tu serais un miroir dans ma chambre.

– Armel, est-ce que tu t’entends ? C’est moi qui suis devenue miroir sous ton toit ?

A cette interrogation, le nouveau venu ne répondit mot que de se diriger vers sa garde-robe. Monique le rattrapa de sa voix remplie presque de chagrin.

– Tu me demandes de plier mes bagages ? demanda-t-elle en larmes.

– Je n’aime pas qu’on me pose des questions qui n’en valent pas la peine. Tu sais déjà la réponse.

Comme si le matelas lui brûlait les fesses, Monique sauta du lit pour se rapprocher d’Armel de plus près. Arrivée à sa hauteur, elle chercha le visage de son compagnon.

– Armel, pourquoi toutes ces humiliations ? demanda-t-elle, désespérée. As-tu oublié ce qu’on s’était dit pendant qu'on s’était connus ?

– Je m'en fiche de tout !

– Armel, vraiment de ta bouche ?

L’homme ne répondit mot. Au contraire, il quitta la pièce pour se rendre sous les toilettes.

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