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Couverture du roman You Made Me Mad

You Made Me Mad

Edwige, jeune femme impulsive et déterminée, se bat pour son indépendance malgré une fâcheuse tendance à s'attirer des ennuis. Sa route croise celle d'Eyden, un garçon brillant mais cynique, dont le passé a forgé un tempérament manipulateur et distant. Entre son ambition à elle et les remparts qu'il a érigés, leur rencontre fortuite sur un trottoir agit comme un mélange chimique instable. Ces deux personnalités explosives sauront-elles s'unir sans tout détruire sur leur passage ?
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Chapitre 3

La sonnerie annonçant la fin des cours avait à peine sonné que tout le monde se ruait déjà dehors. Je coulai un regard vers le malade mental qui m'avait tenu compagnie toute la journée pendant que je rangeais mes affaires.

- Quoi, je vais te manquer ? T'inquiète, la nouvelle, on se revoit demain.

Je n'avais même pas vu qu'il avait remarqué que je le regardais !

- Pff... Je vais savourer chaque seconde passée sans toi, répliquai-je en passant mon sac sur mon épaule.

J'allais sortir de notre rangée mais il me bloquait le passage. Et de l'autre côté, il y a le mur !

- Eyden, tu peux te pousser, s'il te plaît ?

Il me fit une pichenette sur le front avant de terminer de ranger ses propres affaires. Je devins rouge de colère.

- Mais t'es super chiant ! Je regrette vraiment, mais alors là VRAIMENT de t'avoir percuté ce matin !

- J'espère bien, je me suis mangé le sol.

Je soupirai, levant les yeux au ciel.

- Laisse moi passer.

- Le mot magique.

- Je te l'ai dis tout à l'heure !

Je coulai un regard désespéré vers Lana qui m'attendait dehors en train de parler à son cher Ludovik.

- S'il te plaît, marmonnai-je, vaincue.

Il sourit et se décala tel un gentlemen.

- Allez, bouge.

- Bâtard.

Je traçai jusqu'à la porte avant qu'il ne tente autre chose pour me faire perdre du temps. Lana ne me calcula même pas quand je posai un pied en dehors de la salle, trop occupée à parler à son voisin de table. Un mec grand avec un style un peu particulier... Ce qui semblait être des tatouages sur le bras, un style de rock star, une coupe de cheveux faisant penser à une greffe de hérisson sur son crâne et un fin trais d'eyeliner faisant ressortir ses yeux noisette. Bizarre... Mais mignon, dans son genre. Cependant, je dois bien avouer qu'il a l'air beaucoup plus gentil et cool que mon propre voisin de table, cet espèce de brute. Un coup dans mon dos me fit brutalement sortir de mes pensées. Eyden venait de me bousculer !

- Mon p'tit Ludo ! s'exclama-t-il en interrompant la conversation de son pote et Lana. Tu nous présente pas ?

Eyden fit un sourire charmeur à Lana et je crus que j'allais le frapper.

- M'appelle pas comme ça, sombre abruti, grogna Ludovik.

Même comme ça il a toujours l'air aussi inoffensif... Lui et Eyden à côté, on voit toute suite qu'il y en a un qui fait plus mâle Alpha que l'autre... L'autre, il fait nounours métalleux.

- Lana, je te présente le type qui se prétend être mon meilleur ami depuis la maternelle : Eyden. Ne fais pas attention à son côté charmeur, c'est un briseur de cœur.

Le concerné sourit comme flatté.

- Et Eyden, je te présente Lana, ma charmante voisine de classe au sourire resplendissant...

Je ris intérieurement devant la couleur étonnamment rouge que prenaient les joues de Lana. Elle, qui avait la peau couleur caramel, pouvait se vanter de ne pas virer au rouge comme moi lors d'un fou-rire. Mais là, cocotte, t'es grillée. On dirait bien que ce p'tit Ludo a une touche.

- Lana, puis-je t'arracher à ton voisin de table préféré ? demandai-je gentiment pour lui épargner la gêne de répondre. Il va falloir qu'on rentre...

Elle hocha la tête, reconnaissante et toujours aussi rouge.

- À demain, Ludovik...

Il lui offrit son plus beau sourire.

- À demain, Lana.

Oula la... J'en connais une qui a passé une meilleure rentrée que moi !

- Alors ?! la pressai-je une fois qu'on fut un peu éloignées des deux garçons. Qu'as tu à dire pour ta défense ?

Elle éclata de rire, gênée comme jamais.

- Wouha, murmura-t-elle, je l'aime déjà...

- Déjà ? riai-je.

- Non, enfin oui... Enfin, il me plaît beaucoup, c'est tout.

Je souris. Ça faisait deux ans que je n'avais pas vu Lana aussi contente en parlant de quelqu'un. Elle est bi-sexuelle et son dernier amour était une fille assez... Badgirl. Enfin bref, comme avec tous les Badboys et Badgirls, ça s'est mal terminé et Lana s'est montrée très désintéressés de toutes les autres personnes qu'elle avait pu rencontrer depuis. Aujourd'hui est un grand jour !

- Et toi, déclara-t-elle pour changer de sujet tandis qu'on allait à ce qui semblait être notre arrêt de bus. Ça va mieux avec monsieur grincheux ?

Je ris à l'entente de ce surnom. On pouvait difficilement mieux faire !

- Oui et non, grognai-je en reprenant ma mauvaise humeur.

D'un haussement de sourcil, Lana m'invita à continuer. Je soufflai bruyamment pour exprimer mon mécontentement.

- Et bien on peut considérer que ça va mieux parce qu'il me regarde un peu moins mal mais il n'en reste pas moins agaçant et on dirait qu'il compte vraiment me pourri la vie !

Le bus arriva enfin. Je traînai Lana au milieu de la masse de personnes pour accéder le plus vite à l'entrée et nous avoir les meilleures places.

- Rôh, tu exagères ! s'exclama-t-elle en se laissant entraîner comme une poupée de chiffon. Je suis d'accord qu'il fait très Badboy mais on est pas dans une série télé américaine ! Il ne va pas pousser les autres à te harceler et lancer des rumeurs sur toi pour au final t'avouer qu'il t'aime comme un fou et que c'est sa manière d'exprimer ses sentiments parce que monsieur est toxique... Quoi que.

Je devins écarlate devant son sourire diabolique.

- Tu as raison. On est pas dans une série, il va vraiment finir avec la cheffe des cheerleaders, reine du bal de promo.

- On a pas de Cheerleaders et le bal craint un peu.

Je soupirai.

- Bon. Alors, il terminera avec la fille cinquante pour cent plastique, cinquante pourcent pétasse et cent pourcent Barbie débile. On a ça aussi en France, non ?

Après une rentrée épuisante comme celle-ci, je fus presque heureuse de rentrer à la maison. "Presque" parce que sitôt le palier franchit, je me sentis terriblement vide et las. En fait, vivement demain.

Je montai les escaliers quatre à quatre et me réfugiai dans ma chambre avant de me jeter sur mon lit et mon ordinateur. Tiens, des mails...

J'avais reçus un long mail de Mathéo, mon ami qui avait déménagé en Martinique et qui me demandait comment s'était passée ma rentrée. Je me ferai un plaisir de lui parler de mon voisin de table perturbateur et des amourettes de Lana...

Et il y avait aussi un mail que je n'espérais plus voir. J'en sautai presque au plafond ! Heureusement qu'il n'y avait personne à la maison pour m'entendre hurler de joie.

Il y a une semaine de ça, trop agacée d'envoyer ma candidature à plein de petits boulots sans jamais obtenir une réponse favorable, j'ai décidé de tricher et d'envoyer ma candidature à plein en même temps sans même regarder de quoi il s'agissait et en faisant plus ou moins des copiés-collés pour chacun. Et si, par chance, j'en avais plusieurs qui me relançaient, je n'avais plus qu'à choisir l'offre que je préférais et envoyer balader les autres !

J'eus du mal à comprendre de quel petit boulot il s'agissait. En parcourant le message très formel et cordial, je fus surprise de constater qu'il faisait référence à une offre d'emploi pour du baby-sitting. Il était même rédigé par la secrétaire du type qui voulait bien de moi ! Et ma joie redescendit en flèche quand je vis qu'il y avait un entretient d'embauche avant d'avoir le poste. Tout ça pour un job de baby-sitter. On aura tout vu !

Le nom de mon potentiel employeur, Lionel Morgans, me rappelait quelque chose mais impossible de savoir exactement quoi. Je fis un tour sur internet pour en savoir plus et manquai de m'étouffer devant les résultats. C'était un homme riche, visiblement très riche, américain, travaillant comme PDG de je ne sais qu'elle entreprise à renommée mondiale... Et moi qui me disais que son nom m'était familier. Pourtant, n'était sûre de n'avoir jamais vu son visage. Seuls ses yeux très bleus m'étaient quelque peu familiers mais, me connaissant, je serais parfaitement capable de m'inventer ce genre de souvenirs.

Je ferai plus de recherches à son sujet plus tard ! Je retournai lire le mail de sa secrétaire, Sandra Jolie. Je devais donc garder un œil sur ses deux enfants de huit et six ans. Une fille, Elia, l'aînée et son petit frère, Yohann. Mon dieu, j'ai du mal à croire que c'est réel, ils doivent être super riches...

Je retournai sur ma page Google et laissai mes yeux vagabonder sur les photos impressionnantes de maisons, de voitures et de tout un tas de choses magnifiques que je ne pourrais jamais m'acheter. Dites moi que je ne suis pas en train de rêver !

De retour sur le mail, je le relis plusieurs fois de suite avant de trouver le prix au quel j'allais peut être être payée. Bon... Il n'y a pas six zéros derrières mais cette offre est bien supérieure à toutes celles que j'ai pu voir pour d'autres jobs de baby-sitter !

En contemplant le nom de l'adresse, je me mis à rêver d'une villa semblable à celles que j'avais vues en photo. Je retournai sur ma page internet avec l'eau à la bouche et me renseignai d'avantage. Apparemment, la ville voisine à la mienne est la ville d'origine de monsieur Morgans. C'est apparemment aussi là où il s'est marié et là où il a débuté sa carrière. Il y serait revenu avec ses trois enfants quand sa femme est décédée, il y a quelques années. Enfin, je ne m'étonne pas trop de ne pas avoir spécialement entendu parler de lui avant mais il y a comme un certain nombre de types pleins aux as dans les environs.

Je me forçai à arrêter de me documenter sur ce type. Après tout, je n'aurai sûrement pas le poste. Il y a un entretient d'embauche ! J'avoue que j'aime me démarquer dans ce genre de domaines mais lui, il a flingué toute ma confiance en moi !

J'écrivis une réponse à Mathéo pour tout lui raconter et envoyai une demie douzaine de messages à Lana pour la tenir au courant de mon job de rêve.

De plus, j'ai rarement été aussi contente en entendant ma mère rentrer à la maison. Je me précipita en bas pour lui raconter.

- Maman ! J'ai eu une réponse à mes mails, j'ai une offre pour être baby-sitter !

Elle posa son sac à main sur la table et commença à enlever ses chaussures et son manteau.

- C'est bien. Que dit le mail ?

- J'ai deux enfants à garder, une fille de huit ans et un garçon de six, pour...

- Tu as sortis les poubelles ? me coupa-t-elle.

Je perdis mon sourire, n'apprécient pas qu'elle ne m'écoute jamais complètement.

- Non, mais...

- Edwige ! Je t'avais demandé de le faire ! s'énerva-t-elle. Et puis...

- Ça va, j'y vais ! l'interrompis-je en serrant les dents.

J'y allais, fis tout comme il le fallait et quand je revins, je vis qu'elle s'était saisie de son téléphone. J'attendis patiemment, toujours d'aussi mauvaise humeur, qu'elle ait terminé. J'attendis bien cinq minutes avant qu'elle daigne enfin me donner de l'attention.

- J'ai juste un entretien d'embauche à passer, sa secrétaire m'a écrit que je pouvais y aller mercredi...

Je m'arrêtai en constatant qu'elle n'avais pas l'air de m'écouter. Le regard dans le vide, elle devait toujours penser à ce qu'elle écrivait sur son téléphone. Elle finit par bouger et se diriger vers le frigo pour l'ouvrir. Je la suivis et me remis à parler.

- Je peux y aller mercredi ?

- Tu veux manger quoi, ce soir ? Plus dinde ou escalope ?

Je vis rouge.

- Maman !

Elle leva les yeux au ciel comme si c'était elle la plus agacée.

- Escalope, alors, déclara-t-elle.

Elle partit à l'autre bout de la cuisine avec l'emballage et je la suivis à nouveau.

- Maman, je te parlais !

- Quoi..., marmonna-t-elle en chauffant les plaques de cuisson. Ton père va bientôt rentrer.

- Est-ce que je peux y aller mercredi ?

- Ça dépend, dit-elle, il y a quelqu'un pour t'accompagner ? Tu as beaucoup de devoirs ?

- Je n'ai pas beaucoup de cours le jeudi..., commençai-je.

- Tu sais que ni ton père ni moi ne pouvons t'emmener..., enchaîna-t-elle.

- J'irai en bus.

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée... Tu sauras faire ? C'est où ?

- Pas loin du tout, assura-je. Je prendrai mon téléphone et je prendrai le bus en sortant du lycée. Peut être même que Lana m'accompagnera.

Elle soupira.

- Bon, très bien. Mais si il t'arrive quelque chose, je ne pourrai pas...

- J'y arriverai, promis-je. Ce n'est pas comme si c'était la première fois que je prenais le bus...

Enfin, sur ce trajet là, si. Mais ça ira.

- Bon, d'accord, céda-t-elle. Tu en parleras avec ton père quand il rentrera.

Je souris. Il est encore moins attentif qu'elle. Je pourrai demander n'importe quoi, il me dira oui pour que je me taise.

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