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Couverture du roman Vendue, piégée, la voilà libre

Vendue, piégée, la voilà libre

Trahie par son fiancé Alexandre et sa sœur Bénédicte, l'héroïne est vendue aux enchères puis emprisonnée à tort. Après trois ans d'enfer, elle survit grâce aux combats clandestins pour racheter sa demeure familiale. Mais Alexandre l'humilie et brade l'héritage de ses parents au profit de sa rivale. Dépouillée de son identité et brisée, elle n'a plus qu'un seul recours pour se venger. En désespoir de cause, elle appelle Adrien, son ultime espoir pour s'en sortir.
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Chapitre 2

Le podium de la vente aux enchères. C'était un cauchemar qui avait hanté mon sommeil pendant trois ans, une rediffusion vivide de la nuit où ma vie s'était brisée. Ça a commencé avec Bénédicte, toujours Bénédicte, sa façade douce et innocente cachant la ruse d'une vipère. Elle a joué la victime, tissant une histoire de ma consommation de drogue imprudente et de mon comportement scandaleux. Alexandre, mon fiancé, mon tuteur, a gobé chaque mensonge. Il l'a crue. Il l'a toujours fait.

Il ne m'a pas crue quand j'ai juré que j'étais innocente, quand je l'ai supplié de voir à travers sa mascarade. Il m'a juste regardée avec ces yeux froids et jugeurs, un étranger dans le visage de l'homme que j'aimais.

Cette nuit-là, mon vingt-et-unième anniversaire, devait être notre fête de fiançailles. Au lieu de cela, c'est devenu mon exécution publique. Il m'a conduite au podium, mon corps chancelant sous l'effet des drogues que Bénédicte avait glissées dans mon champagne. J'ai vu Bénédicte alors, blottie contre Alexandre, un sourire suffisant sur son visage. Ses yeux, triomphants et cruels, ont croisé les miens. Elle avait gagné. Elle avait tout volé.

La pièce était un flou de visages lubriques, une mer d'yeux avides me déshabillant. Ma peau me picotait. La voix du commissaire-priseur retentit, me glaçant jusqu'aux os. « Sa première nuit, messieurs ! Qui sera l'heureux enchérisseur ? »

Mon cœur martelait contre mes côtes, un oiseau piégé désespéré de s'échapper. J'ai croisé le regard d'Alexandre, une supplique silencieuse dans mes yeux. S'il te plaît. Aide-moi.

Il a juste soutenu mon regard, son expression froide, dépourvue d'émotion. « Tu t'es attirée ça toute seule, Charlotte », a-t-il articulé. « C'est ta punition. »

Les enchères s'envolèrent. Ma dignité, mon innocence, mon être même, dépouillés, marchandisés, vendus au plus offrant. La honte était un poids physique, m'écrasant, m'étouffant. J'ai crié, un son brut et primal qui fut noyé par le rugissement de la foule.

Quand ce fut fini, quand la dernière enchère fut placée, quelque chose en moi se brisa. Un feu s'alluma, non pas de passion, mais d'une rage froide et destructrice. J'ai vu les visages de mes tortionnaires, leurs ricanements triomphants, et j'ai craqué. J'ai attrapé une torche, alimentée par l'alcool et la fureur, et j'ai mis le feu à l'endroit. Je voulais qu'ils brûlent. Je voulais brûler tout ce qui m'avait touchée, tout ce qui m'avait souillée.

Les sirènes hurlèrent, une terrifiante symphonie de jugement. La police m'a arrêtée, m'accusant d'incendie criminel et de tentative de meurtre. Alexandre, en tuteur dévoué, a témoigné contre moi. Il a juré que j'avais essayé de tuer Bénédicte, de la brûler vive. Les médias se sont régalés du scandale, me dépeignant comme une héritière dérangée, un danger pour la société.

J'ai été condamnée à trois ans de prison. Trois ans dans une cage de béton, où j'ai appris à me battre, à survivre, à devenir aussi dure et inflexible que les murs qui me confinaient. Ma seule bouée de sauvetage, mon seul espoir, était l'hôtel particulier. La maison de mes parents. J'ai juré que je le récupérerais. C'était le dernier morceau d'eux qu'il me restait.

À ma libération, je me suis retrouvée dans le monde crasseux et impitoyable du MMA clandestin. C'était une existence brutale, un combat constant pour la survie. Chaque coup de poing, chaque coup de pied, chaque goutte de sang était pour l'hôtel particulier. J'avais besoin de l'argent. J'avais besoin de le racheter avant qu'il ne soit perdu pour toujours.

Maintenant, allongée dans un lit d'hôpital, mon corps endolori, mon esprit un tourbillon de douleur et de trahison, les premiers mots qui sortirent de ma bouche furent pour l'argent. « La prime est assurée ? C'est assez ? »

Le manager du combat, un homme costaud aux yeux bienveillants, bougea mal à l'aise. Il détourna le regard, son silence un coup de poing dans le ventre. Mon cœur se serra. Ce n'était pas assez. Ce n'était jamais assez.

Un rire amer s'échappa de mes lèvres. J'étais une idiote. Une idiote naïve et désespérée. Je devrais juste me battre à nouveau. Plus fort. Plus vite. Plus brutalement.

« Sortez-moi d'ici », dis-je, essayant de me redresser. « Je dois me battre à nouveau. Je dois gagner… »

« Charlotte, arrête. » La voix du manager était douce, mais ferme. « Tu ne peux plus te battre. Tu es… tu es bannie. »

Mon cerveau lutta pour comprendre les mots. « Bannie ? De quoi tu parles ? »

Il soupira, passant une main dans ses cheveux clairsemés. « Alexandre de Villiers. Il a passé quelques coups de fil. Il a dit que si quelqu'un te laissait te battre, il perdrait tout. Ton nom est du poison maintenant, gamine. Personne ne te touchera. »

Mon monde tourna. Alexandre. C'était toujours Alexandre. Il n'essayait pas seulement de me faire honte ; il essayait de me briser. De m'enterrer vivante.

Le manager posa une épaisse liasse de billets sur la table de chevet. « C'est de la part de M. de Villiers. Pour tes… frais médicaux. » Il ne croisa pas mon regard. Il se tourna et s'éloigna, me laissant seule dans la pièce silencieuse et stérile.

L'air semblait épais, suffocant. Ma gorge me brûlait. Chaque espoir auquel je m'étais accrochée, chaque rêve de reconquérir mon passé, vola en éclats. L'hôtel particulier. Il était parti.

Je suis sortie de l'hôpital en titubant, l'air vif de la nuit mordant ma peau exposée. La pluie s'abattait, froide et implacable, reflétant la tempête qui faisait rage en moi. J'ai marché sans but, les lumières de la ville se brouillant à travers mes larmes, jusqu'à ce que je me retrouve devant.

L'hôtel particulier. Ma maison. Un phare de chaleur et d'amour dans un monde de cruauté froide.

Puis, les lumières clignotantes. La foule de journalistes. Alexandre, debout, grand et imposant, un sourire prédateur sur son visage. Et à côté de lui, Bénédicte, radieuse en blanc, son bras enlacé au sien.

« J'ai le plaisir d'annoncer », gronda la voix d'Alexandre, amplifiée par les microphones, « que l'historique hôtel particulier de la famille Lefèvre a été officiellement transféré à la Fondation Bénédicte Moreau pour l'Enfance. Bénédicte, ma fiancée, est la propriétaire légitime de cet héritage. C'est elle, et non Charlotte, la véritable fille de cette famille. »

Les mots me transpercèrent, chacun un nouveau coup de poignard au cœur. Mon héritage. Mon nom. Ma maison. Tout volé. Tout tordu en une parodie grotesque. Ma vision nagea. Je me serrai la poitrine, un sanglot haletant me déchirant. Le monde devint noir.

En tombant, ma main chercha instinctivement mon téléphone. Un nom clignota devant mes yeux, un ami oublié, un lointain souvenir de gentillesse. Adrien Rousseau.

« Adrien », murmurai-je, le mot une supplique désespérée, « emmène-moi. S'il te plaît. N'importe où sauf ici. »

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