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Couverture du roman Une suite de portes

Une suite de portes

Kalinka Pag livre un récit poignant sur l'émancipation d'une femme marquée par l'égoïsme maternel. Entre haine passée et résilience, l'héroïne s'affranchit des morales conventionnelles pour conquérir sa liberté. Menacée de cécité, l'auteure choisit la plume plutôt que la chirurgie pour transmettre son parcours à ses fils. L'écriture devient ici une thérapie salvatrice, permettant d'exprimer l'indicible et de transformer ses traumatismes en une force vitale.
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Chapitre 1

Je dédicace cet ouvrage à mes deux fils que j’aime plus que tout ; Arzhur, né sous le signe du Singe comme son père, qui est plus malin que tous les singes réunis, qui me permet d’entrer dans son monde, qui a compris beaucoup de choses depuis longtemps et qui attend patiemment le moment des révélations ;

Gwendal en qui j’ai retrouvé la latitude de vie équivalente à la mienne, qui, de par sa nature simple, son contact avec les autres sans distinctions de valeur. Toujours partant pour les grandes découvertes d’autres mode de vies tant humaines, animales et nature ; m’a permis la réalisation de photo(s) extraordinaires ainsi que celles de projets fous (ex : Bouzi fut grâce à lui et ce fut pour moi des moments sublimes)

MES FILS JE SUIS TRÈS FIÈRE DE VOUS ET JE VOUS AIME

Préface

J’ai finalement toujours existé en parallèle des autres. Issue d’une famille enlisée dans ses failles, vilain petit canard dès ma naissance, malmenée, j’ai dû décidée de fuir encore enfant. La route de la vie que j’ai suivie, ou peut-être même qui m’a suivie a été tout à la fois dure, riche, hors du commun, semée d’atypismes. J’ai refusé de me laisser manipuler, de céder au chantage, aux menaces. J’ai navigué un peu à vue certes, mais en me fixant des buts, à atteindre coûte que coûte, m’efforçant de tenir la barre au mieux de ce que je pensais être juste, avec ce que j’avais en main. Malgré une profonde timidité, les challenges et les guerres ne m’ont pas effrayé, surtout quand la cause, pour moi, en valait la peine ; peu importe la montagne d’obstacles à franchir, traverser, contourner, je ne me suis pas arrêtée.

Qui suis-je ? une engagée, une militante, une solitaire, une pit-bull s’il le faut…

J’ai souffert, j’ai aimé, j’ai enfanté, mais pas comme n’importe quelle mère dans une normalité. La survie, c’est un exercice que je connais, poussée à l’extrême, accrochée aux branches, mâchant du feuillage… D’expérience en expérience, de plus en plus déçue par ceux que l’on nomme les humains, j’ai voué l’essentiel de mon énergie à la protection animale, ceux endémiques, menacés au risque de l’extinction, jusqu’à devenir très spécialisée, très compétente. Alors, des ennemis apparaissent, pas une petite affaire, il faut accepter de se battre, contrainte et forcée, pas le choix…

Aujourd’hui, je me suis retirée, presque en ermite, resserrant chaque jour un peu plus la bulle que je me suis construite, fermant chaque porte qui se présente, par peur de connaître ce qu’il y a derrière. Mes fils ne connaissant pas le parcours de ma vie déroulée, j’ai trouvé le courage de passer par l’écriture, de le leur déposer, pour le jour, où, ils auront la curiosité de la connaissance. Le temps a joué sa carte, j’ai été poussée par un personnage en qui j’ai placé de la confiance et avec laquelle je sais communiquer. Traumatisme du dépôt des souvenirs à réanimer sur du papier, mais aussi, délivrance.

Un pas encore, j’ouvre mon histoire, et j’accepte de l’exposer, de la partager. C’est un grand voyage à travers la planète, au-delà des mers, mouillé de contextes étranges, mais vrais, de réalités poignantes.

Enfin, sachez qu’il y a, étonnamment, si on y regarde de près, une petite, une toute petite poignée d’êtres qui méritent d’être rencontrés. Des regrets, oui, mais je n’aurai pas su continuer sans.

Ne faites pas comme moi, poussez la porte et entrez ; à chacun ses émotions, c’est ma simple invitation…

J’ai rédigé cette préface en m’identifiant à l’auteure.

Betty Vidal

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